Ensuite Quotes

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Aimer ou avoir aimée, cela suffit. Ne demandez rien ensuite. On n'a pas d'autre perle à trouver dans les plis ténébreux de la vie. Aimer est un accomplissement.
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Victor Hugo (Les Misérables: Marius (Les Misérables, #3))
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Les hommes sont bizarres. Ils commettent le pire sans trop se poser de questions, mais ensuite, ils ne peuvent plus vivre avec le souvenir de ce qu'ils ont fait.
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Philippe Claudel (Brodeck)
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Elle se sentait noyĂ©e dans le mĂ©pris de ces gredins honnĂȘtes qui l'avaient sacrifiĂ©e d'abord, rejetĂ©e ensuite, comme une chose malpropre et inutile.
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Guy de Maupassant (Boule de Suif (21 contes))
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Oui, c'est votre idĂ©e, Ă  vous tous, les ouvriers français, dĂ©terrer un trĂ©sor, pour le manger seul ensuite, dans un coin d'Ă©goĂŻsme et de fainĂ©antise. Vous avez beau crier contre les riches, le courage vous manque de rendre aux pauvres l'argent que la fortune vous envoie... Jamais vous ne serez dignes du bonheur, tant que vous aurez quelque chose Ă  vous, et que votre haine des bourgeois viendra uniquement de votre besoin enragĂ© d'ĂȘtre des bourgeois Ă  leur place.
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Émile Zola (Germinal)
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Je ne sais pas pour vous mais, au dĂ©but de ma vie, il n'y avait que deux sortes de personnes dans mon univers : celle que j'adorais et celles que je dĂ©testais. Mes meilleurs amis et mes pires ennemis. Ceux pour qui je suis prĂȘte Ă  tout donner et ceux qui peuvent aller crever. Ensuite on grandit. Entre le noir et le blanc, on dĂ©couvre le gris. On rencontre ceux qui ne sont pas vraiment des amis mais que l'on aime quand mĂȘme un peu et ceux que l'on prend pour des proches et qui n'arrĂȘtent pas de vous planter des couteaux dans le dos.
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Gilles Legardinier (Demain j'arrĂȘte!)
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La vie est une succession de choix qu’il faut savoir assumer ensuite.
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Joël Dicker (La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert (Marcus Goldman, #1))
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En gĂ©nĂ©ral, les malheurs d'autrui suscitent inĂ©vitablement trois sentiments chez les tempĂ©raments mesquins : tout d'abord le saisissement ; ensuite la satisfaction intĂ©rieure de ne pas ĂȘtre concernĂ© ; enfin, une joie maligne et secrĂšte. Tels sont les sombres instincts que recĂšle l'Ăąme humaine dans ses trĂ©fonds.
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ИĐČĐ°Đœ Đ’Đ°Đ·ĐŸĐČ (ĐŸĐŸĐŽ ĐžĐłĐŸŃ‚ĐŸ)
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Pauvre petite femme! Ça baĂźlle aprĂšs l'amour, comme une carpe aprĂšs l'eau sur une table de cuisine. Avec trois mots de galanterie, cela vous adorerait, j'en suis sĂ»r! ce serait tendre! charmannt!... Oui, mais comment s'en dĂ©barresser ensuite? - Rodolphe Boulanger
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Gustave Flaubert (Madame Bovary)
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I headed out of my en-suite into my room and stopped dead as I spotted a life sized inflatable Pegasus sex doll standing in the middle of my goddamn bed.
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Caroline Peckham (Ruthless Fae (Zodiac Academy, #2))
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On peut juger de la bonté d'un livre à la vigueur des coups de poing qu'il vous a donnés et à la longueur de temps qu'on est ensuite à en revenir.
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Gustave Flaubert (Correspondance)
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Une Faëlle a survécu trois semaines à son compagnon. C'est le temps qu'il lui a fallu pour exterminer les responsables de sa disparition. Ensuite, elle est morte.
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Pierre Bottero (L'ƒil d'Otolep (Les Mondes d'Ewilan, #2))
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Trente chevaux sur une colline rouge; D'abord ils mĂąchonnent, Puis ils frappent leur marque, Ensuite ils restent immobiles. (Les dents)
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J.R.R. Tolkien (The Hobbit, or There and Back Again)
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Mais il était tellement facile de suivre mes impulsions et de me repentir ensuite...
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Françoise Sagan (Bonjour tristesse)
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À ce moment lĂ , j'ai dĂ» comprendre pour la premiĂšre fois que le mal est irrĂ©mĂ©diable et qu'il est impossible de rĂ©parer un tort quoique l'on fasse ensuite. Le seul remĂšde est de ne pas en commettre et ne pas en commettre est en ce monde l'oeuvre la plus ardue et secrĂšte.
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Erri De Luca (Pas ici, pas maintenant)
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Je suis lùche, c'est pour ça que j'ai besoin de couper les ponts avec tous ceux qui me sont proches, de partir en un lieu totalement inconnu pour revenir ensuite. J'ai l'impression que la vie est toujours neuve comme ça, qu'il reste quelque chose à découvrir. Ca glisse, ça glisse, j'ai l'impression que ça va répondre à toutes les questions. Je me sens tellement vrai quand je m'en vais, j'ai toujours l'impression d'avoir perdu quelque chose quand je reviens. (p224)
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Mian Mian (Candy)
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Le "moment" d’un paysage est aussi unique que celui d’un portrait, et souvent le photographe n’y est pour rien, sinon qu’il a Ă©tĂ© lĂ  au moment oĂč il le fallait. Ensuite l’image vivra sa vie, enrichie par l’imaginaire de ceux qui la regarderont et par la nostalgie de celui qui l’a faite.
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J.L. Sieff
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Le privilÚge économique détenu par les hommes, leur valeur sociale, le prestige du mariage, l'utilité d'un appui masculin, tout engage les femmes à vouloir ardenment plaire aux hommes. Elles sont encore dans l'ensemble en situation de vassalité. Il s'ensuit que la femme se connaßt et se choisit non en tant qu'elle existe pour soi mais telle que l'homme la définit.
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Simone de Beauvoir (Le deuxiĂšme sexe, I)
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Tu vas voir, le regard des gens sur un mec handicapĂ© se fait en plusieurs temps. Quand les gens te rencontrent la premiĂšre fois, tu n’es rien d’autre qu’un handicapĂ©. Tu n’as pas d’histoire, pas de particularitĂ©s, ton handicap est ta seule identitĂ©. Ensuite, s’ils prennent un peu le temps, ils vont dĂ©couvrir une facette de ton caractĂšre. Ils verront alors si tu as de l’humour, si tu es dĂ©pressif
 Enfin, ils verront presque avec surprise que tu peux avoir une vraie personnalitĂ© qui s’ajoute Ă  ton statut d’handicapé .
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Grand corps malade (Patients)
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En 1878, reçu mĂ©decin Ă  l’UniversitĂ© de Londres, je me rendis Ă  Netley pour suivre les cours prescrits aux chirurgiens de l’armĂ©e ; et lĂ , je complĂ©tai mes Ă©tudes. On me dĂ©signa ensuite, comme aide-major, pour le 5e rĂ©giment de fusiliers de Northumberland en garnison aux Indes.
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Arthur Conan Doyle (A Study in Scarlet (Sherlock Holmes, #1))
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Si on bouge sans cesse, on impose un sens, une direction au temps. Mais si on s'arrĂȘte en se butant comme un Ăąne au milieu du sentier, si on se laisse emporter par la rĂȘverie, alors mĂȘme le temps s'arrĂȘte et n'est plus ce fardeau qui pĂšse sur nos Ă©paules. Si on ne le porte pas il verse, il se rĂ©pand tout autour comme la tache d'encre que ma plume faisait toute seule, droite en Ă©quilibre sur le buvard, pour retomber ensuite, vide.
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Erri De Luca (Pas ici, pas maintenant)
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Pour liquider un peuple, on commence par lui enlever la mĂ©moire. On dĂ©truit ses livres, sa culture, son histoire. Puis quelqu’un d’autre lui Ă©crit d’autres livres, lui donne une autre culture, lui invente une autre histoire. Ensuite, le peuple commence Ă  oublier ce qu’il est, et ce qu’il Ă©tait.
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Léonora Miano (Rouge impératrice)
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« On ne raconte pas aux enfants ce qui s'est passé avant eux. d'abord ils sont trop petits pour comprendre, ensuite ils sont trop grands pour écouter, puis ils n'ont plus le temps, aprÚs c'est trop tard. C'et le propre de la vie de famille. On vit cÎte à cÎte comme si on se connaissait mais on ignore tout les uns des autres. On espÚre des miracles de notre consanguinité : des harmonies impossibles, des confidences absolues, des fusions viscérales. On se contente du mensonge rassurant de notre parenté. »
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Jean-Michel Guenassia
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Un couple ne coule des jours heureux que l’espace de quelques mois. Ensuite, c’est du travail, des compromis, de la frustration, des larmes. Mais ça en vaut la peine, parce que le rĂ©sultat est une unitĂ© qui n’est pas due Ă  de la chimie ou de la magie, cette unitĂ©, vous l’avez construite. L’amour n’existe pas par lui-mĂȘme, il se bĂątit. (P. 282)
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Joël Dicker (L'Affaire Alaska Sanders)
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Elle Ă©tait amoureuse de LĂ©on, et elle recherchait la solitude, afin de pouvoir plus Ă  l’aise se dĂ©lecter en son image. La vue de sa personne troublait la voluptĂ© de cette mĂ©ditation. Emma palpitait au bruit de ses pas ; puis, en sa prĂ©sence, l’émotion tombait, et il ne lui restait ensuite qu’un immense Ă©tonnement qui se finissait en tristesse.
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Gustave Flaubert (Madame Bovary)
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Comme il naĂźt beaucoup plus d'individus de chaque espĂšce qu'il n'en peut survivre; comme, en consĂ©quence, la lutte pour l'existence se renouvelle Ă  chaque instant, il s'ensuit que tout ĂȘtre qui varie quelque peu que ce soit de façon qui lui est profitable a une plus grande chance de survivre; cet ĂȘtre est ainsi l'objet d'une sĂ©lection naturelle.
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Charles Darwin (The Origin of Species)
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Car l'homme ne vit que durant un clignement de paupiĂšres et ensuite c'est la pourriture Ă  jamais, et chaque jour tu fais un pas de plus vers le trou en terre oĂč tu moisiras en grande stupiditĂ© et silence en la seule compagnie de vers blancs et gras comme ceux de la farine et du fromage, et ils s'introduiront dans tous tes orifices pour s'y nourrir.
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Albert Cohen (Belle du Seigneur)
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Je lui avais dit que j’étais quelqu’un d’autre. Et je me suis mise ensuite Ă  lui en vouloir d’ĂȘtre incapable de voir qui j’étais vraiment.
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Taylor Jenkins Reid (The Seven Husbands of Evelyn Hugo)
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Il est plus dĂ©sirable de cultiver le respect du bien que le respect de la loi. Nous devons ĂȘtre d'abord des hommes et ensuite seulement des sujets
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Henry David Thoreau (Civil Disobedience)
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Je mets pas mal de choses d’abord sur mon papier ; ensuite j’ajoute la simplicitĂ©.
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Anatole France
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Ça, c’est la tragĂ©die de ma vie. D’avoir utilisĂ© mon corps lorsque c’était tout ce que j’avais, et d’avoir ensuite continuĂ© Ă  le faire alors que d’autres options s’offraient Ă  moi.
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Taylor Jenkins Reid (The Seven Husbands of Evelyn Hugo)
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On croit que ce sont des choses extraordinaires. C'est comme le reste. Comme le reste, ça vous arrive. Ensuite ça vous est arrivĂ©. Ça pourrait arriver Ă  n'importe qui.
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Marguerite Duras
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Dans la vie, on voit ce qui peut ĂȘtre accompli, on pĂšse le pour et le contre et ensuite on saisit l’opportunitĂ©. — Henry
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Neal Shusterman (Dry)
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Britt-Marie pince toujours les lùvres ensuite, pour montrer qu’elle n’a rien à ajouter. C’est pourtant rarement le cas.
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Fredrik Backman (Britt-Marie Was Here)
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Tout grandit, m'a-t-il dit un jour, sauf les catastrophes. Elles sont énormes quand elles naissent; ensuite, elles rapetissent un peu plus chaque jour.
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Rafik Schami (A Hand Full of Stars)
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Tout est en un (Abraham) Tout est amour (Jésus-Christ) Tout est économique (Karl Marx) Tout est sexuel (Sigmund Freud) Tout est relatif (Albert Einstein) Et ensuite ?
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Bernard Werber (Le Jour des fourmis (La Saga des Fourmis, #2))
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Tous ceux, tous ceux, tous ceux Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe Sans les mettre en bouquet : je vous aime, j'Ă©touffe Je t'aime, je suis fou, je n'en peux plus, c'est trop ; Ton nom est dans mon cƓur comme dans un grelot, Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne, Tout le temps, le grelot s'agite, et le nom sonne ! De toi, je me souviens de tout, j'ai tout aimĂ© : Je sais que l'an dernier, un jour, le douze mai, Pour sortir le matin tu changeas de coiffure ! J'ai tellement pris pour clartĂ© ta chevelure Que, comme lorsqu'on a trop fixĂ© le soleil, On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil, Surtout, quand j'ai quittĂ© les feux dont tu m'inondes, Mon regard Ă©bloui pose des taches blondes !
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Edmond Rostand (Cyrano de Bergerac)
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Sans doute, rien n’est plus naturel, aujourd’hui, que de voir des gens travailler du matin au soir et choisir ensuite de perdre aux cartes, au cafĂ©, et en bavardages, le temps qui leur reste pour vivre.
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Albert Camus (The Plague)
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Les fondements des apprentissages psychomoteurs: Chaque notion est abordée: - D'abord par des exercices moteurs. - Ensuite par des exercices sensorimoteurs. - Enfin par des exercices perceptivomoteurs .
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A. de Meur (Psychomotricité: éducation et rééducation)
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C'est pas toujours facile, le soir, d'entrer dans une chambre et de s'asseoir au bord du lit pour défaire tranquillement ses lacets et ensuite se glisser dans les draps et regarder le plafond d'un coeur léger.
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Philippe Djian (Erogene Zone)
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Dans le mot défection, il y a une autre idée  : son pÚre lui a manqué. Et le double sens de ce verbe convient absolument. D'abord, une faute, une infraction, une violation. Il s'est dérobé à ses obligations, écarté des routes droites, il a enfreint les rÚgles non écrites, péché contre l'ordre établi, joué contre son camp, piétiné la confiance placée en lui, offensé ses proches, ses amis, il a trahi. Ensuite, une morsure, une douleur, un chagrin. Il n'a pas été présent alors qu'on comptait sur lui, il a laissé un vide que nul n'est venu combler, des questions auxquelles nul n'a su répondre, une frustration irréductible, une demande affective que nul n'a été en mesure d'étancher.
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Philippe Besson (« ArrĂȘte avec tes mensonges »)
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Si monsieur votre pĂšre daigne Ă©jaculer quelquefois dans votre petite bouche, acceptez cela les yeux baissĂ©s, et comme un grand honneur dont vous n’ĂȘtes pas digne. Surtout n’allez pas ensuite vous en vanter comme une sotte Ă  l’oreille de votre maman.
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Pierre LouĂżs (The Young Girl's Handbook of Good Manners for Use in Educational Establishments (Wakefield Handbooks))
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That was the one thing June had been terrified of having - a standard life, an ordinary life, a life like her parents’ - living in a pink sandstone semi-detached villa in the suburbs with a neat garden and an en-suite master bedroom with fitted wardrobes
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Kate Atkinson (Not the End of the World)
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Lors de la retraite des Napolitains, sa sƓur a Ă©tĂ© violĂ©e par les soldats, qui lui ont ensuite coupĂ© la tĂȘte et ont laissĂ© dans la rue le corps nu et la tĂȘte coupĂ©e. Le corps et la tĂȘte ont Ă©tĂ© trouvĂ©s et pieusement recueillis par les carabiniers gĂ©nois.
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Alexandre Dumas (Alexandre Dumas - Oeuvres ComplÚtes Illustrées - Partie II : Voyages, Histoire, Théùtre, Causeries, Divers lci-5 (Version Illustrée Standard 90Mo) (French Edition))
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Naphta commença Ă  parler de pieux excĂšs de la charitĂ© qu'avait connus le moyen Ăąge, de cas Ă©tonnants de fanatisme et d'exaltation dans les soins donnĂ©s aux malades : des filles de rois avaient baisĂ© les plaies puantes de lĂ©preux, s'Ă©taient volontairement exposĂ©es Ă  la contagion de la lĂȘpre, avaient appelĂ© leurs roses les ulcĂšres qui se formaient sur leur corps, avaient bu l'eau oĂč s'Ă©taient lavĂ©s des malades purulents et avaient dĂ©clarĂ© ensuite que rien ne leur avait jamais semblĂ© meilleur. (ch. VI, operationes spirituales)
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Thomas Mann (The Magic Mountain)
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tu commences par t'inquiĂ©ter, et puis tu commences Ă  piger, et ensuite tu sais. Peut ĂȘtre que tu n'as pas envie de savoir, peut ĂȘtre que tu penses que les amoureux c'est comme les mĂ©decins, ça commet toujours des erreurs de diagnostic fatales, mais au fond de ton coeur, tu sais..
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Stephen King (Joyland)
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Les femelles obtenaient ce qu'elles voulaient, d'abord un compagnon, ensuite un repas, rien qu'en changeant le code de leurs signaux. Kya savait qu'il n'y avait aucune place pour juger. Il n'y avait lĂ  rien de mauvais, c'Ă©tait seulement l'Ă©lan de la vie, mĂȘme aux dĂ©pends de certains des joueurs.
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Delia Owens (Where the Crawdads Sing)
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Lorsque tu entres dans un lieu inconnu, tu es la cible de tous les regards. Ceux-ci se détournent ensuite quelques secondes avant de revenir sur toi pour ne plus te lùcher. Ces secondes durant lesquelles tu es invisible sont les secondes du marchombre. Elles sont ton temps, ton monde, ta liberté.
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Pierre Bottero (L'ƒil d'Otolep (Les Mondes d'Ewilan, #2))
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Je voudrais te rejoindre dans l'idéal d'un art simple, accessible, qui charme d'abord, bouleverse ensuite. Comme toi, je crois que la science, le métier, l'érudition, la virtuosité technique doivent disparaßtre sous l'apparence d'un naturel aimable.Il nous faut plaire avant tout, mais plaire sans complaire, en fuyant les recettes éprouvées. en refusant de flatter les émotions convenues, en élevant, pas en abaissant. Plaire, c'est-à-dire intéresser, intriguer, soutenir l'attention, donner du plaisir, procurer des émotions, du rire aux larmes en passant par les frissons, emmener loin, ailleurs...
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Éric-Emmanuel Schmitt
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Qu'importent nos ennuis, nos défaillances, la lenteur d'exécution et le dégoût de l'oeuvre ensuite, si nous sommes toujours en progrÚs  ! Si nous montons, qu'importe le but  ! Si nous galopons, qu'importe l'auberge  ! Ce perpétuel malaise n'est-il pas une garantie de délicatesse, une preuve de foi  !
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Gustave Flaubert (Correspondance 3e série. 1852-1854 (French Edition))
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L'homme, guidé par le sens de la beauté, transforme l'évÚnement fortuit (une musique de Beethoven, une mort dans une gare) en un motif qui va ensuite s'inscrire dans la partition de sa vie. Il y reviendra, le répétera, le modifiera, le développera comme fait le compositeur avec le thÚme de sa sonate.
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Milan Kundera
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Le souper fut comme la plupart des soupers de Paris : d'abord du silence, ensuite un bruit de paroles qu'on ne distingue point, puis des plaisanteries dont la plupart sont insipides, de fausses nouvelles, de mauvais raisonnements, un peu de politique et beaucoup de mĂ©disance ; on parla mĂȘme de livres nouveaux.
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Voltaire (Candide)
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On ne raconte pas aux enfants ce qui s'est passé avant eux. D'abord ils sont trop petits pour comprendre, ensuite ils sont trop grands pour écouter, puis ils n'ont plus le temps, aprÚs c'est trop tard. C'est le propre de la vie de famille. On vit cÎte à cÎte comme si on se connaissait mais on ignore tout les uns des autres.
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Jean-Michel Guenassia
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Ceux qui reprochent Ă  nos ancĂȘtres d'avoir Ă©tĂ© sottement crĂ©dules oublient, d'abord qu'on peut Ă©galement ĂȘtre sottement incrĂ©dule, et ensuite qu'en fait de crĂ©dulitĂ©, il n'y a rien de tel que les illusions dont vivent les soi-disant destructeurs d'illusions ; car on peut remplacer une crĂ©dulitĂ© simple par une crĂ©dulitĂ© compliquĂ©e [...]
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Frithjof Schuon (Light on the Ancient Worlds: A New Translation with Selected Letters (The Library of Perennial Philosophy))
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Ce principe Ă©tabli, il s'ensuit que la femme est faite spĂ©cialement pour plaire Ă  l'homme. Si l'homme doit lui plaire Ă  son tour, c'est d'une nĂ©cessitĂ© moins directe : son mĂ©rite est dans sa puissance ; il plaĂźt par cela seul qu'il est fort. Ce n'est pas ici la loi de l'amour, j'en conviens ; mais c'est celle de la nature, antĂ©rieure Ă  l'amour mĂȘme.
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Jean-Jacques Rousseau (Emile, or On Education)
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Et en quoi une vie a-t-elle besoin d'ĂȘtre justifiĂ©e ? La totalitĂ© des animaux, l'Ă©crasante majoritĂ© des hommes vivent sans jamais Ă©prouver le moindre besoin de justification. Ils vivent parce qu'ils vivent et voilĂ  tout, c'est comme ça qu'ils raisonnent ; ensuite je suppose qu'ils meurent parce qu'ils meurent, et que ceci, Ă  leurs yeux, termine l'analyse.
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Michel Houellebecq (Soumission)
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Mundungus Fletcher’s put in a claim for a twelve-bedroomed tent with en-suite jacuzzi, but I’ve got his number. I know for a fact he was sleeping under a cloak propped on sticks.
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J.K. Rowling (Harry Potter and the Goblet of Fire (Harry Potter, #4))
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George Armstrong Custer a massacré les Indiens Lakota. Sheridan a exterminé les bisons, pour faire mourir de faim le peuple des grandes plaines. Un crime organisé, froidement pensé et systématiquement mis en ouvre. Arrosé de whisky frelaté. Ensuite, et depuis, il y a eu la Corée, le Vietnam, Cuba, La Grenade, Haïti, le Guatemala, le Nicaragua, l'Irak, l'Afghanistan".
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Sadek Aissat
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Il ne voulait penser qu'à elle, à Darka, comme si c'était pour la revoir qu'il lui fallait foncer à bord d'une vieille guimbarde dans les rues les plus cahoteuses de Lviv, secouer ses passagers pour les libérer de leurs calculs rénaux et aller ensuite la rejoindre, retrouver son guichet éclairé toute la nuit, rempart de lumiÚre protégeant sa magicienne aux longs gants colorés.
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Andrey Kurkov
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Mais quel crime ai-je donc commis ? Ai-je tuĂ© quelqu'un et ensuite perdu la mĂ©moire ? Ai-je tuĂ©, volĂ© ? Non, j’ai fait un choix. Il ne les concerne pas, ce n’est pas eux qui en souffrent, je suis inoffensive. Je les dĂ©teste ceux qui disent que je leur fais du mal en me laissant mourir. Ils ne peuvent pas savoir, je ne leur dirai pas, d'ailleurs ils ne m'aiment plus, ce n'est pas ainsi qu'on aime.
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Valérie ValÚre (Le Pavillon des enfants fous)
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Les hommes ont mĂ©pris pour la religion. Ils en ont haine et peur qu’elle soit vraie. Pour guĂ©rir cela il faut commencer par montrer que la religion n’est point contraire Ă  la raison. VĂ©nĂ©rable, en donner respect. La rendre ensuite aimable, faire souhaiter aux bons qu’elle fut vraie et puis montrer qu’elle est vraie. VĂ©nĂ©rable parce qu’elle a bien connu l’homme. Aimable parce qu’elle promet le vrai bien.
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Blaise Pascal (Pensées)
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des mĂ©chants ou un orage avaient rompu l'une des principales branches du jeune arbre, qui pendait dessĂ©chĂ©e; Fabrice la coupa avec respect, Ă  l'aide de son poignard, et tailla bien net la coupure, afin que l'eau ne pĂ»t pas s'introduire dans le tronc. Ensuite quoique le temps fĂ»t bien prĂ©cieux pour lui, car lĂ© jour allait paraĂźtre, il passa une bonne heure Ă  bĂȘcher la terre autour de l'arbre chĂ©ri. Toutes
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”
Stendhal (The Charterhouse of Parma)
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Et pour les humains ? Elle Ă©met une reponse Ă©vasive : Ils ne prĂ©sentent pas grand intĂ©rĂȘt. [...] Et ceux qui vivent sous la grande roche ? Belo-kiu-kiuni ne rĂ©pond pas. Elle demande Ă  rester seule, puis se tourne vers le cadavre de l'ancienne Belo-kiu-kiuni. La nouvelle reine incline dĂ©licatement la tĂȘte et pose ses antennes contre le front de sa MĂšre. Elle demeure ensuite immobile, un temps trĂšs long, comme plongĂ©e en une CA d'Ă©ternitĂ©.
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”
Bernard Werber (La Trilogie des Fourmis)
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Et ensuite ? Ensuite, la vie a repris son cours. C'est comme ça qu'on dit, non, quand il ne se passe rien ? Quand on oublie ses bonnes rĂ©solutions, quand on abandonne ses rĂȘves de libertĂ© et de grandeur et qu'on continue Ă  boire des coups et Ă  en tirer Ă  gauche Ă  droite en s'inventant des comĂ©dies pas romantiques du tout. A dĂ©shabiller Paul pour rhabiller Pierre pour se retrouver finalement nue dans les bras de Jacques. Oui, c'est comme ça qu'on dit.
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Anna Gavalda (Des vies en mieux)
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Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succĂšs et qu’on le trouve si Ă©norme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On dĂ©compose l’aventure et l’aventurier, et, en laissant Ă  part le parti qu’il tire de son nom et certains faits extĂ©rieurs dont il s’est aidĂ© dans son escalade, on ne trouve au fond de l’homme et de son procĂ©dĂ© que deux choses, la ruse et l’argent.
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Victor Hugo (Napoléon le Petit (French Edition))
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Maldoror fut bon pendant ses premiĂšres annĂ©es, oĂč il vĂ©cut heureux ; c’est fait. Il s’aperçut ensuite qu’il Ă©tait nĂ© mĂ©chant : fatalitĂ© extraordinaire ! Il cacha son caractĂšre tant qu’il put, pendant un grand nombre d’annĂ©es ; mais, Ă  la fin, Ă  cause de cette concentration qui ne lui Ă©tait pas naturelle, chaque jour le sang lui montait Ă  la tĂȘte ; jusqu’à ce que, ne pouvant plus supporter une pareille vie, il se jeta rĂ©solĂ»ment dans la carriĂšre du mal
 atmosphĂšre douce !
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Comte de Lautréamont (Les Chants de Maldoror)
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La conception populiste de la dĂ©mocratie prĂ©sente sur cette base trois caractĂ©ristiques. Elle entend d’abord privilĂ©gier la dĂ©mocratie directe, en appelant notamment Ă  multiplier les rĂ©fĂ©rendums d’initiative populaire ; elle dĂ©fend ensuite le projet d’une dĂ©mocratie polarisĂ©e, dĂ©nonçant le caractĂšre non dĂ©mocratique des autoritĂ©s non Ă©lues et des cours constitutionnelles. Elle exalte enfin, et c’est le point nodal, une conception immĂ©diate et spontanĂ©e de l’expression populaire.
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Pierre Rosanvallon (Le SiÚcle du populisme: Histoire, théorie, critique (French Edition))
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Les Palestiniens n’ont pas d’autre choix, faute d’armes, de dĂ©fenseurs, que le recours au terrorisme. (...) L’acte de terreur commis Ă  Munich, ai-je dit, se justifiait Ă  deux niveaux : d’abord, parce que tous les athlĂštes israĂ©liens aux Jeux olympiques Ă©taient des soldats, et ensuite, parce qu’il s’agissait d’une action destinĂ©e Ă  obtenir un Ă©change de prisonniers. Quoiqu’il en soit, nous savons dĂ©sormais que tous, IsraĂ©liens et Palestiniens, ont Ă©tĂ© tuĂ©s par la police allemande.
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”
Jean-Paul Sartre
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Nous allons te parler de gens qui vivaient en notre temps, soit il y a plus de cent ans, et ne sont guĂšre plus pour toi que des noms inscrits sur des croix inclinĂ©es ou des pierres tombales fissurĂ©es. D'une vie et de souvenirs qui ont disparu en vertu de l'implacable loi du temps. En cela, nous allons le changer. Nos paroles sont telles des brigades de sauveteurs qui jamais ne renoncent Ă  leur quĂȘte, leur but est d'arracher des Ă©vĂ©nements passĂ©s et des vies Ă©teintes au trou noir de l'oubli et cela n'a rien d'une petite entreprise, mais il se peut aussi qu'elles glanent en chemin quelques rĂ©ponses et qu'elles nous dĂ©livrent de l'endroit oĂč nous nous tenons avant qu'il ne soit trop tard. Contentons-nous de cela pour l'instant, nous t'envoyons ces mots, ces brigades de sauveteurs dĂ©semparĂ©es et Ă©parses. Elles sont incertaines de leur rĂŽle, toutes les boussoles sont hors d'usage, les cartes de gĂ©ographie dĂ©chirĂ©es ou obsolĂštes, mais rĂ©serve-leur tout de mĂȘme bon accueil. Ensuite, nous verrons bien. (p. 4)
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JĂłn Kalman StefĂĄnsson (HimnarĂ­ki og helvĂ­ti)
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-Je t'aime, dit tout bas M. Jo. Dans le seul livre qu'elle eĂ»t jamais lu, comme dans les films qu'elle avait vus depuis, les mots: je t'aime n'Ă©taient prononcĂ©s qu'une seule fois au cours de l'entretien de deux amants qui durait quelques minutes Ă  peine mais qui liquidait des mois d'attente, une terrible sĂ©paration, des douleurs infinies. Jamais Suzanne ne les avait encore entendus prononcer qu'au cinĂ©ma. Longtemps, elle avait cru qu'il Ă©tait infiniment plus grave de les dire, que de se livrer Ă  un homme aprĂšs l'avoir dit, qu'on ne pouvait les dire qu'une seule fois de toute sa vie et qu'ensuite on ne le pouvait plus jamais, sa vie durant, sous peine d'encourir un abominable dĂ©shonneur. Mais elle savait maintenant qu'elle se trompait. On pouvait les dire spontanĂ©ment, dans le dĂ©sir et mĂȘme aux putains. CÂŽĂ©tait un besoin qu'avaient quelquefois les hommes de le prononcer, rien que pour en sentir dans le moment la force Ă©puisante. Et de les entendre Ă©tait aussi quelquefois nĂ©cessaire, pour les mĂȘmes raisons.
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Marguerite Duras (The Sea Wall (English and French Edition))
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mais je crois qu’elle aurait tout autant de chances d’ĂȘtre heureuse, si elle Ă©pousait Mr. Bingley demain que si elle se met Ă  Ă©tudier son caractĂšre pendant une annĂ©e entiĂšre ; car le bonheur en mĂ©nage est pure affaire de hasard. La fĂ©licitĂ© de deux Ă©poux ne m’apparaĂźt pas devoir ĂȘtre plus grande du fait qu’ils se connaissaient Ă  fond avant leur mariage ; cela n’empĂȘche pas les divergences de naĂźtre ensuite et de provoquer les inĂ©vitables dĂ©ceptions. Mieux vaut, Ă  mon avis, ignorer le plus possible les dĂ©fauts de celui qui partagera votre existence !
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Jane Austen
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N’acceptez jamais qu’une condition requise vienne simplement d’un dĂ©partement, comme « le dĂ©partement juridique » ou « le dĂ©partement sĂ©curité ». Il faut connaĂźtre le nom de la personne prĂ©cise qui a formulĂ© cette demande. Ensuite, si intelligente que soit cette personne, il faut remettre sa demande en question. Les conditions requises des gens intelligents sont les plus dangereuses, parce que les autres sont moins Ă  mĂȘme de les questionner. Ne vous en abstenez jamais, mĂȘme si cette condition vient de moi. Ensuite, rendez cette condition moins stupide.
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Walter Isaacson (Elon Musk)
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Ensuite, la peur se tourne vers votre corps, qui sent dĂ©jĂ  que quelque chose de terrible et de mauvais est entrain de survenir. DĂ©jĂ , votre souffle s'est envolĂ© comme un oiseau et votre cran a fui en rampant comme un serpent. Maintenant, vous avez la langue qui s'affale comme un opossum, tandis que votre mĂąchoire commence Ă  galoper sur place. Vos oreilles n'entendent plus. Vos muscles se mettent Ă  trembler comme si vous aviez la malaria et vos genoux Ă  frĂ©mir comme si vous dansiez. Votre coeur pompe follement, tandis que votre sphincter se relĂąche. Il en va ainsi de tout le reste de votre corps. Chaque partie de vous, Ă  sa maniĂšre, perd ses moyens. Il n'y a que vos yeux Ă  bien fonctionner. Ils prĂȘtent toujours pleine attention Ă  la peur. Vous prenez rapidement des dĂ©cisions irrĂ©flĂ©chies. Vous abandonnez vos derniers alliĂ©s: l'espoir et la confiance. VoilĂ  que vous vous ĂȘtes dĂ©fait vous-mĂȘme. La peur, qui n'est qu'une impression, a triomphĂ© de vous. Cette expĂ©rience est difficile Ă  exprimer. Car la peur, la vĂ©ritable peur, celle qui vous Ă©branle jusqu'au plus profond de vous, celle que vous ressentez au moment oĂč vous ĂȘtes face Ă  votre destin final, se blottit insidieusement dans votre mĂ©moire, comme une gangrĂšne: elle cherche Ă  tout pourrir, mĂȘme les mots pour parler d'elle. Vous devez donc vous battre trĂšs fort pour l'appeler par son nom. Il faut que vous luttiez durement pour braquer la lumiĂšre des mots sur elle. Car si vous ne le faites pas, si la peur devient une noirceur indicible que vous Ă©vitez, que vous parvenez peut-ĂȘtre mĂȘme Ă  oublier, vous vous exposez Ă  d'autres attaques de peur parce que vous n'aurez jamais vraiment bataillĂ© contre l'ennemi qui vous a dĂ©fait.
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Yann Martel (Life of Pi)
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[...] Ensuite, il est une autre raison pour laquelle l’Oriental, qui n’a pas le moindre esprit de propagande, ne trouvant aucun intĂ©rĂȘt Ă  vouloir rĂ©pandre Ă  tout prix ses conceptions, est rĂ©solument opposĂ© Ă  toute « vulgarisation » : c’est que celle-ci dĂ©forme et dĂ©nature inĂ©vitablement la doctrine, en prĂ©tendant la mettre au niveau de la mentalitĂ© commune sous prĂ©texte de la lui rendre accessible ; ce n’est pas Ă  la doctrine de s’abaisser et de se restreindre Ă  la mesure de l’entendement bornĂ© du vulgaire ; c’est aux individus de s’élever, s’ils le peuvent, Ă  la comprĂ©hension de la doctrine dans sa puretĂ© intĂ©grale.
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René Guénon (Introduction to the Study of the Hindu Doctrines)
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La civilisation occidentale s'est entiĂšrement tournĂ©e, depuis deux ou trois siĂšcles, vers la mise Ă  la disposition de l'homme de moyens mĂ©caniques de plus en plus puissants. Si l'on adopte ce critĂšre, on fera de la quantitĂ© d'Ă©nergie disponible par tĂȘte d'habitant l'expression du plus ou moins haut degrĂ© de dĂ©veloppement des sociĂ©tĂ©s humaines. La civilisation occidentale, sous sa forme nord-amĂ©ricaine, occupera la place de tĂȘte, les sociĂ©tĂ©s europĂ©ennes venant ensuite, avec, Ă  la traĂźne, une masse de sociĂ©tĂ©s asiatiques et africaines qui deviendront vite indistinctes. Or ces centaines ou mĂȘme ces milliers de sociĂ©tĂ©s qu'on appelle "insuffisamment dĂ©veloppĂ©es" et "primitives", qui se fondent dans un ensemble confus quand on les envisage sous le rapport que nous venons de citer (et qui n'est guĂšre propre Ă  les qualifier, puisque cette ligne de dĂ©veloppement leur manque ou occupe chez elles une place trĂšs secondaire), elles se placent aux antipodes les unes des autres ; selon le point de vue choisi, on aboutirait donc Ă  des classements diffĂ©rents. Si le critĂšre retenu avait Ă©tĂ© le degrĂ© d'aptitude Ă  triompher des milieux gĂ©ographiques les plus hostiles, il n'y a guĂšre de doute que les Eskimos d'une part, les BĂ©douins de l'autre, emporteraient la palme. (p.36)
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Claude Lévi-Strauss (Race et histoire)
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Le fait de ne pas prolonger l’expĂ©rience amoureuse n’est pas un critĂšre de validitĂ© en soi. Dans la rencontre attentionnĂ©e avec l’autre, l’individu est Ă©lectrisĂ©. Dans la rencontre de deux corps s’exalte une sensation de vie intense. Aussi la passion n’est-elle pas toujours liĂ©e Ă  la suite de l’évĂ©nement : il est frĂ©quent de rencontrer sensuellement quelqu’un sans vivre ensuite avec lui. Il faut disjoindre la grĂące de la rencontre, qui est Ă©blouissement rĂ©ciproque, des suites d’une relation. Deux ĂȘtres peuvent s’estimer trop diffĂ©rents, trop Ă©loignĂ©s, pour dĂ©cider de former une relation durable, malgrĂ© un Ă©change merveilleux. Les partenaires savent que, « sans lendemain », cet Ă©change se suffit Ă  lui-mĂȘme, qu’il procure une Ă©nergie fabuleuse. C’est nĂ©anmoins un moment magique. « Une voluptĂ© vraie est aussi difficile Ă  rĂ©ussir qu’un mariage d’amour », estime Vladimir JankĂ©lĂ©vitch (1949). Il ne s’agit pas de ce que l’on appelle communĂ©ment l’état amoureux, aussi cette forme de relation est toujours niĂ©e, vulgarisĂ©e, ramenĂ©e Ă  un Ă©change libertin, de pur sexe, instrumental, intĂ©ressĂ©, etc. Pourtant l’apport Ă©motionnel, sensuel, Ă©nergĂ©tique, affectif, amoureux peut avoir des rĂ©percussions plus grandes dans l’histoire de vie de la personne que des annĂ©es de vie conjugale.
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Serge Chaumier (L'amour fissionnel : Le nouvel art d'aimer)
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Ce qui importe avant tout, c'est que le sens gouverne le choix des mots, et non l'inverse. En matiĂšre de prose, la pire des choses que l'on puisse faire avec les mots est de s'abandonner Ă  eux. Quand vous pensez Ă  un objet concret, vous n'avez pas besoin de mots, et si vous voulez dĂ©crire ce que vous venez de visualiser, vous vous mettrez sans doute alors en quĂȘte des termes qui vous paraĂźtront les plus adĂ©quats. Quand vous pensez Ă  une notion abstraite, vous ĂȘtes plus enclin Ă  recourir d'emblĂ©e aux mots, si bien qu'Ă  moins d'un effort conscient pour Ă©viter ce travers, le jargon existant s'impose Ă  vous et fait le travail Ă  votre place, au risque de brouiller ou mĂȘme d'altĂ©rer le sens de votre rĂ©flexion. Sans doute vaut-il mieux s'abstenir, dans la mesure du possible, de recourir aux termes abstraits et et essayer de s'exprimer clairement par le biais de l'image ou de la sensation. On pourra ensuite choisir - et non pas simplement "accepter" - les formulations qui serreront au plus prĂšs la pensĂ©e, puis changer de point de vue et voir quelle impression elles pourraient produire sur d'autres personnes. Ce dernier effort mental Ă©limine toutes les images rebattues ou incohĂ©rentes, toutes les expressions prĂ©fabriquĂ©es, les rĂ©pĂ©titions inutiles et, de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le flou et la poudre aux yeux. Extrait de "La politique et la langue anglaise
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George Orwell (Such, Such Were the Joys)
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Si nous Ă©tions lucides, instantanĂ©ment l'horreur de ce qui nous entoure nous laisserait stupides. On ne saurait ĂȘtre parfaitement lucide et dĂ©ambuler dans les rues de nos citĂ©s modernes sans en ĂȘtre affectĂ© de façon ou d'autre. Ce qui ne signifie pas que nous devrions avoir envie de les reconstruire, nos citĂ©s, de les faire un peu moins laides - mais de les planter lĂ , de filer pour ne plus revenir, oui. De tout flanquer en l'air, de plaquer le boulot, d'envoyer paĂźtre les obligations, le percepteur, les lois et tout ce qui s'ensuit. Un ĂȘtre humain parfaitement Ă©veillĂ©, croyez-vous qu'il se conduirait en cinglĂ©, comme c'est le cas, comme on le lui demande, Ă  chaque instant de la journĂ©e ?
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Henry Miller (Le Monde du sexe)
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ce qui (...) peut arriver de mieux Ă  un individu c'est d' "avoir la chance d'ĂȘtre nĂ© au sein du peuple qu'il faut au moment de l'histoire qu'il faut" : grec et non barbare, aux siĂšcles de Solon et PĂ©riclĂšs ; romain et non pas grec, au temps d'Auguste et des dĂ©buts de la Pax romana ; chrĂ©tien et non pas juif, ensuite, quand l'Europe se christianise et que commencent les pogromes (...) le mieux qui puisse arriver Ă  un sujet c'est de naĂźtre occidental ; le pire, la catastrophe irrĂ©mĂ©diable, la figure mĂȘme de l'infortune, du tragique, de la damnation, c'est d'ĂȘtre nĂ© burundais, angolais, sud-soudanais, colombien ou, comme la petite Srilaya, sri-lankais. (ch. 15 Arendt, Sarajevo : qu'est-ce qu'ĂȘtre damnĂ© ?)
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Bernard-Henri Lévy (War, Evil, and the End of History)
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Peindre d'abord une cage Avec une porte ouverte peindre ensuite quelque chose de joli quelque chose de simple quelque chose de beau quelque chose d'utile pour l'oiseau placer ensuite la toile contre un arbre dans un jardin dans un bois ou dans une forĂȘt se cacher derriĂšre l'arbre sans rien dire sans bouger... Parfois l'oiseau arrive vite mais il peut aussi bien mettre de longues annĂ©es avant de se dĂ©cider Ne pas se dĂ©courager attendre attendre s’il Ie faut pendant des annĂ©es la vitesse ou la lenteur de l'arrivĂ©e de l'oiseau n’ayant aucun rapport avec la rĂ©ussite du tableau Quand l'oiseau arrive s'il arrive observer le plus profond silence attendre que l'oiseau entre dans la cage et quand il est entrĂ© fermer doucement la porte avec le pinceau puis effacer un Ă  un tous les barreaux en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau Faire ensuite le portrait de l'arbre en choisissant la plus belle de ses branches pour l'oiseau peindre aussi le vert feuillage et la fraĂźcheur du vent la poussiĂšre du soleil et le bruit des bĂȘtes de l'herbe dans la chaleur de l'Ă©tĂ© et puis attendre que l'oiseau se dĂ©cide Ă  chanter Si l'oiseau ne chante pas c'est mauvais signe signe que le tableau est mauvais mais s'il chante c'est bon signe signe que vous pouvez signer Alors vous arrachez tout doucement une des plumes de l'oiseau et vous Ă©crivez votre nom dans un coin du tableau.
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Jacques Prévert (Paroles)
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L'Art d’avoir toujours raison La dialectique 1 Ă©ristique est l’art de disputer, et ce de telle sorte que l’on ait toujours raison, donc per fas et nefas (c’est-Ă -dire par tous les moyens possibles)2. On peut en effet avoir objectivement raison quant au dĂ©bat lui-mĂȘme tout en ayant tort aux yeux des personnes prĂ©sentes, et parfois mĂȘme Ă  ses propres yeux. En effet, quand mon adversaire rĂ©fute ma preuve et que cela Ă©quivaut Ă  rĂ©futer mon affirmation elle-mĂȘme, qui peut cependant ĂȘtre Ă©tayĂ©e par d’autres preuves – auquel cas, bien entendu, le rapport est inversĂ© en ce qui concerne mon adversaire : il a raison bien qu’il ait objectivement tort. Donc, la vĂ©ritĂ© objective d’une proposition et la validitĂ© de celle-ci au plan de l’approbation des opposants et des auditeurs sont deux choses bien distinctes. (C'est Ă  cette derniĂšre que se rapporte la dialectique.) D’oĂč cela vient-il ? De la mĂ©diocritĂ© naturelle de l’espĂšce humaine. Si ce n’était pas le cas, si nous Ă©tions fonciĂšrement honnĂȘtes, nous ne chercherions, dans tout dĂ©bat, qu’à faire surgir la vĂ©ritĂ©, sans nous soucier de savoir si elle est conforme Ă  l’opinion que nous avions d’abord dĂ©fendue ou Ă  celle de l’adversaire : ce qui n’aurait pas d’importance ou serait du moins tout Ă  fait secondaire. Mais c’est dĂ©sormais l’essentiel. La vanitĂ© innĂ©e, particuliĂšrement irritable en ce qui concerne les facultĂ©s intellectuelles, ne veut pas accepter que notre affirmation se rĂ©vĂšle fausse, ni que celle de l’adversaire soit juste. Par consĂ©quent, chacun devrait simplement s’efforcer de n’exprimer que des jugements justes, ce qui devrait inciter Ă  penser d’abord et Ă  parler ensuite. Mais chez la plupart des hommes, la vanitĂ© innĂ©e s’accompagne d’un besoin de bavardage et d’une malhonnĂȘtetĂ© innĂ©e. Ils parlent avant d’avoir rĂ©flĂ©chi, et mĂȘme s’ils se rendent compte aprĂšs coup que leur affirmation est fausse et qu’ils ont tort, il faut que les apparences prouvent le contraire. Leur intĂ©rĂȘt pour la vĂ©ritĂ©, qui doit sans doute ĂȘtre gĂ©nĂ©ralement l’unique motif les guidant lors de l’affirmation d’une thĂšse supposĂ©e vraie, s’efface complĂštement devant les intĂ©rĂȘts de leur vanité : le vrai doit paraĂźtre faux et le faux vrai.
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Arthur Schopenhauer (L'art d'avoir toujours raison (La Petite Collection))
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Moi je ris de tout, mĂȘme de ce que j’aime le mieux. – Il n’est pas de choses, faits, sentiments ou gens, sur lesquels je n’aie passĂ© naĂŻvement ma bouffonnerie, comme un rouleau de fer Ă  lustrer les piĂšces d’étoffes. – C’est une bonne mĂ©thode. – On voit ensuite ce qui en reste. Il est trois fois enracinĂ© dans vous, le sentiment que vous y laissez, en plein vent, sans tuteur, ni fil de fer, et dĂ©barrassĂ© de toutes ces convenances si utiles pour faire tenir debout les pourritures. Est-ce que la parodie mĂȘme siffle jamais ? Il est bon et il peut mĂȘme ĂȘtre beau de rire de la vie, pourvu qu’on vive. – Il faut se placer au-dessus de tout, et placer son esprit au-dessus de soi-mĂȘme, j’entends la libertĂ© de l’idĂ©e, dont je dĂ©clare impie toute limite.
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Gustave Flaubert (GUSTAVE FLAUBERT: Correspondance - Tome 2 -1851-1858 (French Edition))
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Je revenais du lycĂ©e et m'attablais devant le plat. Ma mĂšre, debout, me regardait manger avec cet air apaisĂ© des chiennes qui allaitent leurs petits. Elle refusait d'y toucher elle-mĂȘme et m'assurait qu'elle n'aimait que les lĂ©gumes et que la viande et les graisses lui Ă©taient strictement dĂ©fendues. Un jour, quittant la table, j'allai Ă  la cuisine boire un verre d'eau. Ma mĂšre Ă©tait assise sur un tabouret; elle tenait sur ses genoux la poĂȘle Ă  frire oĂč mon bifteck avait Ă©tĂ© cuit. Elle en essuyait soigneusement le fond graisseux avec des morceaux de pain qu'elle mangeait ensuite avidement et, malgrĂ© son geste rapide pour dissimuler la poĂȘle sous la serviette, je sus soudain, dans un Ă©clair, toute la vĂ©ritĂ© sur les motifs rĂ©els de son rĂ©gime vĂ©gĂ©tarien.
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Romain Gary (Promise at Dawn)
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La mort est une chose Ă©tonnante. Les gens passent leur vie entiĂšre Ă  faire comme si elle n’existait pas, et pourtant elle est la plupart du temps notre principale raison de vivre. Certains d’entre nous prennent conscience de la fragilitĂ© humaine assez tĂŽt pour vivre ensuite plus intensĂ©ment, plus obstinĂ©ment, plus furieusement. Quelques-uns ont besoin de sa prĂ©sence constante pour se sentir vivants. D’autres sont tellement obsĂ©dĂ©s par la mort qu’ils s’assoient dans la salle d’attente bien avant qu’elle n’ait annoncĂ© son arrivĂ©e. Nous la redoutons, et pourtant la plupart d’entre nous ont peur qu’elle n’emporte quelqu’un d’autre plus qu’elle ne nous emporte nous-mĂȘmes. Car la plus grande crainte face Ă  la mort est qu’elle passe Ă  cĂŽtĂ© de nous. Et nous laisse esseulĂ©s.
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Fredrik Backman (A Man Called Ove)
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Tant que la lecture est pour nous l’incitatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mĂȘme la porte des demeures oĂč nous n’aurions pas su pĂ©nĂ©trer, son rĂŽle dans notre vie est salutaire. Il devient dangereux au contraire quand, au lieu de nous Ă©veiller Ă  la vie personnelle de l’esprit, la lecture tend Ă  se substituer Ă  elle, quand la vĂ©ritĂ© ne nous apparaĂźt plus comme un idĂ©al que nous ne pouvons rĂ©aliser que par le progrĂšs intime de notre pensĂ©e et par l’effort de notre coeur, mais comme une chose matĂ©rielle, dĂ©posĂ©e entre les feuillets des livres comme un miel tout prĂ©parĂ© par les autres et que nous n’avons qu’à prendre la peine d’atteindre sur les rayons des bibliothĂšques et de dĂ©guster ensuite passivement dans un parfait repos de corps et d’esprit.
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Marcel Proust (Days of Reading (Penguin Great Ideas))
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Il sait quelque chose que je ne sais pas  : que je partirai. Que mon existence se jouera ailleurs. Loin, trÚs loin de Barbezieux, de sa langueur, de ses ciels plombés, de son horizon bouché. Que je m'en échapperai comme on s'évade d'une prison, que moi, j'y réussirai. Que je voudrai la ville capitale, que je m'y épanouirai, que j'y trouverai ma place, que j'y ferai ma place. Qu'ensuite, je sillonnerai la planÚte, puisque je ne suis pas fait pour la sédentarité. Il imagine une ascension, une élévation, une épiphanie. Il me croit promis à un destin brillant. Il est convaincu qu'au sein de notre communauté presque oubliée des dieux, il ne peut exister qu'un nombre infime d'élus et que j'en fais partie. Il pense que bientÎt je n'aurai plus rien à voir avec ce monde de mon enfance, que ce sera comme un bloc de glace détaché d'un continent.
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Philippe Besson (« ArrĂȘte avec tes mensonges »)
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remarqua que si on laisse refroidir de la rĂ©sine qui a Ă©tĂ© fondĂŒe, & que, si, avant qu'elle soit tout-Ă -fait refroidie, on en approche du cuivre en feĂŒilles, elle l'attire Ă  la distance d'un pouce ou deux, sans aucun frottement prĂ©cĂ©dent. M. Gray continua avec succĂšs les recherches Ă©lectriques de Boyle & de HauksbĂ©e; ayant voulu Ă©prouver s'il y avoit quelque diffĂ©rence dans l'attraction du tube lorsqu'il Ă©toit bouchĂ© par les deux bouts & lorsqu'il ne l'Ă©toit pas, il n'en apperçut aucune; mais comme il tenoit une plume ou duvet au-dessus du bouchon de liĂ©ge dont le bout supĂ©rieur du tube Ă©toit bouchĂ©, il remarqua que cette plume Ă©toit attirĂ©e & ensuite repoussĂ©e par le liĂ©ge de la mĂȘme maniĂšre qu'elle a coutume de l'ĂȘtre par le tube. Cette observation le confirma dans une pensĂ©e qu'il avoit euĂ« autrefois, que, comme le tube frottĂ© dans l'obscuritĂ© communique de la lumiĂšre aux autres corps
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Benjamin Franklin (Experiments and observations on electricity. French (French Edition))
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Quant Ă  la question de savoir si un tribunal saisi d'un litige relatif Ă  un contrat conclu entre un professionnel et un consommateur peut apprĂ©cier d'office le caractĂšre abusif d'une clause de ce contrat, il convient de rappeler que le systĂšme de protection mis en Ɠuvre par la directive europĂ©enne repose sur l'idĂ©e que le consommateur se trouve dans une situation d'infĂ©rioritĂ© Ă  l'Ă©gard du professionnel en ce qui concerne tant le pouvoir de nĂ©gociation que le niveau d'information. L'objectif poursuivi par la directive, qui impose aux États membres de prĂ©voir que des clauses abusives ne lient pas les consommateurs, ne pourrait ĂȘtre atteint si ces derniers se trouvaient dans l'obligation d'en soulever eux-mĂȘmes le caractĂšre abusif. Il s'ensuit qu'une protection efficace du consommateur ne peut ĂȘtre atteinte que si le juge national se voit reconnaĂźtre la facultĂ© d'apprĂ©cier d'office une telle clause.
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Emmanuel CarrĂšre (D'autres vies que la mienne)
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Seeing his daughter slowly die, coupled with his infinite sadness and misery, the clockmaker becomes a recluse to the tower of the castle and begins to build something behind closed doors, not even his daughter knows what he’s up to. For five years, she only sees him briefly at meal-times before locking himself up in the tower once again..." "...Did he have a bathroom in the tower?" "Yes, Jack. A big one! En-suite! Power-shower and spa! Where was I!?
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Jonathan Dunne (Hearts Anonymous)
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Sans doute, rien n'est plus naturel, aujourd'hui, que de voir des gens travailler du matin au soir et choisir ensuite de perdre aux cartes, au cafĂ©, et en bavardages, le temps qui leur reste pour vivre. Mais il est des villes ou des pays oĂč les gens ont, de temps en temps, le soupçon d'autre chose. En gĂ©nĂ©ral, cela ne change pas leur vie. Seulement, il y a eu le soupçon et c'est toujours cela de gagnĂ©. Oran, au contraire, est apparemment une ville sans soupçon, c'est-Ă -dire une ville tout Ă  fauit moderne. Il n'est pas nĂ©cessaire, en consĂ©quence, de prĂ©ciser la façon dont on s'aime chez nous. Les hommes et les femmes, ou bien se dĂ©vorent rapidement dans ce qu'on appelle l'acte d'amour, ou bien s'engagent dans une longue habitude Ă  eux. Entre ces deux extrĂȘmes, il n'y a pas souvent de milieu. Cela non plus n'est pas original. A Oran comme ailleurs, faute de temps et de rĂ©flexion, on est bien obligĂ© de s'aimer sans le savoir.
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Albert Camus (The Plague)
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Mais, dit-on, plusieurs se sont tuĂ©s pour ne pas tomber en la puissance des ennemis. Je rĂ©ponds qu’il ne s’agit pas de ce qui a Ă©tĂ© fait, mais de ce qu’on doit faire. La raison est au-dessus des exemples, et les exemples eux-mĂȘmes s’accordent avec la raison, quand on sait choisir ceux qui sont le plus dignes d’ĂȘtre imitĂ©s, ceux qui viennent de la plus haute piĂ©tĂ©. Ni les Patriarches, ni les ProphĂštes, ni les ApĂŽtres ne nous ont donnĂ© l’exemple du suicide. JĂ©sus-Christ, Notre-Seigneur, qui avertit ses disciples, en cas de persĂ©cution, de fuir de ville en ville, ne pouvait-il pas leur conseiller de se donner la mort, plutĂŽt que de tomber dans les mains de leurs persĂ©cuteurs ? Si donc il ne leur a donnĂ© ni le conseil, ni l’ordre de quitter la vie, lui qui leur prĂ©pare, suivant ses promesses, les demeures de l’éternitĂ©, il s’ensuit que les exemples invoquĂ©s par les Gentils, dans leur ignorance de Dieu, ne prouvent rien pour les adorateurs du seul Dieu vĂ©ritable.
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Augustine of Hippo (Saint Augustin: les 9 oeuvres majeures et complÚtes (Les confessions, La cité de Dieu, De la trinité, Traité du libre arbitre...) (French Edition))
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Face Ă  ces chiffres, comme on ne sait plus quoi faire, on fait n'importe quoi. Le 14 mars, le ministĂšre de la SantĂ© et du Travail augmente la dose maximale autorisĂ©e pour les travailleurs de la centrale de cent millisieverts pour cinq ans... Ă  deux cent cinquante mille millisieverts par an ! C'est vrai, quoi, Ă  quoi bon des normes si ce n'est pour les transgresser ? En avril, il fera encore mieux : il Ă©lĂšvera la dose maximale pour les enfants Ă  vingt millisieverts par an... ce qui est tout simplement le taux maximum en France (et pour la Commission internationale de protection radiologique) auquel on peut exposer les travailleurs du nuclĂ©aire ! Le gouvernement fera ensuite machine arriĂšre sous la pression des parents et de plusieurs associations, mais c'est dire le degrĂ© de cynisme que l'on peut atteindre pour dĂ©fendre Ă  tout prix la filiĂšre : considĂ©rer des gamins sans dĂ©fense au mĂȘme niveau que les spĂ©cialistes du nuclĂ©aire les plus exposĂ©s, il fallait le faire. ils l'ont fait. (p. 234)
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Michaël Ferrier (Fukushima : Récit d'un désastre)
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ScĂšne coupĂ©es ScĂšne 1 Edwin et le Ts'lich : premiĂšre Le Ts'lich s'inclina imperceptiblement et les mots jaillirent de sa gueule aux mandibules acĂ©rĂ©es. - Rien ne saurait me forcer Ă  te combattre, Edwin Til' Illan. Les lĂ©gendes parlent de toi, l'unique humain qui, par quatre fois, a rĂ©ussi l'exploit de dĂ©faire un guerrier ts'lich. Pourtant, mĂȘme le champion des Alaviriens ne pourrait survivre Ă  un affrontement contre deux d'entre nous. L'air se troubla une fraction de seconde et un second Ts'lich apparut Ă  cĂŽtĂ© du premier. - Alors, Edwin Til' Illan, m'accordes-tu ce que je suis venu chercher ou tentes-tu de bouleverser les lĂ©gendes ? Un rictus sardonique vint dĂ©former le visage du maĂźtre d'armes. - Je vais ouvrir vos ventres de sales reptiles puants, rĂ©pandre vos entrailles dans cette clairiĂšre et bouffer vos cƓurs encore fumants. Ensuite je... - COUPEZ ! - Quoi, coupez ? - Edwin, mon chĂ©ri, il s'agit d'un livre jeunesse, pas d'un film gore ! Adapte ton langage s'il te plaĂźt. Allez, on reprend !
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Pierre Bottero (L'Ăźle du destin (La QuĂȘte d'Ewilan, #3))
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Qui vous le dit, qu’elle (la vie) ne vous attend pas ? Certes, elle continue, mais elle ne vous oblige pas Ă  suivre le rythme. Vous pouvez bien vous mettre un peu entre parenthĂšses pour vivre ce deuil
 accordez-vous le temps. *** Parce que Ò«a me fait plaisir. Parce que je sais aussi que l’entourage peut se montrer trĂšs discret dans pareille situation, et que de se changer les idĂ©es de temps en temps fait du bien. Parce que je sais que vous aimez la montagne et que vous n’iriez pas toute seule. *** Oui. Si vous perdez une jambe, Ò«a se voit, les gens sont conciliants. Et encore, pas tous. Mais quand c’est un morceau de votre cƓur qui est arrachĂ©, Ò«a ne se voit pas de l’extĂ©rieur, et c’est au moins aussi douloureux
 Ce n’est pas de la faute des gens. Ils ne se fient qu’aux apparences. Il faut gratter pour voir ce qu’il y a au fond. Si vous jetez une grosse pierre dans une mare, elle va faire des remous Ă  la surface. Des gros remous d'abord, qui vont gifler les rives, et puis des remous plus petits, qui vont finir par disparaĂźtre. Peu Ă  peu, la surface redevient lisse et paisible. Mais la grosse pierre est quand mĂȘme au fond. La grosse pierre est quand mĂȘme au fond. *** La vie s’apparente Ă  la mer. Il y a les bruit des vagues, quand elles s’abattent sur la plage, et puis le silence d’aprĂšs, quand elles se retirent. Deux mouvement qui se croissent et s’entrecoupent sans discontinuer. L’un est rapide, violent, l’autre est doux et lent. Vous aimeriez vous retirer, dans le mĂȘme silence des vagues, partir discrĂštement, vous faire oublier de la vie. Mais d’autres vague arrivent et arriveront encore et toujours. Parce que c’est Ò«a la vie
 C’est le mouvement, c’est le rythme, le fracas parfois, durant la tempĂȘte, et le doux clapotis quand tout est calme. Mais le clapotis quand mĂȘme Un bord de mer n'est jamais silencieux, jamais. La vie non plus, ni la vĂŽtre, ni la mienne. Il y a les grains de sables exposĂ©s aux remous et ceux protĂ©gĂ©s en haut de la plage. Lesquels envier? Ce n'est pas avec le sable d'en haut, sec et lisse, que l'on construit les chĂąteaux de sable, c'est avec celui qui fraye avec les vagues car ses particules sont coalescentes. Vous arriverez Ă  reconstruire votre chĂąteau, vous le construirez avec des grains qui vous ressemblent, qui ont aussi connu les dĂ©ferlantes de la vie, parce qu'avec eux, le ciment est solide.. *** « Tu ne sais jamais Ă  quel point tu es fort jusqu’au jour oĂč ĂȘtre fort reste la seule option. » C’est Bob Marley qui a dit Ò«a. *** Manon ne referme pas violemment la carte du restaurant. Elle n’éprouve pas le besoin qu’il lui lise le menu pour qu’elle ne voie pas le prix, et elle trouvera Ă©gal que chaque bouchĂ©e vaille cinq euros. Manon profite de la vie. Elle accepte l’invitation avec simplicitĂ©. Elle dĂ©fend la place des femmes sans ĂȘtre une fĂ©ministe acharnĂ©e et cela ne lui viendrait mĂȘme pas Ă  l’idĂ©e de payer sa part. D’abord, parce qu’elle sait que Paul s’en offusquerait, ensuite, parce qu’elle aime ces petites marques de galanterie, qu’elle regrette de voir disparaĂźtre avec l’évolution d’une sociĂ©tĂ© en pertes de repĂšres.
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AgnĂšs Ledig (Juste avant le bonheur)
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C’est que les soirs oĂč des Ă©trangers, ou seulement M. Swann, Ă©taient lĂ , maman ne montait pas dans ma chambre. Je dĂźnais avant tout le monde et je venais ensuite m’asseoir Ă  table, jusqu’à huit heures oĂč il Ă©tait convenu que je devais monter ; ce baiser prĂ©cieux et fragile que maman me confiait d’habitude dans mon lit au moment de m’endormir, il me fallait le transporter de la salle Ă  manger dans ma chambre et le garder pendant tout le temps que je me dĂ©shabillais, sans que se brisĂąt sa douceur, sans que se rĂ©pandĂźt et s’évaporĂąt sa vertu volatile, et, justement ces soirs-lĂ  oĂč j’aurais eu besoin de le recevoir avec plus de prĂ©caution, il fallait que je le prisse, que je le dĂ©robasse brusquement, publiquement, sans mĂȘme avoir le temps et la libertĂ© d’esprit nĂ©cessaires pour porter Ă  ce que je faisais cette attention des maniaques qui s’efforcent de ne pas penser Ă  autre chose pendant qu’ils ferment une porte, pour pouvoir, quand l’incertitude maladive leur revient, lui opposer victorieusement le souvenir du moment oĂč ils l’ont fermĂ©e.
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Marcel Proust (Swann’s Way (In Search of Lost Time, #1))
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Augmentez la dose de sports pour chacun, dĂ©veloppez l'esprit d'Ă©quipe, de compĂ©tition, et le besoin de penser est Ă©liminĂ©, non ? Organiser, organisez, super-organisez des super-super-sports. Multipliez les bandes dessinĂ©es, les films; l'esprit a de moins en moins d'appĂ©tits. L'impatience, les autos-trades sillonnĂ©es de foules qui sont ici, lĂ , partout, nulle part. Les rĂ©fugiĂ©s du volant. Les villes se transforment en auberges routiĂšres; les hommes se dĂ©placent comme des nomades suivant les phases de la lune, couchant ce soir dans la chambre oĂč tu dormais Ă  midi et moi la veille. (1re partie) On vit dans l'immĂ©diat. Seul compte le boulot et aprĂšs le travail l'embarras du choix en fait de distractions. Pourquoi apprendre quoi que ce soit sinon Ă  presser les boutons, brancher des commutateurs, serrer des vis et des Ă©crous ? Nous n'avons pas besoin qu'on nous laisse tranquilles. Nous avons besoin d'ĂȘtre sĂ©rieusement tracassĂ©s de temps Ă  autre. Il y a combien de temps que tu n'as pas Ă©tĂ© tracassĂ©e sĂ©rieusement ? Pour une raison importante je veux dire, une raison valable ? - Tu dois bien comprendre que notre civilisation est si vaste que nous ne pouvons nous permettre d'inquiĂ©ter ou de dĂ©ranger nos minoritĂ©s. Pose-toi la question toi-mĂȘme. Que recherchons-nous, par-dessus tout, dans ce pays ? Les gens veulent ĂȘtre heureux, d'accord ? Ne l'as-tu pas entendu rĂ©pĂ©ter toute la vie ? Je veux ĂȘtre heureux, dĂ©clare chacun. Eh bien, sont-ils heureux ? Ne veillons-nous pas Ă  ce qu'ils soient toujours en mouvement, toujours distraits ? Nous ne vivons que pour ça, c'est bien ton avis ? Pour le plaisir, pour l'excitation. Et tu dois admettre que notre civilisation fournit l'un et l'autre Ă  satiĂ©tĂ©. Si le gouvernement est inefficace, tyrannique, vous Ă©crase d'impĂŽts, peu importe tant que les gens n'en savent rien. La paix, Montag. Instituer des concours dont les prix supposent la mĂ©moire des paroles de chansons Ă  la mode, des noms de capitales d'État ou du nombre de quintaux de maĂŻs rĂ©coltĂ©s dans l'Iowa l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Gavez les hommes de donnĂ©es inoffensives, incombustibles, qu'ils se sentent bourrĂ©s de "faits" Ă  Ă©clater, renseignĂ©s sur tout. Ensuite, ils s'imagineront qu'ils pensent, ils auront le sentiment du mouvement, tout en piĂ©tinant. Et ils seront heureux, parce que les connaissances de ce genre sont immuables. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie Ă  quoi confronter leur expĂ©rience. C'est la source de tous les tourments. Tout homme capable de dĂ©monter un Ă©cran mural de tĂ©lĂ©vision et de le remonter et, de nos jours ils le sont Ă  peu prĂšs tous, est bien plus heureux que celui qui essais de mesurer, d'Ă©talonner, de mettre en Ă©quations l'univers ce qui ne peut se faire sans que l'homme prenne conscience de son infĂ©rioritĂ© et de sa solitude. Nous sommes les joyeux drilles, les boute-en-train, toi, moi et les autres. Nous faisons front contre la marĂ©e de ceux qui veulent plonger le monde dans la dĂ©solation en suscitant le conflit entre la thĂ©orie et la pensĂ©e. Nous avons les doigts accrochĂ©s au parapet. Tenons bon. Ne laissons pas le torrent de la mĂ©lancolie et de la triste philosophie noyer notre monde. Nous comptons sur toi. Je ne crois pas que tu te rendes compte de ton importance, de notre importance pour protĂ©ger l'optimisme de notre monde actuel.
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Ray Bradbury (Fahrenheit 451)
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Pourquoi n'allez vous pas Ă  l'Ă©cole? Tous les jours je vous vois en train de flĂąner. _ Oh, on se passe fort bien de moi! Je suis insociable, parait-il. Je ne m'intĂšgre pas. C'est vraiment bizarre. Je suis trĂšs sociable, au contraire. Mais tout dĂ©pend de ce qu'on entend par sociable, n'est-ce pas? Pour moi ça veut dire parler de choses et d'autres, comme maintenant. (...) Mais je ne pense pas que ce soit favoriser la sociabilitĂ© que de rĂ©unir tout un tas de gens et de les empĂȘcher ensuite de parler. (...) On ne pose jamais de question, en tout cas la plupart d'entre nous; les rĂ©ponses arrivent toutes seules, bing, bing, bing, et on reste assis quatre heures de plus Ă  Ă©couter le tĂ©lĂ©prof. Ce n'est pas ma conception de la sociabilitĂ©. (...) On nous abrutit tellement qu'Ă  la fin de la journĂ©e on a qu'une envie: se coucher ou aller dans un parc d'attraction bousculer les gens. (...) Au fond, je dois ĂȘtre ce qu'on m'accuse d'ĂȘtre. Je n'ai pas d'amis. C'est sensĂ© prouver que je suis anormale. Mais tous les gens que je connais passent leur temps Ă  brailler, Ă  danser comme des sauvages ou Ă  se taper dessus. Vous avez remarquĂ© Ă  quel point les gens se font du mal aujourd'hui?
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Ray Bradbury (Fahrenheit 451)
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Cette qualitĂ© de la joie n’est-elle pas le fruit le plus prĂ©cieux de la civilisation qui est nĂŽtre ? Une tyrannie totalitaire pourrait nous satisfaire, elle aussi, dans nos besoins matĂ©riels. Mais nous ne sommes pas un bĂ©tail Ă  l’engrais. La prospĂ©ritĂ© et le confort ne sauraient suffire Ă  nous combler. Pour nous qui fĂ»mes Ă©levĂ©s dans le culte du respect de l’homme, pĂšsent lourd les simples rencontres qui se changent parfois en fĂȘtes merveilleuses
 Respect de l’homme ! Respect de l’homme !
 LĂ  est la pierre de touche ! Quand le Naziste respecte exclusivement qui lui ressemble, il ne respecte rien que soi-mĂȘme ; il refuse les contradictions crĂ©atrices, ruine tout espoir d’ascension, et fonde pour mille ans, en place d’un homme, le robot d’une termitiĂšre. L’ordre pour l’ordre chĂątre l’homme de son pouvoir essentiel, qui est de transformer et le monde et soi-mĂȘme. La vie crĂ©e l’ordre, mais l’ordre ne crĂ©e pas la vie. Il nous semble, Ă  nous, bien au contraire, que notre ascension n’est pas achevĂ©e, que la vĂ©ritĂ© de demain se nourrit de l’erreur d’hier, et que les contradictions Ă  surmonter sont le terreau mĂȘme de notre croissance. Nous reconnaissons comme nĂŽtres ceux mĂȘmes qui diffĂšrent de nous. Mais quelle Ă©trange parenté ! elle se fonde sur l’avenir, non sur le passĂ©. Sur le but, non sur l’origine. Nous sommes l’un pour l’autre des pĂšlerins qui, le long de chemins divers, peinons vers le mĂȘme rendez-vous. Mais voici qu’aujourd’hui le respect de l’homme, condition de notre ascension, est en pĂ©ril. Les craquements du monde moderne nous ont engagĂ©s dans les tĂ©nĂšbres. Les problĂšmes sont incohĂ©rents, les solutions contradictoires. La vĂ©ritĂ© d’hier est morte, celle de demain est encore Ă  bĂątir. Aucune synthĂšse valable n’est entrevue, et chacun d’entre nous ne dĂ©tient qu’une parcelle de la vĂ©ritĂ©. Faute d’évidence qui les impose, les religions politiques font appel Ă  la violence. Et voici qu’à nous diviser sur les mĂ©thodes, nous risquons de ne plus reconnaĂźtre que nous nous hĂątons vers le mĂȘme but. Le voyageur qui franchit sa montagne dans la direction d’une Ă©toile, s’il se laisse trop absorber par ses problĂšmes d’escalade, risque d’oublier quelle Ă©toile le guide. S’il n’agit plus que pour agir, il n’ira nulle part. La chaisiĂšre de cathĂ©drale, Ă  se prĂ©occuper trop Ăąprement de la location de ses chaises, risque d’oublier qu’elle sert un dieu. Ainsi, Ă  m’enfermer dans quelque passion partisane, je risque d’oublier qu’une politique n’a de sens qu’à condition d’ĂȘtre au service d’une Ă©vidence spirituelle. Nous avons goĂ»tĂ©, aux heures de miracle, une certaine qualitĂ© des relations humaines : lĂ  est pour nous la vĂ©ritĂ©. Quelle que soit l’urgence de l’action, il nous est interdit d’oublier, faute de quoi cette action demeurera stĂ©rile, la vocation qui doit la commander. Nous voulons fonder le respect de l’homme. Pourquoi nous haĂŻrions-nous Ă  l’intĂ©rieur d’un mĂȘme camp ? Aucun d’entre nous ne dĂ©tient le monopole de la puretĂ© d’intention. Je puis combattre, au nom de ma route, telle route qu’un autre a choisie. Je puis critiquer les dĂ©marches de sa raison. Les dĂ©marches de la raison sont incertaines. Mais je dois respecter cet homme, sur le plan de l’Esprit, s’il peine vers la mĂȘme Ă©toile. Respect de l’Homme ! Respect de l’Homme !
 Si le respect de l’homme est fondĂ© dans le cƓur des hommes, les hommes finiront bien par fonder en retour le systĂšme social, politique ou Ă©conomique qui consacrera ce respect. Une civilisation se fonde d’abord dans la substance. Elle est d’abord, dans l’homme, dĂ©sir aveugle d’une certaine chaleur. L’homme ensuite, d’erreur en erreur, trouve le chemin qui conduit au feu.
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Antoine de Saint-Exupéry (Lettre à un otage)
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Cette trop grande confiance dans les thĂ©ories, qui cause tout le mal, vient souvent d'une mauvaise Ă©ducation scientifique, dont le savant doit ensuite se corriger. Mieux vaudrait souvent qu'il fĂ»t ignorant. Il n'a plus l'esprit libre ; il est enchaĂźnĂ© par des thĂ©ories qu'il regarde comme vraies absolument. Un des plus grands Ă©cueils que rencontre l'expĂ©rimentateur, c'est donc d'accorder trop de confiance aux thĂ©ories. Ce sont les gens que J'appellerai des systĂ©matiques. L'enseignement contribue beaucoup Ă  produire ce rĂ©sultat. Il arrive gĂ©nĂ©ralement que dans les livres et dans les cours on rend la science plus claire qu'elle n'est en rĂ©alitĂ©. C'est mĂȘme lĂ  le mĂ©rite d'un enseignement de facultĂ© de prĂ©senter la science avec un ensemble systĂ©matique dans lequel on dissimule les lacunes pour ne pas rebuter les commençants dans la science. Or, les Ă©lĂšves prennent le goĂ»t des systĂšmes qui sont plus clairs et plus simples pour l'esprit, parce qu'on a simplifiĂ© sa science et Ă©laguĂ© tout ce qui Ă©tait obscur, et ils emportent de lĂ  l'idĂ©e fausse que les thĂ©ories de la science sont dĂ©finitives et qu'elles reprĂ©sentent des principes absolus dont tous les faits se dĂ©duisent. C'est en effet ainsi qu'on les prĂ©sente systĂ©matiquement.
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Claude Bernard (Principes de Médecine expérimentale (French Edition))
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Je ne comprends pas que l'on puisse ne pas fumer. C'est se priver de toute façon de la meilleure part de l'existence et en tout cas d'un plaisir tout Ă  fait Ă©minent. Lorsque je m'Ă©veille, je me rĂ©jouis dĂ©jĂ  de pouvoir fumer pendant la journĂ©e, et pendant que je mange, j'ai la mĂȘme pensĂ©e, oui, je peux dire qu'en somme je mange seulement pour pouvoir ensuite fumer, et je crois que j'exagĂšre Ă  peine. Mais un jour sans tabac, ce serait pour moi le comble de la fadeur, ce serait une journĂ©e absolument vide et insipide, et si, le matin, je devais me dire : "aujourd'hui je n'aurai rien Ă  fumer", je crois que je n'aurais pas le courage de me lever, je te jure que je resterais couchĂ©. [...] Dieu merci ! on fume dans le monde entier ; ce plaisir, autant que je sache, n'est inconnu nulle part oĂč l'on pourrait ĂȘtre jetĂ© par les hasards de la vie. MĂȘme les explorateurs qui partent pour le pĂŽle nord se pourvoient largement de provisions de tabac pour la durĂ©e de leurs pĂ©nibles Ă©tapes, et j'ai toujours trouvĂ© cela sympathique lorsque je l'ai lu. Car on peut aller trĂšs mal - supposons par exemple que je sois dans un Ă©tat lamentable -, aussi longtemps que j'aurai mon cigare, je le supporterai, je le sais bien ; il m'aiderait Ă  tout surmonter.
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Thomas Mann (The Magic Mountain)
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Ce que je voudrais, disait Lucien, c’est raconter l’histoire, non point d’un person-nage, mais d’un endroit – tiens, par exemple, d’une allĂ©e de jardin, comme celle-ci, raconter ce qui s’y passe – depuis le matin jusqu’au soir. Il y viendrait d’abord des bonnes d’enfants, des nourrices, avec des rubans
 Non, non
 d’abord des gens tout gris, sans sexe ni Ăąge, pour balayer l’allĂ©e, arroser l’herbe, changer les fleurs enfin la scĂšne et le dĂ©cor avant l’ouverture des grilles tu comprends ? Alors l’entrĂ©e des nourrices. Des mioches font des pĂątĂ©s de sable, se chamaillent ; les bonnes les giflent. Ensuite il y a la sortie des petites classes – et puis les ouvriĂšres. Il y a des pauvres qui viennent manger sur un banc. Plus tard des jeunes gens qui se cher-chent ; d’autres qui se fuient ; d’autres qui s’isolent, des rĂȘveurs. Et puis la foule, au moment de la musique et de la sortie des magasins. Des Ă©tudiants, comme Ă  prĂ©sent. Le soir, des amants qui s’embrassent ; d’autres qui se quittent en pleurant. Enfin, Ă  la tombĂ©e du jour, un vieux couple
 Et, tout Ă  coup, un roulement de tambour ; on ferme. Tout le monde sort. La piĂšce est finie. Tu comprends : quelque chose qui donnerait l’impression de la fin de tout, de la mort
 mais sans parler de la mort, naturellement.
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André Gide (The Counterfeiters)
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Ne m'Ă©crivez plus qu'une fois par semaine, et de telle sorte que je reçoive votre lettre le dimanche. Car je dois vous le dire, je ne supporte pas vos lettres quotidiennes, je ne suis pas en Ă©tat de les supporter. Je rĂ©ponds pas exemple Ă  votre lettre et ensuite, je suis apparemment bien tranquille dans mon lit, mais des palpitations me traversent tout le corps et mon cƓur ne connaĂźt que vous. VoilĂ  pourquoi je ne veux point savoir que tu es bien disposĂ©e pour moi; car alors pour quelle raison, fou que je suis, restai-je Ă  mon bureau ou chez moi, au lieu de me jeter dans le train les yeux fermĂ©s pour ne les rĂ©ouvrir que lorsque je serai prĂšs de toi. Vraiment j'ai parfois l'impression de me repaitre comme un fantĂŽme de ton nom porte-bonheur. mais maintenant y'a-t-il une solution de paix? A quoi bon ne plus nous Ă©crire qu'une fois par semaine. non, il serait bĂ©nin le mal que l'on pourrait supprimer par de telles moyens et je le prĂ©vois ces lettres du dimanche, je ne pourrai pas non plus les supporter. C'est pourquoi voulant rĂ©parer ce que je nĂ©gligeais samedi, je t'en prie avec la force qui faiblit dĂ©jĂ  un peu a la fin de cette lettre renonçons Ă  tout cela, si nous tenons a notre vie. Aurai-je eu l'intention de me dire “tien“ en signant, rien ne serait plus faux. Non, Je suis mien et Ă©ternellement liĂ© Ă  moi, voilĂ  ce que je suis, et il faut que je tache de m'en accommoder.
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Franz Kafka (Letters to Felice)
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Tch’en ChĂ© (Chen Sheng n.n.) fut le premier Ă  commencer la rĂ©volte ; les braves s’élancĂšrent comme un essaim d’abeilles et se combattirent les uns les autres en nombre incalculable. Cependant (Hiang) Yu (Xiang Yu n.n.) n’avait ni un pied ni un pouce de terre ; profitant de l’occasion, il s’éleva du milieu des sillons’ ; au bout de trois ans, il commandait Ă  cinq seigneurs’, il avait Ă©crasĂ© Ts’in, il partageait l’empire et nommait des rois et des seigneurs ; l’autoritĂ© Ă©manait de (Hiang) Yu ; son titre Ă©tait « roi suprĂȘme ». Quoiqu’il n’ait pas gardĂ© cette dignitĂ© jusqu’au bout, cependant depuis l’antiquitĂ© jusqu’à nos jours, il n’y en a jamais eu de si grande. Ensuite (Hiang) Yu viola (le traitĂ© relatif aux) passes et regretta (le pays de) Tch’ou ; il chassa l’empereur juste et se donna le pouvoir Ă  lui- mĂȘme ; il s’irrita de ce que les rois et les seigneurs se rĂ©voltaient contre lui ; quelles difficultĂ©s (ne s’attirait-il pas !). Il s’enorgueillit de ses exploits guerriers, s’enivra de sa propre sagesse et ne prit pas modĂšle sur l’antiquitĂ©. Sous le prĂ©texte d’agir en roi suprĂȘme, il voulait s’imposer par la force et rĂ©gler Ă  son grĂ© tout l’empire. La cinquiĂšme annĂ©e, il perdit soudain son royaume ; lui-mĂȘme mourut Ă  Tong-tch'eng mais il ne comprit point encore et ne s’incrimina pas lui-mĂȘme ; quelle erreur ! En effet, « c’est le Ciel, dit-il, qui me perd et ce n’est point que j’aie commis aucune faute militaire. » N'est-ce pas lĂ  de l’aveuglement ?
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Sima Qian (Mémoires historiques - DeuxiÚme Section (French Edition))
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Violettes sauvages La fĂ©e du printemps, cette annĂ©e aussi, de banalitĂ©s plein le sac, s’est prĂ©sentĂ©e, malgrĂ© cela, nous nous sommes rĂ©jouis comme si pour la premiĂšre fois elle Ă©tait arrivĂ©e. En me grondant moi-mĂȘme, enfin, car je risquais d’abĂźmer mes souliers dans la boue, je suis allĂ©e voir quelles fleurs Ă©taient en train d’éclore dans le vaste parc, tout prĂšs de chez nous. C’était depuis longtemps que je n’avais plus senti ce dĂ©sir de vivre, cette hĂąte fĂ©brile, j’avais l’impression que sous mes pieds a frĂ©mi la terre que le soleil saurait rendre fertile. Les arbres nus me semblaient tout Ă  fait charmants, j’aurais voulu les prendre dans mes bras, les [embrasser]. Je passais prĂšs d’eux, comme ça, auparavant, autant de fois, mais sans vraiment les regarder. Difficile Ă  dire pourquoi Ă©tait si beau le ciel bleu comme les robes dont se lavent les couleurs, je l’ai regardĂ©, la tĂȘte renversĂ©e vers le dos, et je l’ai trouvĂ© absolument enchanteur. Ensuite, j’ai dĂ©couvert les violettes sauvages, prĂšs d’un chĂȘne : elles Ă©taient dĂ©licates et bleues, des miettes de ciel dont le printemps de passage nous fait don, parmi les troncs ombrageux. Le cƓur battant vite, je me suis inclinĂ©e, j’étais sur le point de toucher Ă  leurs feuilles, et je ne sais pourquoi, par l’esprit m’est passĂ©e l’idĂ©e que le verre n’est pour elles qu’un cercueil. Vers la maison, je suis revenue, les pas alourdis par un fatiguĂ© bonheur, et si mes mains Ă©taient aussi vides qu’au dĂ©but, j’avais des violettes sauvages dans le cƓur. (traduit par Elisabeta Isanos)
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Magda Isanos
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longs & enfin avec un de vingt-quatre pouces, & trouva toujours les mĂȘmes effets. Au lieu de bois M. Gray se servit dans la suite d'un fil de fer, puis d'un fil de laiton, & eut encore le mĂȘme succĂšs; mais comme les vibrations de ces fils de fer, & de laiton, causĂ©es par le frottement du tube, Ă©toient incommodes, surtout lorsque les fils Ă©toient longs de deux ou trois pieds, il imagina de suspendre la boule Ă  l'extrĂ©mitĂ© d'une ficelle nouĂ©e au tube par son autre extrĂ©mitĂ©; Ă©tant sur un balcon Ă©levĂ© de trente-six pieds, il laissa pendre la boule ainsi attachĂ©e au tube par le moyen d'une ficelle de cette longueur; le tube Ă©tant frottĂ©, la boule attira & repoussa du cuivre en feuilles qui Ă©toit au-dessous d'elle. M. Gray essaya ensuite de transmettre en ligne horizontale l'Ă©lectricitĂ© Ă  de bien plus grandes distances; il y rĂ©ussit d'abord en se servant pour cela d'une ficelle soutenuĂ« horizontalement Ă  quelque distance de terre sur des fils de soye, & transmit l'Ă©lectricitĂ© Ă  cent quarante pieds; mais comme il vouloit pousser plus loin son expĂ©rience, les fils de soye s'Ă©tant rompus, il leur substitua des fils-d'archal de la mĂȘme finesse; car il s'imaginoit que le succĂšs de l'expĂ©rience dĂ©pendoit de la finesse de ces fils, qu'il croyoit trop minces pour pouvoir intercepter une partie sensible de la force Ă©lectrique communiquĂ©e par le tube Ă  la ficelle & Ă  la boule. Quand il vint Ă  frotter le tube, l'Ă©lectricitĂ© ne fut point transmise Ă  l'extrĂ©mitĂ© de la ficelle. Il reconnut de lĂ  que le succĂšs de la premiĂšre expĂ©rience ne venoit pas de la finesse des fils
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Benjamin Franklin (Experiments and observations on electricity. French (French Edition))
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En admettant que l’on ait compris ce qu’il y a de sacrilĂšge dans un pareil soulĂšvement contre la vie, tel qu’il est devenu presque sacro-saint dans la morale chrĂ©tienne, on aura, par cela mĂȘme et heureusement, compris autre chose encore : ce qu’il y a d’inutile, de factice, d’absurde, de mensonger dans un pareil soulĂšvement. Une condamnation de la vie de la part du vivant n’est finalement que le symptĂŽme d’une espĂšce de vie dĂ©terminĂ©e : sans qu’on se demande en aucune façon si c’est Ă  tort ou Ă  raison. Il faudrait prendre position en dehors de la vie et la connaĂźtre d’autre part tout aussi bien que quelqu’un qui l’a traversĂ©e, que plusieurs et mĂȘme tous ceux qui y ont passĂ©, pour ne pouvoir que toucher au problĂšme de la valeur de la vie : ce sont lĂ  des raisons suffisantes pour comprendre que ce problĂšme est en dehors de notre portĂ©e. Si nous parlons de la valeur, nous parlons sous l’inspiration, sous l’optique de la vie : la vie elle-mĂȘme nous force Ă  dĂ©terminer des valeurs, la vie elle-mĂȘme Ă©volue par notre entremise lorsque nous dĂ©terminons des valeurs
 Il s’ensuit que toute morale contre nature qui considĂšre Dieu comme l’idĂ©e contraire, comme la condamnation de la vie, n’est en rĂ©alitĂ© qu’une Ă©valuation de vie, — de quelle vie ? de quelle espĂšce de vie ? Mais j’ai dĂ©jĂ  donnĂ© ma rĂ©ponse : de la vie descendante, affaiblie, fatiguĂ©e, condamnĂ©e. La morale, telle qu’on l’a entendue jusqu’à maintenant — telle qu’elle a Ă©tĂ© formulĂ©e en dernier lieu par Schopenhauer, comme « nĂ©gation de la volontĂ© de vivre » — cette morale est l’instinct de dĂ©cadence mĂȘme, qui se transforme en impĂ©ratif : elle dit : « va Ă  ta perte ! » — elle est le jugement de ceux qui sont dĂ©jĂ  jugĂ©s

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Friedrich Nietzsche (Twilight of the Idols)
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« Je connais son odeur. Ce petit grain de beautĂ© dans son cou quand elle relĂšve ses cheveux. Elle a la lĂšvre supĂ©rieure un peu plus charnue que l’infĂ©rieure. La courbe de son poignet, quand elle tient un stylo. C’est mal, c’est vraiment mal, mais je connais les contours de sa silhouette. J’y pense en me couchant, et puis je me lĂšve, je vais bosser, et elle est lĂ , et c’est insupportable. Je lui dis des trucs avec lesquels je sais qu’elle sera d’accord, juste pour l’entendre me rĂ©pondre : « Hm-hm. » C’est sensuel comme la sensation de l’eau chaude sur mon dos, putain. Elle est mariĂ©e. Elle est brillante. Elle me fait confiance, et la seule chose que j’ai en tĂȘte c’est de l’amener dans mon bureau, la dĂ©shabiller, lui faire des choses inavouables. Et j’ai envie de le lui dire. J’ai envie de lui dire qu’elle est  lumineuse, elle brille d’un tel Ă©clat dans mon esprit que ça m’empĂȘche parfois de me concentrer. Parfois j’oublie pourquoi je suis entrĂ© dans la piĂšce. Je suis distrait. J’ai envie de la pousser contre un mur, et j’ai envie qu’elle se blottisse contre moi. J’ai envie de remonter le temps pour aller mettre un coup de poing Ă  son stupide mari le jour oĂč je l’ai rencontrĂ©, et ensuite repartir dans le futur pour lui en coller un autre. J’ai envie de lui acheter des fleurs, de la nourriture, des livres. J’ai envie de lui tenir la main, et de l’enfermer dans ma chambre. Elle est tout ce que j’ai toujours voulu, et je veux me l’injecter dans les veines, et Ă  la fois ne plus jamais la revoir. Elle est unique, et ces sentiments, ils sont intolĂ©rables, putain. Ils Ă©taient Ă  moitiĂ© en sommeil tant qu’elle Ă©tait absente, mais, maintenant elle est lĂ , et je ne contrĂŽle plus mon corps, comme un putain d’ado, et je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas quoi faire. Je ne peux rien faire, alors je vais juste
 ne rien faire.  »
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Ali Hazelwood (Love on the Brain)
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J'achĂšte un roman marocain d'expression française le vendredi. Je commence Ă  le lire le samedi et dĂšs les premiĂšres pages, je crie: "Encore un qui croit que la littĂ©rature, c'est raconter son enfance et sublimer ou dramatiser son passĂ©. Je me dis; "continue quand mĂȘme, il a ratĂ© le dĂ©but mais tu trouveras sĂ»rement quelque chose de beau plus loin." Rien, walou, nada, niet. chercher des effets de styles, une narration travaillĂ©e, un souffle, une sensibilitĂ©, une sincĂ©ritĂ© est inutile. Tout sonne faux. Le mec continue de nous bassiner avec ses misĂšres et ses amours d'enfance en utilisant la langue la plus plate que j'ai eu Ă  lire ces derniers temps. Pourquoi tant d'Ă©gocentrisme et de nombrilisme? L'HÉGÉMONIE DU "JE" EST DEVENUE UN VÉRITABLE CANCER POUR LA LITTÉRATURE MAROCAINE. Beaucoup de ceux qui s'adonnent Ă  l'Ă©criture au Maroc, surtout en français, croient qu'Ă©crire, c'est reparler de leur mĂšre, leur pĂšre, leurs voisins, leurs frustrations... et surtout LEUR PERSONNE. Si au moins ils avaient l'existence d'un Rimbaud ou d'un DostoĂŻevski. Je continue Ă  lire malgrĂ© tout, d'abord parce que je suis maso, et ensuite pour ne pas ĂȘtre injuste Ă  l'Ă©gard de l'auteur. Peine perdue. Le livre me tombe des mains et je le balance loin de moi Ă  la page 94. MĂȘme le masochisme a des limites. Je n'ai rien contre quelqu'un qui raconte sa vie. Je n'ai rien contre un nombriliste, un Ă©gocentrique, un maniaque, un narcissique, un mĂ©galo, etc, du moment qu'il me propose un objet littĂ©raire, un vrai, avec un style... Oui un style. Je ne dis pas avec une langue parfaite; non; je dis avec sa langue Ă  lui, qui fait ressortir sa sincĂ©ritĂ©, son dilemme, ses tripes, son Ăąme. C'est ça le style qui fait l'oeuvre et non pas le bavardage. Pour le bavardage, le "regardez-moi, je suis beau et je suis devenu Ă©crivain"; le "Admirez-moi!", il y a les JamaĂ€s Fna (avec tous mes respects pour les conteurs de Jamaa Fna) et les Shows. Alors SVP! un peu de respect pour la littĂ©rature.
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Mokhtar Chaoui
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I dial her mum's number, then sit down cross-legged, facing the wall. When she comes on the line, she sounds uncertain, hesitant. 'Hey! Guess where I am?' I ask, my voice loud with false cheer. 'Rami told me. The Wellesly Hospital in Worthing. What's it like?' 'For a loony-bin it's actually quite decent,' I reply. 'I don't have Sky or an en-suite, and the menu isn't exactly Ă  la carte, but you know...' I tail off. There is a silence. 'Do you have your own room?' Jenna asks, 'Oh yeah, yeah. I have a lovely view of the sea between the bars of my window.' She doesn't laugh. 'Have you started' -there is a pause as she searches for the right word -'threatment?' 'Yeah, yeah. We had group therapy today. Tomorrow we'll probably have art therapy - maybe I'll draw you a hourse and a garden. I know, perhaps they'll teach us to make baskets! Isn't that why they call us basket cases?' 'Flynn, stop,' Jennah softly implores. 'And we'll probably have music therapy the day after. Maybe I'll get to play the tambourine. Or the triangle. I've always wanted to play the triangle!' 'Flynn-' 'No, I'm serious! I'll ask for some manuscript paper and see if I can write a composition for tambourine and triangle. Then I can post if off to you to hand in for my next composition assignment.' 'Flynn, listen-' 'Hold on, hold on! I'm making a note to myself now: Find fellow insane musician and start composing the Flynn Laukonen Sonata for Tambourine and Triangle.' 'Flynn-' 'And then, when they let me out, if they ever let me out, perhaps you could pull a few strigns and organize for me and my tambourine buddy to give a recital. I'm not sure where though -how about the subway at Marble Arch tube? Nice and central, good acoustics-' 'What are the other people like?' Jennah cuts in, an edge to her voice. I notice she doesn't use the word patients. Clever Jennah. For a moment there you almost made me forget I was locked up in a mental institution. 'Round the bend, just like me,' I reply. 'I'm in excellent company. We'll be swapping suicide tips in no time at all!' I give a harsh laugh.
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Tabitha Suzuma (A Voice in the Distance (Flynn Laukonen, #2))
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C'est de lĂ -haut qu'il les aperçoit, au fond de la combe Nerre, Ă©crasĂ©s par la perspective : deux insectes minuscules, l'un portant l'autre Ă  travers l'un des endroits les plus inhospitaliers des Causses. Il en oublie la chevrette et, retrouvant l'agilitĂ© de ses vingt ans, se laisse glisser d'Ă©boulis en barres rocheuses jusqu'Ă  les surplomber d'une vingtaine de mĂštres. Deux enfants. Un garçon Ă©puisĂ©, couvert d'Ă©corchures, qui continue Ă  avancer bien qu'Ă  bout de forces, ses jambes menaçant Ă  tout moment de flancher sous lui, tremblant de fatigue et de froid. Une fille, ce doit ĂȘtre une fille mĂȘme si elle n'a plus un cheveu sur le crĂąne, immobile dans les bras du garçon. InanimĂ©e. Ces deux-lĂ  ont souffert, souffrent encore. Maximilien le sent, il sent ces choses-lĂ . Alors, quand le garçon dĂ©pose la fille Ă  l'abri d'un rocher, quand il quitte son tee-shirt dĂ©chirĂ© pour l'en envelopper, quand il se penche pour lui murmurer une priĂšre Ă  l'oreille, alors Maximilien oublie sa promesse de se tenir loin des hommes. Il descend vers eux. Le garçon esquisse un geste de dĂ©fense, mais Maximilien le rassure en lui montrant ses mains vides. Des mains calleuses, puissantes malgrĂ© l'Ăąge. Il se baisse, prend la fille dans ses bras. Un frisson de colĂšre le parcourt. Elle est dans un Ă©tat effroyable, le corps dĂ©charnĂ©, la peau diaphane, une cicatrice rĂ©cente zigzague sur son flanc. Dans une imprĂ©cation silencieuse, Maximilien maudit la folie des hommes, leur cruautĂ© et leur ignorance. Il se met en route, suivi par le garçon qui n'a pas prononcĂ© un mot. Il ne sait pas encore ce qu'il va faire d'eux. Faire d'elle. La soigner, certes, mais ensuite ? Tout en pensant, il marche Ă  grands pas. Tout en marchant, il rĂ©flĂ©chit Ă  grands traits. Il atteint Ombre Blanche au moment oĂč le soleil bascule derriĂšre l'horizon, teintant les Causses d'une somptueuse lumiĂšre orangĂ©e. Un frĂ©missement dans ses bras lui fait baisser la tĂȘte. La fille a bougĂ©. Elle ouvre les yeux. Échange fugace. Échange parfait. Maximilien se noie dans le violet de son regard et en ressort grandi. Le dernier des Caussenards a trouvĂ© son destin.
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Pierre Bottero (La ForĂȘt des captifs (Les Mondes d'Ewilan, #1))
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Le beau dialogue que Swann entendit entre le piano et le violon au commencement du dernier morceau! La suppression des mots humains, loin d'y laisser rĂ©gner la fantaisie, comme on aurait pu croire, l'en avait Ă©liminĂ©e ; jamais le langage parlĂ© ne fut si inflexiblement nĂ©cessitĂ©, ne connut Ă  ce point la pertinence des questions, l'Ă©vidence des rĂ©ponses. D'abord le piano solitaire se plaignit, comme un oiseau abandonnĂ© de sa compagne ; le violon l'entendit, lui rĂ©pondit comme d'un arbre voisin. C'Ă©tait comme au commencement du monde, comme s'il n'y avait encore eu qu'eux deux sur la terre, ou plutĂŽt dans ce monde fermĂ© Ă  tout le reste, construit par la logique d'un crĂ©ateur et oĂč ils ne seraient jamais que tous les deux : cette sonate. Est-ce un oiseau, est-ce l'Ăąme incomplĂšte encore de la petite phrase, est-ce une fĂ©e, invisible et gĂ©missant dont le piano ensuite redisait tendrement la plainte? Ses cris Ă©taient si soudains que le violoniste devait se prĂ©cipiter sur son archet pour les recueillir. Merveilleux oiseau! le violoniste semblait vouloir le charmer, l'apprivoiser, le capter. DĂ©jĂ  il avait passĂ© dans son Ăąme, dĂ©jĂ  la petite phrase Ă©voquĂ©e agitait comme celui d'un mĂ©dium le corps vraiment possĂ©dĂ© du violoniste. Swann savait qu'elle allait parler encore une fois. Et il s'Ă©tait si bien dĂ©doublĂ© que l'attente de l'instant imminent oĂč il allait se retrouver en face d'elle le secoua d'un de ces sanglots qu'un beau vers ou une triste nouvelle provoquent en nous, non pas quand nous sommes seuls, mais si nous les apprenons Ă  des amis en qui nous nous apercevons comme un autre dont l'Ă©motion probable les attendrit. Elle reparut, mais cette fois pour se suspendre dans l'air et se jouer un instant seulement, comme immobile, et pour expirer aprĂšs. Aussi Swann ne perdait-il rien du temps si court oĂč elle se prorogeait. Elle Ă©tait encore lĂ  comme une bulle irisĂ©e qui se soutient. Tel un arc-en-ciel, dont l'Ă©clat faiblit, s'abaisse, puis se relĂšve et avant de s'Ă©teindre, s'exalte un moment comme il n'avait pas encore fait : aux deux couleurs qu'elle avait jusque-lĂ  laissĂ© paraĂźtre, elle ajouta d'autres cordes diaprĂ©es, toutes celles du prisme, et les fit chanter. Swann n'osait pas bouger et aurait voulu faire tenir tranquilles aussi les autres personnes, comme si le moindre mouvement avait pu compromettre le prestige surnaturel, dĂ©licieux et fragile qui Ă©tait si prĂšs de s'Ă©vanouir.
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Marcel Proust (Swann’s Way (In Search of Lost Time, #1))
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en vĂ©ritĂ© il est trĂšs agrĂ©able de se rĂ©unir, de s’asseoir et de bavarder des intĂ©rĂȘts publics. Parfois mĂȘme je suis prĂȘt Ă  chanter de joie, quand je rentre dans la sociĂ©tĂ© et vois des hommes solides, sĂ©rieux, trĂšs bien Ă©levĂ©s, qui se sont rĂ©unis, parlent de quelque chose sans rien perdre de leur dignitĂ©. De quoi parlent-ils ? ça c’est une autre question. J’oublie mĂȘme, parfois, de pĂ©nĂ©trer le sens de la conversation, me contentant du tableau seul. Mais jusqu’ici, je n’ai jamais pu pĂ©nĂ©trer le sens de ce dont s’entretiennent chez nous les gens du monde qui n’appartiennent pas Ă  un certain groupe. Dieu sait ce que c’est. Sans doute quelque chose de charmant, puisque ce sont des gens charmants. Mais tout cela paraĂźt incomprĂ©hensible. On dirait toujours que la conversation vient de commencer ; comme si l’on accordait les instruments. On reste assis pendant deux heures et, tout ce temps, on ne fait que commencer la conversation. Parfois tous ont l’air de parler de choses sĂ©rieuses, de choses qui provoquent la rĂ©flexion. Mais ensuite, quand vous vous demandez de quoi ils ont parlĂ©, vous ĂȘtes incapable de le dire : de gants, d’agriculture, ou de la constance de l’amour fĂ©minin ? De sorte que, parfois, je l’avoue, l’ennui me gagne. On a l’impression de rentrer par une nuit sombre Ă  la maison en regardant tristement de cĂŽtĂ© et d’entendre soudain de la musique. C’est un bal, un vrai bal. Dans les fenĂȘtres brillamment Ă©clairĂ©es passent des ombres ; on entend des murmures de voix, des glissements de pas ; sur le perron se tiennent des agents. Vous passez devant, distrait, Ă©mu ; le dĂ©sir de quelque chose s’est Ă©veillĂ© en vous. Il vous semble avoir entendu le battement de la vie, et, cependant, vous n’emportez avec vous que son pĂąle motif, l’idĂ©e, l’ombre, presque rien. Et l’on passe comme si l’on n’avait pas confiance. On entend autre chose. On entend, Ă  travers les motifs incolores de notre vie courante, un autre motif, pĂ©nĂ©trant et triste, comme dans le bal des Capulet de Berlioz. L’angoisse et le doute rongent votre coeur, comme cette angoisse qui est au fond du motif lent de la triste chanson russe : Écoutez... d’autres sons rĂ©sonnent. Tristesse et orgie dĂ©sespĂ©rĂ©es... Est-ce un brigand qui a entonnĂ©, lĂ -bas, la chanson ? Ou une jeune fille qui pleure Ă  l’heure triste des adieux ? Non ; ce sont les faucheurs qui rentrent de leur travail... Autour sont les forĂȘts et les steppes de Saratov.
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Fyodor Dostoevsky
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J’ai remarquĂ© souvent que quand deux amis pĂ©tersbourgeois se rencontrent quelque part, aprĂšs s’ĂȘtre saluĂ©s, ils demandent en mĂȘme temps : Quoi de neuf ? il y a une tristesse particuliĂšre dans leurs voix, quelle qu’ait Ă©tĂ© l’intonation initiale de leur conversation. En effet, une dĂ©sespĂ©rance totale est liĂ©e Ă  cette question Ă  PĂ©tersbourg. Mais le plus agaçant c’est que, trĂšs souvent, l’homme qui la pose est tout Ă  fait indiffĂ©rent, un PĂ©tersbourgeois de naissance, qui connaĂźt trĂšs bien la coutume, sait d’avance qu’on ne lui rĂ©pondra rien, qu’il n’y a rien de nouveau, qu’il a posĂ© cette question peut-ĂȘtre mille fois sans aucun succĂšs ; cependant, il la pose, et il a l’air de s’y intĂ©resser, comme si les convenances l’obligeaient de participer lui aussi Ă  la vie publique, d’avoir des intĂ©rĂȘts publics. Mais les intĂ©rĂȘts publics... C’est-Ă -dire nous ne nions pas que nous ayons des intĂ©rĂȘts publics ; nous tous aimons ardemment la patrie, nous aimons notre cher PĂ©tersbourg, nous aimons jouer si l’occasion se prĂ©sente. En un mot il y a beaucoup d’intĂ©rĂȘts publics. Mais ce qu’il y a surtout chez nous, ce sont les groupes. On sait que PĂ©tersbourg n’est que la rĂ©union d’un nombre considĂ©rable de petits groupes dont chacun a ses statuts, ses conventions, ses lois, sa logique et son oracle. C’est en quelque sorte le produit de notre caractĂšre national qui a encore peur de la vie publique et tient plutĂŽt au foyer. En outre, la vie publique exige un certain art ; il faut s’y prĂ©parer ; il faut beaucoup de conditions. Aussi, l’on prĂ©fĂšre la maison. LĂ , tout est plus simple ; il ne faut aucun art ; on est plus tranquille. Dans le groupe, on vous rĂ©pondra bravement Ă  la question : Quoi de neuf ? La question reçoit tout de suite un sens particulier, et l’on vous rĂ©pond ou par un potin, ou par un bĂąillement, ou par quelque chose qui vous force vous-mĂȘme Ă  bĂąiller cyniquement, magistralement. Dans le groupe, on peut traĂźner de la façon la meilleure et la plus douce une vie utile entre le bĂąillement et le ragot, jusqu’au moment oĂč la grippe, ou bien la fiĂšvre chaude, visite votre demeure ; et vous quittez alors la vie stoĂŻquement, avec indiffĂ©rence, sans savoir comment et pourquoi tout cela Ă©tait avec vous jusqu’alors. Aujourd’hui, dans l’obscuritĂ©, au crĂ©puscule, aprĂšs une triste journĂ©e, plein d’étonnement que tout se soit arrangĂ© ainsi, il semble qu’on ait vĂ©cu, qu’on ait atteint quelque chose, et tout Ă  coup, on ne sait pas pourquoi, il faut quitter ce monde agrĂ©able et sans soucis pour Ă©migrer dans un monde meilleur. Dans certains groupes, d’ailleurs, on parle fortement de la cause. Quelques personnes instruites et bien intentionnĂ©es se rĂ©unissent. On bannit sĂ©vĂšrement tous les plaisirs innocents, comme les potins et la prĂ©fĂ©rence, et, avec un entrain incomprĂ©hensible, on parle de diffĂ©rents sujets trĂšs importants. Enfin, aprĂšs avoir bavardĂ©, parlĂ©, rĂ©solu quelques questions d’utilitĂ© gĂ©nĂ©rale, et aprĂšs avoir rĂ©ussi Ă  imposer aux uns et aux autres une opinion sur toutes choses, le groupe est saisi d’une irritation quelconque et commence Ă  s’affaiblir considĂ©rablement. Finalement, tous se fĂąchent les uns contre les autres. On se dit quelques dures vĂ©ritĂ©s. Quelques caractĂšres tranchants se font jour et tout se termine par la dislocation totale. Ensuite on se calme ; on fait provision de bon sens et, peu Ă  peu, l’on se rĂ©unit de nouveau dans le groupe dĂ©crit ci-dessus. Sans doute il est agrĂ©able de vivre ainsi. Mais Ă  la longue cela devient irritant ; cela irrite fortement.
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Fyodor Dostoevsky
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J’ai d’ailleurs un ami qui, ces jours-ci, m’a affirmĂ© que nous ne savons mĂȘme pas ĂȘtre paresseux. Il prĂ©tend que nous paressons lourdement, sans plaisir, ni bĂ©atitude, que notre repos est fiĂ©vreux, inquiet, mĂ©content ; qu’en mĂȘme temps que la paresse, nous gardons notre facultĂ© d’analyse, notre opinion sceptique, une arriĂšre-pensĂ©e, et toujours sur les bras une affaire courante, Ă©ternelle, sans fin. Il dit encore que nous nous prĂ©parons Ă  ĂȘtre paresseux et Ă  nous reposer comme Ă  une affaire dure et sĂ©rieuse et que, par exemple, si nous voulons jouir de la nature, nous avons l’air d’avoir marquĂ© sur notre calendrier, encore la semaine derniĂšre, que tel et tel jour, Ă  telle et telle heure, nous jouirons de la nature. Cela me rappelle beaucoup cet Allemand ponctuel qui, en quittant Berlin, nota tranquillement sur son carnet. « En passant Ă  Nuremberg ne pas oublier de me marier. » Il est certain que l’Allemand avait, avant tout, dans sa tĂȘte, un systĂšme, et il ne sentait pas l’horreur du fait, par reconnaissance pour ce systĂšme. Mais il faut bien avouer que dans nos actes Ă  nous, il n’y a mĂȘme aucun systĂšme. Tout se fait ainsi comme par une fatalitĂ© orientale. Mon ami a raison en partie. Nous semblons traĂźner notre fardeau de la vie par force, par devoir, mais nous avons honte d’avouer qu’il est au-dessus de nos forces, et que nous sommes fatiguĂ©s. Nous avons l’air, en effet, d’aller Ă  la campagne pour nous reposer et jouir de la nature. Regardez avant tout les bagages rien laissĂ© de ce qui est usĂ©, de ce qui a servi l’hiver, au contraire, nous y avons ajoutĂ© des choses nouvelles. Nous vivons de souvenirs et l’ancien potin et la vieille affaire passent pour neufs. Autrement c’est ennuyeux ; autrement il faudra jouer au whist avec l’accompagnement du rossignol et Ă  ciel ouvert. D’ailleurs, c’est ce qui se fait. En outre, nous ne sommes pas bĂątis pour jouir de la nature ; et, en plus, notre nature, comme si elle connaissait notre caractĂšre, a oubliĂ© de se parer au mieux. Pourquoi, par exemple, est-elle si dĂ©veloppĂ©e chez nous l’habitude trĂšs dĂ©sagrĂ©able de toujours contrĂŽler, Ă©plucher nos impressions – souvent sans aucun besoin – et, parfois mĂȘme, d’évaluer le plaisir futur, qui n’est pas encore rĂ©alisĂ©, de le soupeser, d’en ĂȘtre satisfait d’avance en rĂȘve, de se contenter de la fantaisie et, naturellement, aprĂšs, de n’ĂȘtre bon Ă  rien pour une affaire rĂ©elle ? Toujours nous froisserons et dĂ©chirerons la fleur pour sentir mieux son parfum, et ensuite nous nous rĂ©volterons quand, au lieu de parfum, il ne restera plus qu’une fumĂ©e. Et cependant, il est difficile de dire ce que nous deviendrions si nous n’avions pas au moins ces quelques jours dans toute l’annĂ©e et si nous ne pouvions satisfaire par la diversitĂ© des phĂ©nomĂšnes de la nature notre soif Ă©ternelle, inextinguible de la vie naturelle, solitaire. Et enfin, comment ne pas tomber dans l’impuissance en cherchant Ă©ternellement des impressions, comme la rime pour un mauvais vers, en se tourmentant de la soif d’activitĂ© extĂ©rieure, en s’effrayant enfin, jusqu’à en ĂȘtre malade, de ses propres illusions, de ses propres chimĂšres, de sa propre rĂȘverie et de tous ces moyens auxiliaires par lesquels, en notre temps, on tĂąche, n’importe comment, de remplir le vide de la vie courante incolore. Et la soif d’activitĂ© arrive chez nous jusqu’à l’impatience fĂ©brile. Tous dĂ©sirent des occupations sĂ©rieuses, beaucoup avec un ardent dĂ©sir de faire du bien, d’ĂȘtre utiles, et, peu Ă  peu, ils commencent dĂ©jĂ  Ă  comprendre que le bonheur n’est pas dans la possibilitĂ© sociale de ne rien faire, mais dans l’activitĂ© infatigable, dans le dĂ©veloppement et l’exercice de toutes nos facultĂ©s.
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Fyodor Dostoevsky
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Mais quoi, cela pouvait s’arrĂȘter. Ce qu’il fallait faire, c’était reconnaĂźtre clairement ce qui devait ĂȘtre reconnu, chasser enfin les ombres inutiles et prendre les mesures qui convenaient. Ensuite, la peste s’arrĂȘterait parce que la peste ne s’imaginait pas ou s’imaginait faussement.
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Albert Camus (La peste)
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On est en face d'un paradoxe : d'une part le mariage est le lieu - institutionnel - d'une exploitation pour les femmes, d'un part, précisément en raison de cette exploitation, leur situation potentielle (celle de toutes les femmes et pas seulement celle des femmes effectivement mariées) est si mauvaise que le mariage est encore la meilleure carriÚre - économiquement parlant - pour elles. Si une situation initiale ou potentielle est mauvaise, l'état de mariage ne fait ensuite qu'aggraver cette situation, et renforce donc sa propre nécessité. (p. 126)
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Christine Delphy (L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat)
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On m'accordera que le premier empĂȘchement Ă  lutter contre son oppression, c'est de ne pas se sentir opprimĂ©e. Donc le premier moment de la rĂ©volte ne peut consister Ă  entamer la lutte mais doit consister au contraire Ă  se dĂ©couvrir opprimĂ©e : Ă  dĂ©couvrir l'existence de l'oppression. L'oppression est dĂ©couverte d'abord quelque part. DĂšs lors son existence est Ă©tablie, certes, mais non son Ă©tendue. C'est Ă  partir de la preuve qu'elle existe qu'on la cherche ensuite ailleurs, ici, lĂ , en progressant de proche en proche. La lutte fĂ©ministe consiste autant Ă  dĂ©couvrir les oppressions inconnues, Ă  voir l'oppression lĂ  oĂč on ne le voyait pas, qu'Ă  lutter contre les oppressions connues. (p. 164)
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Christine Delphy (L'ennemi principal (Tome 1) : économie politique du patriarcat)
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A cet Ă©gard , je trouve cela curieux l’amour d’une mĂšre. C’est quelque chose qui vous contient tout entier, durant neuf mois - puis qui vous lĂąche. Pas le choix – ni pour elle, ni pour vous. Ensuite, c’est du soin constant, puis du souci. De la joie aussi – enfin j’imagine
 Puis un jour, plus rien. Je veux dire : l’un des deux corps disparaĂźt, le regard par lequel on Ă©tait sans doute attachĂ© l’une Ă  l’autre, la mĂšre et l’enfant, n’a plus lieu d’ĂȘtre, plus rien Ă  quoi s’accrocher. C’est l’espace qui s’ouvre Ă  la place – tout entier. C’est une libĂ©ration peut ĂȘtre. Je n’en sais rien en fait.
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BérengÚre Cournut (Zizi Cabane)
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I hadn’t come here with any intention to spy on Caleb Altair as he got naked but with my fingers stuck holding the window open a crack, I didn’t get much choice in the matter as he dropped his pants next. Darcy blew out a breath of laughter beside me as he crossed the room and headed into his en-suite, giving us plenty of opportunity to check out his ass before he closed the door. The sound of the shower starting up reached us and I relaxed a little. “He might be a part of the asshole brigade, but that guy is stupidly hot,” I murmured. “No doubt about that,” Darcy agreed. “Shall we get on with ruining his day then?” I asked with a grin. “Definitely.” (Tory)
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Caroline Peckham (Ruthless Fae (Zodiac Academy, #2))
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Do you want to know a secret?” she breathed, her voice lowering seductively. “What?” I asked, wanting to hear anything and everything she might ever want to tell me. She leaned a little closer and her long hair tickled my skin. “I think,” she breathed slowly. “That I’m going to puke.” She leapt off of me so quickly that the bed bounced beneath me as she darted to the en-suite. My dick was straining so hard against my fly that I thought it might actually burst and I had to rearrange myself before I could follow her. By the time I got there she’d already emptied her stomach contents into the toilet and she flushed it before stumbling towards the basin where she washed her mouth out. She proceeded to steal my toothbrush like a goddamn animal and I leaned against the doorframe as I watched her, trying not to look at her ass too much as she bent forward over the basin but I was clearly failing at that. I should have been pissed at her for intruding on my space like this but somehow I didn’t mind at all. When she’d finished, she sauntered back towards me, pushing a hand into her hair as she fought to walk in a straight line. She failed. I caught her as she almost face planted into the tiles and hooked her into my arms before returning her to the bed again. She tugged me down too and I was past the point of protesting. The moment her head hit the pillow her eyes fell shut but she turned towards me, draping an arm across my waist. I flicked the lights off and the room was only illuminated by the fire which was burning low in the grate. “You’re unbelievable, you know that,” she mumbled. “In what way?” I asked, wondering if she just might be about to admit that she felt this heat between us too. She shifted nearer to me and I pulled her close as she laid her head on my chest. My heart was hammering wildly and I couldn’t quite believe the strange turn of events that had led us here. For the longest moment she didn’t speak and I began to wonder if she’d fallen asleep but then she carried on. “You have the biggest goddamn jacuzzi I’ve ever seen in your bathroom,” she said and I couldn’t help but laugh at the way that conversation had gone. “Do you like it?” I asked. “No. It’s just unbelievable. Like you. You’re just... such... a dick.” Her breathing grew heavier and I was sure she’d passed out again. A smile pulled at my lips in response to her comment. It might have been nice for my ego if she’d started declaring how attractive she found me, but in all honesty she just wouldn’t have been herself without her smart mouth. And I was beginning to realise that I might like that, and a few other things about her, just a bit too much. (Darius POV)
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Caroline Peckham (The Reckoning (Zodiac Academy, #3))
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NOTA. — Le seul usage de cette sauce est d'envelopper certains Ă©lĂ©ments qui sont ensuite panĂ©s Ă  l'anglaise.
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Auguste Escoffier (Recettes de Sauces (Les recettes d'Auguste Escoffier t. 4) (French Edition))
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L'aurore passait ensuite sa main pùle sur les plis de la nuit et le jour se levait, impassible, sur un monde défroissé.
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Pia MalaussĂšne (L'Aurore)
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Utiliser son sac avec grace, c'est comme manger avec elegance, marcher avec prestance ou saisir un verre de champagne avec classe. La beaute se definit en general par la sobriete et l'economie des moyens, par l'adaptation des formes a leur fin, des formes simples, pures et primaires. Investir dans un sac de qualite, c'est non seulement se faire plaisir mais aussi se revolter contre la mediocrite et la consommation de masse grandissante qui peu a peu detruisent notre culture, notre civilisation et nos sens. Acheter de la qualite, c'est encourager une autre forme de commerce, respecter ce que nous possedons, vivre avec la lenteur d'un cuir qui se patine et pratiquer la simplicite: ne pas toujours chercher a acquerir plus tout en se contentant de ce que l'on a. Mon conseil est donc celui-ci: ne regardez pas les sacs exposes dans les magasins pour choisir un modele mais ceux portes par les femmes, dans la rue. C'est la meilleure facon de voir comment le cuir se drappe, la forme se bombe, la matiere se patine et s'ils ont, visuellement, une belle architecture une fois portes. L'argent devrait etre utilise pour vivre dans la qualite, y compris la qualite esthetique. Les belles choses apportent une joie durable. Le choix d'un sac pour longtemps ne serait-il pas le besoin d'une certaine forme de stabilite, d'harmonie et de confort dans ses besoins materiels? Affirmer son style, c'est exprimer par ses choix ses gouts et ses valeurs. Les exterioriser ensuite par le bon choix de vetements et de sacs est l'etape suivante. Etre chic, c'est savoir resister a la tentation. Faire des economies ce n'est pas acheter au meilleur prix l'objet convoite, c'est apprendre sereinement a s'en passer. Le voyage est sans doute la meilleure des situations pour apprecier les bienfaits du minimalisme et s'en inspirer pour l'appliquer au quotidien. Le voyage est l'occasion ideale de "refaire son bagage", c'est-a-dire de repenser la facon dont on vit sa vie et de l'ameliorer. On a tout son temps, en voyage, pour penser, reflechir a ce qui fait le "sel de la vie". C'est sur la route qu'on apprend a se passer du superflu: pas de television, de distractions, de consommation et de shopping. La vie est simplifiee au profit de la mobilite. On a egalement plus de temps pour soi-meme et/ou les rencontres. En voyage, on devient, comme le prescrit le zen, prepare a toutes les eventualites de la vie. le voyage est un retour vers l'essentiel. Proverbe tibetain Vivre avec peu est comme une invitation au voyage, a un vol interieur qui libere du reel et du poids de l'existence.
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Dominique Loreau (Mon sac, reflet de mon Ăąme. L'art de choisir, ranger et vider son sac (French Edition))
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...le chant des oiseaux avait pratiquement disparu de la surface de la Terre. Des milliers de races d'oiseaux s'étaient éteintes progressivement, couvrant d'un silence mortuaire les aubes enchanteresses, silence aussitÎt comblé par le bruit des bétonneuses, des marteaux-piqueurs, des excavateurs, des grues de chantier, dans un tonnerre métallique quotidien au service de la construction, baromÚtre de la santé économique des nations et de ce qui s'ensuit, la croissance en général, et l'emploi en particulier, cet emploi source de toutes les justifications. Les oiseaux mouraient des tombereaux de produits chimiques déversés sur les prés, dans un vaste holocauste de matiÚres organiques et d'insectes. Les oiseaux aussi s'éteignaient aussi faute de place pour s'ébattre et se reproduire. La Bible, les humanistes avaient consacré l'intangibilité de la primauté de l'homme, de sa vie, de son confort sur toute autre espÚce.
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Marc Dugain (Transparence)
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Avec M. Charlier, avec les livres, j'avais fini par croire que pour ĂȘtre philosophe il suffisait de procĂ©der Ă  deux opĂ©rations simples : d'abord choisir un terme abstrait, ensuite le faire prĂ©cĂ©der, comme un nom roturier d'une particule, du mot « idĂ©e ». Disserter sur la nature, c'eĂ»t Ă©tĂ© rester dans les Belles Lettres ; mĂ©diter sur l'idĂ©e de Nature, c'Ă©tait dĂ©jĂ  philosopher. Quand nous serions capables de faire tenir ensemble dans leur opposition l'Homme et la Nature, nous aurions conquis nos galons de dialecticiens. La philosophie Ă©tait une activitĂ© noble garantie par la noblesse de ses objets.
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Jean-Bertrand Pontalis (L'amour des commencements)
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Il s’avĂ©ra que Chris s’était trompĂ© et que Donna avait vu juste. Chris Hudson se retrouve inconfortablement coincĂ© sur un canapĂ©, avec Ibrahim, qu’il a dĂ©jĂ  rencontrĂ©, d’un cĂŽtĂ©, et Joyce, sa taille minuscule, son air enjouĂ© et ses cheveux blancs, de l’autre. TrĂšs clairement ce canapĂ© ne compte que deux places et demie et quand il a Ă©tĂ© offert Ă  Chris de s’y installer il s’est exĂ©cutĂ© en supposant qu’il ne le partagerait qu’avec une seule personne. Mais ensuite, avec une grĂące et une vĂ©locitĂ© auxquelles il ne s’était pas attendu de la part de deux personnes percevant une pension de retraite depuis si longtemps, Ibrahim et Joyce s’étaient glissĂ©s de part et d’autre de lui, ce qui l’avait conduit Ă  la situation prĂ©sente. S’il avait su, il aurait dĂ©clinĂ© la proposition et pris l’un des fauteuils dĂ©sormais occupĂ©s par Ron Ritchie, qui paraĂźt plus alerte que la derniĂšre fois qu’il l’a vu, et par la terrifiante Elizabeth. Dont on peut vraiment dire qu’elle ne tolĂšre aucun refus.
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Richard Osman (The Thursday Murder Club (Thursday Murder Club, #1))
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Un jour, j'ai réalisé que je ne savais plus pour qui j'écrivais, ni pourquoi j'écrivais. Et ensuite, je n'ai plus été capable d'écrire une ligne. C'est une histoire banale... Je n'avais pas de talent, tout simplement.
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Maki Marukido (Pornographer)
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Ne m'Ă©crivez plus qu'une fois par semaine, et de telle sorte que je reçoive votre lettre le dimanche. Car je dois vous le dire, je ne supporte pas vos lettres quotidiennes, je ne suis pas en Ă©tat de les supporter. Je rĂ©ponds pas exemple Ă  votre lettre et ensuite, je suis apparemment bien tranquille dans mon lit, mais des palpitations me traversent tout le corps et mon cƓur ne connaĂźt que vous. VoilĂ  pourquoi je ne veux point savoir que tu es bien disposĂ©e pour moi; car alors pour quelle raison, fou que je suis, restai-je Ă  mon bureau ou chez moi, au lieu de me jeter dans le train les yeux fermĂ©s pour ne les rĂ©ouvrir que lorsque je serai prĂšs de toi. Vraiment j'ai parfois l'impression de me repaitre comme un fantĂŽme de ton nom porte-bonheur. mais maintenant y'a-t-il une solution de paix? A quoi bon ne plus nous Ă©crire qu'une fois par semaine. non, il serait bĂ©nin le mal que l'on pourrait supprimer par de telles moyens et je le prĂ©vois ces lettres du dimanche, je ne pourrai pas non plus les supporter. C'est pourquoi voulant rĂ©parer ce que je nĂ©gligeais samedi, je t'en prie avec la force qui faiblit dĂ©jĂ  un peu a la fin de cette lettre renonçons Ă  tout cela, si nous tenons a notre vie. Aurai-je eu l'intention de me dire "tien" en signant, rien ne serait plus faux. Non, Je suis mien et Ă©ternellement liĂ© Ă  moi, voilĂ  ce que je suis, et il faut que je tache de m'en accommoder.
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Franz Kafka
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Ne m'Ă©crivez plus qu'une fois par semaine, et de telle sorte que je reçoive votre lettre le dimanche. Car je dois vous le dire, je ne supporte pas vos lettres quotidiennes, je ne suis pas en Ă©tat de les supporter. Je rĂ©ponds pas exemple Ă  votre lettre et ensuite, je suis apparemment bien tranquille dans mon lit, mais des palpitations me traversent tout le corps et mon cƓur ne connaĂźt que vous. VoilĂ  pourquoi je ne veux point savoir que tu es bien disposĂ©e pour moi; car alors pour quelle raison, fou que je suis, restai-je Ă  mon bureau ou chez moi, au lieu de me jeter dans le train les yeux fermĂ©s pour ne les rĂ©ouvrir que lorsque je serai prĂšs de toi. Vraiment j'ai parfois l'impression de me repaitre comme un fantĂŽme de ton nom porte-bonheur. mais maintenant y'a-t-il une solution de paix? A quoi bon ne plus nous Ă©crire qu'une fois par semaine. non, il serait bĂ©nin le mal que l'on pourrait supprimer par de telles moyens et je le prĂ©vois ces lettres du dimanche, je ne pourrai pas non plus les supporter. C'est pourquoi voulant rĂ©parer ce que je nĂ©gligeais samedi, je t'en prie avec la force qui faiblit dĂ©jĂ  un peu a la fin de cette lettre renonçons Ă  tout cela, si nous tenons a notre vie. Aurai-je eu l'intention de me dire "tien" en signant, rien ne serait plus faux. Non, Je suis mien et Ă©ternellement liĂ© Ă  moi, voilĂ  ce que je suis, et il faut que je tache de m'en accommoder.
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Franz Kafka (Letters to Felice)
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Ou bien, est-ce pour la combler...et ensuite la séduire, la réduire à une misÚre plus grande encore?
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Gabrielle Roy (Bonheur d'occasion au pluriel: lectures et approches critiques)
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Un couple ne coule des jours heureux que l’espace de quelques mois. Ensuite, c’est du travail, des compromis, de la frustration, des larmes. Mais ça en vaut la peine, parce que le rĂ©sultat est une unitĂ© qui n’est pas due Ă  de la chimie ou de la magie, cette unitĂ©, vous l’avez construite. L’amour n’existe pas par lui-mĂȘme, il se bĂątit.
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Joël Dicker (L'Affaire Alaska Sanders)
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[...], leurs yeux sĂ©vĂšres, inquisiteurs, qui paraissaient fouiller le voile des femmes, ces mĂȘmes voiles qu'ils exigeaient et qu'ils semblaient ensuite ĂŽter du regard. Ils croient avoir le monopole de l'honneur et de la virilitĂ©. Le monopole de Dieu.
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Emilienne Malfatto (Que sur toi se lamente le Tigre)
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Quand j'habitais Alger, je patientais toujours dans l'hiver parce que je savais qu'en une nuit, une seule nuit froide et pure de février, les amandiers de la vallée des Consuls se couvriraient de fleurs blanches. Je m'émerveillais de voir ensuite cette neige fragile résister à toutes les pluies et au vent de la mer. Chaque année, pourtant, elle persistait, juste ce qu'il fallait pour préparer le fruit.
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Albert Camus (L'été - Les Essais LXVIII)
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« La solitude a deux avantages : d’abord d’ĂȘtre avec soi-mĂȘme, ensuite de n’ĂȘtre pas avec les autres. » Schopenhauer avait dit un jour un truc dans le genre, pensa-t-il en s’avançant vers le bureau de l’assistant de Karen.
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Guillaume Musso (Un appartement Ă  Paris (French Edition))
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The time and/or distance required for luxuries to become staples, for wants to become needs, consumption to consume. London’s just around the corner, Paris can be ordered, ensuite, round the clock. Our access is bewildering, not just beyond imagination, but becoming imagination, bewildering twice over. We can only search the found, find the searched, and charge it to our room.
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Joshua Cohen (Book of Numbers)
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La solitude a deux avantages : d’abord d’ĂȘtre avec soi-mĂȘme, ensuite de n’ĂȘtre pas avec les autres.
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Guillaume Musso (Un appartement Ă  Paris (French Edition))
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Au reste, les Germains ne croient pas que ce soit honorer les dieux, de les peindre comme des hommes, ou de les renfermer dans les temples; ils se contentent de leur consacrer des bois et des forĂȘts, dans l'obscuritĂ© desquels ils imaginent que rĂ©side la divinitĂ©. X. Ils sont fort adonnĂ©s aux augures et aux sorts, et n'y observent pas grande cĂ©rĂ©monie. Ils coupent une branche de quelque arbre fruitier en plusieurs piĂšces, et le marquent de certains caractĂšres. Ils les jettent ensuite, au hasard, sur un drap blanc. Alors le prĂȘtre, si c'est en public, ou le pĂšre de famille, si c'est dans quelque maison particuliĂšre, lĂšve chaque brin trois fois, aprĂšs avoir invoquĂ© les dieux, et les interprĂšte selon les caractĂšres qu'il y a faits. Si l'entreprise se trouve dĂ©fendue, ils ne passent point plus avant; car on ne consulte point deux fois sur un mĂȘme sujet, en un mĂȘme jour; mais si elle est approuvĂ©e, on jette le sort une seconde fois, pour en avoir la confirmation. Ils consultent aussi le vol et le chant des oiseaux: le hennissement des chevaux est encore pour eux un prĂ©sage trĂšs-assurĂ©. Ils en nourrissent de blancs dans leurs bois sacrĂ©s, et ils croiraient faire une profanation s'ils les employaient aux usages ordinaires.
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Anonymous
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Il n'arrivait às à trouver exactement son aplomb. Comme lorsqu'on déplace un meuble trÚs lourd et qu'on n'arrive plus ensuite à faire coïncider sa base avec ses marques laissées au sol. Ou comme lorsqu'on n'arrive plus à replier une chemise comme l'avait fait la vendeuse. Les plis du tissu sont là, bien marqués, on les suit, mais le résultat n'est plus parfait, il est personnel.
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Fred Vargas
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La charitĂ© lĂ©gale n'exerce pas une moins funeste influence sur la libertĂ© du pauvre que sur la moralitĂ©. Ceci se dĂ©montre aisĂ©ment: du moment oĂč l'on fait aux communes un devoir strict de secourir les indigents, il s'ensuit immĂ©diatement et forcĂ©ment cette consĂ©quence que les communtes ne doivent des secours qu'aux pauvres qui sont domiciliĂ©s sur leur territoire; c'est le seul moyen Ă©quitable d'Ă©galiser la charge publique qui rĂ©sulte de la loi, et de la proportionner aux moyens de ceux qui doivent la supporter. Or, comme dans un pays oĂč la charitĂ© publique est organisĂ©e, la charitĂ© individuelle est Ă  peu prĂšs inconnue, il en rĂ©sulte que celui que des malheurs ou des vices rendent incapable de gagner sa vie est condamnĂ©, sous peine de mort, Ă  ne pas quitter le lieu oĂč il est nĂ©...Par leur lĂ©gislation sur les pauvres, les Anglais ont immobilisĂ© une sixiĂšme de leur population. Ils l'ont attachĂ© Ă  la terre comme l'Ă©taient les paysans du Moyen Age.
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Alexis de Tocqueville (Sur le paupérisme)
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Le goût de la performance, ensuite. J'ai toujours eu, aussi, ce goût-là. J'ai toujours eu cette tentation (encore plus indécente, obscÚne, m'as-tu-vu, déplacée mais je vous dis la vérité) de faire ce que les autres ne font pas ou de le faire, s'ils le font, d'une façon qui n'appartient qu'à moi.
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Bernard-Henri Lévy, Houllebecc
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[...] Ensuite, nous n'avons jamais été dépersonnalisés par les Turcs, et c'est trÚs important. Ils sont arrivés à Oujda et pendant six cents ans nous les avons aidés dix milles fois, en combattant à leur cotés, en leur envoyant des bateaux de blé, du temps de mes aïeux alaouites. Mais, chaque fois qu'ils tentaient de dépasser la frontiÚre, immédiatement on se tapait dessus.
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Hassan II (Ű°Ű§ÙƒŰ±Ű© ملك)
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Il y a une logique dans la succession de ces plaies. Le Nil devient rouge comme le sang. Sans doute une crue inhabituelle du Nil a drainĂ© des argiles rouges polluant l’eau au point d’y tuer les poissons. AprĂšs ce phĂ©nomĂšne, il y a une invasion de grenouilles. Ces gentils batraciens fuyaient sans doute le Nil polluĂ©. Puis, autre plaie, les mouches et les moustiques pullulent. Les cadavres de poissons et autres animaux empoisonnĂ©s au bord du Nil y sont sans doute pour quelque chose. AprĂšs quoi, c’est le bĂ©tail qui est malade et les hommes qui attrapent des furoncles. Responsables, les insectes piquants. Parce qu’un malheur n’arrive jamais seul, aprĂšs six plaies, la septiĂšme : la grĂȘle. LĂ , c’est la mĂ©tĂ©o qui se dĂ©chaĂźne. Cette grĂȘle hache les cultures, et ce qu’il en reste est ensuite attaquĂ© par l’invasion de sauterelles comme ces pays en connaissent parfois. Est-ce un vent venant d’Éthiopie qui amena les sauterelles avant d’amener des poussiĂšres telles que, durant trois jours, on n’y voyait plus rien ? Enfin, derniĂšre et terrifiante plaie : la mort des premiers-nĂ©s mĂąles de chaque famille Ă©gyptienne ! Un Ă©cho affreux Ă  tous ces garçons hĂ©breux jetĂ©s dans le Nil.
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Eric Denimal (La Bible pour les Nuls (French Edition))
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Si ton frĂšre, fils de ta mĂšre, ou ton fils, ou ta fille, ou la femme de ton coeur, ou ton ami, qui t'est comme ton Ăąme, t'incite en secret, disant: Allons, et servons d'autres dieux, des dieux que tu n'as point connus, toi, ni tes pĂšres, d'entre les dieux des peuples qui sont autour de vous, prĂšs de toi ou loin de toi, d'un bout de la terre Ă  l'autre bout de la terre, tu ne t'accorderas pas avec lui et tu ne l'Ă©couteras pas; et ton oeil ne l'Ă©pargnera pas, et tu n'auras pas pitiĂ© de lui, et tu ne le cacheras pas; mais tu le tueras certainement: ta main sera la premiĂšre contre lui pour le mettre Ă  mort, et la main de tout le peuple ensuite; et tu l'assommeras de pierres, et il mourra, car il a cherchĂ© Ă  t'entraĂźner loin de l'Éternel, ton Dieu, qui t'a fait sortir du pays d'Égypte,
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Anonymous
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Plus la banque de donnĂ©es de l'enfant est riche, plus il pourra faire de connexions ensuite, donc assimiler de nouveaux savoirs. À l'inverse, un enfant peu stimulĂ©, pas trĂšs curieux de nature, va se constituer une trĂšs petite banque de donnĂ©es et aura du mal Ă  faire des ponts entre un nouvel apprentissage et son matĂ©riau personnel de base. [
] L'enfant petit doit vivre des expĂ©rimentations qui vont lui permettre, des annĂ©es plus tard, de passer de la pensĂ©e concrĂšte Ă  la pensĂ©e abstraite. En voici un exemple frappant. Le petit enfant aime jouer avec de la pĂąte Ă  modeler. Vers 4-6 ans, il dĂ©couvre un concept essentiel sans le savoir : la conservation de la quantitĂ©. C'est un test qui est fait chez l'orthophoniste pour un enfant en difficultĂ© mathĂ©matique. Il joue avec sa pĂąte Ă  modeler. Elle est en boule ; puis on lui propose de l'Ă©taler et d'en faire un long serpentin. Si on lui demande : "Est-ce que tu as autant de pĂąte Ă  modeler que tout Ă  l'heure ?", il peut rĂ©pondre par l'affirmative. Mais certains enfants n'imaginent pas que la mĂȘme quantitĂ© puisse changer de forme. Donc, il rĂ©pondent : "Pas du tout, lĂ , il y en a beaucoup plus. Tu ne vois pas comment c'est long ?" Tant que l'enfant n'a pas compris ce concept de conservation de la quantitĂ© (ou du nombre), il ne peut pas faire des conversions ; il ne peut pas concevoir que des centimĂštres deviennent des mĂštres, et qu'une mĂȘme quantitĂ© puisse s'appeler de diffĂ©rentes façons. ArrivĂ© Ă  l'Ăąge des opĂ©rations concrĂštes, comme dirait Jean Piaget, il bute sur des concepts qu'il ne comprend pas, parce que le "terrain" n'a pas Ă©tĂ© prĂ©parĂ© en lui pour qu'il les intĂšgre. (p. 74-75)
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Isabelle Peloux (L'école du Colibri: La pédagogie de la coopération (Domaine du possible) (French Edition))
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Pour un nouvel apprentissage, il faut autant que possible dĂ©buter par l'expĂ©rience, pour que le cerveau se mette en recherche (de comprendre comment ça marche, ce qu'il faut retenir, oĂč sont les difficultĂ©s). Et ensuite, l'enseignant apporte la thĂ©orie qui formalise ce nouveau savoir. S'il fait l'inverse, la thĂ©orie qu'il propose tombe Ă  plat car l'enfant ne sait pas sur quoi il doit porter son attention. (p. 76)
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Isabelle Peloux (L'école du Colibri: La pédagogie de la coopération (Domaine du possible) (French Edition))
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Mais peu importe qu’il y ait ou non des grands desseins extĂ©rieurs Ă  moi. Mon seul espoir a Ă©tĂ© ceci : discerner ce qui pouvait ĂȘtre accompli, croire que c’était possible, et ensuite mettre tout en Ɠuvre pour exĂ©cuter, Ă  n’importe quel prix. Et quand une vie s’achĂšve comme la mienne s’achĂšvera, nul ne peut me persuader que le prix ne valait pas d’ĂȘtre payĂ© en Ă©change de ce que j’ai reçu
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Orson Scott Card (A Planet Called Treason)
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Comme les baleines, qui recherchent des eaux calmes pour enfanter, mes parents s'Ă©taient retirĂ©s du monde pour fonder lĂ  une famille. Mais Ă  la diffĂ©rence des baleines, qui regagnent ensuite les profondeurs des ocĂ©ans, ils Ă©taient restĂ©s Ă©chouĂ©s en banlieue. Peut-ĂȘtre se protĂ©geaient-ils de leurs souvenirs de la Hongrie, de la guerre et de leur fuite. Dans cet endroit vierge, dans cet angle mort, ils avaient tentĂ© autant que possible de ne plus regarder en arriĂšre pour tout recommencer Ă  zĂ©ro. Ils y avaient presque rĂ©ussi. ~ P19
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Sacha Batthyany (Mais en quoi suis-je donc concernĂ© ? Un crime en mars 1945. L’histoire d’une grande famille hongroise (French Edition))
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Elles Ă©taient ces brebis qui cherchent refuge derriĂšre un rocher quand sĂ©vit la tempĂȘte. ArrivĂ©es dans un endroit inconnu qui leur offre un abri, elles s'attachent Ă  retrouver sĂ©curitĂ© et chaleur. Elles savaient que le froid d'autrui viendrait de nouveau les transpercer et se nicher en elles. Aussi s'agissait-il de rĂ©pandre toute la chaleur que l'on avait pour pouvoir ensuite la rĂ©cupĂ©rer au dĂ©cuple. (...) A la maison, il leur Ă©tait interdit de se donner mutuellement la chaleur dont elles avaient besoin. Elles redevenaient des brebis effrayĂ©es perdues dans la montagne sauvage.
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HerbjĂžrg Wassmo (The House with the Blind Glass Windows)
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[La « bĂ©cosse » a] bien des avantages. L’avantage de la « bĂ©cosse », c’est qu’elle fonctionne Ă  sec contrairement Ă  nos cabinets d’aisances grand confort qui Ă©vacuent de trois Ă  cinq gallons d’eaux polluĂ©es Ă  chaque usage, des eaux qu’il nous faut ensuite Ă©purer par le biais de coĂ»teuses installations septiques. Au QuĂ©bec, le RĂšglement sur l’évacuation et le traitement des eaux usĂ©es des rĂ©sidences isolĂ©es considĂšre la « bĂ©cosse » comme une alternative valable pour les camps de chasse et de pĂȘche et tout chalet sans eau courante, pour ceux qui aiment se retrouver dans un vĂ©ritable milieu sauvage. Elle peut avantageusement remplacer l’installation septique avec Ă©lĂ©ment Ă©purateur classique ou modifiĂ©. Et sa mauvaise rĂ©putation ? Cette rĂ©putation lui vient du fait que la plupart des « bĂ©cosses » que nous avons connues dĂ©gageaient de mauvaises odeurs et n’étaient pas trĂšs accueillantes. Or, un cabinet Ă  fosse sĂšche bien construit, selon les normes du RĂšglement, ne dĂ©gage pas d’odeurs et peut facilement ĂȘtre gardĂ© propre comme un sou neuf. Pour qu’il en soit ainsi, il est essentiel que la fosse soit creusĂ©e dans un sol sec, permĂ©able et bien drainĂ©. VoilĂ  tout le secret d’une bonne « bĂ©cosse ». La dĂ©composition des matiĂšres fĂ©cales doit obligatoirement se faire Ă  l’air libre, dans un milieu sec. Les odeurs de putrĂ©faction se produisent inĂ©vitablement quand l’eau s’infiltre Ă  l’intĂ©rieur de la fosse ou quand celle-ci a Ă©tĂ© creusĂ©e dans un endroit oĂč le niveau de la nappe d’eau souterraine est Ă©levĂ©. L’eau est l’ennemi public n° 1 des « bĂ©cosses ».
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Tony Lesauteur (La Bécosse n'a pas dit son dernier mot)
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[La « bĂ©cosse » a] bien des avantages. L’avantage de la « bĂ©cosse », c’est qu’elle fonctionne Ă  sec contrairement Ă  nos cabinets d’aisances grand confort qui Ă©vacuent de trois Ă  cinq gallons d’eaux polluĂ©es Ă  chaque usage, des eaux qu’il nous faut ensuite Ă©purer par le biais de coĂ»teuses installations septiques. Au QuĂ©bec, le RĂšglement sur l’évacuation et le traitement des eaux usĂ©es des rĂ©sidences isolĂ©es considĂšre la « bĂ©cosse » comme une alternative valable pour les camps de chasse et de pĂȘche et tout chalet sans eau courante, pour ceux qui aiment se retrouver dans un vĂ©ritable milieu sauvage. Elle peut avantageusement remplacer l’installation septique avec Ă©lĂ©ment Ă©purateur classique ou modifiĂ©. Et sa mauvaise rĂ©putation ? Cette rĂ©putation lui vient du fait que la plupart des « bĂ©cosses » que nous avons connues dĂ©gageaient de mauvaises odeurs et n’étaient pas trĂšs accueillantes. Or, un cabinet Ă  fosse sĂšche bien construit, selon les normes du RĂšglement, ne dĂ©gage pas d’odeurs et peut facilement ĂȘtre gardĂ© propre comme un sou neuf. Pour qu’il en soit ainsi, il est essentiel que la fosse soit creusĂ©e dans un sol sec, permĂ©able et bien drainĂ©. VoilĂ  tout le secret d’une bonne « bĂ©cosse ». La dĂ©composition des matiĂšres fĂ©cales doit obligatoirement se faire Ă  l’air libre, dans un milieu sec. Les odeurs de putrĂ©faction se produisent inĂ©vitablement quand l’eau s’infiltre Ă  l’intĂ©rieur de la fosse ou quand celle-ci a Ă©tĂ© creusĂ©e dans un endroit oĂč le niveau de la nappe d’eau souterraine est Ă©levĂ©. L’eau est l’ennemi public n° 1 des « bĂ©cosses ».
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Tony Le Sauteur (La Bécosse n'a pas dit son dernier mot)
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L'homosexuel qui parle de sa vie « privĂ©e » rompt la situation « normale » puisque celle-ci est dĂ©finie comme telle par le fait que, « normalement », comme dit le langage de tous les jours, l'homosexualitĂ© n'est pas dicible ou, ce qui n'est pas trĂšs diffĂ©rent, n'est pas souvent dite. Toute parole qui consiste Ă  dire l'homosexualitĂ© ne peut dĂšs lors ĂȘtre entendue que comme une volontĂ© de l'affirmer, de l'afficher, comme un geste de provocation ou un acte militant. La sortie de la honte est toujours perçue comme la proclamation de la fiertĂ© (ce qu'inĂ©vitablement elle est toujours, puisque celui qui Ă©nonce l'homosexualitĂ© et le fait ainsi entrer dans le discours autrement que comme un objet de plaisanterie ou comme un objet tout court, mais comme la prise de parole d'un sujet, a bien conscience que ce qu'il va dire sera entendu de cette maniĂšre). On ne peut jamais dire simplement qu'on est homosexuel : on l'affirme toujours envers et contre tout, envers et contre tous, et non seulement contre ceux qui voudraient empĂȘcher qu'on puisse le dire, mais aussi contre ceux qui objectent qu'il n'est pas besoin de le dire. C'est pourquoi il y a toujours une certaine théùtralitĂ© propre Ă  l'affirmation homosexuelle. Ce n'est donc pas en vertu du fait que, comme l'Ă©crit Sartre, « puisque nous ne faisons que jouer ce que nous sommes, nous sommes tout ce que nous pouvons jouer ». C'est au contraire parce qu'un homosexuel doit si longtemps jouer ce qu'il n'est pas qu'il ne peut ensuite ĂȘtre ce qu'il est qu'en le jouant. C'est vrai. Mais il ne peut en ĂȘtre autrement. On l'a vu : il y a une Ă©nergie qui sourd de la honte, qui se forme en elle et par elle et qui agit comme une force transformatrice. Cette Ă©nergie s'exprime dans l'identitĂ© théùtralisĂ©e, dans la performance (au sens anglais), dans l'exhibitionnisme, l'extravagance ou la parodie. L'exhibitionnisme et la théùtralitĂ© sont sans doute, et ont Ă©tĂ© historiquement, parmi les gestes les plus importants qui ont permis de dĂ©fier l'hĂ©gĂ©monie hĂ©tĂ©ronormative. Et c'est d'ailleurs pourquoi ils ont toujours fait l'objet d'attaques si virulentes. La honte donne son Ă©nergie Ă  l'exhibitionnisme, Ă  l'affirmation de soi comme théùtralitĂ©, c'est-Ă -dire Ă  l'affirmation de soi tout court. (p. 163-164)
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Didier Eribon (Insult and the Making of the Gay Self (Series Q))
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Dans son rapport inaugural, le Forum, Ă  propos de la mondialisation qu'il a symbolisĂ©e sous ses formes les plus conquĂ©rantes et sĂ»res d'elles-mĂȘmes, Ă©voque avec un sens exquis de l'euphĂ©misme "un risque de dĂ©sillusion". Mais dans les conversations, c'est autre chose. DĂ©sillusion ? Crise ? InĂ©galitĂ©s ? D'accord, si vous y tenez, mais enfin, comme nous le dit le trĂšs cordial et chaleureux PDG de la banque amĂ©ricaine Western Union, soyons clairs : si on ne paie pas les leaders comme ils le mĂ©ritent, ils s'en iront voir ailleurs. Et puis, capitalisme, ça veut dire quoi ? Si vous avez 100 dollars d'Ă©conomies et que vous les mettez Ă  la banque en espĂ©rant en avoir bientĂŽt 105, vous ĂȘtes un capitaliste, ni plus ni moins que moi. Et plus ces capitalistes comme vous et moi (il a rĂ©ellement dit "comme vous et moi", et mĂȘme si nous gagnons fort dĂ©cemment notre vie, mĂȘme si nous ne connaissons pas le salaire exact du PDG de la Western Union, pour ne rien dire de ses stock-options, ce "comme vous et moi" mĂ©rite Ă  notre sens le pompon de la "brĂšve de comptoir" version Davos), plus ces capitalistes comme vous et moi, donc, gagneront d'argent, plus ils en auront Ă  donner, pardon Ă  redistribuer, aux pauvres. L'idĂ©e ne semble pas effleurer cet homme enthousiaste, et Ă  sa façon, gĂ©nĂ©reux, que ce ne serait pas plus mal si les pauvres Ă©taient en mesure d'en gagner eux-mĂȘms et ne dĂ©pendaient pas des bonnes dispositions des riches. Faire le maximum d'argent, et ensuite le maximum de bien, ou pour les plus sophistiquĂ©s faire le maximum de bien en faisant le maximum d'argent, c'est le mantra du Forum, oĂč on n'est pas grand-chose si on n'a pas sa fondation caritative, et c'est mieux que rien, sans doute "(vous voudriez quoi ? Le communisme ?"). Ce qui est moins bien que rien, en revanche, beaucoup moins bien, c'est l'effarante langue de bois dans laquelle ce mantra se dĂ©cline. Ces mots dont tout le monde se gargarise : prĂ©occupation sociĂ©tale, dimension humaine, conscience globale, changement de paradigme
 De mĂȘme que l'imagerie marxiste se reprĂ©sentait autrefois les capitalistes ventrus, en chapeau haut de forme et suçant avec voluptĂ© le sang du prolĂ©tariat, on a tendance Ă  se reprĂ©senter les super-riches et super-puissants rĂ©unis Ă  Davos comme des cyniques, Ă  l'image de ces traders de Chicago qui, en rĂ©ponse Ă  Occupy Wall Street, ont dĂ©ployĂ© au dernier Ă©tage de leur tour une banderole proclamant : "Nous sommes les 1%". Mais ces petits cyniques-lĂ  Ă©taient des naĂŻfs, alors que les grands fauves qu'on cĂŽtoie Ă  Davos ne semblent, eux, pas cyniques du tout. Ils semblent sincĂšrement convaincus des bienfaits qu'ils apportent au monde, sincĂšrement convaincus que leur ingĂ©nierie financiĂšre et philanthropique (Ă  les entendre, c'est pareil) est la seule façon de nĂ©gocier en douceur le fameux changement de paradigme qui est l'autre nom de l'entrĂ©e dans l'Ăąge d'or. Ça nous a Ă©tonnĂ©s dĂšs le premier jour, le parfum de new age qui baigne ce jamboree de mĂąles dominants en costumes gris. Au second, il devient entĂȘtant, et au troisiĂšme on n'en peut plus, on suffoque dans ce nuage de discours et de slogans tout droit sortis de manuels de dĂ©veloppement personnel et de positive thinking. Alors, bien sĂ»r, on n'avait pas besoin de venir jusqu'ici pour se douter que l'optimisme est d'une pratique plus aisĂ©e aux heureux du monde qu'Ă  ses gueux, mais son inflation, sa dĂ©connexion de toute expĂ©rience ordinaire sont ici tels que l'observateur le plus modĂ©rĂ© se retrouve Ă  osciller entre, sur le versant idĂ©aliste, une indignation rĂ©volutionnaire, et, sur le versant misanthrope, le sarcasme le plus noir. (p. 439-441)
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Emmanuel CarrĂšre (Il est avantageux d'avoir oĂč aller)
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Tout le monde a l'air de savoir qui sont ces Autres ; tout le monde parle d'eux, mais eux ne parlent jamais. En effet, dans quels discours apparaĂźtre l'Autre, sous sas forme singuliĂšre ou plurielle ? Sous la forme d'un discours adressĂ© Ă  des gens qui ne sont pas les Autres. Mais d'oĂč viennent ces Autres ? Y a-t-il des Autres, et si oui, pourquoi ? Il faut, pour Ă©claircir ce mystĂšre, en revenir Ă  l'invite. Qui est invitĂ© Ă  accepter les Autres ? Pas les Autres, Ă©videmment. Et qui fait cette demande ? De son Ă©nonciateur, qui ne dit pas son nom, tout ce qu'on sait, c'est qu'il n'est pas un Autre. Ce n'est pas lui-mĂȘme qu'il nous invite Ă  accepter. Mais pas plus qu'il ne dit qui il est, il n'Ă©nonce qui est ce « Nous » Ă  qui il s'adresse. DerriĂšre l'Autre dont on entend parler sans arrĂȘt, sans qu'il parle, se cache donc une autre personne, qui parle tout le temps sans qu'on n'en entende jamais parler : l'« Un », qui parle Ă  « Nous ». C'est-Ă -dire Ă  l'ensemble de la sociĂ©tĂ© de la part de l'ensemble de la sociĂ©tĂ©. De la sociĂ©tĂ© normale. De la sociĂ©tĂ© lĂ©gitime. De celle qui est l'Ă©gale du locuteur qui nous invite Ă  tolĂ©rer les Autres. Les Autres ne sont pas, par dĂ©finition, des gens ordinaires, puisqu'ils ne sont pas « Nous ». Qui est ce « Un » parlant ? Avant toute autre chose, on sait, parce qu'il le fait, qu'il est celui qui peut dĂ©finir l'Autre. Ensuite, il prendra une position de tolĂ©rance ou d'intolĂ©rance. Mais cette prise de position est seconde par rapport Ă  sa capacitĂ© Ă  dĂ©finir l'Autre : Ă  ce pouvoir. Les Autres sont donc ceux qui sont dans la situation d'ĂȘtre dĂ©finis comme acceptables ou rejetables, et d'abord d'ĂȘtre nommĂ©s. Au principe, Ă  l'origine de l'existence des Uns et des Autres, il y adonc le pouvoir, simple, brut, tout nu, qui n'a pas Ă  se faire ou Ă  advenir, qui est. (p. 18-19)
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Christine Delphy (Classer, dominer: Qui sont les "autres" ?)
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En mĂȘme temps on se rend compte que la correspondance, qui rĂ©sulte des textes empruntĂ©s Ă  Ibn ArabĂź, entre les deux dimensions initiatiques du tĂ»l et de ‘ard d'un cĂŽtĂ©, et les deux substances ontologiques du lĂąhĂ»t et du nĂąsĂ»t d'un autre cĂŽtĂ©, ensuite l'application de ces derniĂšres notions au cas de JĂ©sus, permettent de constater que le signe de la croix peut ĂȘtre vu comme un schĂ©ma de l'union des deux natures en la personne du Christ. Mais s'il en est ainsi, c'est, bien entendu, parce que la croix est avant tout un abrĂ©gĂ© gĂ©omĂ©trique des Ă©tats multiples de l'ĂȘtre et, par cela, un symbole de l'Homme Universel, ainsi que l'a dĂ©montrĂ© GuĂ©non, appuyĂ© sur de nombreux exemples de la tradition universelle.
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Michel Vùlsan (L'Islam et la fonction de René Guénon)
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AprĂšs nous ĂȘtre servis de la supputation adoptĂ©e par les Grecs, il nous faut, pour exposer le tableau des plus longues sĂ©ries d'annĂ©es, nous aider aussi de la chronologie adoptĂ©e par les barbares. Depuis Adam jusqu'au dĂ©luge ils comptent deux mille cent quarante-huit ans quatre jours. Depuis Sem jusqu'Ă  Abraham, douze cent cinquante ans. Depuis Isaac jusqu'au partage de la terre promise, six cent seize ans. Depuis les juges jusqu'Ă  Samuel, quatre cent soixante trois ans sept mois. Aux juges succĂšde le gouvernement royal, qui dure cinq cent soixante-douze ans six mois dix jours. AprĂšs les rois de Juda s'Ă©lĂšve l'empire des Perses qui dure deux cent trente-cinq ans. AprĂšs l'empire des Perses, l'empire des MacĂ©doniens, qui depuis Alexandre jusqu'Ă  la mort d'Antoine, reprĂ©sente un total de trois cent douze ans et dix-huit jours. Viennent ensuite les empereurs Romains ; et depuis Auguste jusqu'Ă  la mort de Commode, deux cent vingt-deux ans se sont Ă©coulĂ©s. Depuis la fin de la captivitĂ© de soixante-dix ans et du retour des Juifs dans leur patrie, jusqu'Ă  la nouvelle servitude qui les frappa sous le rĂšgne de Vespasien, on compte quatre cent dix ans. Enfin, depuis Vespasien jusqu'Ă  la mort de Commode, cent vingt et un ans, six mois vingt-quatre jours.
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Clement of Alexandria (Miscellanies (Stromata))
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Selon des hadßths, « Ismaël a reçu par inspiration (ilhùm) cette langue arabe » ; aussi « le premier dont la langue a articulé l'arabe clair (al-'arabiyya al-mubßna), fut Ismaël alors qu'il était un enfant de 14 ans ». Ces données montrent que l'arabe est dÚs le début une langue révélée, d'origine proprement céleste, non pas une langue naturelle plus ou moins adaptée ensuite pour un usage traditionnel, quel que soit d'ailleurs le rapport sur le plan humain entre l'arabe de la révélation coranique et l'arabe parlé par les tribus contemporaines du ProphÚte.
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Michel Vùlsan (L'Islam et la fonction de René Guénon)
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On reproche Ă  la religion d'ĂȘtre incapable de rĂ©soudre les « problĂšmes de notre temps », mais on ne se rend pas compte, premiĂšrement que la religion n'a en vue que les problĂšmes de toujours, et deuxiĂšmement, que nul ne rĂ©soudra les problĂšmes nouveaux, et ne serait-ce que parce que chaque solution engendre, sur ce plan ou Ă  ce niveau, de nouveaux problĂšmes. Au XIXe siĂšcle, la machine — celle qui combine le « fer » et le « feu » — Ă©tait censĂ©e rĂ©soudre une fois pour toutes le problĂšme du travail ; les sĂ©rums devaient abolir la maladie, et ainsi de suite ; or les rĂ©sultats rĂ©els nous incitent Ă  faire remarquer qu'un faiseur de pluie ne doit ni ĂȘtre inefficace, ni provoquer une inondation. Il est du reste contradictoire de vouloir abolir le travail et ensuite de le glorifier au point d'en faire une religion.
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Frithjof Schuon (The Transfiguration of Man)
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La phrase de Brecht : le parti a mille yeux mais l'individu n'en a que deux, est fausse comme toutes les vĂ©ritĂ©s premiĂšres. L'imagination exacte d'un dissident peut voir plus que mille yeux auxquels on a mis les lunettes roses de l'unitĂ© et qui ensuite confondent ce qu'ils perçoivent avec l'universalitĂ© du vrai, et rĂ©gressent. C'est Ă  cela que s'oppose l'individuation de la connaissance. De celle-ci, de la diffĂ©renciation, ne dĂ©pend pas seulement la perception de l'objet : elle est tout autant elle-mĂȘme constituĂ©e Ă  partir de l'objet qui en elle rĂ©clame pour ainsi dire sa restitutio in integrum. NĂ©anmoins, les modes de rĂ©action subjectifs dont l'objet a besoin ont eux-mĂȘmes besoin d'ĂȘtre incessamment corrigĂ©s sur l'objet. Cela s'accomplit dans l'autorĂ©flexion, ferment de l'expĂ©rience spirituelle. Le processus de l'objectivation philosophique serait, pour l'exprimer mĂ©taphoriquement, vertical, infratemporel, face Ă  l'horizontal, abstraitement quantifiant, de la science : c'est lĂ  toute la vĂ©ritĂ© de la mĂ©taphysique du temps de Bergson.
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Theodor W. Adorno (Negative Dialectics)
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Une fois qu'il a reçu la rĂ©mission de ses pĂ©chĂ©s, l'homme ne doit donc plus faillir, parce que la premiĂšre pĂ©nitence, celle d*s fautes qui souillĂšrent la vie de paganisme, c'est-Ă -dire la vie d'ignorance, est la meilleure. Elle est proposĂ©e Ă  ceux qui ont Ă©tĂ© appelĂ©s comme purification de l'Ăąme pour y Ă©tablir la foi. Mais le Seigneur qui lit dans le secret des cƓurs et connait l'avenir, a prĂ©vu d'en haut et dĂšs le commencement l'inconstance de l'homme, son penchant aux rechutes, elles artifices du dĂ©mon. Il n'ignore pas que l'ange du mal, jaloux de ce que l'homme jouit du privilĂšge de la rĂ©mission des pĂ©chĂ©s, suggĂ©rera des occasions de faillir aux serviteurs de Dieu, et que sa malice leur tendra habilement des piĂšges pour 152 les entrainer dans sa ruine. Dieu l'a prĂ©dit, et dans l'abondance de sa misĂ©ricorde, il a fait don d'une seconde pĂ©nitence aux enfants de la foi qui viendraient Ă  tomber ; afin que si la faiblesse, cĂ©dant Ă  la force ou Ă  la sĂ©duction, se laissait tenter, elle reçût une seconde pĂ©nitence, celle aprĂšs laquelle il n'y a plus de pĂ©nitence. « Car, si nous pĂ©chons volontairement aprĂšs avoir reçu la connaissance de la vĂ©ritĂ©, il n'y a plus dĂ©sormais de victime pour les pĂ©chĂ©s, mais il ne nous reste qu'une attente terrible du jugement, et le feu vengeur qui dĂ©vorera les ennemis de Dieu. » Ceux dont les pĂ©nitences et les fautes se succĂšdent continuellement ne diffĂšrent en rien de ceux qui n'ont pas encore la foi, sinon qu'ils ont pĂ©chĂ© avec connaissance de cause. Et je ne sais ce qu'il y a de plus funeste, ou de pĂ©cher sciemment, ou de se repentir de ses pĂ©chĂ©s et d'y retomber de nouveau ; des deux cĂŽtĂ©s la faute est Ă©vidente. Ici, pendant l'acte mĂȘme, l'iniquitĂ© est condamnĂ©e par l'ouvrier de l'iniquitĂ© ; lĂ , l'auteur du pĂ©chĂ© le connait avant de le commettre, et pourtant il s'y livre avec la conviction que c'est un mal. L'un se fait l'esclave de la colĂšre et du plaisir, n'ignorant pas Ă  quels penchants il s'abandonne ; l'autre qui, aprĂšs s'ĂȘtre repenti de ses vices, se replonge de nouveau dans la voluptĂ©, touche de prĂšs Ă  celui qui, dĂšs le principe, pĂšche volontairement; faire succĂ©der au repentir d'un pĂ©chĂ©. l'acte de ce mĂȘme pĂšche, tout en le condamnant, n'est-ce pas le commettre avec connaissance de cause ? Celui donc d'entre les gentils qui, de sa vie antĂ©rieure et profane, a pris son vol vers la foi, a obtenu d'un seul coup la rĂ©mission de tous ses pĂ©chĂ©s. Mais celui qui, pĂ©cheur relapse, s'est ensuite repenti, lors mĂȘme qu'il obtient son pardon, doit rougir de honte, comme n'Ă©tant plus lavĂ© par les eaux baptismales pour la rĂ©mission des pĂ©chĂ©s. Car il faut qu'il renonce, non-seulement aux idoles dont il se faisait auparavant des dieux, mais encore aux Ɠuvres de sa vie antĂ©rieure, l'homme qui est nĂ© Ă  la foi, non du sang ni de la volontĂ© de la chair, mais qui a Ă©tĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© dans l'esprit; ce qui arrivera si, fidĂšle Ă  ne pas retomber dans le mĂȘme pĂ©chĂ©, il se repent avec sincĂ©ritĂ©.
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Clement of Alexandria (Miscellanies (Stromata))
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Ensuite j’ai reconnu, Sonia, que si l’on attendait le moment oĂč tout le monde sera intelligent, on devrait s’armer d’une trop longue patience. Plus tard encore je me suis convaincu que ce moment mĂȘme n’arriverait jamais, que les hommes ne changeraient pas et qu’on perdait son temps Ă  essayer de les modifier! Oui, c’est ainsi! C’est leur loi
 Je sais maintenant, Sonia, que le maĂźtre chez eux est celui qui possĂšde une intelligence puissante. Qui ose beaucoup a raison Ă  leurs yeux. Qui les brave et les mĂ©prise s’impose Ă  leur respect! C’est ce qui s’est toujours vu et se verra toujours! Il faudrait ĂȘtre aveugle pour ne pas s’en apercevoir!
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Fyodor Dostoevsky (ƒuvres majeures (29 titres))
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C'est dans le présent que réside le secret; si tu fait attention au présent, tu peux le rendre meilleur. Et si tu améliores le présent, ce qui viendra ensuite sera également meilleur.
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Paulo Coelho (The Alchemist)
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En dĂ©finitive, le sort n’était pas si rancunier et si stupidement farceur, comme tant d’autres l’en accusaient. Negrißor avait remarquĂ©, au fil de ses annĂ©es, bien assez nombreuses pour que la somme finale soit jugĂ©e rondelette, que, si ce vieillard dĂ©lurĂ©, ce birbe Ă  qui l’on a confiĂ© la charge de la maĂźtrise du temps et des trajectoires des hommes, lui infligeait un malheur ou deux, il prenait nĂ©anmoins ensuite le soin de retourner soudain la veste de la chance. Le barbon doit ĂȘtre plutĂŽt Ă©grillard et grippe-sou : face Ă  celui qui ne se rĂ©volte jamais contre ses canulars, il est capable de sortir de ses gonds en redoublant de tĂ©nacité ; tandis que celui qui se ramollit, il finit par lui taper sur la tĂȘte et l’achever. En revanche, contre celui qui lui oppose rĂ©sistance et l’accuse ouvertement, il se fĂąche, pour avoir Ă©tĂ© trop hostilement morigĂ©nĂ©. Lorsqu’on fait des gaudrioles sympathiques, cela l’enchante comme tout grison qui ne met pas votre patience Ă  rude Ă©preuve. Que voulez-vous ? Nous vivons dans un monde qui s’est trop Ă©loignĂ© de ses origines, comme si nous Ă©tions les enfants d’hommes trop anciens et usĂ©s. Tout est fĂȘlĂ© dans cet univers expulsĂ© de l’ordre préétabli ; possible que ce soit la raison pour laquelle Dieu souhaite sa perte, et sa transfiguration. Mais lĂ  commence une tout autre histoire, et seul le diable sait qui pourra encore la suivre. Celui qui, en revanche, sent la raison d’ĂȘtre des choses se doit, qu’il le veuille ou non, de s’y conformer. Puisque l’univers est timbrĂ©, que peut-il de plus, Negrißor, hormis commander encore un espresso, et disposer, de façon symĂ©trique, autour de la tasse, sur la soucoupe, quelques mĂ©gots de cigarettes, en attendant la nouvelle facĂ©tie du vieillard aux ciseaux ?
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Gib I. Mihăescu (Femeia de Ciocolată)
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Le vertige, c’est autre chose que la peur de tomber. C’est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoĂ»te, le dĂ©sir de chute dont nous nous dĂ©fendons ensuite avec effroi. Avoir le vertige c’est ĂȘtre ivre de sa propre faiblesse. On a conscience de sa faiblesse et on ne veut pas lui rĂ©sister, mais s’y abandonner. On se soĂ»le de sa propre faiblesse, on veut ĂȘtre plus faible encore, on veut s’écrouler en pleine rue aux yeux de tous, on veut ĂȘtre Ă  terre, encore plus bas que terre.
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Milan Kundera
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Nous rĂ©coltons journellement et Ă  chaque heure, ce que nous avons semĂ©. Chaque jour, nous devenons mentalement, spirituellement et physiquement, ce que nous nous sommes faits nous-mĂȘmes. Il sÂŽensuit que nous travaillons constamment, soit Ă  notre propre salut, soit Ă  notre perte, indĂ©pendamment des influences subtiles de lÂŽhĂ©rĂ©ditĂ© ou de toute prĂ©destination. LÂŽhomme a le pouvoir de choisir. Le libre arbitre est un facteur fondamental de sa conscience hautement dĂ©veloppĂ©e, hautement Ă©voluĂ©e. Mais lorsquÂŽil a fait son choix, il doit en accepter les consĂ©quences; la responsabilitĂ© repose sur lui. Il doit rĂ©colter ce quÂŽil a semĂ©, faire face aux obligations quÂŽil a contractĂ©es et payer ce quÂŽil a exigĂ©. La vie est pour lÂŽhomme une lutte incessante entre lÂŽimpulsion Ă  suivre et la dĂ©cision Ă  prendre. les inspirations divines de la conscience intĂ©rieure rivalisent avec les tentations matĂ©rielles et grossiĂšres de lÂŽextĂ©rieur. LÂŽhomme est mĂ» par des impulsions, mais il est libre de choisir et cÂŽest pourquoi sa destinĂ©e dĂ©pend de sa dĂ©cision.
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H. Spencer Lewis (Les Demeures de l'Ame)
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Ensuite [Madeleine Castaing] avait engagĂ© comme comptable Paul de Saint-Sauveur, un comte dĂ©sargentĂ© contraint lui aussi de gagner sa vie. 'Il apparaĂźt dans la boutique en habits de chasse Ă  courre', note Jean Cocteau dans son journal en septembre 1951. [...] Un jour oĂč elle lui avait demandĂ© de faire une livraison chez une personnalitĂ© de la tĂ©lĂ©vision, le client remercia le comptable en lui donnant un gĂ©nĂ©reux pourboire. 'Un pourboire au comte de Saint-Sauveur? Comment a-t-il osĂ©!' Madeleine, qui manqua d'Ă©clater de rire, fit l'impossible pour calmer sa fureur et son orgeuil blessĂ©.
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Jean-Noël Liaut (Madeleine Castaing MécÚne à Montparnasse, décoratrice à Saint-Germain)
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Bref, je n’ai jamais compris le comment et le pourquoi de cette lubie. Et, vu le caractĂšre profondĂ©ment vicieux du personnage, je n’exclus pas qu’il ait inventĂ© sa fable dans l’unique but de me nuire. Mais le drĂŽle, dans l’histoire, c’est d’abord les proportions que prit la rumeur (le grand rabbin Sitruk, nouvellement Ă©lu, crut bon de s’en inquiĂ©ter et lui donna, ainsi, un Ă©cho inespĂ©rĂ©); et c’est, ensuite, la rĂ©action de ma mĂšre elle-mĂȘme quand, la chose commençant de s’imprimer dans des journaux communautaires qu’elle ne lisait certes pas (mais enfin, on ne sait jamais...), je dĂ©cidai de la mettre au courant. Je le fis avec mĂ©nagement. Je pris beaucoup de prĂ©cautions avant de formuler les termes de l’offense. Je jurai d’ailleurs, dans le mĂȘme souffle, que l’affront ne resterait pas impuni et que je n’aurais de cesse que de faire ravaler Ă  Hallier sa calomnie (ce que j’avais, du reste, dĂ©jĂ  fait en allant, le jour mĂȘme, l’interpeller chez Lipp, lui demander de me suivre sur le trottoir et, comme il s’y refusait, le bousculer sur place, Ă  sa table, prĂšs de la caisse - scandale qui fut assez mal pris et me valut une longue << interdiction de Lipp>> qui ne fut levĂ©e, des annĂ©es plus tard, qu’à la mort de <>
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Houllebecq, Levy
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Dieu permet parfois des faiblesses afin de pouvoir susciter ensuite — moyennant le contraste entre ces infirmitĂ©s accidentelles et l’ĂȘtre essentiel — des vertus d’autant plus profondes. Les qualitĂ©s qui ont poussĂ© dans l’engrais de quelque misĂšre sont comme douĂ©es de conscience : elles connaissent toute la vanitĂ© de l’erreur d’une maniĂšre concrĂšte.
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Frithjof Schuon (Spiritual Perspectives and Human Facts)
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Les vieilles habitudes sont comme une rigole creusĂ©e par l'eau, et qui, ensuite, en dirige le cours; et l'on rĂ©pĂšte les mĂȘmes erreurs.
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Jacqueline de Romilly (Rencontre)
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On croit que les événements importants arrivent à une allure solennelle, un peu comme le Tsar débarquant en visite officielle. Mais ensuite on découvre que ces fameuses "choses importantes" se présentent de biais, furtivement. Et beaucoup plus tard encore, on ne sait plus si ces choses sont vraiment importantes.
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Pierre Girard
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L'annĂ©e 1936, dans ses Carnets, Camus Ă©crit Ă  propos d'une conversation qu'il eut avec son ancien professeur de philosophie, Jean Grenier, Ă  propos du communisme: "Toute la question est celle-ci: pour un idĂ©al de justice, faut-il souscrire Ă  des sottises? On peut rĂ©pondre oui: c'est beau. Non: c'est honnĂȘte". De 1935 Ă  1937, l'auteur de Noces a choisi la beautĂ©; ensuite, et jusqu'Ă  la fin de sa brĂšve existence en janvier 1960, le philosophe de L'Homme rĂ©voltĂ© a optĂ© pour l'honnĂȘtetĂ© - ce qui, somme toute, ne manquait pas de beautĂ©.
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Michel Onfray (L'ordre libertaire: la vie philosophique d'Albert Camus)
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Cet indicateur s’appuie cependant sur des critĂšres apparus au cƓur du milieu acadĂ©mique lui-mĂȘme : le calcul d’impact des articles scientifiques. Ce dernier repose sur le fait que le travail de recherche passe par la diffusion des rĂ©sultats et donc par leur publication dans des revues. En fin d’article, les auteurs mentionnent, par des citations et des rĂ©fĂ©rences, les travaux antĂ©rieurs pertinents. Dans les annĂ©es 1960, l’AmĂ©ricain Eugene Garfield en a tirĂ© un index des citations permettant de savoir quelle revue est la plus citĂ©e, gage a priori d’une plus grande rĂ©putation. La technique s’est ensuite dĂ©clinĂ©e jusqu’à l’échelle du chercheur, d’autant « meilleur » qu’il est plus citĂ©.
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Anonymous
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Il faut ĂȘtre certain qu’aucun fluide cĂ©rĂ©bral ne pĂ©nĂštre dans l’interface, d’oĂč sortent une centaine de microfils connectĂ©s avec l’électrode implantĂ©e. Il faut ensuite s’assurer que l’interface communique en Wi-Fi avec une haute bande passante, car une quantitĂ© Ă©norme d’informations doit ĂȘtre transmise vers l’extĂ©rieur. Pour cela, il faut des batteries durables, tant il est impensable de rĂ©pĂ©ter souvent l’intervention chirurgicale pour en changer ; sur notre prototype, elles peuvent durer cinq ans. Ce dernier a pour l’heure la taille d’une boĂźte d’allumettes. Mais c’est aussi ce qui se fait de plus complexe au monde.
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Anonymous
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L'homme honnĂȘte et sensible fait des confidences, pendant que l'homme d'affaire Ă©coute avec profit et le dĂ©vore ensuite
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Fyodor Dostoevsky
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George Armstrong Custer a massacrĂ© les Indiens Lakota. Sheridan a exterminĂ© les bisons, pour faire mourir de faim le peuple des grandes plaines. Un crime organisĂ©, froidement pensĂ© et systĂ©matiquement mis en ouvre. ArrosĂ© de whisky frelatĂ©. Ensuite, et depuis, il y a eu la CorĂ©e, le Vietnam, Cuba, La Grenade, HaĂŻti, le Guatemala, le Nicaragua, l'Irak, l'Afghanistan. L'AmĂ©rique n'est pas un rĂȘve. Elle ne l'a jamais Ă©tĂ©. L'eau du Mississippi ne sera jamais lavĂ©e du sang et des larmes du peuple noir. AntiamĂ©ricain ? Je suis frĂšre de Geronimo, de Mumia Abu-Jamal et de Noam Chomsky.
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Sadek Aissat
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Je ne sais pas comment ça se passe chez vous, mais chez nous, c'est souvent comme ça, on saute d'un sujet Ă  l'autre, parfois ça semble manquer un peu de logique et sovent ça en manque pour vrai, mais ce n'est pas vraiment important, ensuite on essaie de remonter le courant de la conversation comme des saumons et c'est comme du sport extrĂȘme, mais pour la tĂȘte.
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François Gravel
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- Chaque clan a ses rĂšgles, Beth, dis-je d'une voix calme. Si je ne m'abuse, les loups sont mĂȘme champions dans ce domaine. - Non. Nous, on ne se serait jamais permis de faire ça. On a trop le sens de l'hospitalitĂ©. - T'as raison. Pas plus tard qu'hier, un de tes petits copains a menacĂ© de ma violer puis ensuite de m'Ă©gorger parce que j'Ă©tais entrĂ©e sur votre territoire. Maurane, elle, au moins, m'a servi des petits gĂąteaux avant de tenter de me droguer avec son thĂ©. - Faut toujours que tu critiques, dit-elle en amorçant un sourire. - Qu'est-ce que tu veux, c'est mon cĂŽtĂ© français, on n'est jamais content, dis-je d'un ton las.
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Cassandra O'Donnell (Traquée (Rebecca Kean, #1))
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Je ne veux pas ici dĂ©crire une nouvelle fois ce phĂ©nomĂšne, qui a Ă©tĂ© suffisamment dĂ©crit, et chacun sait ce que c'est que la dĂ©pression : tout est gris et froid et vide. Rien ne fait plaisir et tout ce qui est douloureux, on le ressent avec une douleur exagĂ©rĂ©e. On n'a plus d'espoir et on ne distingue rien au-delĂ  d'un prĂ©sent malheureux et privĂ© de sens. Toutes les choses soi-disant rĂ©jouissantes ne vous rĂ©jouissent pas ; en sociĂ©tĂ©, on est encore plus seul qu'autrement ; tous les divertissements vous laissent froid ; les vacances, au lieu de vous changer les idĂ©es, sont bien plus difficiles Ă  supporter que les non-vacances ; tous les projets qu'on Ă©chafaude pour sortir de la dĂ©pression, on les laisse tomber ensuite "parce que cela ne sert tout de mĂȘme Ă  rien". Les deux caractĂ©ristiques principales de la dĂ©pression sont la solitude et le dĂ©sespoir. (p. 121-122)
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Fritz Zorn (Mars)
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D.44 - Etes-vous venu par terre ou par mer ? R.44 - En premier lieu, je suis venu par terre ; j'ai pris ensuite un bateau... (Le voyageur, entre trois routes, a choisi celle du centre, a rencontrĂ© un hĂ©ron blanc (symbole d'immortalitĂ©), puis huit prĂȘtres portant des objets rituels, Ă©vidente Ă©vocation des Huit Immortels taoĂŻste ; il a visitĂ© le tempe de Ling-wang, traversĂ© la montagne du Dragon Noir ; au pied de la montagne du Clou, il a trouvĂ© un bateau - longue description de ce bateau merveilleux au 21 ponts, aux 21 cales, aux 72 coutures et aux 108 clous : l'une des cales contient du riz rouge, une autre la "Sainte MĂšre Kouan-yin" entourĂ©e des FrĂšres Hong ; la cargaison est essentiellement constituĂ©e par du "bois rouge" et du "riz rouge" - ) [333 questions]
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Pierre Grison
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Pour aimer cuisiner, nous avons besoin d'en avoir reçu la permission. Cette permission est le plus souvent donnĂ©e par la mĂšre, parce que c'est elle majoritairement dans notre sociĂ©tĂ© qui officie Ă  la cuisine au quotidien. Elle peut aussi, selon les familles, avoir Ă©tĂ© donnĂ©e par un frĂšre, un oncle, une grand-mĂšre ou toute autre figure parentale importante de notre enfance. Évidemment, la permission n'a pas Ă©tĂ© donnĂ©e mot Ă  mot : "Je te permets de cuisiner, de faire de la bonne cuisine et de rĂ©ussir tes plats." Mais la personne qui cuisinait (pĂšre ou mĂšre) vous a autorisĂ©(e) Ă  ĂȘtre lĂ  dans la cuisine, avec elle, Ă  la regarder faire. Alors mĂȘme que vous Ă©tiez trop petit(e) pour comprendre vraiment, elle vous a racontĂ© peut-ĂȘtre ce qu'elle faisait, comment elle maniait les Ɠufs en neige avec prĂ©caution ou pĂ©trissait la pĂąte avec Ă©nergie. Ensuite, elle vous a permis de l'aider, d'apporter le sel, de verser la farine
 de participer de plus en plus Ă  la fabrication du repas. Elle vous a ensuite encouragĂ©(e) Ă  rĂ©aliser un plat seul(e) et vous a fĂ©licitĂ©(e) mĂȘme s'il n'Ă©tait pas aussi rĂ©ussi que vous l'auriez voulu. (p.48-49)
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Isabelle Filliozat (Un zeste de conscience dans la cuisine)
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On ne peut s'empĂȘcher de constater [que l'Occidental religieux] perd en pratique volontiers de vue les tendances fondamentales de sa foi, c'est-Ă -dire qu'il se retranche derriĂšre les alternatives simples de la morale et des exigences de la pratique religieuse tout en trahissant, en sa qualitĂ© de « civilisĂ© », les tendances mĂȘmes qui sont Ă  la base et de ces alternatives et de cette pratique. La machine est une bonne chose, pourvu qu'on aime Dieu ; la rĂ©publique est un bien, pourvu qu'elle favorise la religion ; que la machine tue de facto l'amour de Dieu, et que la rĂ©publique Ă©touffe de facto la religion, ne semble pas effleurer l'esprit de l'immense majoritĂ© des croyants. Si on est finalement obligĂ© de constater ces effets nĂ©fastes, on accusera d'abord la nature humaine et ensuite quelque dĂ©chĂ©ance imaginaire de la religion ; on accusera jamais les causes rĂ©elles, considĂ©rĂ©es a priori comme neutre parce que situĂ©es en dehors des alternatives morales simplistes et des rĂšgles pratiques auxquelles on a rĂ©duit la religion, et en dehors aussi de la pure thĂ©ologie. Et comme le monde de la machine – « chrĂ©tien » selon certains puisque la machine ne commet point d'adultĂšre et puisque toute chose efficace doit provenir du Christianisme –, comme ce monde s'impose partout pour des raisons matĂ©rielles irrĂ©versibles, il favorise partout sur le globe terrestre l'Ă©lĂ©ment mondain et la mondanitĂ© technocratique, laquelle est de tout Ă©vidence l'antipode de tout amour de Dieu. Cette mondanitĂ© utilitaire – franchement impie ou trompeusement chrĂ©tienne – ne saurait s'affirmer par une dialectique normale, elle a besoin d'arguments qui remplacent la rĂ©alitĂ© par des suggestions imaginatives des plus arbitraires. Au moins aussi dĂ©plaisant qu'un hyperbolisme inconsidĂ©rĂ©, et bien davantage suivant les cas, est le biais faussement moralisant si commun au langage moderne : il consiste Ă  vouloir justifier une erreur ou un mal quelconque par des Ă©tiquettes flatteuses et Ă  vouloir compromettre une vĂ©ritĂ© ou un fait positif par des Ă©tiquettes infamantes, souvent en utilisant de fausses valeurs telles que la « jeunesse » et sans que les suggestions avancĂ©es aient le moindre rapport avec les choses auxquelles on les applique (18). Un autre vice de dialectique, ou un autre abus de pensĂ©e, est l'inversion du rapport causal et logique : on dira qu'il est temps d'inventer un idĂ©al nouveau qui puisse enflammer les hommes, ou qu'il faut forger une mentalitĂ© capable de trouver beau le monde des machines et laid celui des sanctuaires, ou une mentalitĂ© capable de prĂ©fĂ©rer la nouvelle messe ou la nouvelle religion Ă  l'ancienne messe ou Ă  la religion de toujours, et ainsi de suite. Comme le biais moralisant, le raisonnement inversant est totalement Ă©tranger Ă  la dialectique orientale et Ă  la dialectique traditionnelle tout court, et pour cause. Nous pourrions signaler Ă©galement, en passant, le raisonnement dynamiste qui subordonne la constatation d'un fait Ă  la proposition d'une solution pratique – comme si la vĂ©ritĂ© n'avait pas sa raison d'ĂȘtre ou sa valeur en elle-mĂȘme – ou le raisonnement utilitariste qui subordonne la vĂ©ritĂ© comme telle aux intĂ©rĂȘts matĂ©riels des hommes physiques. Tout ceci n'est pas incompatible en fait avec un certains sens critique sur quelques plans extĂ©rieurs ; s'il en est ainsi, l'inverse doit ĂȘtre possible Ă©galement, Ă  savoir la disproportion entre un discernement spirituel et un langage inconsidĂ©rĂ©ment impulsif et hyperbolique.[...] (18) La propagande pour les innovations liturgiques et thĂ©ologiques – et contre ceux qui n'en sont pas dupes – est un exemple particuliĂšrement Ă©cƓurant de ce procĂ©dĂ©.
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Frithjof Schuon (Logic and Transcendence)
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Marie est la « servante du Seigneur », la servante par excellence, ce qui indique une similitude annonciatrice de la fonction du ProphĂšte de l’islĂąm. Ce caractĂšre servitorial est liĂ© au symbolisme du voile. Selon Michel VĂąlsan : « La RĂ©alitĂ© muhammadienne constitue le mystĂšre du Verbe suprĂȘme et universel, car elle est en mĂȘme temps la ThĂ©ophanie intĂ©grale (de l’Essence, des Attributs et des Actes) et son occultation sous le voile de la Servitude absolue et totale ». C’est parce qu’elle est la servante parfaite que Marie est toujours voilĂ©e, aussi bien dans ses apparitions que dans les reprĂ©sentations de l’Art sacrĂ©, notamment celui des icĂŽnes. Comme elle est, par ailleurs, le modĂšle de toutes les vertus, l’Eglise aurait Ă©tĂ© bien inspirĂ©e de reconnaĂźtre que l’attachement islamique au port du voile pouvait constituer un exemple pour les femmes catholiques. Les querelles et les rĂ©sistances modernes sur ce point sont rĂ©vĂ©latrices d’un Ă©tat d’esprit antitraditionnel. Ibn ArabĂź enseigne que le statut subordonnĂ© de la femme exprime, non pas un abaissement, mais au contraire sa supĂ©rioritĂ© spirituelle sur l’homme qui, créé directement Ă  l’image de Dieu, a tendance Ă  oublier sa servitude et Ă  se poser en rival de son CrĂ©ateur . Toute forme traditionnelle est fondĂ©e sur une alliance impliquant une soumission Ă  la volontĂ© divine ; c’est ce qu’indique parfaitement le terme « islam » qui apparaĂźt, par lĂ  mĂȘme, comme une dĂ©signation de la Tradition universelle. Au lieu de reconnaĂźtre cette signification traditionnelle du voile de Marie, l’Église, sur cette question comme sur beaucoup d’autres, donne l’impression de suivre l’air du temps et, sans doute pour mieux se dĂ©marquer de l’islĂąm, d’encourager les femmes catholiques, en particulier les souveraines, Ă  se montrer tĂȘte nue ailleurs qu’au Vatican. L’enseignement de saint Paul est cependant fort clair, et semblable Ă  celui de l’islam : « Femmes, soyez soumises Ă  vos maris, comme il se doit dans le Seigneur » (Col, 3, 18) ; « Je ne permets pas Ă  la femme d’enseigner ni de faire la loi Ă  l’homme. Qu’elle se tienne tranquille. C’est Adam en effet qui fut formĂ© le premier, Eve ensuite. Et ce n’est pas Adam qui se laissa sĂ©duire » (I Tim, 2, 12-13).
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Charles-AndrĂ© Gilis (La papautĂ© contre l'Islam - GenĂšse d’une dĂ©rive)
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J.B : que signifie alors le hadith selon lequel, Ă  la fin du cycle, le soleil et les Ă©toiles se lĂšveront Ă  l'ouest ? - F.S. : Il signifie d'abord qu'Ă  partir d'une certaine Ă©poque les grand saints de l'islam seront surtout des maghrĂ©bins ; et c'est ce qu'on a constatĂ©. Ensuit, que le Mahdi viendra de l'ouest. Et enfin, que l'Orient a besoin aujourd'hui, non certes des leçons de l'Occident moderne, mais d'une certaine aide du gĂ©nie occidental mis en valeur par l'esprit mĂ©taphysicien et traditionnel, donc, dans une large mesure, par l'Orient... C'est la bonne part de leur esprit critique, de mĂȘme que certaines de leurs qualitĂ©s morales, que les Occidentaux guĂ©ris de la dĂ©viation moderne peuvent lĂ©guer aux Orientaux empoisonnĂ©s. "Un homme de la Tradition : Frithjof Schuon par JEAN BIES" (Revue Question DE. No 8. 3e Trimestre 1975)
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Frithjof Schuon
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Le cosmos nous rĂ©unira Mon pĂšre est mort dans mes bras, vingt minutes aprĂšs le dĂ©but de la nuit de l’Avent, debout, comme un chĂȘne foudroyĂ© qui, frappĂ© par le destin, l’aurait acceptĂ©, mais tout en refusant de tomber. Je l’ai pris dans mes bras, dĂ©racinĂ© de la terre qu’il avait soudainement quittĂ©e, portĂ© comme ÉnĂ©e porta son pĂšre en quittant Troie. Ensuite, je l’ai assis le long d’un mur, puis, quand il fut clair qu’il ne reviendrait pas, je l’ai allongĂ© de toute sa longueur sur le sol, comme pour l’aliter dans le nĂ©ant qu’il semble avoir rejoint sans s’en apercevoir.
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Anonymous
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Il est pitoyable que Raul Hilberg, le pape de l’exterminationnisme, ait osĂ© Ă©crire, en 1961, dans la premiĂšre Ă©dition de The Destruction of the European Jews, qu’il avait existĂ© deux ordres de Hitler d’exterminer les juifs, pour ensuite dĂ©clarer, Ă  partir de 1983, que cette extermination s’était faite d’ellemĂȘme, sans aucun ordre ni plan mais par «une incroyable rencontre des esprits, une transmission de pensĂ©e consensuelle » au sein de la vaste bureaucratie allemande. R. Hilberg a ainsi remplacĂ© l’assertion gratuite par l’explication magique (la tĂ©lĂ©pathie).
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Robert Faurisson (Écrits rĂ©visionnistes (1974-1998) : I : De 1974 Ă  1983)
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RhinocĂ©ros , EugĂšne Ionesco Le Vieux Monsieur et le Logicien vont s’asseoir Ă  l’une des tables de la terrasse, un peu Ă  droite et derriĂšre Jean et BĂ©renger. BĂ©renger, Ă  Jean : Vous avez de la force. Jean : Oui, j’ai de la force, j’ai de la force pour plusieurs raisons. D’abord, j’ai de la force parce que j’ai de la force, ensuite j’ai de la force parce que j’ai de la force morale. J’ai aussi de la force parce que je ne suis pas alcoolisĂ©. Je ne veux pas vous vexer, mon cher ami, mais je dois vous dire que c’est l’alcool qui pĂšse en rĂ©alitĂ©. Le Logicien, au Vieux Monsieur : Voici donc un syllogisme exemplaire. Le chat a quatre pattes. Isidore et Fricot ont chacun quatre pattes. Donc Isidore et Fricot sont chats. Le Vieux Monsieur, au Logicien : Mon chien aussi a quatre pattes. Le Logicien, au Vieux Monsieur : Alors c’est un chat. BĂ©renger, Ă  Jean : Moi, j’ai Ă  peine la force de vivre. Je n’en ai plus envie peut-ĂȘtre. Le Vieux Monsieur, au Logicien aprĂšs avoir longuement rĂ©flĂ©chi : Donc logiquement mon chien serait un chat. Le Logicien, au Vieux Monsieur : Logiquement, oui. Mais le contraire est aussi vrai. BĂ©renger, Ă  Jean : La solitude me pĂšse. La sociĂ©tĂ© aussi. Jean, Ă  BĂ©renger : Vous vous contredisez. Est-ce la solitude qui pĂšse, ou est-ce la multitude ? Vous vous prenez pour un penseur et vous n’avez aucune logique. Le Vieux Monsieur, au Logicien : C’est trĂšs beau la logique. Le Logicien, au Vieux Monsieur : A condition de ne pas en abuser. BĂ©renger, Ă  Jean : C’est une chose anormale de vivre. Jean : Au contraire. Rien de plus naturel. La preuve : tout le monde vit. BĂ©renger : Les morts sont plus nombreux que les vivants. Leur nombre augmente. Les vivants sont rares. Jean : Les morts, ca n’existe pas, c’est le cas de le dire !
 Ah ! ah !
 (Gros rire) Ceux-lĂ  aussi vous pĂšsent ? Comment peuvent peser des choses qui n’existent pas ? BĂ©renger: Je me demande moi-mĂȘme si j’existe ! Jean, Ă  BĂ©renger : Vous n’existez pas, mon cher, parce que vous ne pensez pas ! Pensez, et vous serez. Le Logicien, au Vieux Monsieur : Autre syllogisme : tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat. Le Vieux Monsieur : Et il a quatre pattes. C’est vrai, j’ai un chat qui s’appelle Socrate. Le Logicien : Vous voyez
 Jean, Ă  BĂ©renger : Vous ĂȘtes un farceur, dans le fond. Un menteur. Vous dites que la vie ne vous intĂ©resse pas. Quelqu’un, cependant, vous intĂ©resse ! BĂ©renger : Qui ? Jean : Votre petite camarade de bureau, qui vient de passer. Vous en ĂȘtes amoureux ! Le Vieux Monsieur, au Logicien : Socrate Ă©tait donc un chat ! Le Logicien : La logique vient de nous le rĂ©vĂ©ler. Jean : Vous ne vouliez pas qu’elle vous voie dans le triste Ă©tat oĂč vous vous trouviez. Cela prouve que tout ne vous est pas indiffĂ©rent. Mais comment voulez-vous que Daisy soit sĂ©duite par un ivrogne ? Le Logicien : Revenons Ă  nos chats. Le Vieux Monsieur, au Logicien : Je vous Ă©coute. BĂ©renger, Ă  Jean : De toute façon, je crois qu’elle a dĂ©jĂ  quelqu’un en vue. Jean, Ă  BĂ©renger : Qui donc ? BĂ©renger, Ă  Jean : Dudard. Un collĂšgue du bureau : licenciĂ© en droit, juriste, grand avenir dans la maison, de l’avenir dans le cƓur de Daisy, je ne peux pas rivaliser avec lui. Le Logicien, au Vieux Monsieur : Le chat Isidore a quatre pattes. Le Vieux Monsieur : Comment le savez-vous ? Le Logicien : C’est donnĂ© par hypothĂšse. BĂ©renger, Ă  Jean : Il est bien vu par le chef. Moi, je n’ai pas d’avenir, pas fait d’études, je n’ai aucune chance. Le Vieux Monsieur, au Logicien : Ah ! par hypothĂšse ! Jean, Ă  BĂ©renger : Et vous renoncez, comme cela
 BĂ©renger, Ă  Jean : Que pourrais-je faire ? Le Logicien, au Vieux Monsieur : Fricot aussi a quatre pattes. Combien de pattes auront Fricot et Isidore ? Le Vieux Monsieur, au Logicien : Ensemble ou sĂ©parĂ©ment ? Jean, Ă  BĂ©renger : La vie est une lutte, c’est lĂąche de ne pas combattre !
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EugÚne Ionesco (Rhinocéros)
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le dĂ©fi stimule notre concentration, et que c'est lui qui nous pousse Ă  donner le meilleur de nous-mĂȘmes‱ dans ce que nous faisons, et Ă  en tirer ensuite une rĂ©elle satisfaction. C'est une condition pour nous Ă©panouir dans nos actions.
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Laurent Gounelle (L'homme qui voulait ĂȘtre heureux)
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L’homme est le seul ĂȘtre, dans le monde terrestre, Ă  pouvoir se purifier consciemment des taches de son existence, et c’est pour cela qu’il est dit que « l’homme est le seul animal qui sacrifie » (Shatapatha-BrĂąhmana, VII, 5) ; en d’autres termes, la vie Ă©tant un don du CrĂ©ateur, les ĂȘtres conscients et responsables doivent, afin de rĂ©aliser spirituellement le sens de ce don en se rĂ©fĂ©rant Ă  sa qualitĂ© symbolique, et afin de rendre ce don, par lĂ  mĂȘme, plus prospĂšre et plus durable, sacrifier au CrĂ©ateur une partie de ce qu’il a donnĂ©. Ce sacrifice peut avoir des formes soit sanglantes, soit non sanglantes : ainsi, pour ne citer que ces exemples parmi une multitude d’autres, les Hindous, comme beaucoup de peuples, ne mangent qu’aprĂšs avoir offert une part aux divinitĂ©s, de sorte qu’ils ne se nourrissent au fond que de restes sacrificiels ; de mĂȘme encore, les Musulmans et les Juifs versent tout le sang de la viande destinĂ©e Ă  la consommation. Dans un sens analogue, les guerriers de certaines tribus de l’AmĂ©rique du Nord sacrifiaient, au moment de leur initiation guerriĂšre, un doigt au « Grand- Esprit » ; il est Ă  retenir que les doigts sont sous un certain rapport ce qu’il y a de plus prĂ©cieux pour le guerrier, homme d’action, et d’autre part, le fait que l’on possĂšde dix doigts et que l’on en sacrifie un, c’est-Ă -dire un dixiĂšme de ce qui reprĂ©sente notre activitĂ©, est fort significatif, d’abord parce que le nombre dix est celui du cycle accompli ou entiĂšrement rĂ©alisĂ©, et ensuite Ă  cause de l’analogie qui existe entre le sacrifice dont nous venons de parler et la dĂźme (dĂ©cima, dixiĂšme). Celle-ci est du reste l’équivalent exact de la zakkĂąt musulmane, l’aumĂŽne ordonnĂ©e par la Loi qoranique : afin de conserver et d’augmenter les biens, on empĂȘche le cycle de prospĂ©ritĂ© de se fermer et cela en sacrifiant le dixiĂšme, c’est-Ă -dire la partie qui constituerait prĂ©cisĂ©ment l’achĂšvement et la fin du cycle. Le mot zakkĂąt a le double sens de « purification » et de « croissance », termes dont le rapport Ă©troit apparaĂźt trĂšs nettement dans l’exemple de la taille des plantes ; ce mot zakkĂąt vient Ă©tymologiquement du verbe zakĂą qui veut dire « prospĂ©rer » ou « purifier », ou encore, dans une autre acception, « lever » ou « payer » la contribution sacrĂ©e, ou encore « augmenter ». Rappelons aussi, dans cet ordre d’idĂ©es, l’expression arabe dĂźn, qui signifie non seulement « tradition », selon l’acception la plus courante, mais aussi « jugement », et, avec une voyellisation un peu diffĂ©rente qui fait que le mot se prononce alors dayn, « dette » ; ici encore, les sens respectifs du mot se tiennent, la tradition Ă©tant considĂ©rĂ©e comme la dette de l’homme vis-Ă -vis de Dieu ; et le « Jour du Jugement » (Yawm ed-DĂźn) — « Jour » dont AllĂąh est appelĂ© le « Roi » (MĂąlik) — n’est autre que le jour du « paiement de la dette » de l’individu envers Celui Ă  qui il doit tout et qui est son ultime raison suffisante.
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Frithjof Schuon (The Eye of the Heart: Metaphysics, Cosmology, Spiritual Life (Library of Traditional Wisdom))
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Tu t'efforces d'alimenter la passion charnelle et ruses pour grappiller quelque argent, alors que tu oublies l'obscurité qui t'entourera dans ton tombeau et ne songes pas à ce qui t'adviendra ensuite.
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Gilbert Sinoué (El Libro De La Sabiduria De Oriente/ The Book of the Oriental Wisdom (Spanish Edition))
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Logiquement, la dĂ©mocratie s'oppose Ă  la tyrannie, mais en fait, elle y mĂšne ; c'est-Ă -dire : comme sa rĂ©action est sentimentale — sans quoi elle serait centripĂšte et tendrait vers la thĂ©ocratie, seule garantie d'une libertĂ© rĂ©aliste — elle n'est qu'un extrĂȘme qui, par sa nĂ©gation irrĂ©aliste de l'autoritĂ© et de la compĂ©tence, appelle fatalement un autre extrĂȘme et une nouvelle rĂ©action autoritaire, autoritaire celle-ci et tyrannique par son principe mĂȘme. L'illusion dĂ©mocratique apparaĂźt surtout dans les traits suivants : en dĂ©mocratie, est vrai ce que croit la majoritĂ© ; c'est elle qui « crĂ©e » pratiquement la vĂ©ritĂ© ; la dĂ©mocratie elle-mĂȘme n'est vraie que dans la mesure oĂč — et aussi longtemps que — la majoritĂ© y croit, elle porte donc en son sein les germes de son suicide. L'autoritĂ©, qu'on est bien obligĂ© de tolĂ©rer sous peine d'anarchie, vit Ă  la merci des Ă©lecteurs, d'oĂč l'impossibilitĂ© de gouverner rĂ©ellement ; l'idĂ©al de « libertĂ© » fait du gouvernement un prisonnier qui doit suivre constamment les pressions des divers groupes d'intĂ©rĂȘt ; les campagnes Ă©lectorales elles-mĂȘmes prouvent que les aspirants Ă  l'autoritĂ© doivent duper les Ă©lecteurs, et les moyens de cette duperie sont si grossiers et stupides, et constituent un tel avilissement du peuple, que cela devrait suffire pour rĂ©duire Ă  nĂ©ant le mythe de la dĂ©mocratie moderne. Ce n'est pas Ă  dire qu'aucun genre de dĂ©mocratie ne soit possible : mais alors il s'agit d'abord de collectivitĂ©s restreintes — nomades surtout — et ensuite d'une dĂ©mocratie intĂ©rieurement aristocratique et thĂ©ocratique, non d'un Ă©galitarisme laĂŻc imposĂ© Ă  de grands peuples sĂ©dentaires. "La Transfiguration de l'homme" (1995)
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Frithjof Schuon (The Transfiguration of Man)
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PrĂ©face La mort Le cosmos nous rĂ©unira Mon pĂšre est mort dans mes bras, vingt minutes aprĂšs le dĂ©but de la nuit de l’Avent, debout, comme un chĂȘne foudroyĂ© qui, frappĂ© par le destin, l’aurait acceptĂ©, mais tout en refusant de tomber. Je l’ai pris dans mes bras, dĂ©racinĂ© de la terre qu’il avait soudainement quittĂ©e, portĂ© comme ÉnĂ©e porta son pĂšre en quittant Troie. Ensuite, je l’ai assis le long d’un mur, puis, quand il fut clair qu’il ne reviendrait pas, je l’ai allongĂ© de toute sa longueur sur le sol, comme pour l’aliter dans le nĂ©ant qu’il semble avoir rejoint sans s’en apercevoir.
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Anonymous
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Aussi loin que je me souvienne, quand les jeunes professeurs sont découragés par une classe, ils se plaignent de n'avoir pas été formés pour ça. Le « ça » d'aujourd'hui, parfaitement réel, recouvre des domaines aussi variés que la mauvaise éducation des enfants par la famille défaillante, les dégùts culturels liés au chÎmage et à l'exclusion, la perte des valeurs civiques qui s'ensuit, la violence dans certains établissements, les disparités linguistiques, le retour du religieux, mais aussi la télévision, les jeux électroniques, bref tout ce qui nourrit plus ou moins le diagnostic social que nous servent chaque matin nos premiers bulletins d'information. (p. 266)
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Daniel Pennac (Chagrin d'école)
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D’un bout Ă  l’autre D’un bout Ă  l’autre de la mort quelques pas Ă  travers la vie. C’est comme l’instruction militaire ensuite, couchĂ©, saut en avant, repos. D’un bout Ă  l’autre de la mort, quelques pas, quelques centaines, quelques milliers, et l’espoir de ceux qui restent que tu reviendras disons, avec approximation, le troisiĂšme jour.
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Gabriel Dinu (D`un bout Ă  l`autre: AprĂšs la mort, on met une virgule, pas un point)
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je n'attends pas d'un homme qu'il me fĂ©conde – comme une chienne – et ensuite lui montrer les dents.
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Annie Ernaux (Se perdre (French Edition))
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[Et] la philosophie pratique du corps masculin comme une sorte de puissance, grande, forte, aux besoins Ă©normes, impĂ©rieux et brutaux, qui s’affirme dans toute la maniĂšre masculine de tenir le corps, et en particulier devant les nourritures, est aussi au principe de la division des nourritures entre les sexes, division reconnue, tant dans les pratiques que dans le discours, par les deux sexes. Il appartient aux hommes de boire et de manger plus, et des nourritures plus fortes, Ă  leur image. Ainsi Ă  l’apĂ©ritif, les hommes seront servis deux fois (et plus si c’est fĂȘte) et par grandes rasades, dans de grands verres (le succĂšs du Ricard ou du Pernod tenant sans doute pour beaucoup au fait qu’il s’agit d’une boisson Ă  la fois forte et abondante – pas un « dĂ© Ă  coudre »), et ils laisseront les amuse-gueule (biscuits salĂ©s, cacahuĂštes, etc.) aux enfants et aux femmes, qui boivent un petit verre (« il faut garder ses jambes ») d’un apĂ©ritif de leur fabrication (dont elles Ă©changent les recettes). De mĂȘme, parmi les entrĂ©es, la charcuterie est plutĂŽt pour les hommes, comme ensuite le fromage, et cela d’autant plus qu’il est plus fort, tandis que les cruditĂ©s sont plutĂŽt pour les femmes, comme la salade : ce sont les uns ou les autres qui se resserviront ou se partageront les fonds de plats. La viande, nourriture nourrissante par excellence, forte et donnant de la force, de la vigueur, du sang, de la santĂ©, est le plat des hommes, qui en prennent deux fois, tandis que les femmes se servent une petite part : ce qui ne signifie pas qu’elles se privent Ă  proprement parler ; elles n’ont rĂ©ellement pas envie de ce qui peut manquer aux autres, et d’abord aux hommes, Ă  qui la viande revient par dĂ©finition, et tirent une sorte d’autoritĂ© de ce qui n’est pas vĂ©cu comme une privation ; plus, elles n’ont pas le goĂ»t des nourritures d’hommes qui, Ă©tant rĂ©putĂ©es nocives lorsqu’elles sont absorbĂ©es en trop grande quantitĂ© par les femmes (par exemple, manger trop de viande fait « tourner le sang », procure une vigueur anormale, donne des boutons, etc.), peuvent mĂȘme susciter une sorte de dĂ©goĂ»t.
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Pierre Bourdieu (Distinction)
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il y a un chimpanzĂ© sur l'autel, il se rĂ©vĂšle ensuite ĂȘtre un ours.
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Annie Ernaux (Se perdre (French Edition))
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DĂ©jĂ , mon pĂšre serait encore lĂ . Il ne serait pas reparti au Maroc. Ensuite Ă  NoĂ«l 1994, j'aurais sĂ»rement eu les rollers alignĂ©s Fisher Price et par la mĂȘme occasion une rĂ©ponse Ă  la lettre que j'avais envoyĂ©e au PĂšre NoĂ«l. Ouais, tout se serait mieux passĂ© si j'avais Ă©tĂ© un mec. J'aurais eu plein de photos de moi Ă©tant gosse, comme la petite Sarah. Mon pĂšre m'aurait appris Ă  chiquer du tabac. Il m'aurait racontĂ© pas mal d'histoires salaces qu'il aurait entendues sur les chantiers et puis mĂȘme que de temps en temps, il m'aurait mis des petites tapes sur l'Ă©paule en signe de complicitĂ©, genre "t'es un bon gars toi!" Ouais, ouais. Je me serais mĂȘme amusĂ©e Ă  me gratter souvent entre les jambes pour affirmer ma virilitĂ©. J'aurais bien aimĂ© ĂȘtre un garçon. Mais bon, il se trouve que je suis une fille. Une gonzesse. Une nana. Une meuf quoi. Je finirai bien par m'y habituer.
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FaĂŻza GuĂšne (Kiffe Kiffe Tomorrow)
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Tous dĂ©truire, c'est se vouer Ă  construire sans fondation ; il faut ensuite tenir les mĂ»rs debout, Ă  bout de bras. Celui qui rejette tout le passĂ©, sans en rien garder de ce qui peut servir Ă  vivifier la rĂ©volution, celui-lĂ  se condamne Ă  ne trouver de justification que dans l’avenir et, en attendant, charge la police de justifier le provisoire.
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Albert Camus (The Rebel)
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Un soir, Dragoș m'a enfin invitĂ©e Ă  danser un slow sur « Wind Of Change » des Scorpions. Ensuite il m'a raccompagnĂ©e Ă  la maison et m'a demandĂ© de sortir avec lui le samedi suivant. (p. 226)
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Florentina Postaru (Heureux qui comme mon aspirateur, a fait un beau voyage)
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Prenez un zeste de fraßcheur et un autre de folie Que vous saupoudrerez avec parcimonie Ensuite, rajoutez une pincée de naïveté Puis, incluez-y une pincée de bonté (p. 55)
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Jean-David Christinat (A titre presque posthume)
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Il est ensuite apparu que toutes les thĂ©ories de la traduction Ă©laborĂ©es Ă  l’époque romantique et classique en Allemagne constituent le sol des principaux courants de la traduction moderne occidentale, qu’il s’agisse de la traduction « poĂ©tique », telle qu’elle se manifeste chez un Nerval, un Baudelaire, un MallarmĂ©, un S. George ou un W. Benjamin, dont l’origine est manifestement Ă  chercher dans l’« AthenĂ€um », ou des grandes re-traductions effectuĂ©es en Allemagne au XXe siĂšcle, qui peuvent se rĂ©clamer de Humboldt ou de Schleiermacher.
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Antoine Berman (L'Epreuvre de l'étranger)
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Si je suis en pleine mer? Un jour, deux jours, un an, je nagerai sur le ventre. Quand je n’en pourrai plus, je me mettrai sur le dos. Ensuite, sur le cĂŽtĂ©. Puis sur un doigt, un fil de cheveu, un filet d’ Ăąme, un filet de souffle, un reste de soupir... Quoi qu’il advienne, je m’en sortirai. (extrait de "Jonas", p. 44)
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Marin Sorescu (La soif de la montagne de sel)