Encore Quotes

We've searched our database for all the quotes and captions related to Encore. Here they are! All 200 of them:

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Now it is such a bizarrely improbable coincidence that anything so mind-bogglingly useful could have evolved purely by chance that some thinkers have chosen to see it as the final and clinching proof of the non-existence of God. The argument goes something like this: "I refuse to prove that I exist,'" says God, "for proof denies faith, and without faith I am nothing." "But," says Man, "The Babel fish is a dead giveaway, isn't it? It could not have evolved by chance. It proves you exist, and so therefore, by your own arguments, you don't. QED." "Oh dear," says God, "I hadn't thought of that," and promptly vanishes in a puff of logic. "Oh, that was easy," says Man, and for an encore goes on to prove that black is white and gets himself killed on the next zebra crossing.
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Douglas Adams (The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy (Hitchhiker's Guide to the Galaxy, #1))
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The rabbis paled. I’d managed to terrify holy men. Maybe I could beat up a nun for an encore.
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Ilona Andrews (Magic Bleeds (Kate Daniels, #4))
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When you see what some girls marry, you realize how they must hate to work for a living.
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Helen Rowland (A Guide To Men: Being Encore Reflections Of A Bachelor Girl)
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Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garcons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde.
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Antoine de Saint-Exupéry (Le Petit Prince)
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I’ve always been enchanted by the endings of things. Series finales and sunsets. Last paragraphs and encores. I think for the way they remind me that losing something you love isn’t always sad and heartbreaking, but sometimes breathtaking and beautiful.
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Beau Taplin (Buried Light)
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Deux choses sont infinies : l’Univers et la bĂȘtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.
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Albert Einstein
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Il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace!" (We must dare, and dare again, and go on daring!) [Assemblée legislative, Paris; Sept. 2, 1792]
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Georges Jacques Danton
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Encore!" Mark yells out. "With less clothes. Except you Sam, keep your shit on.
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Kristen Proby (Safe with Me (With Me in Seattle, #5))
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Hello, boys and girls. Hannah Baker here. Live and in stereo. No return engagements. No encore. And this time, absolutely no requests. I hope you’re ready, because i’m about to tell you the story of my life. More specifically, why my life ended. And if you’re listening to theses tapes, you’re one of the reasons why. Now, why would a dead girl lie?
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Jay Asher (Thirteen Reasons Why)
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When one loves, it has nothing to do with sex.
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Jacques Lacan (On Feminine Sexuality, the Limits of Love and Knowledge: The Seminar of Jacques Lacan, Book XX: Encore)
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Et puis il le lui avait dit. Il lui avait dit que c’était comme avant, qu’il l’aimait encore, qu’il ne pourrait jamais cesser de l’aimer, qu’il l’aimerait jusqu’à sa mort.
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Marguerite Duras (The Lover)
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On peut donner bien des choses Ă  ceux que l'on aime. Des paroles, un repos, du plaisir. Tu m'as donnĂ© le plus prĂ©cieux de tout : le manque. Il m'Ă©tait impossible de me passer de toi, mĂȘme quand je te voyais, tu me manquais encore.
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Christian Bobin
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I had a fucking standing ovation going on in my goddamn pants, and it was demanding an encore.
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Nenia Campbell (Armed and Dangerous (The IMA, #2))
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Never worry for fear you have broken a man's heart; at the worst it is only sprained and a week's rest will put it in perfect working condition again.
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Helen Rowland (A Guide To Men: Being Encore Reflections Of A Bachelor Girl)
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Il ne savait pas encore s'il souffrait parce qu'il suivait une pente et que l'avenir venait Ă  lui sans qu'il eĂ»t Ă  s'en saisir. Quand on s'abandonne on ne souffre pas. Quand on s'abandonne mĂȘme Ă  la tristesse on ne souffre plus.
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Antoine de Saint-Exupéry (Southern Mail)
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On rĂȘve d'un idĂ©al, on le prie, on l'appelle, on le guette, et puis le jour oĂč il se dessine, on dĂ©couvre la peur de le vivre, celle de ne pas ĂȘtre Ă  la hauteur de ses propres rĂȘves, celle encore de les marier Ă  une rĂ©alitĂ© dont on devient responsable.
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Marc Levy (OĂč es-tu ?)
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Devant cette nuit chargĂ©e de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la premiĂšre fois Ă  la tendre indiffĂ©rence du monde. De l’éprouver si pareil Ă  moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais Ă©tĂ© heureux, et que je l’étais encore. Pour que tout soit consommĂ©, pour que je me sente moins seul, il me restait Ă  souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exĂ©cution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine
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Albert Camus (The Stranger)
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Reading in no way obliges us to understand.
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Jacques Lacan (On Feminine Sexuality, the Limits of Love and Knowledge: The Seminar of Jacques Lacan, Book XX: Encore)
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Mais, quand d’un passĂ© ancien rien ne subsiste, aprĂšs la mort des ĂȘtres, aprĂšs la destruction des choses, seules, plus frĂȘles mais plus vivaces, plus immatĂ©rielles, plus persistantes, plus fidĂšles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des Ăąmes, Ă  se rappeler, Ă  attendre, Ă  espĂ©rer, sur la ruine de tout le reste, Ă  porter sans flĂ©chir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
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Marcel Proust (Du cÎté de chez Swann)
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Nice work,’ Nico said. Lou Ellen blushed. ‘Well, it’s the only pig ball I have. So don’t ask for an encore.
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Rick Riordan (The Blood of Olympus (The Heroes of Olympus, #5))
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« Je suis persuadé que chaque fois qu'un homme sourit et mieux encore lorsqu'il rit, il ajoute quelque chose à la durée de sa vie.»
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Laurence Sterne (Vie et opinions de Tristram Shandy)
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Quand on parle des vices d’un homme, si on vous dit : “Tout le monde le dit” ne le croyez pas ; si l’on parle de ses vertus en vous disant encore : “Tout le monde le dit”, croyez-le.
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François-René de Chateaubriand
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Je m'étonne/ De ceux qui, connaissant l'amour, aiment encore!
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Mahmoud Darwich (Le lit de l'étrangÚre)
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Quand j'arrive Ă  la gare de l'Est, j'espĂšre toujours secrĂštement qu'il y aura quelqu'un pour m'attendre. C'est con. J'ai beau savoir que ma mĂšre est encore au boulot Ă  cette heure-lĂ  et que Marc est pas du genre Ă  traverser la banlieue pour porter mon sac, j'ai toujours cet espoir dĂ©bile. [...] Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part... C'est quand mĂȘme pas compliquĂ©.
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Anna Gavalda (I Wish Someone Were Waiting for Me Somewhere)
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A l'adolescence, on rĂȘve du jour oĂč l'on quittera ses parents, un autre jour ce sont vos parents qui vous quittent. Alors, on ne rĂȘve plus qu'Ă  pouvoir redevenir, ne serait-ce qu'un instant, l'enfant qui vivait sous leur toit, les prendre dans vos bras, leur dire sans pudeur qu'on les aime, se serrer contre eux pour qu'ils vous rassurent encore une fois.
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Marc Levy (Le Voleur d'ombres)
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Je crois qu'on entend encore dans les entrées d'immeubles l'écho des pas de ceux qui avaient l'habitude de les traverser et qui, depuis, ont disparu. Quelque chose continue de vibrer aprÚs leur passage, des ondes de plus en plus faibles, mais que l'on capte si l'on est attentif.
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Patrick Modiano
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Si seulement je pouvais m'arrĂȘter de penser, ça irait dĂ©jĂ  mieux. Les pensĂ©es, c'est ce qu'il y a de plus fade. Plus fade encore que de la chair. Ça s'Ă©tire Ă  n'en plus finir et ça laisse un drĂŽle de goĂ»t. Et puis il y a les mots, au-dedans des pensĂ©es, les mots inachevĂ©s, les Ă©bauches de phrases qui reviennent tout le temps.
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Jean-Paul Sartre (Nausea)
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Her smile steps offstage for a moment, then does an encore, all while I'm dealing with my blushing face.
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Haruki Murakami (Kafka on the Shore)
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When you are famous it is hard to work on small problems. This is what did Shannon in. After information theory, what do you do for an encore? The great scientists often make this error. They fail to continue to plant the little acorns from which the mighty oak trees grow. They try to get the big thing right off. And that isn't the way things go. So that is another reason why you find that when you get early recognition it seems to sterilize you.
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Richard Hamming
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Il faudrait prĂ©venir les gens de ces choses-lĂ . Leur apprendre que l’immortalitĂ© est mortelle, qu’elle peut mourir, que c’est arrivĂ©, que cela arrive encore.
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Marguerite Duras (The Lover)
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Les véritables bonheurs de la vie, ne sont pas dans les sourires de la joie, mais dans ces intervalles d'incertitude, lorsque notre quotidien peut basculer mais qu'on ne sait pas encore de quel cÎté.
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Maxime Chattam (In Tenebris (La trilogie du Mal, #2))
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et puis on recommence encore le lendemain avec seulement la mĂȘme rĂšgle que la veille et qui est d'Ă©viter les grandes joies barbares de mĂȘme que les gr-andes douleurs comme un crapaud contourne une pierre sur son chemin

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Charles Cros
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Je me demande encore si, tout compte fait, le monde n'Ă©taient qu’apparences.
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Yasmina Khadra (Ce que le jour doit Ă  la nuit)
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Le passé et le présent sont deux statues incomplÚtes: l'une a été retirée toute mutilée du débris des ùges, l'autre n'a pas encore reçu sa perfection de l'avenir.
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François-René de Chateaubriand (René)
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La marée baissait encore dans l'étrange mouvement du flux et reflux de l'eau, comme si un coeur immense au centre de la terre ne battait que deux fois par jour.
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Annie Proulx (The Shipping News)
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les plus belles années d'une vie sont celles que l'on a pas encore vécues.
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Victor Hugo
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J'ai connu et je connais encore, dans ma vie, des bonheurs inouĂŻs. Depuis mon enfance, par exemple, j'ai toujours aimĂ© les concombres salĂ©s, pas les cornichons, mais les concombres, les vrais, les seuls et uniques, ceux qu'on appelle concombres Ă  la russe. J'en ai toujours trouvĂ© partout. Souvent, je m'en achĂšte une livre, je m'installe quelque part au soleil, au bord de la mer, ou n'importe oĂč, sur un trottoir ou sur un banc, je mords dans mon concombre et me voilĂ  complĂštement heureux. Je reste lĂ , au soleil, le cƓur apaisĂ©, en regardant les choses et les hommes d'un Ɠil amical et je sais que la vie vaut vraiment la peine d'ĂȘtre vĂ©cue, que le bonheur est accessible, qu'il suffit simplement de trouver sa vocation profonde, et de se donner Ă  ce qu'on aime avec un abandon total de soi.
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Romain Gary (Promise at Dawn)
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Vous ĂȘtes belles mais vous ĂȘtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sĂ»r, ma rose Ă  moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais Ă  elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosĂ©e. Puisque c'est elle que j'ai abritĂ©e par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tuĂ© les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai Ă©coutĂ©e se plaindre, ou se vanter, ou mĂȘme quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.
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Antoine de Saint-Exupéry (The Little Prince)
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Avec l'amour maternel, la vie vous fait, Ă  l'aube, une promesse qu'elle ne tient jamais. Chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son coeur, ce ne sont plus que des condolĂ©ances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mĂšre comme un chien abandonnĂ©. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lĂšvres trĂšs douces vous parlent d'amour, mais vous ĂȘtes au courant. Vous ĂȘtes passĂ© Ă  la source trĂšs tĂŽt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous cĂŽtĂ©s, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages. Vous avez fait, dĂšs la premiĂšre lueur de l'aube, une Ă©tude trĂšs serrĂ©e de l'amour et vous avez sur vous de la documentation. Je ne dis pas qu'il faille empĂȘcher les mĂšres d'aimer leurs petits. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mĂšres aient encore quelqu'un d'autre Ă  aimer. Si ma mĂšre avait eu un amant, je n'aurais pas passĂ© ma vie Ă  mourir de soif auprĂšs de chaque fontaine. Malheureusement pour moi, je me connais en vrais diamants.
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Romain Gary (Promise at Dawn)
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Hello boys and girls, Hannah Baker here. Live and in stereo. No return engagements, no encore. And this time? Absolutely no requests.
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Jay Asher (Thirteen Reasons Why)
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The applause was so loud and insistent that I had to respond with several encores. I was numb with happiness, when it was over, I knew that this alone must be my life and my world.
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Leni Riefenstahl
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L'homme qui n'a pas été anarchiste à seize ans est un imbécile. Mais c'en est un autre, s'il l'est encore à quarante.
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Georges Clemenceau
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Le sage, le bon gĂ©nĂ©ral ou le mĂ©decin clairvoyant est celui qui sait voir et lire lĂ  oĂč les autres ne voient encore rien.
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Marcel Granet
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je t’ai aimĂ© dans le passĂ© je t’aime aujourd hui t’aimerais encore dans l’avenir Le temps revient. I have loved you before I love you today and I will love you again. The time returns.
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Kathleen McGowan (The Book of Love (Magdalene Line Trilogy, #2))
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Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
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Antoine de Saint-Exupéry (The Little Prince)
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J'ai tant rĂȘvĂ© de toi que tu perds ta rĂ©alitĂ©. Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m'est chĂšre? J'ai tant rĂȘvĂ© de toi que mes bras habituĂ©s en Ă©treignant ton ombre Ă  se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-ĂȘtre. Et que, devant l'apparence rĂ©elle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des annĂ©es, je deviendrais une ombre sans doute. O balances sentimentales.
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Robert Desnos (The Voice of Robert Desnos: Selected Poems)
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Refuser de faire quelque chose parce qu'on l'a dĂ©jĂ  fait, parce qu'on a dĂ©jĂ  vĂ©cu l'expĂ©rience, conduit rapidement Ă  une destruction, pour soi-mĂȘme comme pour les autres, de toute raison de vivre comme de tout futur possible, et vous plonge dans un ennui pesant qui finit par se transformer en une amertume atroce, accompagnĂ©e de haine et de rancoeur Ă  l'Ă©gard de ceux qui appartiennent encore Ă  la vie.
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Michel Houellebecq (The Possibility of an Island)
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... l'histoire est connaissance mutilée. Un historien ne dit pas ce qu'a été..., mais ce qu'il est encore possible d'en savoir.
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Paul Veyne (Comment on écrit l'histoire)
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Sache-le, Alexandre, si tu voulais l'ignorer encore: notre amitié s'appelle l'amour!
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Roger Peyrefitte (Les amitiés particuliÚres)
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Je croyais voir des choses invisibles aux yeux des autres, j'étais encore plus aveugle qu'eux.
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Marc Levy (Le Voleur d'ombres)
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Tout ce qui était n'est plus; tout ce qui sera n'est pas encore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de nos maux.
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Alfred de Musset
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Notre conscience est un juge infaillible, quand nous ne l'avons pas encore assassinée.
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Honoré de Balzac (La Peau De Chagrin)
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Water is nothing if not ingemination, an encore to the tenacity of life.
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Terry Tempest Williams (When Women Were Birds: Fifty-four Variations on Voice)
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Ne dis pas ces choses, répétait-elle, car je n'aurais plus la force de te quitter, je resterais là... Donne moi du courage plutÎt; dis-moi que nous nous verrons encore...
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Émile Zola
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Mais il faut bien dire qu'il y a quelque chose de plus important encore que le temps qu'on emploie au travail, c'est l'application qu'on y apporte; ce n'est pas l'heure que nous passons sur notre leçon qui met cette leçon dans notre mémoire, c'est la volonté d'apprendre.
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Hector Malot (Nobody's Boy)
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The argument goes something like this: ‘I refuse to prove that I exist,’ says God, ‘for proof denies faith, and without faith I am nothing.’ “ ‘But,’ says Man, ‘the Babel fish is a dead giveaway, isn’t it? It could not have evolved by chance. It proves you exist, and so therefore, by your own arguments, you don’t. QED.’ “ ‘Oh dear,’ says God, ‘I hadn’t thought of that,’ and promptly vanishes in a puff of logic. “ ‘Oh, that was easy,’ says Man, and for an encore goes on to prove that black is white and gets himself killed on the next zebra crossing.
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Douglas Adams (The Ultimate Hitchhiker's Guide to the Galaxy (Hitchhiker's Guide to the Galaxy #1-5))
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Et puis, surtout, c'est reposant, la tragĂ©die, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir ; qu'on est pris, qu'on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu'on n'a plus qu'Ă  crier, - pas Ă  gĂ©mir, non, pas Ă  se plaindre, Ă  gueuler Ă  pleine voix ce qu'on avait Ă  dire, qu'on n'avait jamais dit et qu'on ne savait peut-ĂȘtre mĂȘme pas encore. Et pour rien : pour se le dire Ă  soi, pour l'apprendre, soi.
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Jean Anouilh (Antigone)
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- [...] On ne doit pas douter de la beautĂ© des choses, mĂȘme sous un ciel tortionnaire. Si tu n'es pas Ă©tonnĂ© par le chant du coq ou par la lumiĂšre au-dessus des crĂȘtes, si tu ne crois pas en la bontĂ© de ton Ăąme, alors tu ne te bats plus, et c'est comme si tu Ă©tais dĂ©jĂ  mort. - Demain, le soleil se lĂšvera et on essaiera encore, a dit ProthĂ© pour conclure.
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Gaël Faye (Petit pays)
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All the towering materialism which dominates the modern mind rests ultimately upon one assumption; a false assumption. It is supposed that if a thing goes on repeating itself it is probably dead; a piece of clockwork. People feel that if the universe was personal it would vary; if the sun were alive it would dance. This is a fallacy even in relation to known fact. For the variation in human affairs is generally brought into them, not by life, but by death; by the dying down or breaking off of their strength or desire. A man varies his movements because of some slight element of failure or fatigue. He gets into an omnibus because he is tired of walking; or he walks because he is tired of sitting still. But if his life and joy were so gigantic that he never tired of going to Islington, he might go to Islington as regularly as the Thames goes to Sheerness. The very speed and ecstacy of his life would have the stillness of death. The sun rises every morning. I do not rise every morning; but the variation is due not to my activity, but to my inaction. Now, to put the matter in a popular phrase, it might be true that the sun rises regularly because he never gets tired of rising. His routine might be due, not to a lifelessness, but to a rush of life. The thing I mean can be seen, for instance, in children, when they find some game or joke that they specially enjoy. A child kicks his legs rhythmically through excess, not absence, of life. Because children have abounding vitality, because they are in spirit fierce and free, therefore they want things repeated and unchanged. They always say, “Do it again”; and the grown-up person does it again until he is nearly dead. For grown-up people are not strong enough to exult in monotony. But perhaps God is strong enough to exult in monotony. It is possible that God says every morning, “Do it again” to the sun; and every evening, “Do it again” to the moon. It may not be automatic necessity that makes all daisies alike; it may be that God makes every daisy separately, but has never got tired of making them. It may be that He has the eternal appetite of infancy; for we have sinned and grown old, and our Father is younger than we. The repetition in Nature may not be a mere recurrence; it may be a theatrical ENCORE. Heaven may ENCORE the bird who laid an egg. If the human being conceives and brings forth a human child instead of bringing forth a fish, or a bat, or a griffin, the reason may not be that we are fixed in an animal fate without life or purpose. It may be that our little tragedy has touched the gods, that they admire it from their starry galleries, and that at the end of every human drama man is called again and again before the curtain. Repetition may go on for millions of years, by mere choice, and at any instant it may stop. Man may stand on the earth generation after generation, and yet each birth be his positively last appearance.
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”
G.K. Chesterton (Orthodoxy)
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Et moi aussi, je me suis senti prĂȘt Ă  tout revivre. Comme si cette grande colĂšre m'avait purgĂ© du mal, vidĂ© d'espoir, devant cette nuit chargĂ©e de signes et d'Ă©toiles, je m'ouvrais pour la premiĂšre fois Ă  la tendre indiffĂ©rence du monde. De l'Ă©prouver si pareil Ă  moi, si fraternel enfin, j'ai senti que j'avais Ă©tĂ© heureux, et que je l'Ă©tais encore. Pour que tout soit consommĂ©, pour que je me sente moins seul, il me restait Ă  souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exĂ©cution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine.
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Albert Camus (The Stranger)
“
Tant que nous souffrons, dans les conditions du désert, nous sommes encore humains, encore intacts .
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Hannah Arendt
“
Les hommes ne pleurent pas, les héros encore moins.
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Jean-Michel Guenassia (Le Club des incorrigibles optimistes)
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Je préfÚre, encore une fois, marcher dans la nuit à me croire celui qui marche dans le jour.
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André Breton (Nadja)
“
On ne peut s'apitoyer sur soi que quand nos malheurs sont encore soutenables...une fois cette limite franchie, le seul moyen de supporter l'insupportable, c'est d'en rire.
”
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Marjane Satrapi (Persepolis, Volume 1)
“
Je crois encore au merveilleux en amour, je crois Ă  la rĂ©alitĂ© des rĂȘves, je crois aux hĂ©roĂŻnes de la nuit, aux belles de nuit pĂ©nĂ©trant dans les coeurs et dans les lits.
”
”
Robert Desnos (Liberty or Love! and Mourning for Mourning (Atlas Anti-classic))
“
cela fait si longtemps que ça dure que j'ai cessé de me demander si c'est dans la haine ou dans l'amour que nous trouvons la force de continuer cette vie mensongÚre, que nous puisons l'énergie formidable qui nous permet encore de souffrir, et d'espérer.
”
”
Georges Perec
“
I'm much too much the popular pet ever since I sang 'Every Nice Girl Loves A Sailor' at the village concert last year. I had them rolling in the aisles. Three encores, and so many bows that I got a crick in the back." "Spare me the tale of your excesses," I said distantly. "I wore a sailor suit." "Please," I said, revolted.
”
”
P.G. Wodehouse (Aunts Aren't Gentlemen (Jeeves, #15))
“
‱ Chaque fois, tu monteras au front, la peur au ventre, le cƓur serrĂ©, sans meilleure arme que ton envie de vivre encore. Chaque fois, tu te diras que, quoi qu’il puisse t’arriver Ă  prĂ©sent, tous ces moments arrachĂ©s Ă  la fatalitĂ© valaient la peine d’ĂȘtre vĂ©cus. Et que personne ne pourra jamais te les enlever.
”
”
Guillaume Musso (Central Park)
“
Les roses de Saadi J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ; Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir. Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées. Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ; La vague en a paru rouge et comme enflammée. Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée... Respires-en sur moi l'odorant souvenir.
”
”
Marceline Desbordes-Valmore
“
Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les romains... Toute? Non! Un village peuplé d'irréductibles gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons de légionnaires romains des camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petibonum...
”
”
René Goscinny
“
Je pense souvent Ă  cette image que je suis seule Ă  voir encore et dont je n’ai jamais parlĂ©. Elle est toujours lĂ  dans le mĂȘme silence,Ă©merveillante. C’est entre toutes celle qui me plaĂźt de moi-mĂȘme, celle oĂč je me reconnais, oĂč je m’enchante.
”
”
Marguerite Duras (The Lover)
“
Like the wheeling of stars,' muttered the Count as he paced. "That is how time passes when one is left waiting unaccountably. The hours become interminable. The minutes relentless. And the seconds? Why, not only does every last one of them demand its moment on the stage, it insists upon making a soliloquy full of weighty pauses and artful hesitations and then leaps into an encore at the slightest hint of applause.
”
”
Amor Towles (A Gentleman in Moscow)
“
ChĂ©rissez l'amour, Marcus. Faites-en votre plus belle conquĂȘte, votre seule ambition. AprĂšs les hommes il y aura d'autres hommes. AprĂšs les livres, il y a d'autres livres. AprĂšs la gloire, il y a d'autres gloires. AprĂšs l'argent, il y a encore de l'argent. Mais aprĂšs l'amour, Marcus, aprĂšs l'amour il n'y a plus que le sel des larmes.
”
”
Joël Dicker (La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert (Marcus Goldman, #1))
“
Elle est inquiÚte, il faut du temps, nous sommes encore un peu étrangers l'un à l'autre, hésitants, incertains, il nous manque des discordes, des différends, des heurts, la découverte de nos travers, défauts et petitesses, toutes ces incompatibilités qui nous permettront de mieux nous sculpter l'un dans l'autre, de bricoler nos rapports, de nous ajuster, d'épouser peu à peu nos formes respectives, et la tendresse vient alors enrichir ce qui manque à l'un par ce qui manque à l'autre..
”
”
Romain Gary (Clair de femme)
“
Le pays latins, comme les pays d'Orient, oppriment la femme par le rigueur des moeurs encore plus que par celle des lois.
”
”
Simone de Beauvoir (Le deuxiĂšme sexe, I)
“
Ma mĂ©moire Est encore obscurcie de t’avoir vu venir Et partir. Le temps se sert de mots comme l’amour
”
”
Paul Éluard (Capital of Pain)
“
L'ascenseur qui parcourt les Ăąmes n'a que deux boutons : "Plus bas" et "Encore plus bas
”
”
Hervé Picart
“
Tout est encore possible et le monde médical est tout neuf. Ca ne va pas durer. Ils le savent bien. Ils sont là au bon moment pour avoir leur nom en latin accolé à celui d'un bacille.
”
”
Patrick Deville (Peste & Choléra)
“
I dipped my head so I could look into his eyes. The monster at my table looked ready to cry. I’d managed to make a teenager depressed. Maybe I could shoot some fish in a barrel for an encore.
”
”
Ilona Andrews (Magic Slays (Kate Daniels, #5))
“
The Babel fish is small, yellow and leech-like, and probably the oddest thing in the Universe. It feeds on brainwave energy received not from its own carrier but from those around it. It absorbs all unconscious mental frequencies from this brainwave energy to nourish itself with. It then excretes into the mind of its carrier a telepathic matrix formed by combining the conscious thought frequencies with the nerve signals picked up from the speech centres of the brain which has supplied them. The practical upshot of all this is that if you stick a Babel fish in your ear you can instantly understand anything said to you in any form of language. The speech patterns you actually hear decode the brainwave matrix which has been fed into your mind by your Babel fish. Now it is such a bizarrely improbable coincidence that anything so mindbogglingly useful could have evolved purely by chance that some thinkers have chosen it to see it as a final and clinching proof of the non-existence of God. The argument goes something like this: "I refuse to prove that I exist," says God, "for proof denies faith, and without faith I am nothing." "But," says Man, "the Babel fish is a dead giveaway isn't it? It could not have evolved by chance. It proves you exist, and therefore, by your own arguments, you don't. QED." "Oh dear," says God, "I hadn't thought of that," and promptly vanishes in a puff of logic. "Oh, that was easy," says Man, and for an encore goes on to prove that black is white and gets killed on the next zebra crossing.
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Douglas Adams (The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy (Hitchhiker's Guide to the Galaxy, #1))
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Oui, tout Ă  fait Notre pays est un État de droit. C’est indĂ©niable. Encore faut-il prĂ©ciser de quel droit il s’agit
 Il n’y en a qu’un seul, unique et indivisible : le droit de garder le silence.
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Yasmina Khadra
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A light kiss brings a smile; its encore stirs a flame, a glow not felt in many years... but kindled over time grows strong! It pauses now as if to say, 'Hi. I was never really gone. I've been sheltered here inside and am very much alive and well.
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Kate McGahan (One Heart's Journey: Lyrics of an Imperfect Life)
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Il y a des journĂ©es illuminĂ©es de petites choses, des riens du tout qui vous rendent incroyablement heureux ; un aprĂšs-midi Ă  chiner, un jouet qui surgit de l’enfance sur l’étal d’un brocanteur, une main qui s’attache Ă  la votre, un appel que l’on attendait pas, une parole douce, vote enfant qui vous prend dans ses bras sans rien vous demander d’autre qu’un moment d’amour. Il y a des journĂ©es illuminĂ©es de petits moments de grĂące, une odeur qui vous met l’ñme en joie, un rayon de soleil qui entre par la fenĂȘtre, le bruit de l’averse alors qu’on est encore au lit, les trottoirs enneigĂ©s ou l’arrivĂ©e du printemps et ses premiers bourgeons.
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Marc Levy (Le Premier jour)
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I always thought we were indefeatable. Like nothing could stop us. Maybe I was wrong. Maybe I still do.
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Josiah Morgan (Encore)
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Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les ĂȘtres qui vous libĂšrent, qui vous aiment d’une affection aussi lĂ©gĂšre Ă  porter que forte Ă  Ă©prouver. La vie d’aujourd’hui est trop dure, trop amĂšre, trop anĂ©miante, pour qu’on subisse encore de nouvelles servitudes, venues de qui on aime [...]. C’est ainsi que je suis votre ami, j’aime votre bonheur, votre libertĂ©, votre aventure en un mot, et je voudrais ĂȘtre pour vous le compagnon dont on est sĂ»r, toujours. The older I get, the more I find that you can only live with those who free you, who love you from a lighter affection to bear as strong as you can to experience Today's life is too hard, too bitter, too anemic, for us to undergo new bondages, from whom we love [...]. This is how I am your friend, I love your happiness, your freedom, Your adventure in one word, and I would like to be for you the companion we are sure of, always. ---- Albert Camus Ă  RenĂ© Char, 17 septembre 1957 (in "Albert Camus - RenĂ© Char : Correspondance 1946-1959") ---- Albert Camus to RenĂ© Char, September 17, 1957 (via RenĂ© Char)
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Albert Camus (Correspondance (1944-1959))
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La flatterie n'Ă©mane jamais des grandes Ăąmes, elle est l'apanage des petits esprits qui rĂ©ussissent Ă  se rapetisser encore pour mieux entrer dans la sphĂšre vitale de la personne autour de laquelle ils gravitent. La flatterie sous-entend un intĂ©rĂȘt. (p.239/317)
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Honoré de Balzac (Eugénie Grandet)
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Le souvenir de cette nuit me hante encore, comme celui d'un moment d'intimitĂ© oĂč nous chassions la mort; je savais dĂ©jĂ  qu'aucune autre compagne de m'offrirait semblable Ă©treinte, et cette pensĂ©e me fit peur.
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Marc Levy (Le Premier jour)
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Je suis furieuse contre une sociĂ©tĂ© qui m'a Ă©duquĂ©e sans jamais m'apprendre Ă  blesser un homme s'il m'Ă©carte les cuisses de forces, alors que cette mĂȘme sociĂ©tĂ© m'a inculquĂ© l'idĂ©e que c'Ă©tait un crime dont je ne devais pas me remettre. Et je suis surtout folle de rage qu'en face de trois hommes, une carabine et piĂ©gĂ©e dans une forĂȘt dont on ne peut s'Ă©chapper en courant, je me sente encore aujourd'hui coupable de ne pas avoir eu le courage de nous dĂ©fendre avec un petit couteau.
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Virginie Despentes (King Kong théorie)
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Pas envie de vivre... Qui se levait la premiĂšre, le matin, rien que pour sentir l'air froid sur sa peau nue? Qui se couchait la derniĂšre seulement quand elle n'en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu de la nuit? Qui pleurait dĂ©jĂ  toute petite, en pensant qu'il y avait tant de petites bĂȘtes, tant de brins d'herbe dans le prĂ© et qu'on ne pouvait pas tous les prendre?
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Jean Anouilh (Antigone)
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C'est donc cela, la vie d'adulte ; construire des chùteaux de sable puis sauter dessus à pieds joints, et recommencer l'action, encore et encore, alors qu'on sait bien que les océans les auraient effacées de toute façon ?
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Frédéric Beigbeder (L'amour dure trois ans (Marc Marronnier, #3))
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Alors, soudain, l’immensitĂ© silencieuse du cri. Ne va pas me dire que tu ne m’entends pas. J’ai la gorge pleine de fracas indispensables.
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GeneviÚve Amyot (Je t'écrirai encore demain)
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Ce qui guide encore le mieux, c'est l'odeur de la merde.
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Louis-Ferdinand Céline (Journey to the End of the Night)
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Tu crois encore secrÚtement que la magie existe dans ce monde ? Erreur, le monde n'est qu'un amas de molécules sans ùmes qui se cognent les unes aux autres au hasard.
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John Green (The Fault in Our Stars / An Abundance of Katherines)
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Son intelligence rendait sa splendeur encore plus terrifiante.
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Amélie Nothomb
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J'aimerais tant que tu sois encore lĂ  Cher Papa... Dans un avenir que je souhaite plein d'espoir Tu es la seule chose Ă  laquelle je ne peux croire
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India Desjardins (Le monde à l'envers (Le journal d'Aurélie Laflamme, #4))
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On n'est bien que libre, et cacher ses opinions est encore plus gĂȘnant que de couvrir sa peau. (La conversation Ă  Innsbruck)
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Marguerite Yourcenar (L'ƒuvre au noir)
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L’ignorance vaut encore mieux que la mauvaise science.
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Victor Hugo (Claude gueux)
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La vérité... la vérité c'est que je ne... je ne souhaitais vraiment pas avouer ça à qui que ce soit et encore moins ici... Mais la vérité c'est que je ne suis pas épilée.
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Elisia Blade (Hollywood en Irlande (Crush Story #1))
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Quand je pense Ă  tous les livres qu'il me reste Ă  lire, j'ai la certitude d'ĂȘtre encore heureux .
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Jules Renard
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Je vois personne sur la route", dit Alice. "Comme je voudrais avoir d'aussi bons yeux", remarqua le roi d'un ton amer. "Voir Personne! Et Ă  cette distance encore! Moi, tout ce dont je suis capable de voir, sous cette lumiĂšre, c'est des gens!
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Lewis Carroll (Alice in Wonderland)
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English: Ô, take this eager dance you fool, don’t brandish your stick at me. I have several reasons to travel on, on to the endless sea: I have lost my love. I’ve drunk my purse. My girl has gone, and left me rags to sleep upon. These old man’s gloves conceal the hands with which I’ve killed but one! Francais: Idiot, prends cette danse ardente, au lieu de tendre ton bĂąton. J'en ai des raisons de voyager encore sur la mer infinie: J'ai perdu l'amour et j'ai bu ma bourse. Ma belle m'a quittĂ©, j'ai ses haillons pour m'abriter. Mes gants de vieillard cachent les mains d'un fameux assassin!
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Roman Payne (The Basement Trains: A 21st Century Poem (English and French Edition))
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Tant bien que mal, avant j’aimais la vie, parce qu’on l’avait en commun. Avant, j’aimais la vie, mĂȘme sachant tout ce que je savais, car dans l’immensitĂ© du vide, il Ă©tait lĂ  qui souriait. Aujourd’hui, je chĂ©ris un fantĂŽme, un souvenir. Je pense encore Ă  lui chaque jour, chaque minute, chaque seconde

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Lolita Pille (Hell)
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The French, it seems to me, strike a happy balance between intimacy and reserve. Some of this must be helped by the language, which lends itself to graceful expression even when dealing with fairly basic subjects.... And there's that famously elegant subtitle from a classic Western. COWBOY: "Gimme a shot of red-eye." SUBTITLE: "Un Dubonnet, s'il vous plait." No wonder French was the language of diplomacy for all those years.
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Peter Mayle (Encore Provence: New Adventures in the South of France (Provence, #3))
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Il Ă©tait encore trop jeune pour savoir que la mĂ©moire du cƓur efface les mauvais souvenirs et embellit les bons, et que c'est grĂące Ă  cet artifice que l'on parvient Ă  accepter le passĂ©.
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Gabriel GarcĂ­a MĂĄrquez (Love in the Time of Cholera)
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L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'éraser: un vapeur, un goutte d'eau suffit pout le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, pare qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
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Blaise Pascal
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Î enfance du coeur humain qui ne vieillit jamais! voilà donc à quel degré de puérilité notre superbe raison peut descendre! Et encore est-il vrai que bien des hommes attachent leur destinée à des choses d'aussi peu de valeur que mes feuilles de saule.
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François-René de Chateaubriand (René)
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C'est cela l'exil, l'Ă©tranger, cette inexorable observation de l'existence telle qu'elle est vraiment pendant ces quelques heures, lucides, exceptionnelles dans la trame du temps humain, oĂč les habitudes du pays prĂ©cĂ©dent vous abandonnent, sans que les autres, les nouvelles, vous aient encore suffisamment abruti.
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Louis-Ferdinand Céline (Journey to the End of the Night)
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Il y a encore de certains devoirs Ă  remplir envers mĂȘme de qui nous avons reçu une injure; car la vengeance et la punition ont aussi leurs bornes. Je ne sais mĂȘme si repentir de celui qui a fait l'injure ne suffirait pas et pour l'empĂȘcher d'en faire une semblable Ă  l'avenir et pour retenir les autres dans le devoir.
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Marcus Tullius Cicero (On Duties)
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Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides dĂ©lices Des plus beaux de nos jours ! Assez de malheureux ici-bas vous implorent, Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dĂ©vorent ; Oubliez les heureux. Mais je demande en vain quelques moments encore, Le temps m'Ă©chappe et fuit ; Je dis Ă  cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore Va dissiper la nuit.
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Alphonse de Lamartine (Poésies choisies)
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Elle l'embrassait , et puis , aprĂšs l'avoir lĂąchĂ© , le regardait et le reprenais pour l'embrasser encore une fois , comme si , ayant mesurĂ© en elle-mĂȘme tout l'amour qu'elle pouvait lui porter ou lui exprimer, elle avait dĂ©cidĂ© qu'une mesure manquait encore .
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Albert Camus (The First Man)
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Le temps perdu est comme le pain oubliĂ© sur la table, le pain sec. On peut le donner aux moineaux. On peut aussi le jeter. On peut encore le manger, comme dans l'enfance le pain perdu : trempĂ© dans du lait pour l'adoucir, recouvrir de jaune d’Ɠuf et de sucre, et cuit dans une poĂȘle. Il n'est pas perdu, le pain perdu, puisqu'on le mange. Il n'est pas perdu le temps perdu, puisqu'on y touche Ă  la fin des temps et qu'on y mange Ă  sa mort, Ă  chaque seconde, Ă  chaque bouchĂ©e. (p90)
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Christian Bobin (La part manquante)
“
Son parfum fleuri me rappelle mon enfance, Ă  l'Ă©poque oĂč ma tristesse n'Ă©tait pas encore aussi accablante et insoutenable. Je me demande si c'est de cette maniĂšre, en nous persuadant de la contenir au fond de nous au lieu de l'Ă©vacuer, que les tĂ©nĂšbres finissent par l'emporter.
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Jasmine Warga (My Heart and Other Black Holes)
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I watched you fall in love again and couldn't help but laugh.
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Pamela August Russell (B is for Bad Poetry)
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A Mademoiselle Oui, femmes, quoi qu'on puisse dire, Vous avez le fatal pouvoir De nous jeter par un sourire Dans l'ivresse ou le dĂ©sespoir. Oui, deux mots, le silence mĂȘme, Un regard distrait ou moqueur, Peuvent donner Ă  qui vous aime Un coup de poignard dans le coeur. Oui, votre orgueil doit ĂȘtre immense, Car, grĂące Ă  notre lĂąchetĂ©, Rien n'Ă©gale votre puissance, Sinon votre fragilitĂ©. Mais toute puissance sur terre Meurt quand l'abus en est trop grand, Et qui sait souffrir et se taire S'Ă©loigne de vous en pleurant. Quel que soit le mal qu'il endure, Son triste rĂŽle est le plus beau. J'aime encore mieux notre torture Que votre mĂ©tier de bourreau.
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Alfred de Musset
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Mais Colin ne savait pas, il courait, il avait peur, pourquoi ça ne suffit pas de toujours rester ensemble, il faut encore qu’on ait peur, peut-ĂȘtre est-ce un accident, une auto l’a Ă©crasĂ©e, elle serait sur son lit, je ne pourrais la voir, ils m’empĂȘcheraient d’entrer, mais vous croyez donc peut-ĂȘtre que j’ai peur de ma ChloĂ©, je la verrai malgrĂ© vous, mais non, Colin, n’entre pas. Elle est peut-ĂȘtre blessĂ©e, seulement, alors, il n’y aura rien du tout, demain, nous irons ensemble au Bois, pour revoir le banc, j’avais sa main dans la mienne et ses cheveux prĂšs des miens, son parfum sur l’oreiller. Je prends toujours son oreiller, nous nous battrons encore le soir, le mien, elle le trouve trop bourrĂ©, il reste tout rond sous sa tĂȘte, et moi, je le reprends aprĂšs, il sent l’odeur de ses cheveux.
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Boris Vian (L'écume des jours)
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Tout ce temps, tous ces visages, tous ces cris de jouissance, ces étreintes sans ùme au petit matin, quand la nuit n'est plus, le jour n'est pas encore, ton orgasme prend fin, et tes yeux se dessillent, ta chambre n'est qu'un bordel, Baudelaire est mort et, dans tes bras, il n'y a qu'une putain...
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Lolita Pille (Hell)
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Le sentiment que l'homme supporte le plus difficilement est la pitié, surtout quand il la mérite. La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance; mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse.
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Honoré de Balzac (La Peau De Chagrin (French Edition))
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Je fus encore une fois surprise par la vue de mon visage dans la glace: il n'avait rien Ă  voir avec mes dĂ©combres. Ce n'Ă©tait pas un visage de vaincu. MarquĂ© par la fatigue, mais au fond des yeux il restait encore quelque chose. Je ne dis pas : quelque chose d'invincible. Et pourtant, peut-ĂȘtre y a-t-il invincibilitĂ©. Les hommes oublient toujours que ce qu'ils vivent n'est pas mortel.
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Romain Gary (Clair de femme)
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Je suis trĂšs content de mon bonheur, je puis encore le subir un bon moment. Seulement, quand il me donne une heure de rĂ©pit pour prendre conscience, pour redevenir nostalgique, alors toute cette nostalgie tend non pas Ă  garder toujours ce bonheur, mais Ă  souffrir encore, en plus grand, en plus beau qu'autrefois. Je me consume du besoin d'une souffrance qui me rende prĂȘt et dĂ©sireux de mourir.
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Hermann Hesse (Steppenwolf)
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Je voulus cent fois me tuer, mais j'aimais encore la vie. Cette faiblesse ridicule est peut-ĂȘtre un de nos penchants les plus funestes : car y a-t-il rien de plus sot que de vouloir porter continuellement un fardeau qu'on veut toujours jeter par terre ? D'avoir son ĂȘtre en horreur, et de tenir Ă  son ĂȘtre ? Enfin de caresser le serpent qui nous dĂ©vore, jusqu'Ă  ce qu'il nous ait mangĂ© le cƓur ?
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Voltaire (Candide)
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It is possible that God says every morning, "Do it again" to the sun; and every evening, "Do it again" to the moon. It may not be automatic necessity that makes all daisies alike; it may be that God has never got tired of making them... The repetition in Nature may not be a mere recurrence; it may be a theatrical encore.
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G.K. Chesterton
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A qui Ă©cris-tu? -A toi. En fait, je ne t'Ă©cris pas vraiment, j'Ă©cris ce que j'ai envie de faire avec toi... Il y avait des feuilles partout. Autour d'elle, Ă  ses pieds, sur le lit. J'en ai pris une au hasard: "...Pique-niquer, faire la sieste au bord d'une riviĂšre, manger des pĂȘches, des crevettes, des croissants, du riz gluant, nager, danser, m'acheter des chaussures, de la lingerie, du parfum, lire le journal, lĂ©cher les vitrines, prendre le mĂ©tro, surveiller l'heure, te pousser quand tu prends toute la place, Ă©tendre le linge, aller Ă  l'OpĂ©ra, faire des barbecues, rĂąler parce que tu as oubliĂ© le charbon, me laver les dents en mĂȘme temps que toi, t'acheter des caleçons, tondre la pelouse, lire le journal par-dessus ton Ă©paule, t'empĂȘcher de manger trop de cacahuĂštes, visiter les caves de la Loire, et celles de la Hunter Valley, faire l'idiote, jacasser, cueillir des mĂ»res, cuisiner, jardiner, te rĂ©veiller encore parce que tu ronfles, aller au zoo, aux puces, Ă  Paris, Ă  Londres, te chanter des chansons, arrĂȘter de fumer, te demander de me couper les ongles, acheter de la vaisselle, des bĂȘtises, des choses qui ne servent Ă  rien, manger des glaces, regarder les gens, te battre aux Ă©checs, Ă©couter du jazz, du reggae, danser le mambo et le cha-cha-cha, m'ennuyer, faire des caprices, bouder, rire, t'entortiller autour de mon petit doigt, chercher une maison avec vue sur les vaches, remplir d'indĂ©cents Caddie, repeindre un plafond, coudre des rideaux, rester des heures Ă  table Ă  discuter avec des gens intĂ©ressants, te tenir par la barbichette, te couper les cheveux, enlever les mauvaises herbes, laver la voiture, voir la mer, t'appeler encore, te dire des mots crus, apprendre Ă  tricoter, te tricoter une Ă©charpe, dĂ©faire cette horreur, recueillir des chats, des chiens, des perroquets, des Ă©lĂ©phants, louer des bicyclettes, ne pas s'en servir, rester dans un hamac, boire des margaritas Ă  l'ombre, tricher, apprendre Ă  me servir d'un fer Ă  repasser, jeter le fer Ă  repasser par la fenĂȘtre, chanter sous la pluie, fuire les touristes, m'enivrer, te dire toute la vĂ©ritĂ©, me souvenir que toute vĂ©ritĂ© n'est pas bonne Ă  dire, t'Ă©couter, te donner la main, rĂ©cupĂ©rer mon fer Ă  repasser, Ă©couter les paroles des chansons, mettre le rĂ©veil, oublier nos valises, m'arrĂȘter de courir, descendre les poubelles, te demander si tu m'aimes toujours, discuter avec la voisine, te raconter mon enfance, faire des mouillettes, des Ă©tiquettes pour les pots de confiture..." Et ça continuais comme ça pendant des pages et des pages...
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Anna Gavalda (Someone I Loved (Je l'aimais))
“
Je suis ravi pour ces rĂ©voltes qui se font entendre un peu partout dans le monde. Une chaine s’est brisĂ©e. En revanche, je reste trĂšs vigilant car nous avons vu comment les amĂ©ricains Ă©taient impliquĂ©s en Tunisie et comment ils le sont avec l’armĂ©e de l’administration de Moubarak. En rĂ©alitĂ© nous avons deux dictateurs qui sont partis mais deux systĂšmes restent Ă  rĂ©former. Nous devrions tendre vers une dĂ©mocratie transparente et incorruptible. Or, qui souhaite cela aujourd’hui ? Surement pas le gouvernement amĂ©ricain et encore moins les europĂ©ens qui n’ont cessĂ© de cautionner et de profiter des avantages des dictateurs. Et les Etats-Unis ne voudraient pas d’une vraie dĂ©mocratie « transparente ». MĂȘme si Barack Obama clame le contraire, son administration a un tout autre programme.
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Tariq Ramadan
“
J'ai Ă©coutĂ© le sermon du prĂȘtre qui officiait devant la tombe de ma mĂšre. On ne perd jamais ses parents, mĂȘme aprĂšs leur mort ils vivent encore en vous. Ceux qui vous ont conçu, qui vous ont donnĂ© tout cet amour afin que vous surviviez ne peuvent pas disparaĂźtre. Le prĂȘtre avait raison, mais l'idĂ©e de savoir qu'il n'est plus d'endroit dans le monde oĂč ils respirent, que vous n'entendrez plus leur voix, que les volets de votre maison d'enfance seront clos Ă  jamais, vous plonge dans une solitude que mĂȘme Dieu n'avait pu concevoir.
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Marc Levy (Le Voleur d'ombres)
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The kitchen garden satisfies both requirements, a thing 0f beauty and a joy for dinner.
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Peter Mayle (Encore Provence: New Adventures in the South of France (Provence, #3))
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She closed her eyes a moment, tried her meditation mantra -- F*ck this, f*ck this, f*ck this -- to clear her mind.
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J.D. Robb (Encore in Death (In Death, #56))
“
Loving you changed everything for me. Being loved by you opened everything for me. Every day is more.
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J.D. Robb (Encore in Death (In Death, #56))
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The dead aren't the only victims.
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J.D. Robb (Encore in Death (In Death, #56))
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We are children of the same rotten family, survivors of the same intimate war. We will always be lovers, forever bonded, across distance and time.
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S.T. Gibson (An Encore of Roses)
“
Mais comme mes regards tombaient sur le bloc de feuilles blanches, je fus saisi par son aspect et je restai, la plume en l'air, à contempler ce papier éblouissant : comme il était dur et voyant, comme il était présent. Il n'y avait rien en lui que du présent. Les lettres que je venais d'y tracer n'étaient pas encore sÚches et déjà elles ne m'appartenaient plus.
”
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Jean-Paul Sartre (Nausea)
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Une famille, c'est un groupe de gens qui n'arrivent pas à communiquer, mais s'interrompent trÚs bruyamment, s'exaspÚrent mutuellement, comparent les diplÎmes de leurs enfants comme la décoration de leurs maisons, et se déchirent l'héritage de parents dont le cadavre est encore tiÚde.
”
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Frédéric Beigbeder (Un roman français)
“
When did your childhood end? How badly did you get hurt, when you did, when you were this little wee little hurtable thing, nothing but big eyes, a heart, a few hundred words? Isn’t it wonderful how we never recover? Injuries and wounds, ladies and gents. Slights and abuses, oh, what a paradise. Living in fear, suiting the hurt to our need. What a happy life. What a good game. Who can stand the most, the most life, and still smile, still grin into the coming night and say more, more, encore, encore, you fuckers, you fates, just give me more of the bloody bloody same.
”
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Will Eno (Thom Pain (based on nothing))
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Heureux sont les hommes qui rencontrent soudain, dans la rĂ©vĂ©lation d'un mĂ©tier, l'assouvissement de leurs dĂ©sirs jusque lĂ  incertains et la rĂšgle pour laquelle ils sont faits. Plus heureux encore ceux qui, riches de passions contradictoires, trouvent dans ce mĂ©tier leur propre clef, la solution de leur ĂȘtre intĂ©rieur et le point d'Ă©quilibre entre les tendances qui les dĂ©chirent !
”
”
Joseph Kessel (Mermoz)
“
sachez-le, si vous ĂȘtes pessimiste, c’est qu’intĂ©rieurement vous n’avez pas encore pris la bonne orientation, vos pieds ne sont pas encore engagĂ©s sur le chemin de la science spirituelle, car dĂšs le seuil de cette science, vous auriez dĂ» discerner que le vĂ©ritable avenir de l’ĂȘtre humain, c’est la lumiĂšre, la beautĂ©, la joie, l’épanouissement de son Ăąme. en chemin, bien sĂ»r, vous rencontrerez des difficultĂ©s, vous vous heurterez Ă  des obstacles, mais justement, pour les surmonter vous ne devez pas perdre le but de vue, mais vous rĂ©jouir par avance de ce bonheur qui vous attend.
”
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Omraam Mikhaël Aïvanhov (Le rire du sage (Izvor, #243))
“
- LE VICOMTE, suffoquĂ© : Ces grands airs arrogants ! Un hobereau qui... qui... n'a mĂȘme pas de gants ! Et qui sort sans rubans, sans bouffettes, sans ganses ! - CYRANO : Moi, c'est moralement que j'ai mes Ă©lĂ©gances. Je ne m'attife pas ainsi qu'un freluquet, Mais je suis plus soignĂ© si je suis moins coquet ; Je ne sortirais pas avec, par nĂ©gligence, Un affront pas trĂšs bien lavĂ©, la conscience Jaune encore de sommeil dans le coin de son oeil, Un honneur chiffonnĂ©, des scrupules en deuil. Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise, EmpanachĂ© d'indĂ©pendance, et de franchise ; Ce n'est pas une taille avantageuse, c'est Mon Ăąme que je cambre ainsi qu'en un corset, Et tout couvert d'exploits qu'en rubans je m'attache, Retroussant mon esprit ainsi qu'une moustache, Je fais, en traversant les groupes et les ronds, Sonner les vĂ©ritĂ©s comme des Ă©perons." (Acte I, scĂšne IV)
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”
Edmond Rostand (Cyrano de Bergerac)
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Puisque c'est ainsi. Puisque le temps sĂ©pare ceux qui s'aiment et que rien ne dure. Ce que nous vivions lĂ , et nous en Ă©tions conscients tous les quatre, c'Ă©tait un peu de rab. Un sursis, une parenthĂšse, un moment de grĂące. Quelques heures volĂ©es aux autres... Pendant combien de temps aurions-nous l'Ă©nergie de nous arracher ainsi du quotidien pour faire le mur? Combien de permissions la vie nous accorderait-elle encore? Combien de pieds de nez? Combien de petites grattes? Quand allions-nous nous perdre et comment les liens se distendraient-ils? Encore combien d'annĂ©es avant d'ĂȘtre vieux?
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Anna Gavalda (L'ÉchappĂ©e belle)
“
Lagrange, in one of the later years of his life, imagined that he had overcome the difficulty (of the parallel axiom). He went so far as to write a paper, which he took with him to the Institute, and began to read it. But in the first paragraph something struck him that he had not observed: he muttered: 'Il faut que j'y songe encore', and put the paper in his pocket.' [I must think about it again].
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”
Augustus de Morgan (A Budget of Paradoxes)
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Nous ne savons pas encore que nous sommes une force, une seule force: tous les habitants, tous les nÚgres des plaines et des mornes réunis. Un jour, quand nous aurons compris cette vérité, nous nous lÚverons d'un point à l'autre du pays et nous ferons l'assemblée générale des gouverneurs de la rosée, le grand coumbite des travailleurs de la terre pour défricher la misÚre et planter la vie nouvelle.
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Jacques Roumain
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– Les jours les plus sombres, on doit chercher un coin de clartĂ© ; les jours les plus froids, on doit chercher un coin de chaleur ; les jours les plus lugubres, on doit laisser ses yeux s’émerveiller, et les jours les plus tristes, on doit garder les yeux ouverts pour laisser les larmes couler. Puis les laisser sĂ©cher. Leur donner l’occasion de dissiper la douleur pour y voir clair et y croire encore.
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Tahereh Mafi (Unravel Me (Shatter Me, #2))
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Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mƓurs, une damnation sociale crĂ©ant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalitĂ© humaine la destinĂ©e qui est divine; tant que les trois problĂšmes du siĂšcle, la dĂ©gradation de l’homme par le prolĂ©tariat, la dĂ©chĂ©ance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas rĂ©solus; tant que, dans de certaines rĂ©gions, l’asphyxie sociale sera possible; en d’autres termes, et Ă  un point de vue plus Ă©tendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misĂšre, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas ĂȘtre inutiles.
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Victor Hugo (Les Misérables)
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- LE VICOMTE, suffoquĂ© : Ces grands airs arrogants ! Un hobereau qui... qui... n'a mĂȘme pas de gants ! Et qui sort sans rubans, sans bouffettes, sans ganses ! - CYRANO : Moi, c'est moralement que j'ai mes Ă©lĂ©gances. Je ne m'attife pas ainsi qu'un freluquet, Mais je suis plus soignĂ© si je suis moins coquet ; Je ne sortirais pas avec, par nĂ©gligence, Un affront pas trĂšs bien lavĂ©, la conscience Jaune encore de sommeil dans le coin de son oeil, Un honneur chiffonnĂ©, des scrupules en deuil. Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise, EmpanachĂ© d'indĂ©pendance et de franchise ; Ce n'est pas une taille avantageuse, c'est Mon Ăąme que je cambre ainsi qu'en un corset, Et tout couvert d'exploits qu'en rubans je m'attache, Retroussant mon esprit ainsi qu'une moustache, Je fais, en traversant les groupes et les ronds, Sonner les vĂ©ritĂ©s comme des Ă©perons.
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Edmond Rostand (Cyrano de Bergerac)
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les livres ne racontent rien. Rien que tu puisse croire ou enseigner aux autre. Si ce sont des romans, ils parlent d'ĂȘtres qui n'existent pas, de produits de l'imagination. Dans le cas contraire, c'est encore pire. Chaque professeur traite l'autre d'idiot. Chaque philosophe essaie de brailler plus fort que son adversaire. Ils galopent tous dans tous les sens, obscurcissant les Ă©toiles, Ă©teignant le soleil. On en sort complĂštement perdu.
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Ray Bradbury (Fahrenheit 451)
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Le parti national-socialiste avait fait un fameux cadeau Ă  ces SS-lĂ  : ils pouvaient marcher au combat sans aucun risque physique, dĂ©crocher les honneurs sans avoir Ă  entendre siffler les balles. L'impunitĂ© psychologique Ă©tait plus difficile Ă  atteindre. Tous les officiers SS avaient des camarades qui s'Ă©taient suicidĂ©s. Le haut commandment avait pondu des circulaires pour dĂ©noncer ces pertes futiles : il fallait ĂȘtre simple d'esprit pour croire que les juifs, parce qu'ils n'avaient pas de fusils, ne possĂ©daient pas d'armes d'un autre calibre : des armes sociales, Ă©conomiques et politiques. En fait, le juif Ă©tait armĂ© jusqu'aux dents. Trempez votre caractĂšre dans l'acier, soulignaient les circulaires, car l'enfant juif est une bombe Ă  retardement culturelle, la femme juive, un tissu biologique de toutes les trahisons, le mĂąle juif, un ennemi plus implacable encore qu'aucun Russe ne saurait l'ĂȘtre. (ch. 20)
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Thomas Keneally (Schindler’s List)
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Page 41 - Alors qu'est ce que tu décides? Tu me suis ou pas? Pitié accepte, ne me force pas à te tuer... - Par simple curiosité, que ferais-tu si je refusais? J'hésitais un instant à répondre mais optai pour la franchise. Clarence n'était pas un mauvais bougre, il avait le droit de savoir ce qui l'attendait. - Je devrais te liquidier, répondis-je d'un ton glacial. Une vie contre des milliers d'autres, le choix n'était pas trÚs compliqué. - Tu sais que tu es pire partenaire que j'aie jamais eue? fit-il non sans humour. Je haussais les épaules. - Pourquoi? Parce que je veux préserver la paix? - Non, parce que tu as une maniÚre trÚs personnelle d'argumenter. - Le moyen le plus efficace de défendre une opinion est de tuer ceux qui ne la partagent pas. - C'est quoi ca? Un extrait du guide du parfait dictateur? - Non, un vieil adage familial, fis je en lui tendant la main pour l'aider à se relever. - Eh ben désolé de te dire ca, mais ta famille craint! fit-il en se redressant. - Oui et encore, t'es trÚs en dessous de la vérité, soupirai-je...
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Cassandra O'Donnell (Potion macabre (Rebecca Kean, #3))
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Oh Barbara Quelle connerie la guerre Qu'es-tu devenue maintenant Sous cette pluie de fer De feu d'acier de sang Et celui qui te serrait dans ses bras Amoureusement Est-il mort disparu ou bien encore vivant Oh Barbara Il pleut sans cesse sur Brest Comme il pleuvait avant Mais ce n'est plus pareil et tout est abimĂ© C'est une pluie de deuil terrible et dĂ©solĂ©e Ce n'est mĂȘme plus l'orage De fer d'acier de sang Tout simplement des nuages Qui crĂšvent comme des chiens Des chiens qui disparaissent Au fil de l'eau sur Brest Et vont pourrir au loin Au loin trĂšs loin de Brest Dont il ne reste rien.
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Jacques Prévert (Paroles)
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The job you seek isn't out there in some job description, it's already inside you, aching to get out.
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John Tarnoff (Boomer Reinvention: How to Create Your Dream Career Over 50)
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Love, when it's real, doesn't hang on conditions.
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J.D. Robb (Encore in Death (In Death, #56))
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J'ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. Dans le bureau de mon grand-pÚre, il y en avait partout ; défense était de les faire épousseter sauf une fois l'an, avant la rentrée d'octobre. Je ne savais pas encore lire que, déjà, je les révérais, ces pierres levées : droites ou penchées, serrées comme des briques sur les rayons de la bibliothÚque ou noblement espacées en allées de menhirs, je sentais que la prospérité de notre famille en dépendait...
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Jean-Paul Sartre
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Le privilÚge économique détenu par les hommes, leur valeur sociale, le prestige du mariage, l'utilité d'un appui masculin, tout engage les femmes à vouloir ardenment plaire aux hommes. Elles sont encore dans l'ensemble en situation de vassalité. Il s'ensuit que la femme se connaßt et se choisit non en tant qu'elle existe pour soi mais telle que l'homme la définit.
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Simone de Beauvoir (Le deuxiĂšme sexe, I)
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I speak without knowing it. I speak with my body and I do so unbeknownst to myself. Thus I always say more than I know. This is where I arrive at the meaning of the word "subject" in analytic discourse. What speaks without knowing it makes me "I," subject of the verb. That doesn't suffice to bring me into being. That has nothing to do with what I am forced to put in — enough knowledge for it to hold up, but not one drop more.
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Jacques Lacan (On Feminine Sexuality, the Limits of Love and Knowledge: The Seminar of Jacques Lacan, Book XX: Encore)
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Journaliste : InterrogĂ© Ă  ce sujet hier soir sur notre antenne, vous avez a chaud rĂ©pondu la Libye je m’en fou royalement, maintenez vous maintenant que tout est fini cette apprĂ©ciation et pourquoi ? Hassan II : Je la maintien encore plus royalement du fait que je suis encore plus roi aujourd’hui qu'hier. [AprĂšs la tentative de coup d'État Ă  Rabat et Skhirate 10/11 juillet 1971]
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Hassan II
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Mais maintenant, brutalement sortie de ce tumulte, je voulais encore une fois revivre, pour en jouir rĂ©trospectivement, bribe par bribe, ces Ă©motions fugitives, grĂące Ă  cette façon magique de se tromper soi-mĂȘme que nous appelons le souvenir...À vrai dire, ce sont lĂ  des choses que l'on comprend ou que l'on ne comprend pas. Peut-ĂȘtre faut-il avoir un cƓur brĂ»lant, pour les concevoir.
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Stefan Zweig (Vingt-quatre heures de la vie d'une femme)
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The performance was exotic. It was short. And it wasn't much more dreadful than the Chinese opera that had been performed last year. "Bravo!" Ned called. He applauded madly. Thankfully, everyone joined in. Blakely bowed, rather stiffly, and picked his way through the rows toward his seat. He didn't even make eye contact with Ned, didn't acknowledge that Ned had just saved him. Ha, Just because Blakely had no humility didn't mean Ned couldn't try to humiliate him further. "Encore!" Ned shouted. Blakely fixed Ned with a look that promised eventual dismemberment. Luckily for the future attachment of Ned's limbs, nobody else took up the cry.
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Courtney Milan (Proof by Seduction (Carhart, #1))
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Je penchai le cou vers la plage blanche, m'approchai encore, qu'il n'y ait plus d'esquive possible à ma chute, Schist craillait autour de moi je crois me souvenir, il y avait entre ma vie et le saut aucune préférence plus d'hésitation j'étais au-delà à somnambuler sur la tranche de l'amont juste bien certain aux tréfonds de l'inanité de la farce désormais, la farce immense des Hordes.
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Alain Damasio (La Horde du Contrevent)
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InspirĂ©e sans doute par les forces obscures, ma mĂšre dit une parole oĂč d'aucuns verraient de la cruautĂ©, mais qui joua un rĂŽle capital dans la suite de mon existence : - Si tu veux que je t'aime encore plus, sĂ©duis-moi. Cette phrase m'indigna. Je rugis : - Non ! Tu est ma mĂšre ! Je ne dois pas te sĂ©duire ! Tu dois m'aimer ! - Ça n'existe pas, ça. Personne ne doit aimer personne. L'amour, ça se mĂ©rite.
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Amélie Nothomb (Biographie de la faim)
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L'homme lutte contre la peur mais, contrairement Ă  ce qu'on rĂ©pĂšte toujours, cette peur n'est pas celle de la mort, car la peur de la mort, tout le monde ne l'Ă©prouve pas, certains n'ayant aucune imagination, d'autres se croyant immortels, d'autres encore espĂ©rant des rencontres merveilleuses aprĂšs leur trĂ©pas ; la seule peur universelle, la peur unique, celle qui conduit toutes nos pensĂ©es, car la peur de n'ĂȘtre rien. Parce que chaque individu a Ă©prouvĂ© ceci, ne fĂ»t-ce qu'une seconde au cours d'une journĂ©e : se rendre compte que, par nature, ne lui appartient aucune des identitĂ©s qui le dĂ©finissent, qu'il aurait pu ne pas ĂȘtre dotĂ© de ce qui le caractĂ©rise, qu'il s'en est fallu d'un cheveu qu'il naisse ailleurs, apprenne une autre langue, reçoive une Ă©ducation religieuse diffĂ©rente, qu'on l'Ă©lĂšve dans une autre culture, qu'on l'instruise dans une autre idĂ©ologie, avec d'autres parents, d'autres tuteurs, d'autres modĂšles. Vertige !
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Éric-Emmanuel Schmitt
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et puis on recommence encore le lendemain avec seulement la mĂȘme rĂšgle que la veille et qui est d'Ă©viter les grandes joies barbares de mĂȘme que les gr-andes douleurs comme un crapaud contourne une pierre sur son chemin
 When I first read in translation these verses by Guy-Charles Cros, I blushed until my face burned. The toad. (That is what I was - a toad. It was not a question of whether or not society tolerated me, whether or not it ostracized me. I was an animal lower than a dog, lower than a cat. A toad. I sluggishly moved - that's all.)
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Osamu Dazai (No Longer Human)
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Cependant mon pÚre fut atteint d'une maladie qui le conduisit en peu de jours au tombeau. II expira dans mes bras. J'appris à connaßtre la mort sur les lÚvres de celui qui m'avait donné la vie. Cette impression fut grande; elle dure encore. C'est la premiÚre fois que l'immortalité de l'ùme s'est présentée clairement à mes yeux. Je ne pus croire que ce corps inanimé était en moi l'auteur de la pensée: je sentis qu'elle me devait venir d'une autre source; et dans une sainte douleur qui approchait de la joie, j'espérai me rejoindre un jour à l'esprit de mon pÚre.
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François-René de Chateaubriand
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Une des clĂ©s Ă©videntes et secrĂštes de ce monde oĂč nous vivons est qu'il passe son temps dans un Ă©ternel prĂ©sent toujours en train de s'Ă©vanouir. Entre un avenir qui n'existe pas encore et un passĂ© qui n'existe dĂ©jĂ  plus se glisse une pure abstraction, une sorte de rĂȘve impossible. C'est cette absence haletante que nous appelons le prĂ©sent. Personne n'a jamais vĂ©cu ailleurs que sur cette frontiĂšre vacillante entre le passĂ© et l'avenir.
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Jean d'Ormesson (Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit)
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Vouloir 'contrĂŽler la nature' est une arrogante prĂ©tention, nĂ©e d'une biologie et d'une philosophie qui en sont encore Ă  l'Ăąge de NĂ©andertal, oĂč l'on pouvait croire la nature destinĂ©e Ă  satisfaire le bon plaisir de l'homme. Les concepts et les pratiques de l'entomologie appliquĂ©e reflĂštent cet Ăąge de pierre de la science. Le malheur est qu'une si primitive pensĂ©e dispose actuellement des moyens d'action les plus puissants, et que, en orientant ses armes contre les insectes, elle les pointe aussi contre la terre.
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Rachel Carson (Silent Spring)
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« Alors je prends mon stylo pour dire que je l'aime, qu'elle a les plus longs cheveux du monde et que ma vie s'y noie, et si tu trouves ça ridicule pauvre de toi, ses yeux sont pour moi, elle est moi, je suis elle, et quand elle crie je crie aussi et tout ce que je ferai jamais sera pour elle, toujours, toujours je lui donnerai tout et jusqu'Ă  ma mort il n'y aura pas un mation oĂč je me lĂšverai pour autre chose que pour elle et lui donner envie de m'aimer et m'embrasser encore et encore ses poignets, ses Ă©paules, ses seins et alors je me suis rendu compte que quand on est amoureux on Ă©crit des phrases qui n'ont pas de fin, on n'a plus le temps de mettre des points, il faut continuer Ă  Ă©crire, Ă©crire, courir plus loin que son coeur, et la phrase ne veut pas s'arrĂȘter, l'amour n'a pas de ponctuation, et de larmes de passion dĂ©goulinent, quand on aime on finit toujours par Ă©crire des choses interminables, quand on aime on finit toujours par se prendre pour Albert Cohen. »
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Frédéric Beigbeder
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Peut-ĂȘtre pouvons-nous mĂȘme reconnaĂźtre les signes presque imperceptibles qui annoncent qu'un monde vient de disparaĂźtre, non pas le sifflement des obus par-dessus les plaines Ă©ventrĂ©es du Nord, mais le dĂ©clenchement d'un obturateur, qui trouble Ă  peine la lumiĂšre vibrante de l'Ă©tĂ©, la main fine et abĂźmĂ©e d'une jeune femme qui referme tout doucement, au milieu de la nuit, une porte sur ce qui n'aurait pas dĂ» ĂȘtre sa vie, ou la voile carrĂ©e d'un navire croisant sur les eaux bleues de la MĂ©diterranĂ©e, au large d'Hippone, portant depuis Rome la nouvelle inconcevable que des hommes existent encore, mais que leur monde n'est plus.
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JérÎme Ferrari (Le Sermon sur la chute de Rome)
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When the crowd is with you, the jokes are fresh, your timing is just right, and the moon is in the seventh house and Jupiter aligns with Mars. You are exactly where you should be, and there is nothing better. Comedy is a rare gift from the gods, an awesome invention. It propels you right into the heart of the universe. No wonder all the great comedians had such destructive private lives. Lenny Bruce had to shoot up, Richard Pryor had to freebase. Sam Kinison was just as abusive towards himself as he was to the crowd. After you get the audience into that kind of frenzy, and you are being worshiped like the false idol you are, how do you leave the stage and transition back into real life? How can you just come down? How can you ease back into mortality? What will you do for an encore? What is there left to do but set yourself on fire?
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Margaret Cho
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C’est alors que tout a vacillĂ©. La mer a charriĂ© un souffle Ă©pais et ardent. Il m’a semblĂ© que le ciel s’ouvrait sur toute son Ă©tendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon ĂȘtre s’est tendu et j’ai crispĂ© ma main sur le revolver. La gĂąchette a cĂ©dĂ©, j’ai touchĂ© le ventre poli de la crosse et c’est lĂ , dans le bruit Ă  la fois sec et assourdissant, que tout a commencĂ©. J’ai secouĂ© la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais dĂ©truit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage oĂč j’avais Ă©tĂ© heureux. Alors, j’ai tirĂ© encore quatre fois sur un corps inerte oĂč les balles s’enfonçaient sans qu’il y parĂ»t. Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur
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Albert Camus (The Stranger)
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- Les gens ont des Ă©toiles qui ne sont pas les mĂȘme. Pour les uns, qui voyagent, les Ă©toiles sont des guides. Pour d'autres elles ne sont rien que de petites lumiĂšres. Pour d'autres, qui sont savants, elles sont des problĂšmes.[...] Mais toutes ces Ă©toiles-lĂ  se taisent. Toi, tu auras des Ă©toiles comme personne n'en a... - Que veux-tu dire? - Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai dan l'une d'elles, puisque je rirai dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si risaient toutes les Ă©toiles. Tu auras, toi, des Ă©toiles qui savent rire! Et il rit encore. - Et quand tu seras consolĂ© (on se console toujours) tu seras content de m'avoir connu. Tu seras toujours mon ami. Tu auras envie de rire avec moi.
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Antoine de Saint-Exupéry (Le Petit Prince (French Edition))
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L'Amour qui n'est pas un mot Mon Dieu jusqu'au dernier moment Avec ce coeur dĂ©bile et blĂȘme Quand on est l'ombre de soi-mĂȘme Comment se pourrait-il comment Comment se pourrait-il qu'on aime Ou comment nommer ce tourment Suffit-il donc que tu paraisses De l'air que te fait rattachant Tes cheveux ce geste touchant Que je renaisse et reconnaisse Un monde habitĂ© par le chant Elsa mon amour ma jeunesse O forte et douce comme un vin Pareille au soleil des fenĂȘtres Tu me rends la caresse d'ĂȘtre Tu me rends la soif et la faim De vivre encore et de connaĂźtre Notre histoire jusqu'Ă  la fin C'est miracle que d'ĂȘtre ensemble Que la lumiĂšre sur ta joue Qu'autour de toi le vent se joue Toujours si je te vois je tremble Comme Ă  son premier rendez-vous Un jeune homme qui me ressemble M'habituer m'habituer Si je ne le puis qu'on m'en blĂąme Peut-on s'habituer aux flammes Elles vous ont avant tuĂ© Ah crevez-moi les yeux de l'Ăąme S'ils s'habituaient aux nuĂ©es Pour la premiĂšre fois ta bouche Pour la premiĂšre fois ta voix D'une aile Ă  la cime des bois L'arbre frĂ©mit jusqu'Ă  la souche C'est toujours la premiĂšre fois Quand ta robe en passant me touche Prends ce fruit lourd et palpitant Jettes-en la moitiĂ© vĂ©reuse Tu peux mordre la part heureuse Trente ans perdus et puis trente ans Au moins que ta morsure creuse C'est ma vie et je te la tends Ma vie en vĂ©ritĂ© commence Le jour que je t'ai rencontrĂ©e Toi dont les bras ont su barrer Sa route atroce Ă  ma dĂ©mence Et qui m'as montrĂ© la contrĂ©e Que la bontĂ© seule ensemence Tu vins au coeur du dĂ©sarroi Pour chasser les mauvaises fiĂšvres Et j'ai flambĂ© comme un geniĂšvre A la NoĂ«l entre tes doigts Je suis nĂ© vraiment de ta lĂšvre Ma vie est Ă  partir de toi
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Louis Aragon
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L'acte de penser l'intĂ©ressait maintenant plus que les douteux produits de la pensĂ©e elle-mĂȘme. (...) Toute sa vie, il s'Ă©tait Ă©bahi de cette facultĂ© qu'ont les idĂ©es de s'agglomĂ©rer froidement comme des cristaux en d'Ă©tranges figures vaines, de croĂźtre comme des tumeurs dĂ©vorant la chair qui les a conçues, ou encore d'assumer monstrueusement certains linĂ©aments de la personne humaine, comme ces masses inertes dont accouchent certaines femmes, et qui ne sont en somme que de la matiĂšre qui rĂȘve. (...) D'autres notions, plus propres et plus nettes, forgĂ©es comme par un maĂźtre ouvrier, Ă©taient de ces objets qui font illusion Ă  distance; on ne se lassait pas d'admirer leurs angles et leurs parallĂšles; elles n'Ă©taient nĂ©anmoins que les barreaux dans lesquels l'entendement s'enferme lui-mĂȘme, et la rouille du faux mangeait dĂ©jĂ  ces abstraites ferrailles. (...) Les notions mouraient comme les hommes: il avait vu au cours d'un demi-siĂšcle plusieurs gĂ©nĂ©rations d'idĂ©es tomber en poussiĂšre. (L'abĂźme)
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Marguerite Yourcenar (L'ƒuvre au noir)
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Il arrive un Ăąge oĂč ils ne sont plus sĂ©duisants, ni «en forme», comme on dit. Ils ne peuvent plus boire et ils pensent encore aux femmes; seulement ils sont obligĂ©s de les payer, d'accepter des quantitĂ©s de petites compromissions pour Ă©chapper Ă  leur solitude. Ils sont bernĂ©s, malheureux. C'est ce moment qu'ils choisissent pour devenir sentimentaux et exigeants
 J'en ai vu beaucoup devenir ainsi des sortes d'Ă©paves. "A time comes when they are no longer attractive or in good form. They can't drink any more, and they still hanker after women, only then they have to pay and make compromises in order to escape from their loneliness: they have become just figures of fun. They grow sentimental and hard to please. I have seen many who have gone the same way.
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Françoise Sagan (Bonjour tristesse)
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Un piĂšge. DressĂ© non pour Ellana mais pour lui. Jilano bondit vers la porte. VerrouillĂ©e, elle l'aurait Ă  peine ralenti. Elle s'ouvrit sans difficultĂ©. Sur un mur de pierre. Il leva les yeux. La mĂȘme substance huileuse qui l'avait fait glisser recouvrait tous les murs. La gouttiĂšre gisait au sol. Inutile de l'observer pour savoir qu'elle avait Ă©tĂ© sabotĂ©e. Du joli travail. Jilano inspira profondĂ©ment, ralentissant son rythme cardiaque jusqu'Ă  ce que son corps Ă©limine l'injonction de survie induite par le danger. Ce n'Ă©tait plus la peine. Il s'assit en tailleur contre un mur et attendit que la silhouette apparaisse au-dessus de lui. Elle ne tarda pas. Un sourire pĂąle erra sur les lĂšvres du maĂźtre marchombre lorsqu’il reconnut l'assassin. La guilde Ă©tait donc tombĂ©e si bas ? Il faillit parler, non pas pour tenter de convaincre, encore moins pour supplier, mais pour chercher Ă  comprendre. Il prĂ©fĂ©ra dĂ©tourner les yeux afin de se concentrer sur l'essentiel. Alors que l'assassin bandait son arc, les pensĂ©es de Jilano s'envolĂšrent vers Ellana. Bonheur. Gratitude. Amour. - Garde-toi, murmura-t-il, et que ta route soit belle. - Madame ! Que vous arrive-t-il ? Ellana Ă©tait brusquement devenue livide. Elle poussa un cri rauque, leva la main Ă  son cƓur et, avant qu'Aoro ait pu intervenir, elle s'effondra.
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Pierre Bottero (Ellana, l'Envol (Le Pacte des MarchOmbres, #2))
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Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goĂ»t, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin Ă  Combray (parce que ce jour-lĂ  je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante LĂ©onie m’offrait aprĂšs l’avoir trempĂ© dans son infusion de thĂ© ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelĂ© avant que je n’y eusse goĂ»tĂ© ; peut-ĂȘtre parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pĂątissiers, leur image avait quittĂ© ces jours de Combray pour se lier Ă  d’autres plus rĂ©cents ; peut-ĂȘtre parce que, de ces souvenirs abandonnĂ©s si longtemps hors de la mĂ©moire, rien ne survivait, tout s’était dĂ©sagrĂ©gĂ© ; les formes — et celle aussi du petit coquillage de pĂątisserie, si grassement sensuel sous son plissage sĂ©vĂšre et dĂ©vot — s’étaient abolies, ou, ensommeillĂ©es, avaient perdu la force d’expansion qui leur eĂ»t permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passĂ© ancien rien ne subsiste, aprĂšs la mort des ĂȘtres, aprĂšs la destruction des choses, seules, plus frĂȘles mais plus vivaces, plus immatĂ©rielles, plus persistantes, plus fidĂšles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des Ăąmes, Ă  se rappeler, Ă  attendre, Ă  espĂ©rer, sur la ruine de tout le reste, Ă  porter sans flĂ©chir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.
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Marcel Proust (Swann’s Way (In Search of Lost Time, #1))
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I have a terrible weakness for collecting snatches of other people's conversations, and occasionally I'm rewarded with unusual fragments of knowledge. My favorite of the day came from a large but shapely woman sitting nearby whom I learned was the owner of a local lingerie shop. 'Beh oui,' she said to her companion, waving her spoon for emphasis, 'il faut du temps pour la corsetterie.' You can't argue with that. I made a mental note not to rush things next time I was shopping for a corset, and leaned back to allow the waiter through with the next course.
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Peter Mayle (Encore Provence: New Adventures in the South of France (Provence, #3))
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Comme il est profond, ce mystÚre de l'Invisible ! Nous ne le pouvons sonder avec nos sens misérables, avec nos yeux qui ne savent apercevoir ni le trop petit, ni le trop grand, ni le trop prÚs, ni le trop loin, ni les habitants d'une étoile, ni les habitants d'une goutte d'eau... avec nos oreilles qui nous trompent, car elles nous transmettent les vibrations de l'air en notes sonores. Elles sont des fées qui font ce miracle de changer en bruit ce mouvement et par cette métamorphose donnent naissance à la musique, qui rend chantante l'agitation muette de la nature... avec notre odorat, plus faible que celui du chien... avec notre goût, qui peut à peine discerner l'ùge d'un vin ! Ah ! si nous avions d'autres organes qui accompliraient en notre faveur d'autres miracles, que de choses nous pourrions découvrir encore autour de nous !
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Guy de Maupassant (The Horla)
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«Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais malgrĂ© toute cette chance et toute cette richesse, depuis trĂšs longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal Ă  poissons; la vacuitĂ© et l’ineptie de l’existence. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis trĂšs intelligente. Exceptionnellement intelligente, mĂȘme. MĂȘme si on compare avec les adultes, je suis beaucoup plus maligne que la plupart d’entre eux. C’est comme ça. Je n’en suis pas spĂ©cialement fiĂšre parce que je n’y suis pour rien. Mais ce qui est certain, c’est que dans le bocal, je n’irais pas. C’est une dĂ©cision bien rĂ©flĂ©chie. MĂȘme pour une personne aussi intelligente que moi, aussi douĂ©e pour les Ă©tudes, aussi diffĂ©rente des autres et aussi supĂ©rieure Ă  la plupart, la vie est dĂ©jĂ  toute tracĂ©e et c’est triste Ă  pleurer : personne ne semble avoir songĂ© au fait que si l’existence est absurde, y rĂ©ussir brillamment n’a pas plus de valeur qu’y Ă©chouer. C’est seulement plus confortable. Et encore : je crois que la luciditĂ© rend le succĂšs amer alors que la mĂ©diocritĂ© espĂšre toujours quelque chose.»
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Muriel Barbery (The Elegance of the Hedgehog)
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Écrire sur soi-mĂȘme c'est Ă©crire sur les autres, puisque vos problĂšmes, vos souffrances, vos plaisirs, vos Ă©motions -et vos idĂ©es extraordinaires et remarquables- ne peuvent pas n'appartenir qu'Ă  vous. La façon de rĂ©gler le problĂšme de la "subjectivitĂ©", cette affreuse tendance Ă  se prĂ©occuper de l'infime individu qui se trouve en mĂȘme temps pris dans une explosion de possibilitĂ©s terribles et merveilleuses, consiste Ă  voir en lui un microcosme et ainsi Ă  dĂ©passer le personnel gĂ©nĂ©ral, comme le fait Ă©videmment la vie, transformant une expĂ©rience intime -du moins le croyez-vous- lorsque vous ĂȘtes encore enfant, "je suis amoureuse", "j'Ă©prouve telle ou telle Ă©motion, je pense telle ou telle chose" -en quelque chose de plus ample: grandir consiste en fin de compte Ă  comprendre que sa propre expĂ©rience incroyable et unique est ce que tout le monde partage.
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Doris Lessing (The Golden Notebook)
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Dave and Serge...played the Fiddler's Elbow as if it were Giants Stadium, and even though it was acoustic, they just about blew the place up. They were standing on chairs adn lying on the floor, they were funny, they charmed everyone in the pub apart from an old drunk ditting next to the drum kit...who put his fingers firmly in his ears during Serge's extended harmonica solo. It was utterly bizarre and very moving: most musicians wouldn't have bothered turning up, let alone almost killing themselves. And I was reminded...how rarely one feels included in a live show. Usually you watch, and listen, and drift off, and the band plays well or doesn't and it doesn't matter much either way. It can actually be a very lonely experience. But I felt a part of the music, and a part of the people I'd gone with, and, to cut this short before the encores, I didn't want to read for about a fortnight afterward. I wanted to write, but I didn't want to read no book. I was too itchy, too energized, and if young people feel like that every night of the week, then, yes, literature 's dead as a dodo. (Nick's thoughts after seeing Marah at a little pub called Fiddler's Elbow.)
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Nick Hornby (The Polysyllabic Spree)
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Ce matin, Marie est restée et je lui ai dit que nous déjeunerions ensemble. Je suis descendu pour acheter de la viande. En remontant, j'ai entendu une voix de femme dans la chambre de Raymond. Un peu aprÚs, le vieux Salamano a grondé son chien, nous avons entendu un bruit de semelles et de griffes sur les marches en bois de l'escalier et puis : « Salaud, charogne », ils sont sortis dans la rue. J'ai raconté à Marie l'histoire du vieux et elle a ri. Elle avait un de mes pyjamas dont elle avait retroussé les manches. Quand elle a ri, j'ai eu encore envie d'elle. Un moment aprÚs, elle m'a demandé si je l'aimais. Je lui ai ré-pondu que cela ne voulait rien dire, mais qu'il me semblait que non. Elle a eu l'air triste. Mais en préparant le déjeuner, et à propos de rien, elle a encore ri de telle façon que je l'ai embrassée. C'est à ce moment que les bruits d'une dispute ont éclaté chez Raymond.
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Albert Camus (L'Étranger / La Peste)
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Vieux bureaucrate, mon camarade ici prĂ©sent, nul jamais ne t'a fait Ă©vader et tu n'en es point responsable. Tu as construit ta paix Ă  force d'aveugler de ciment, comme le font les termites, toutes les Ă©chappĂ©es vers la lumiĂšre. Tu t'es roulĂ© en boule dans ta sĂ©curitĂ© bourgeoise, tes routines, les rites Ă©touffants de ta vie provinciale, tu as Ă©levĂ© cet humble rempart contre les vents et les marĂ©es et les Ă©toiles. Tu ne veux point t'inquiĂ©ter des grands problĂšmes, tu as eu bien assez de mal Ă  oublier ta condition d'homme. Tu n'es point l'habitant d'une planĂšte errante, tu ne te poses point de questions sans rĂ©ponse : tu es un petit bourgeois de Toulouse. Nul ne t'a saisi par les Ă©paules quand il Ă©tait temps encore. Maintenant, la glaise dont tu es formĂ© a sĂ©chĂ©, et s'est durcie, et nul en toi ne saurait dĂ©sormais rĂ©veiller le musicien endormi ou le poĂšte, ou l'astronome qui peut-ĂȘtre t'habitait d'abord.
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Antoine de Saint-Exupéry (Wind, Sand and Stars)
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Si il y avait bien une chose que l'Occupation nous avait apprise, c'Ă©tait Ă  nous taire. A ne jamais montrer ce que nous pensions du IIIĂšme Reich et de cette guerre. Nous n'Ă©tions que des dĂ©tenus dans nos propres maisons, dans notre pays. Plus libres d'avoir une opinion. Parce que mĂȘme nos pensĂ©es pouvaient nous enchaĂźner. Ce soir, je l'avais oubliĂ©. Pourtant il ne m'arrĂȘta pas. Il ne me demanda pas de le suivre pour un petit interrogatoire. AprĂšs tout, il n'y avait que les rĂ©sistants pour tenir un discours si tranchĂ©, non? Il n'y avait qu'eux pour oser dire de telles choses devant un caporal de la Wehrmacht. Alors pourquoi me tendit-il simplement sa fourche? Puisque la mienne Ă©tait inutilisable... J'hĂ©sitai Ă  la prendre. Quand je le fis, il refusa de la lĂącher. Nous restĂąmes lĂ , une seconde. Nos mains se frĂŽlant sur le manche en bois et nos regards accrochĂ©s. - Je ne suis pas innocent c'est vrai, m'avoua-t-il. Je ne le serai jamais plus et je devrai vivre avec toutes mes fautes. J'ai tuĂ©, je tuerai sans doute encore. J'ai blessĂ© et je blesserai encore. J'ai menti et je mentirai encore. Non, c'est vrai, il n'y a plus rien d'innocent en moi. Mais je l'ai Ă©tĂ©. Au dĂ©but. Avant la guerre. Je l'Ă©tais vraiment, vous savez. Innocent. Sa voix n'Ă©tait qu'un murmure. - Pourquoi me dites-vous ça? - Pour que vous le sachiez. - Mais pourquoi? demandai-je encore. Il recula d'un pas. - Bonne soirĂ©e, monsieur Lambert, dit-il sans me rĂ©pondre. Il quitta les Ă©curies sans un bruit. Aussi discrĂštement qu'il Ă©tait arrivĂ©.
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Lily Haime (À l'ombre de nos secrets)
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La mort ne faisait pas souffrir. C'Ă©tait la vie, cette atroce sensation d'Ă©touffement : c'Ă©tait le dernier coup que devait lui porter la vie. Ses mains et ses pieds, dans un dernier sursaut de volontĂ©, se mirent Ă  battre, Ă  faire bouillonner l'eau, faiblement, spasmodiquement. Mais malgrĂ© ses efforts dĂ©sespĂ©rĂ©s, il ne pourrait jamais plus remonter ; il Ă©tait trop bas, trop loin. Il flottait languissement, bercĂ© par un flot de visions trĂšs douces. Des couleurs, une radieuse lumiĂšre l'enveloppaient, le baignaient, le pĂ©nĂ©traient. Qu'Ă©tait-ce ? On aurait dit un phare. Mais non, c'Ă©tait dans son cerveau, cette Ă©blouissante lumiĂšre blanche. Elle brillait de plus en plus resplendissante. Il y eut un long grondement, et il lui sembla glisser sur une interminable pente. Et, tout au fond, il sombra dans la nuit. Ça, il le sut encore : il avait sombrĂ© dans la nuit. Et au moment mĂȘme oĂč il le sut, il cessa de le savoir.
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Jack London (Martin Eden)
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La diffĂ©rence de ceux qui sont frappĂ©s demeure dans la ressemblance des maux qui les frappent ; et pour ĂȘtre exposĂ©s aux mĂȘmes tourments, la vertu et le vice ne se confondent pas. Car, comme un mĂȘme feu fait briller l’or et noircir la paille, comme un mĂȘme flĂ©au Ă©crase le chaume et purifie le froment, ou encore, comme le marc ne se mĂȘle pas avec l’huile, quoiqu’il soit tirĂ© de l’olive par le mĂȘme pressoir, ainsi un mĂȘme malheur, venant Ă  tomber sur les bons et sur les mĂ©chants, Ă©prouve, purifie et fait resplendir les uns, tandis qu’il damne, Ă©crase et anĂ©antit les autres. C’est pour cela qu’en une mĂȘme affliction, les mĂ©chants blasphĂšment contre Dieu, les bons, au contraire, le prient et le bĂ©nissent : tant il importe de considĂ©rer, non les maux qu’on souffre, mais l’esprit dans lequel on les subit ; car le mĂȘme mouvement qui tire de la boue une odeur fĂ©tide, imprimĂ© Ă  un vase de parfums, en fait sortir les plus douces exhalaisons.
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Augustine of Hippo (Saint Augustin: les 9 oeuvres majeures et complÚtes (Les confessions, La cité de Dieu, De la trinité, Traité du libre arbitre...) (French Edition))
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Je me mis dĂšs lors Ă  lire avec aviditĂ© et bientĂŽt la lecture fut ma passion. Tous mes nouveaux besoins, toutes mes aspirations rĂ©centes, tous les Ă©lans encore vagues de mon adolescence qui s’élevaient dans mon Ăąme d’une façon si troublante et qui Ă©taient provoquĂ©s par mon dĂ©veloppement si prĂ©coce, tout cela, soudainement, se prĂ©cipita dans une direction, parut se satisfaire complĂštement de ce nouvel aliment et trouver lĂ  son cours rĂ©gulier. BientĂŽt mon cƓur et ma tĂȘte se trouvĂšrent si charmĂ©s, bientĂŽt ma fantaisie se dĂ©veloppa si largement, que j’avais l’air d’oublier tout ce qui m’avait entourĂ©e jusqu’alors. Il semblait que le sort lui mĂȘme m’arrĂȘtĂąt sur le seuil de la nouvelle vie dans laquelle je me jetais, Ă  laquelle je pensais jour et nuit, et, avant de m’abandonner sur la route immense, me faisait gravir une hauteur d’oĂč je pouvais contempler l’avenir dans un merveilleux panorama, sous une perspective brillante, ensorcelante. Je me voyais destinĂ©e Ă  vivre tout cet avenir en l’apprenant d’abord par les livres ; de vivre dans les rĂȘves, les espoirs, la douce Ă©motion de mon esprit juvĂ©nile. Je commençai mes lectures sans aucun choix, par le premier livre qui me tomba sous la main. Mais, le destin veillait sur moi. Ce que j’avais appris et vĂ©cu jusqu’à ce jour Ă©tait si noble, si austĂšre, qu’une page impure ou mauvaise n’eĂ»t pu dĂ©sormais me sĂ©duire. Mon instinct d’enfant, ma prĂ©cocitĂ©, tout mon passĂ© veillaient sur moi ; et maintenant ma conscience m’éclairait toute ma vie passĂ©e. En effet, presque chacune des pages que je lisais m’était dĂ©jĂ  connue, semblait dĂ©jĂ  vĂ©cue, comme si toutes ces passions, toute cette vie qui se dressaient devant moi sous des formes inattendues, en des tableaux merveilleux, je les avais dĂ©jĂ  Ă©prouvĂ©es. Et comment pouvais-je ne pas ĂȘtre entraĂźnĂ©e jusqu’à l’oubli du prĂ©sent, jusqu’à l’oubli de la rĂ©alitĂ©, quand, devant moi dans chaque livre que je lisais, se dressaient les lois d’une mĂȘme destinĂ©e, le mĂȘme esprit d’aventure qui rĂšgnent sur la vie de l’homme, mais qui dĂ©coulent de la loi fondamentale de la vie humaine et sont la condition de son salut et de son bonheur ! C’est cette loi que je soupçonnais, que je tĂąchais de deviner par toutes mes forces, par tous mes instincts, puis presque par un sentiment de sauvegarde. On avait l’air de me prĂ©venir, comme s’il y avait en mon Ăąme quelque chose de prophĂ©tique, et chaque jour l’espoir grandissait, tandis qu’en mĂȘme temps croissait de plus en plus mon dĂ©sir de me jeter dans cet avenir, dans cette vie. Mais, comme je l’ai dĂ©jĂ  dit, ma fantaisie l’emportait sur mon impatience, et, en vĂ©ritĂ©, je n’étais trĂšs hardie qu’en rĂȘve ; dans la rĂ©alitĂ©, je demeurais instinctivement timide devant l’avenir.
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Fyodor Dostoevsky (Netochka Nezvanova)
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Le silence est un effet de la prudence par laquelle on refuse de se laisser juger ou de s’engager. Il est aussi un effet de l’ascĂ©tisme par lequel on rĂ©frĂšne la spontanĂ©itĂ© de ses mouvements naturels, on renonce Ă  compter dans l’esprit d’autrui, Ă  obtenir son estime ou Ă  exercer une action sur lui. Cependant, il y a encore dans le silence une sorte d’hommage rendu Ă  la gravitĂ© de la vie ; car les paroles ne forment qu’un monde intermĂ©diaire entre ces sentiments intĂ©rieurs qui n’ont de sens que pour nous, mais qu’elles trahissent toujours, et les actes qui changent la face du monde et dont souvent elles tiennent la place. L’homme le plus frivole se contente de parler, sans que ses paroles mettent en jeu ni sa pensĂ©e, ni sa conduite. Le plus sĂ©rieux est celui qui parle le moins : il ne sait que mĂ©diter ou agir. Les paroles ne valent que si elles sont mĂ©diatrices entre la virtualitĂ© de la pensĂ©e et la rĂ©alitĂ© de l’action. Et l’on peut dire qu’elles rendent la pensĂ©e rĂ©elle, bien qu’elles ne soient encore qu’une action virtuelle.
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Louis Lavelle (L'erreur de Narcisse)
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Eh bien, monsieur de Rastignac, traitez ce monde comme il mĂ©rite de l'ĂȘtre. Vous voulez parvenir, je vous aiderai. Vous sonderez combien est profonde la corruption fĂ©minine, vous toiserez la largeur de la misĂ©rable vanitĂ© des hommes. Quoique j'aie bien lu dans ce livre du monde, il y avait des pages qui cependant m'Ă©taient inconnues. Maintenant je sais tout. Plus froidement vous calculerez, plus avant vous irez. Frappez sans pitiĂ©, vous serez craint. N'acceptez les hommes et les femmes que comme des chevaux de poste que vous laisserez crever Ă  chaque relais, vous arriverez ainsi au faĂźte de vos dĂ©sirs. Voyez-vous, vous ne serez rien ici si vous n'avez pas une femme qui s'intĂ©resse Ă  vous. Il vous la faut jeune, riche, Ă©lĂ©gante. Mais si vous avez un sentiment vrai, cachez-le comme un trĂ©sor ; ne le laissez jamais soupçonner, vous seriez perdu. Vous ne seriez plus le bourreau, vous deviendriez la victime. Si jamais vous aimiez, gardez bien votre secret ! ne le livrez pas avant d'avoir bien su Ă  qui vous ouvrirez votre cƓur. Pour prĂ©server par avance cet amour qui n'existe pas encore, apprenez Ă  vous mĂ©fier de ce monde-ci...
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Honoré de Balzac (PÚre Goriot)
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J’aime beaucoup les cimetiĂšres, moi, ça me repose et me mĂ©lancolise j’en ai besoin. Et puis, il y a aussi de bons amis lĂ  dedans, de ceux qu’on ne va plus voir ; et j’y vais encore, moi, de temps en temps. Justement, dans ce cimetiĂšre Montmartre, j’ai une histoire de cƓur, une maĂźtresse qui m’avait beaucoup pincĂ©, trĂšs Ă©mu, une charmante petite femme dont le souvenir, en mĂȘme temps qu’il me peine Ă©normĂ©ment, me donne des regrets
 des regrets de toute nature. Et je vais rĂȘver sur sa tombe
 C’est fini pour elle. Et puis, j’aime aussi les cimetiĂšres, parce que ce sont des villes monstrueuses, prodigieusement habitĂ©es. Songez donc Ă  ce qu’il y a de morts dans ce petit espace, Ă  toutes les gĂ©nĂ©rations de Parisiens qui sont logĂ©s lĂ , pour toujours, troglodytes dĂ©finitifs enfermĂ©s dans leurs petits caveaux, dans leurs petits trous couverts d’une pierre ou marquĂ©s d’une croix, tandis que les vivants occupent tant de place et font tant de bruit, ces imbĂ©ciles. Me voici donc entrant dans le cimetiĂšre Montmartre, et tout Ă  coup imprĂ©gnĂ© de tristesse, d’une tristesse qui ne faisait pas trop, de mal, d’ailleurs, une de ces tristesses qui vous font penser, quand on se porte bien : « Ça n’est pas drĂŽle, cet endroit-lĂ , mais le moment n’en est pas encore venu pour moi
 » L’impression de l’automne, de cette humiditĂ© tiĂšde qui sent la mort des feuilles et le soleil affaibli, fatiguĂ©, anĂ©mique, aggravait en la poĂ©tisant la sensation de solitude et de fin dĂ©finitive flottant sur ce lieu, qui sent la mort des hommes.
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Guy de Maupassant (La Maison Tellier)
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Je ris, Caesonia, quand je pense que, pendant des annĂ©es, Rome tout entiĂšre a Ă©vitĂ© de prononcer le nom de Drusilla. Car Rome s'est trompĂ©e pendant des annĂ©es. L'amour ne m'est pas suffisant, c'est cela que j'ai compris alors. C'est cela que je comprends aujourd'hui encore, en te regardant. Aimer un ĂȘtre, c'est accepter de vieillir avec lui. Je ne suis pas capable de cet amour. Drusilla vieille, c'Ă©tait bien pis que Drusilla morte. On croit qu'un homme souffre parce que l'ĂȘtre qu'il aime meurt en un jour. Mais sa vraie souffrance est moins futile : c'est de s'apercevoir que le chagrin non plus ne dure pas. MĂȘme la douleur est privĂ©e de sens. Tu vois, je n'avais pas d'excuses, pas mĂȘme l'ombre d'un amour, ni l'amertume de la mĂ©lancolie. Je suis sans alibi. Mais aujourd'hui, me voilĂ  encore plus libre qu'il y a des an-nĂ©es, libĂ©rĂ© que je suis du souvenir et de l'illusion. (Il rit d'une façon passionnĂ©e.) Je sais que rien ne dure ! Savoir cela ! Nous sommes deux ou trois dans l'histoire Ă  en avoir fait vraiment l'expĂ©rience, accompli ce bonheur dĂ©ment. Ceasonia, tu as suivi jusqu'au bout une bien curieuse tragĂ©die. Il est temps que pour toi le rideau se baisse.
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Albert Camus (Caligula)
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- Je te croyais morte. La voix d'Edwin avait Ă©tĂ© un murmure, le premier souffle hĂ©sitant d'un espoir qui renaissait. Ellana laissa son regard dĂ©river vers le corps ensanglantĂ© d'Essindra. Une flambĂ©e de haine embrasa son cƓur et, durant un bref instant, elle souhaita que la mercenaire soit encore vivante pour pouvoir la tuer Ă  nouveau. Puis Essindra disparut de son esprit et elle embrassa Edwin. Un baiser brĂ»lant Ă  l'improbable parfum de miracle. Un baiser douceur tout en promesses d'Ă©ternitĂ©. Un baiser aveu. Peur, tĂ©nĂšbres et solitude. PassĂ©es. Edwin la serra contre lui, enfouit le visage dans son cou, se perdit dans son parfum et les cheveux fous derriĂšre sa nuque. Sentir son corps, percevoir les battements de son cƓur... Il revint doucement Ă  la vie. - Je t'aime. Ils avaient chuchotĂ© ensemble. Tressaillirent ensemble en entendant l'autre Ă©noncer ce qui Ă©tat l'origine, le centre et l'avenir du monde. - Je t'aime. Autour d'eux l'univers avait pĂąli devant cette Ă©vidence. - Je t'aime. - Ne meurs plus jamais. S'il-te-plaĂźt. Plus jamais. - Je ne peux pas mourir, je t'aime. Leur Ă©treinte devint plus pressante, leurs lĂšvres se cherchĂšrent pour un nouveau baiser, plus intense, plus sensuel, plus... Destan, coincĂ© entre son pĂšre et sa mĂšre, Ă©mit un petit cri de protestation. Sans que leurs Ăąmes ne se dĂ©tachent, Ellana et Edwin s'Ă©cartĂšrent pour contempler leur fils. Peut-on mourir de bonheur ? La question avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© posĂ©. Si les larmes qui embuaient les yeux d'Ellana et celles qui roulaient sur le visage d'Edwin avaient su parler, elles auraient sans doute rĂ©pondu.
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Pierre Bottero (Ellana, la Prophétie (Le Pacte des MarchOmbres, #3))
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Je dĂ©couvris qu'en bluffant les psychiatres on pouvait tirer des trĂ©sors inĂ©puisables de divertissement gratifiants: vous les menez habilement en bateau, leur cachez soigneusement que vous connaissez toutes les ficelles du mĂ©tier; vous inventez Ă  leur intention des rĂȘves Ă©laborĂ©s, de purs classiques du genre qui provoquent chez eux, ces extorqueurs de rĂȘves, de tels cauchemars qu'ils se rĂ©veillent en hurlant; vous les affriolez avec des "scĂšnes primitives" apocryphes; le tout sans jamais leur permettre d'entrevoir si peu que ce soit le vĂ©ritable Ă©tat de votre sexualitĂ©. En soudoyant une infirmiĂšre, j'eus accĂšs Ă  quelques dossiers et dĂ©couvris, avec jubilation, des fiches me qualifiant d' "homosexuel en puissance" et d' "impuissant invĂ©tĂ©rĂ©". Ce sport Ă©tait si merveilleux, et ses rĂ©sultats - dans mon cas - si mirifiques, que je restai un bon mois supplĂ©mentaire aprĂšs ma guĂ©rison complĂšte (dormant admirablement et mangeant comme une Ă©coliĂšre). Puis j'ajoutai encore une semaine rien que pour le plaisir de me mesurer Ă  un nouveau venu redoutable, une cĂ©lĂ©britĂ© dĂ©placĂ©e (et manifestement Ă©garĂ©e) comme pour son habiletĂ© Ă  persuader ses patients qu'ils avaient Ă©tĂ© tĂ©moins de leur propre conception.
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Vladimir Nabokov (Lolita)
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J’ai arpentĂ© les galeries sans fin des grandes bibliothĂšque, les rues de cette ville qui fĂ»t la nĂŽtre, celle oĂč nous partagions presque tous nos souvenirs depuis l’enfance. Hier, j’ai marchĂ© le long des quais, sur les pavĂ©s du marchĂ© Ă  ciel ouvert que tu aimais tant. Je me suis arrĂȘtĂ© par-ci par-lĂ , il me semblait que tu m’accompagnais, et puis je suis revenu dans ce petit bar prĂšs du port, comme chaque vendredi. Te souviendras-tu ? Je ne sais pas oĂč tu es. Je ne sais pas si tout ce que nous avons vĂ©cu avait un sens, si la vĂ©ritĂ© existe, mais si tu trouves ce petit mot un jour, alors tu sauras que j’ai tenu ma promesse, celle que je t’ai faite. A mon tour de te demander quelque chose, tu me le dois bien. Oublie ce que je viens d’écrire, en amitiĂ© on ne doit rien. Mais voici nĂ©anmoins ma requĂȘte : Dis-lui, dis-lui que quelque part sur cette terre, loin de vous, de votre temps, j’ai arpentĂ© les mĂȘmes rues, ri avec toi autour des mĂȘmes tables, et puisque les pierres demeurent, dis-lui que chacune de celles oĂč nous avons posĂ© nos mais et nos regards contient Ă  jamais une part de notre histoire. Dis-lui, que j’étais ton ami, que tu Ă©tais mon frĂšre, peut-ĂȘtre mieux encore puisque nous nous Ă©tions choisis, dis-lui que rien n’a jamais pu nous sĂ©parer, mĂȘme votre dĂ©part si soudain.
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Marc Levy (La prochaine fois)
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VoilĂ  bien la famille : mĂȘme celui qui n'a pas sa place dans le monde, qui n'est ni cĂ©lĂšbre ni riche, Ă  qui il n'est venu ni enfants ni idĂ©es, et dont le public ne lira le nom que dans sa notice nĂ©crologique, celui-lĂ , en famille, a pourtant sa place attitrĂ©e. En famille, on est quelqu'un. Vous n'imaginez pas comme Caroline imite bien Chaplin, ni comme Rudi est irritable. Et quel sens de l'humour, dans toute la famille ! Ce qui, partout ailleurs, n'aurait rien d'humoristique dĂ©clenche ici des rires retentissants, on ne saurait dire pourquoi ; c'est drĂŽle, voilĂ  tout, n'est-ce pas l'essentiel en matiĂšre d'humour ? Et puis, tous ceux qui ne sont pas de la famille sont bien plus ridicules qu'ils ne s'en doutent. Dieu les a vouĂ©s Ă  la caricature ; si vous ĂȘtes seul au monde, sans attaches, vous pouvez ĂȘtre sĂ»r d'ĂȘtre le summum du ridicule pour les diverses familles qui vous observent. Il est vrai que ces qualitĂ©s, comme tout, peuvent ĂȘtre vues sous leur angle nĂ©gatif : la famille a l'esprit plus petit qu'une petite ville. Plus elle est chaleureuse, plus elle se montre dure pour tout ce qui n'est est pas elle, et elle est toujours plus cruelle qu'un ĂȘtre confrontĂ© seul Ă  la souffrance du monde. En cantonnant la gloire dans son cercle restreint, oĂč elle est faceil Ă  atteindre (« gloire de la famille »), elle endort l'ambition. Et parce que tous les Ă©vĂ©nements familiaux suscitent une tristesse plus profonde ou une joie plus Ă©clatante qu'ils ne le mĂ©ritent rĂ©ellement, parce qu'en famille ce qui n'a rien d'humoristique devient de l'humour, et des peines insignifiantes Ă  l'Ă©chelle collective, un malheur personnel, elle est le berceau de toute l'ineptie qui imprĂšgne notre vie publique. Il y aurait encore long Ă  en dire et on l'a dit parfois, mais jamais en des jours comme celui-ci.
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Robert Musil (La maison enchantée)
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Un aveu. Je fais autre chose encore, autre chose que visualiser la scĂšne, autre chose que convoquer un souvenir, je me dis  : Ă  quoi Thomas a-t-il pensĂ©, quand ça a Ă©tĂ© le dernier moment  ? aprĂšs avoir passĂ© la corde autour de son cou  ? avant de renverser la chaise  ? et d'abord, combien de temps cela a-t-il durĂ©  ? une poignĂ©e de secondes  ? puisqu'il ne servait Ă  rien de perdre du temps, la dĂ©cision avait Ă©tĂ© prise, il fallait la mettre Ă  exĂ©cution, une minute  ? mais c'est interminable, une minute, dans ces circonstances, et alors comment l'a-t-il remplie  ? avec quelles pensĂ©es  ? et j'en reviens Ă  ma question. A-t-il fermĂ© les yeux et revu des Ă©pisodes de son passĂ©, de la tendre enfance, par exemple son corps Ă©tendu en croix dans l'herbe fraĂźche, tournĂ© vers le bleu du ciel, la sensation de chaleur sur sa joue et sur ses bras  ? de son adolescence  ? une chevauchĂ©e Ă  moto, la rĂ©sistance de l'air contre son torse  ? a-t-il Ă©tĂ© rattrapĂ© par des dĂ©tails auxquels il ne s'attendait pas  ? des choses qu'il croyait avoir oubliĂ©es  ? ou bien a-t-il fait dĂ©filer des visages ou des lieux, comme s'il s'agissait de les emporter avec lui  ? (À la fin, je suis convaincu qu'en tout cas, il n'a pas envisagĂ© de renoncer, que sa dĂ©termination n'a pas flĂ©chi, qu'aucun regret, s'il y en a eu, n'est venu contrarier sa volontĂ©.) Je traque cette ultime image formĂ©e dans son esprit, surgie de sa mĂ©moire, non pas pour escompter y avoir figurĂ© mais pour croire qu'en la dĂ©couvrant, je renouerais avec notre intimitĂ©, je serais Ă  nouveau ce que nul autre n'a Ă©tĂ© pour lui.
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Philippe Besson (« ArrĂȘte avec tes mensonges »)
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Tu viens d'incendier la BibliothĂšque ? - Oui. J'ai mis le feu lĂ . - Mais c'est un crime inouĂŻ ! Crime commis par toi contre toi-mĂȘme, infĂąme ! Mais tu viens de tuer le rayon de ton Ăąme ! C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler ! Ce que ta rage impie et folle ose brĂ»ler, C'est ton bien, ton trĂ©sor, ta dot, ton hĂ©ritage Le livre, hostile au maĂźtre, est Ă  ton avantage. Le livre a toujours pris fait et cause pour toi. Une bibliothĂšque est un acte de foi Des gĂ©nĂ©rations tĂ©nĂ©breuses encore Qui rendent dans la nuit tĂ©moignage Ă  l'aurore. Quoi! dans ce vĂ©nĂ©rable amas des vĂ©ritĂ©s, Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartĂ©s, Dans ce tombeau des temps devenu rĂ©pertoire, Dans les siĂšcles, dans l'homme antique, dans l'histoire, Dans le passĂ©, leçon qu'Ă©pelle l'avenir, Dans ce qui commença pour ne jamais finir, Dans les poĂštes! quoi, dans ce gouffre des bibles, Dans le divin monceau des Eschyles terribles, Des HomĂšres, des jobs, debout sur l'horizon, Dans MoliĂšre, Voltaire et Kant, dans la raison, Tu jettes, misĂ©rable, une torche enflammĂ©e ! De tout l'esprit humain tu fais de la fumĂ©e ! As-tu donc oubliĂ© que ton libĂ©rateur, C'est le livre ? Le livre est lĂ  sur la hauteur; Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine, Il dĂ©truit l'Ă©chafaud, la guerre, la famine Il parle, plus d'esclave et plus de paria. Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria. Lis ces prophĂštes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille L'Ăąme immense qu'ils ont en eux, en toi s'Ă©veille ; Ébloui, tu te sens le mĂȘme homme qu'eux tous ; Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ; Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croĂźtre, Ils t'enseignent ainsi que l'aube Ă©claire un cloĂźtre À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant, Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ; Ton Ăąme interrogĂ©e est prĂȘte Ă  leur rĂ©pondre ; Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre, Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs, Le mal, les prĂ©jugĂ©s, les rois, les empereurs ! Car la science en l'homme arrive la premiĂšre. Puis vient la libertĂ©. Toute cette lumiĂšre, C'est Ă  toi comprends donc, et c'est toi qui l'Ă©teins ! Les buts rĂȘvĂ©s par toi sont par le livre atteints. Le livre en ta pensĂ©e entre, il dĂ©fait en elle Les liens que l'erreur Ă  la vĂ©ritĂ© mĂȘle, Car toute conscience est un noeud gordien. Il est ton mĂ©decin, ton guide, ton gardien. Ta haine, il la guĂ©rit ; ta dĂ©mence, il te l'ĂŽte. VoilĂ  ce que tu perds, hĂ©las, et par ta faute ! Le livre est ta richesse Ă  toi ! c'est le savoir, Le droit, la vĂ©ritĂ©, la vertu, le devoir, Le progrĂšs, la raison dissipant tout dĂ©lire. Et tu dĂ©truis cela, toi ! - Je ne sais pas lire.
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Victor Hugo
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Patrice a vingt-quatre ans et, la premiĂšre fois que je l’ai vu, il Ă©tait dans son fauteuil inclinĂ© trĂšs en arriĂšre. Il a eu un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral. Physiquement, il est incapable du moindre mouvement, des pieds jusqu’à la racine des cheveux. Comme on le dit souvent d’une maniĂšre trĂšs laide, il a l’aspect d’un lĂ©gume : bouche de travers, regard fixe. Tu peux lui parler, le toucher, il reste immobile, sans rĂ©action, comme s’il Ă©tait complĂštement coupĂ© du monde. On appelle ça le locked in syndrome.Quand tu le vois comme ça, tu ne peux qu’imaginer que l’ensemble de son cerveau est dans le mĂȘme Ă©tat. Pourtant il entend, voit et comprend parfaitement tout ce qui se passe autour de lui. On le sait, car il est capable de communiquer Ă  l’aide du seul muscle qui fonctionne encore chez lui : le muscle de la paupiĂšre. Il peut cligner de l’Ɠil. Pour l’aider Ă  s’exprimer, son interlocuteur lui propose oralement des lettres de l’alphabet et, quand la bonne lettre est prononcĂ©e, Patrice cligne de l’Ɠil.  Lorsque j’étais en rĂ©animation, que j’étais complĂštement paralysĂ© et que j’avais des tuyaux plein la bouche, je procĂ©dais de la mĂȘme maniĂšre avec mes proches pour pouvoir communiquer. Nous n’étions pas trĂšs au point et il nous fallait parfois un bon quart d’heure pour dicter trois pauvres mots. Au fil des mois, Patrice et son entourage ont perfectionnĂ© la technique. Une fois, il m’est arrivĂ© d’assister Ă  une discussion entre Patrice et sa mĂšre. C’est trĂšs impressionnant.La mĂšre demande d’abord : « Consonne ? » Patrice acquiesce d’un clignement de paupiĂšre. Elle lui propose diffĂ©rentes consonnes, pas forcĂ©ment dans l’ordre alphabĂ©tique, mais dans l’ordre des consonnes les plus utilisĂ©es. DĂšs qu’elle cite la lettre que veut Patrice, il cligne de l’Ɠil. La mĂšre poursuit avec une voyelle et ainsi de suite. Souvent, au bout de deux ou trois lettres trouvĂ©es, elle anticipe le mot pour gagner du temps. Elle se trompe rarement. Cinq ou six mots sont ainsi trouvĂ©s chaque minute.  C’est avec cette technique que Patrice a Ă©crit un texte, une sorte de longue lettre Ă  tous ceux qui sont amenĂ©s Ă  le croiser. J’ai eu la chance de lire ce texte oĂč il raconte ce qui lui est arrivĂ© et comment il se sent. À cette lecture, j’ai pris une Ă©norme gifle. C’est un texte brillant, Ă©crit dans un français subtil, lĂ©ger malgrĂ© la tragĂ©die du sujet, rempli d’humour et d’autodĂ©rision par rapport Ă  l’état de son auteur. Il explique qu’il y a de la vie autour de lui, mais qu’il y en a aussi en lui. C’est juste la jonction entre les deux mondes qui est un peu compliquĂ©e.Jamais je n’aurais imaginĂ© que ce texte si puissant ait Ă©tĂ© Ă©crit par ce garçon immobile, au regard entiĂšrement vide.  Avec l’expĂ©rience acquise ces derniers mois, je pensais ĂȘtre capable de diagnostiquer l’état des uns et des autres seulement en les croisant ; j’ai reçu une belle leçon grĂące Ă  Patrice.Une leçon de courage d’abord, Ă©tant donnĂ© la vitalitĂ© des propos que j’ai lus dans sa lettre, et, aussi, une leçon sur mes a priori. Plus jamais dorĂ©navant je ne jugerai une personne handicapĂ©e Ă  la vue seule de son physique. C’est jamais inintĂ©ressant de prendre une bonne claque sur ses propres idĂ©es reçues .
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Grand corps malade (Patients)
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Je suis encore un homme jeune, et pourtant, quand je songe Ă  ma vie, c’est comme une bouteille dans laquelle on aurait voulu faire entrer plus qu’elle ne peut contenir. Est-ce le cas pour toute vie humaine, ou suis-je nĂ© dans une Ă©poque qui repousse toute limite et qui bat les existences comme les cartes d’un grand jeu de hasard ? Moi, je ne demandais pas grand-chose. J'aurais aimĂ© ne jamais quitter le village. Les montagnes, les bois, nos riviĂšres, tout cela m’aurait suffi. J’aurais aimĂ© ĂȘtre tenu loin de la rumeur du monde, mais autour de moi bien des peuples se sont entretuĂ©s. Bien des pays sont morts et ne sont plus que des noms dans les livres d’Histoire. Certains en ont dĂ©vorĂ© d’autres, les ont Ă©ventrĂ©s, violĂ©s, souillĂ©s. Et ce qui est juste n’a pas toujours triomphĂ© de ce qui est sale. Pourquoi ai-je dĂ», comme des milliers d’autres hommes, porter une croix que je n’avais pas choisie, endurer un calvaire qui n’était pas fait pour mes Ă©paules et qui ne me concernait pas? Qui a donc dĂ©cidĂ© de venir fouiller mon obscure existence, de dĂ©terrer ma maigre tranquillitĂ©, mon anonymat gris, pour me lancer comme une boule folle et minuscule dans un immense jeu de quilles? Dieu? Mais alors, s’Il existe, s’Il existe vraiment, qu’Il se cache. Qu’Il pose Ses deux mains sur Sa tĂȘte, et qu’Il la courbe. Peut-ĂȘtre, comme nous l'apprenait jadis Peiper, que beaucoup d’hommes ne sont pas dignes de Lui, mais aujourd’hui je sais aussi qu’Il n'est pas digne de la plupart d’entre nous, et que si la crĂ©ature a pu engendrer l’horreur c’est uniquement parce que son CrĂ©ateur lui en a soufflĂ© la recette.
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Philippe Claudel (Brodeck)
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Mais oui, maĂźtresse... Tenez ! juste au-dessus de nous, voilĂ  le Chemin de saint Jacques (la Voie lactĂ©e). Il va de France droit sur l’Espagne. C’est saint Jacques de Galice qui l’a tracĂ© pour montrer sa route au brave Charlemagne lorsqu’il faisait la guerre aux Sarrasins. Plus loin, vous avez le Char des Ames (la Grande Ourse) avec ses quatre essieux resplendissants. Les trois Ă©toiles qui vont devant sont les Trois BĂȘtes, et cette toute petite contre la troisiĂšme c’est le Charretier. Voyez-vous tout autour cette pluie d’étoiles qui tombent ? Ce sont les Ăąmes dont le bon Dieu ne veut pas chez lui... Un peu plus bas, voici le RĂąteau ou les Trois Rois (Orion). C’est ce qui nous sert d’horloge, Ă  nous autres. Rien qu’en les regardant, je sais maintenant qu’il est minuit passĂ©. Un peu plus bas, toujours vers le midi, brille Jean de Milan, le flambeau des astres (Sirius). Sur cette Ă©toile-lĂ , voici ce que les bergers racontent. Il paraĂźt qu’une nuit Jean de Milan, avec les Trois Rois et la PoussiniĂšre (la PlĂ©iade), furent invitĂ©s Ă  la noce d’une Ă©toile de leurs amies. PoussiniĂšre, plus pressĂ©e, partit, dit-on, la premiĂšre, et prit le chemin haut. Regardez-la, lĂ -haut, tout au fond du ciel. Les Trois Rois coupĂšrent plus bas et la rattrapĂšrent ; mais ce paresseux de Jean de Milan, qui avait dormi trop tard, resta tout Ă  fait derriĂšre, et furieux, pour les arrĂȘter, leur jeta son bĂąton. C’est pourquoi les Trois Rois s’appellent aussi le BĂąton de Jean de Milan... Mais la plus belle de toutes les Ă©toiles, maĂźtresse, c’est la nĂŽtre, c’est l’Etoile du Berger, qui nous Ă©claire Ă  l’aube quand nous sortons le troupeau, et aussi le soir quand nous le rentrons. Nous la nommons encore Maguelonne, la belle Maguelonne qui court aprĂšs Pierre de Provence (Saturne) et se marie avec lui tous les sept ans
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Alphonse Daudet (Lettres de mon moulin)
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finalement, Ă©perdu d'amour et au comble de la frĂ©nĂ©sie Ă©rotique, je m'assis dans l'herbe et j'enlevai un de mes souliers en caoutchouc. — Je vais le manger pour toi, si tu veux. Si elle le voulait I Ha! Mais bien sĂ»r qu'elle le voulait, voyons! C'Ă©tait une vraie petite femme. --- Elle posa son cerceau par terre et s'assit sur ses ta-lons. Je crus voir dans ses yeux une lueur d'estime. Je n'en demandais pas plus. Je pris mon canif et enta-mai le caoutchouc. Elle me regardait faire. — Tu vas le manger cru ? — Oui. J'avalai un morceau, puis un autre. Sous son regard enfin admiratif, je me sentais devenir vraiment un homme. Et j'avais raison. Je venais de faire mon apprentissage. J'entamai le caoutchouc encore plus profondĂ©ment, soufflant un peu, entre les bouchĂ©es, et je continuai ainsi un bon moment, jusqu'Ă  ce qu'une sueur froide me montĂąt au front. Je continuai mĂȘme un peu au-delĂ , serrant les dents, luttant contre la nausĂ©e, ramassant toutes mes forces pour demeurer sur le terrain, comme il me fallut le faire tant de fois, depuis, dans mon mĂ©tier d'homme. Je fus trĂšs malade, on me transporta Ă  l'hĂŽpital, ma mĂšre sanglotait, Aniela hurlait, les filles de l'atelier geignaient, pendant qu'on me mettait sur un brancard dans l'ambulance. J'Ă©tais trĂšs fier de moi. Mon amour d'enfant m'inspira vingt ans plus tard mon premier roman Éducation europĂ©enne, et aussi certains passages du Grand Vestiaire. Pendant longtemps, Ă  travers mes pĂ©rĂ©grinations, j'ai transportĂ© avec moi un soulier d'enfant en caoutchouc, entamĂ© au couteau. J'avais vingt-cinq ans, puis trente, puis quarante, mais le soulier Ă©tait toujours lĂ , Ă  portĂ©e de la main. J'Ă©tais toujours prĂȘt Ă  m'y attabler, Ă  donner, une fois de plus, le meilleur de moi-mĂȘme. Ça ne s'est pas trouvĂ©. Finalement, j'ai abandonnĂ© le soulier quelque part derriĂšre moi. On ne vit pas deux fois. (La promesse de l'aube, ch. XI)
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Romain Gary (Promise at Dawn)
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Il y a quelqu'un que je n'ai encore jamais eu envie de tuer. C'est toi. Tu peux marcher dans les rues, tu peux boire et marcher dans les rues, je ne te tuerai pas. N'aie pas peur. La ville est sans danger. Le seul danger dans la ville, c'est moi. Je marche, je marche dans les rues, je tue. Mais toi, tu n'as rien Ă  craindre. Si je te suis, c'est parce que j'aime le rythme de tes pas. Tu titubes. C'est beau. On pourrait dire que tu boites. Et que tu es bossu. Tu ne l'es pas vraiment. De temps en temps tu te redresses, et tu marches droit. Mais moi, je t'aime dans les heures avancĂ©es de la nuit, quand tu es faible, quand tu trĂ©buches, quand tu te voĂ»tes. Je te suis, tu trembles. De froid ou de peur. Il fait chaud pourtant. Jamais, presque jamais, peut-ĂȘtre jamais il n'avait fait si chaud dans notre ville. Et de quoi pourrais-tu avoir peur? De moi? Je ne suis pas ton ennemi. Je t'aime. Et personne d'autre ne pourrait te faire du mal. N'aie pas peur. je suis lĂ . Je te protĂšge. Pourtant, je souffre aussi. Mes larmes - grosses gouttes de pluie - me coulent sur le visage. La nuit me voile. La lune m'Ă©claire. Les nuages me cachent. Le vent me dĂ©chire. J'ai une sorte de tendresse pour toi. Cela m'arrive parfois. Tres rarement. Pourquoi pour toi? Je n'en sais rien. Je veux te suivre trĂšs loin, partout, longtemps. Je veux te voir souffrir encore plus. Je veux que tu en aies assez de tout le reste. Je veux que tu viennes me supplier de te prendre. Je veux que tu me dĂ©sires. Que tu aies envie de moi, que tu m'aimes, que tu m'appelles. Alors, je te prendrai dans mes bras, je te serrerai sur mon coeur, tu seras mon enfant, mon amant, mon amour. Je t'emporterai. Tu avais peur de naĂźtre, et maintenant tu as peur de mourir. Tu as peur de tout. Il ne faut pas avoir peur. Il y a simplement une grande roue qui tourne. Elle s'appelle ÉternitĂ©. C'est moi qui fais tourner la grande roue. Tu ne dois pas avoir peur de moi. Ni de la grande roue. La seule chose qui puisse faire peur, qui puisse faire mal, c'est la vie, et tu la connais dĂ©jĂ .
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Ágota Kristóf
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L'isolement Souvent sur la montagne, Ă  l'ombre du vieux chĂȘne, Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ; Je promĂšne au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se dĂ©roule Ă  mes pieds. Ici gronde le fleuve aux vagues Ă©cumantes ; Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ; LĂ  le lac immobile Ă©tend ses eaux dormantes OĂč l'Ă©toile du soir se lĂšve dans l'azur. Au sommet de ces monts couronnĂ©s de bois sombres, Le crĂ©puscule encor jette un dernier rayon ; Et le char vaporeux de la reine des ombres Monte, et blanchit dĂ©jĂ  les bords de l'horizon. Cependant, s'Ă©lançant de la flĂšche gothique, Un son religieux se rĂ©pand dans les airs : Le voyageur s'arrĂȘte, et la cloche rustique Aux derniers bruits du jour mĂȘle de saints concerts. Mais Ă  ces doux tableaux mon Ăąme indiffĂ©rente N'Ă©prouve devant eux ni charme ni transports ; Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante Le soleil des vivants n'Ă©chauffe plus les morts. De colline en colline en vain portant ma vue, Du sud Ă  l'aquilon, de l'aurore au couchant, Je parcours tous les points de l'immense Ă©tendue, Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. " Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumiĂšres, Vains objets dont pour moi le charme est envolĂ© ? Fleuves, rochers, forĂȘts, solitudes si chĂšres, Un seul ĂȘtre vous manque, et tout est dĂ©peuplĂ© ! Que le tour du soleil ou commence ou s'achĂšve, D'un oeil indiffĂ©rent je le suis dans son cours ; En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lĂšve, Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours. Quand je pourrais le suivre en sa vaste carriĂšre, Mes yeux verraient partout le vide et les dĂ©serts : Je ne dĂ©sire rien de tout ce qu'il Ă©claire; Je ne demande rien Ă  l'immense univers. Mais peut-ĂȘtre au-delĂ  des bornes de sa sphĂšre, Lieux oĂč le vrai soleil Ă©claire d'autres cieux, Si je pouvais laisser ma dĂ©pouille Ă  la terre, Ce que j'ai tant rĂȘvĂ© paraĂźtrait Ă  mes yeux ! LĂ , je m'enivrerais Ă  la source oĂč j'aspire ; LĂ , je retrouverais et l'espoir et l'amour, Et ce bien idĂ©al que toute Ăąme dĂ©sire, Et qui n'a pas de nom au terrestre sĂ©jour ! Que ne puĂźs-je, portĂ© sur le char de l'Aurore, Vague objet de mes voeux, m'Ă©lancer jusqu'Ă  toi ! Sur la terre d'exil pourquoi restĂ©-je encore ? Il n'est rien de commun entre la terre et moi. Quand lĂ  feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s'Ă©lĂšve et l'arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable Ă  la feuille flĂ©trie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
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Alphonse de Lamartine (Antologija francuskog pjesniĆĄtva)
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« Écoute, Egor PĂ©trovitch, lui dit-il. Qu’est ce que tu fais de toi ? Tu te perds seulement avec ton dĂ©sespoir. Tu n’as ni patience ni courage. Maintenant, dans un accĂšs de tristesse, tu dis que tu n’as pas de talent. Ce n’est pas vrai. Tu as du talent ; je t’assure que tu en as. Je le vois rien qu’à la façon dont tu sens et comprends l’art. Je te le prouverai par toute ta vie. Tu m’as racontĂ© ta vie d’autrefois. À cette Ă©poque aussi le dĂ©sespoirte visitait sans que tu t’en rendisses compte. À cette Ă©poque aussi, ton premier maĂźtre, cet homme Ă©trange, dont tu m’as tant parlĂ©, a Ă©veillĂ© en toi, pour la premiĂšre fois, l’amour de l’art et a devinĂ© ton talent. Tu l’as senti alors aussi fortement que maintenant. Mais tu ne savais pas ce qui se passait en toi. Tu ne pouvais pas vivre dans la maison du propriĂ©taire, et tu ne savais toi-mĂȘme ce que tu dĂ©sirais. Ton maĂźtre est mort trop tĂŽt. Il t’a laissĂ© seulement avec des aspirations vagues et, surtout, il ne t’a pas expliquĂ© toimĂȘme. Tu sentais le besoin d’une autre route plus large, tu pressentais que d’autres buts t’étaient destinĂ©s, mais tu ne comprenais pas comment tout cela se ferait et, dans ton angoisse, tu as haĂŻ tout ce qui t’entourait alors. Tes six annĂ©es de misĂšre ne sont pas perdues. Tu as travaillĂ©, pensĂ©, tu as reconnu et toi-mĂȘme et tes forces ; tu comprends maintenant l’art et ta destination. Mon ami, il faut avoir de la patience et du courage. Un sort plus enviĂ© que le mien t’est rĂ©servĂ©. Tu es cent fois plus artiste que moi, mais que Dieu te donne mĂȘme la dixiĂšme partie de ma patience. Travaille, ne bois pas, comme te le disait ton bonpropriĂ©taire, et, principalement, commence par l’a, b, c. « Qu’est-ce qui te tourmente ? La pauvretĂ©, la misĂšre ? Mais la pauvretĂ© et la misĂšre forment l’artiste. Elles sont insĂ©parables des dĂ©buts. Maintenant personne n’a encore besoin de toi ; personne ne veut te connaĂźtre. Ainsi va le monde. Attends, ce sera autre chose quand on saura que tu as du talent. L’envie, la malignitĂ©, et surtout la bĂȘtise t’opprimeront plus fortement que la misĂšre. Le talent a besoin de sympathie ; il faut qu’on le comprenne. Et toi, tu verras quelles gens t’entoureront quand tu approcheras du but. Ils tĂącheront de regarder avec mĂ©pris ce qui s’est Ă©laborĂ© en toi au prix d’un pĂ©nible travail, des privations, des nuits sans sommeil. Tes futurs camarades ne t’encourageront pas, ne te consoleront pas. Ils ne t’indiqueront pas ce qui en toi est bon et vrai. Avec une joie maligne ils relĂšveront chacune de tes fautes. Ils te montreront prĂ©cisĂ©ment ce qu’il y a de mauvais en toi, ce en quoi tu te trompes, et d’un air calme et mĂ©prisant ils fĂȘteront joyeusement chacune de tes erreurs. Toi, tu esorgueilleux et souvent Ă  tort. Il t’arrivera d’offenser une nullitĂ© qui a de l’amour-propre, et alors malheur Ă  toi : tu seras seul et ils seront plusieurs. Ils te tueront Ă  coups d’épingles. Moi mĂȘme, je commence Ă  Ă©prouver tout cela. Prends donc des forces dĂšs maintenant. Tu n’es pas encore si pauvre. Tu peux encore vivre ; ne nĂ©glige pas les besognes grossiĂšres, fends du bois, comme je l’ai fait un soir chez de pauvres gens. Mais tu es impatient ; l’impatience est ta maladie. Tu n’as pas assez de simplicitĂ© ; tu ruses trop, tu rĂ©flĂ©chis trop, tu fais trop travailler ta tĂȘte. Tu es audacieux en paroles et lĂąche quand il faut prendra l’archet en main. Tu as beaucoup d’amour-propre et peu de hardiesse. Sois plus hardi, attends, apprends, et si tu ne comptes pas sur tes forces, alors va au hasard ; tu as de la chaleur, du sentiment, peut-ĂȘtre arriveras-tu au but. Sinon, va quand mĂȘme au hasard. En tout cas tu ne perdras rien, si le gain est trop grand. Vois-tu, aussi, le hasard pour nous est une grande chose. »
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Fyodor Dostoevsky (Netochka Nezvanova)
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Qui vous le dit, qu’elle (la vie) ne vous attend pas ? Certes, elle continue, mais elle ne vous oblige pas Ă  suivre le rythme. Vous pouvez bien vous mettre un peu entre parenthĂšses pour vivre ce deuil
 accordez-vous le temps. *** Parce que Ò«a me fait plaisir. Parce que je sais aussi que l’entourage peut se montrer trĂšs discret dans pareille situation, et que de se changer les idĂ©es de temps en temps fait du bien. Parce que je sais que vous aimez la montagne et que vous n’iriez pas toute seule. *** Oui. Si vous perdez une jambe, Ò«a se voit, les gens sont conciliants. Et encore, pas tous. Mais quand c’est un morceau de votre cƓur qui est arrachĂ©, Ò«a ne se voit pas de l’extĂ©rieur, et c’est au moins aussi douloureux
 Ce n’est pas de la faute des gens. Ils ne se fient qu’aux apparences. Il faut gratter pour voir ce qu’il y a au fond. Si vous jetez une grosse pierre dans une mare, elle va faire des remous Ă  la surface. Des gros remous d'abord, qui vont gifler les rives, et puis des remous plus petits, qui vont finir par disparaĂźtre. Peu Ă  peu, la surface redevient lisse et paisible. Mais la grosse pierre est quand mĂȘme au fond. La grosse pierre est quand mĂȘme au fond. *** La vie s’apparente Ă  la mer. Il y a les bruit des vagues, quand elles s’abattent sur la plage, et puis le silence d’aprĂšs, quand elles se retirent. Deux mouvement qui se croissent et s’entrecoupent sans discontinuer. L’un est rapide, violent, l’autre est doux et lent. Vous aimeriez vous retirer, dans le mĂȘme silence des vagues, partir discrĂštement, vous faire oublier de la vie. Mais d’autres vague arrivent et arriveront encore et toujours. Parce que c’est Ò«a la vie
 C’est le mouvement, c’est le rythme, le fracas parfois, durant la tempĂȘte, et le doux clapotis quand tout est calme. Mais le clapotis quand mĂȘme Un bord de mer n'est jamais silencieux, jamais. La vie non plus, ni la vĂŽtre, ni la mienne. Il y a les grains de sables exposĂ©s aux remous et ceux protĂ©gĂ©s en haut de la plage. Lesquels envier? Ce n'est pas avec le sable d'en haut, sec et lisse, que l'on construit les chĂąteaux de sable, c'est avec celui qui fraye avec les vagues car ses particules sont coalescentes. Vous arriverez Ă  reconstruire votre chĂąteau, vous le construirez avec des grains qui vous ressemblent, qui ont aussi connu les dĂ©ferlantes de la vie, parce qu'avec eux, le ciment est solide.. *** « Tu ne sais jamais Ă  quel point tu es fort jusqu’au jour oĂč ĂȘtre fort reste la seule option. » C’est Bob Marley qui a dit Ò«a. *** Manon ne referme pas violemment la carte du restaurant. Elle n’éprouve pas le besoin qu’il lui lise le menu pour qu’elle ne voie pas le prix, et elle trouvera Ă©gal que chaque bouchĂ©e vaille cinq euros. Manon profite de la vie. Elle accepte l’invitation avec simplicitĂ©. Elle dĂ©fend la place des femmes sans ĂȘtre une fĂ©ministe acharnĂ©e et cela ne lui viendrait mĂȘme pas Ă  l’idĂ©e de payer sa part. D’abord, parce qu’elle sait que Paul s’en offusquerait, ensuite, parce qu’elle aime ces petites marques de galanterie, qu’elle regrette de voir disparaĂźtre avec l’évolution d’une sociĂ©tĂ© en pertes de repĂšres.
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AgnĂšs Ledig (Juste avant le bonheur)
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Cette qualitĂ© de la joie n’est-elle pas le fruit le plus prĂ©cieux de la civilisation qui est nĂŽtre ? Une tyrannie totalitaire pourrait nous satisfaire, elle aussi, dans nos besoins matĂ©riels. Mais nous ne sommes pas un bĂ©tail Ă  l’engrais. La prospĂ©ritĂ© et le confort ne sauraient suffire Ă  nous combler. Pour nous qui fĂ»mes Ă©levĂ©s dans le culte du respect de l’homme, pĂšsent lourd les simples rencontres qui se changent parfois en fĂȘtes merveilleuses
 Respect de l’homme ! Respect de l’homme !
 LĂ  est la pierre de touche ! Quand le Naziste respecte exclusivement qui lui ressemble, il ne respecte rien que soi-mĂȘme ; il refuse les contradictions crĂ©atrices, ruine tout espoir d’ascension, et fonde pour mille ans, en place d’un homme, le robot d’une termitiĂšre. L’ordre pour l’ordre chĂątre l’homme de son pouvoir essentiel, qui est de transformer et le monde et soi-mĂȘme. La vie crĂ©e l’ordre, mais l’ordre ne crĂ©e pas la vie. Il nous semble, Ă  nous, bien au contraire, que notre ascension n’est pas achevĂ©e, que la vĂ©ritĂ© de demain se nourrit de l’erreur d’hier, et que les contradictions Ă  surmonter sont le terreau mĂȘme de notre croissance. Nous reconnaissons comme nĂŽtres ceux mĂȘmes qui diffĂšrent de nous. Mais quelle Ă©trange parenté ! elle se fonde sur l’avenir, non sur le passĂ©. Sur le but, non sur l’origine. Nous sommes l’un pour l’autre des pĂšlerins qui, le long de chemins divers, peinons vers le mĂȘme rendez-vous. Mais voici qu’aujourd’hui le respect de l’homme, condition de notre ascension, est en pĂ©ril. Les craquements du monde moderne nous ont engagĂ©s dans les tĂ©nĂšbres. Les problĂšmes sont incohĂ©rents, les solutions contradictoires. La vĂ©ritĂ© d’hier est morte, celle de demain est encore Ă  bĂątir. Aucune synthĂšse valable n’est entrevue, et chacun d’entre nous ne dĂ©tient qu’une parcelle de la vĂ©ritĂ©. Faute d’évidence qui les impose, les religions politiques font appel Ă  la violence. Et voici qu’à nous diviser sur les mĂ©thodes, nous risquons de ne plus reconnaĂźtre que nous nous hĂątons vers le mĂȘme but. Le voyageur qui franchit sa montagne dans la direction d’une Ă©toile, s’il se laisse trop absorber par ses problĂšmes d’escalade, risque d’oublier quelle Ă©toile le guide. S’il n’agit plus que pour agir, il n’ira nulle part. La chaisiĂšre de cathĂ©drale, Ă  se prĂ©occuper trop Ăąprement de la location de ses chaises, risque d’oublier qu’elle sert un dieu. Ainsi, Ă  m’enfermer dans quelque passion partisane, je risque d’oublier qu’une politique n’a de sens qu’à condition d’ĂȘtre au service d’une Ă©vidence spirituelle. Nous avons goĂ»tĂ©, aux heures de miracle, une certaine qualitĂ© des relations humaines : lĂ  est pour nous la vĂ©ritĂ©. Quelle que soit l’urgence de l’action, il nous est interdit d’oublier, faute de quoi cette action demeurera stĂ©rile, la vocation qui doit la commander. Nous voulons fonder le respect de l’homme. Pourquoi nous haĂŻrions-nous Ă  l’intĂ©rieur d’un mĂȘme camp ? Aucun d’entre nous ne dĂ©tient le monopole de la puretĂ© d’intention. Je puis combattre, au nom de ma route, telle route qu’un autre a choisie. Je puis critiquer les dĂ©marches de sa raison. Les dĂ©marches de la raison sont incertaines. Mais je dois respecter cet homme, sur le plan de l’Esprit, s’il peine vers la mĂȘme Ă©toile. Respect de l’Homme ! Respect de l’Homme !
 Si le respect de l’homme est fondĂ© dans le cƓur des hommes, les hommes finiront bien par fonder en retour le systĂšme social, politique ou Ă©conomique qui consacrera ce respect. Une civilisation se fonde d’abord dans la substance. Elle est d’abord, dans l’homme, dĂ©sir aveugle d’une certaine chaleur. L’homme ensuite, d’erreur en erreur, trouve le chemin qui conduit au feu.
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Antoine de Saint-Exupéry (Lettre à un otage)