A Nos Amours Quotes

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Être seul est devenu une maladie honteuse. Pourquoi tout le monde fuit-il la solitude? Parce qu'elle oblige Ă  penser. De nos jours, Descartes n'Ă©crirait plus: “Je pense donc je suis.” Il dirait: “Je suis seul donc je pense.” Personne ne veut la solitude, car elle laisse trop de temps pour rĂ©flĂ©chir. Or plus on pense, plus on est intelligent, donc plus on est triste.
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Frédéric Beigbeder (L'amour dure trois ans (Marc Marronnier, #3))
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La rayuela se juega con una piedrita que hay que empujar con la punta del zapato. Ingredientes: una acera, una piedrita, un zapato, y un bello dibujo con tiza, preferentemente de colores. En lo alto estå el Cielo, abajo estå la Tierra, es muy difícil llegar con la piedrita al Cielo, casi siempre se calcula mal y la piedra sale del dibujo. Poco a poco, sin embargo, se va adquiriendo la habilidad necesaria para salvar las diferentes casillas (rayuela caracol, rayuela rectangular, rayuela de fantasía, poco usada) y un día se aprende a salir de la Tierra y remontar la piedrita hasta el Cielo, hasta entrar en el Cielo, (Et tous nos amours, sollozó EmmanuÚle boca abajo), lo malo es que justamente a esa altura, cuando casi nadie ha aprendido a remontar la piedrita hasta el Cielo, se acaba de golpe la infancia y se cae en las novelas, en la angustia al divino cohete, en la especulación de otro Cielo al que también hay que aprender a llegar. Y porque se ha salido de la infancia (Je n'oublierai pas le temps des cérises, pataleó EmmanuÚle en el suelo) se olvida que para llegar al Cielo se necesitan, como ingredientes, una piedrita y la punta de un zapato.
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Julio CortĂĄzar (Hopscotch)
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Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours aprĂšs la peine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure
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Guillaume Apollinaire
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On la connaßt tous... Cette solitude qui nous mine parfois. Qui sabote notre sommeil ou pourrit nos petits matins. C'est la tristesse du premier jour d'école. C'est lorsqu'il embrasse une fille plus belle dans la cour du lycée. C'est Orly ou la gare de l'Est à la fin d'un amour. C'est l'enfant qu'on ne fera jamais ensemble. C'est quelquefois moi. C'est quelquefois vous. Mais il suffit parfois d'une rencontre...
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Guillaume Musso (Que serais-je sans toi?)
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Mon problÚme c'est que j'aime aimer. Que je tombe amoureuse de l'idée de l'amour plutÎt que du garçon.
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Samantha Bailly
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Ah! si ton mari mourait... Si mon mari mourait..., répéta lentement ThérÚse. Nous nous marierions ensemble, nous ne craindrions plus rien, nous jouirions largement de nos amours... Quelle bonne et douce vie!
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Émile Zola (ThĂ©rĂšse Raquin)
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Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours aprÚs la peine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe des éternels regards l'onde si lasse Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure l'amour s'en va comme cette eau courante L'amour s'en va Comme la vie est lente Et comme l'Espérance est violente Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure
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Guillaume Apollinaire (Alcools)
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Ta voix, tes yeux, tes mains, tes lĂšvres, Nos silences, nos paroles, La lumiĂšre qui s’en va, la lumiĂšre qui revient, Un seul sourire pour nous deux, Par besoin de savoir, j’ai vu la nuit crĂ©er le jour sans que nous changions d’apparence, Ô bien-aimĂ© de tous et bien-aimĂ© d’un seul, En silence ta bouche a promis d’ĂȘtre heureuse, De loin en loin, ni la haine, De proche en proche, ni l’amour, Par la caresse nous sortons de notre enfance, Je vois de mieux en mieux la forme humaine, Comme un dialogue amoureux, le cƓur ne fait qu’une seule bouche Toutes les choses au hasard, tous les mots dits sans y penser, Les sentiments Ă  la dĂ©rive, les hommes tournent dans la ville, Le regard, la parole et le fait que je t’aime, Tout est en mouvement, il suffit d’avancer pour vivre, D’aller droit devant soi vers tout ce que l’on aime, J’allais vers toi, j’allais sans fin vers la lumiĂšre, Si tu souris, c’est pour mieux m’envahir, Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard.
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Paul Éluard
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(...) il fallait sĂ©parer nos souffles, s'Ă©carter, s'espacer, se lever, se dĂ©doubler, et c'est toujours autant de perdu. Quand on a deux corps, il vient des moments oĂč l'on est Ă  moitiĂ©. - Est-ce que je suis envahissante? - Terriblement, lorsque tu n'es pas lĂ .
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Romain Gary (Clair de femme)
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Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix Et quand il croit serrer son bonheur il le broie Sa vie est un étrange et douloureux divorce Il n'y a pas d'amour heureux Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes Qu'on avait habillés pour un autre destin A quoi peut leur servir de se lever matin Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes Il n'y a pas d'amour heureux Mon bel amour mon cher amour ma déchirure Je te porte dans moi comme un oiseau blessé Et ceux-là sans savoir nous regardent passer Répétant aprÚs moi les mots que j'ai tressés Et qui pour tes grands yeux tout aussitÎt moururent Il n'y a pas d'amour heureux Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare Il n'y a pas d'amour heureux Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri Et pas plus que de toi l'amour de la patrie Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs Il n'y a pas d'amour heureux Mais c'est notre amour à tous les deux
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Louis Aragon (La Diane française: En Étrange Pays dans mon pays lui-mĂȘme)
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L'anĂ©mone et l'ancolie Ont poussĂ© dans le jardin OĂč dort la mĂ©lancolie Entre l'amour et le dĂ©dain Il y vient aussi nos ombres Que la nuit dissipera Le soleil qui les rend sombres Avec elles disparaĂźtra Les dĂ©itĂ©s des eaux vives Laissent couler leurs cheveux Passe il faut que tu poursuives Cette belle ombre que tu veux
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Guillaume Apollinaire (Alcools)
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A qui Ă©cris-tu? -A toi. En fait, je ne t'Ă©cris pas vraiment, j'Ă©cris ce que j'ai envie de faire avec toi... Il y avait des feuilles partout. Autour d'elle, Ă  ses pieds, sur le lit. J'en ai pris une au hasard: "...Pique-niquer, faire la sieste au bord d'une riviĂšre, manger des pĂȘches, des crevettes, des croissants, du riz gluant, nager, danser, m'acheter des chaussures, de la lingerie, du parfum, lire le journal, lĂ©cher les vitrines, prendre le mĂ©tro, surveiller l'heure, te pousser quand tu prends toute la place, Ă©tendre le linge, aller Ă  l'OpĂ©ra, faire des barbecues, rĂąler parce que tu as oubliĂ© le charbon, me laver les dents en mĂȘme temps que toi, t'acheter des caleçons, tondre la pelouse, lire le journal par-dessus ton Ă©paule, t'empĂȘcher de manger trop de cacahuĂštes, visiter les caves de la Loire, et celles de la Hunter Valley, faire l'idiote, jacasser, cueillir des mĂ»res, cuisiner, jardiner, te rĂ©veiller encore parce que tu ronfles, aller au zoo, aux puces, Ă  Paris, Ă  Londres, te chanter des chansons, arrĂȘter de fumer, te demander de me couper les ongles, acheter de la vaisselle, des bĂȘtises, des choses qui ne servent Ă  rien, manger des glaces, regarder les gens, te battre aux Ă©checs, Ă©couter du jazz, du reggae, danser le mambo et le cha-cha-cha, m'ennuyer, faire des caprices, bouder, rire, t'entortiller autour de mon petit doigt, chercher une maison avec vue sur les vaches, remplir d'indĂ©cents Caddie, repeindre un plafond, coudre des rideaux, rester des heures Ă  table Ă  discuter avec des gens intĂ©ressants, te tenir par la barbichette, te couper les cheveux, enlever les mauvaises herbes, laver la voiture, voir la mer, t'appeler encore, te dire des mots crus, apprendre Ă  tricoter, te tricoter une Ă©charpe, dĂ©faire cette horreur, recueillir des chats, des chiens, des perroquets, des Ă©lĂ©phants, louer des bicyclettes, ne pas s'en servir, rester dans un hamac, boire des margaritas Ă  l'ombre, tricher, apprendre Ă  me servir d'un fer Ă  repasser, jeter le fer Ă  repasser par la fenĂȘtre, chanter sous la pluie, fuire les touristes, m'enivrer, te dire toute la vĂ©ritĂ©, me souvenir que toute vĂ©ritĂ© n'est pas bonne Ă  dire, t'Ă©couter, te donner la main, rĂ©cupĂ©rer mon fer Ă  repasser, Ă©couter les paroles des chansons, mettre le rĂ©veil, oublier nos valises, m'arrĂȘter de courir, descendre les poubelles, te demander si tu m'aimes toujours, discuter avec la voisine, te raconter mon enfance, faire des mouillettes, des Ă©tiquettes pour les pots de confiture..." Et ça continuais comme ça pendant des pages et des pages...
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Anna Gavalda (Someone I Loved (Je l'aimais))
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De nos jours, rien n'est plus mensonger que cette étiquette "pro-vie" dont s'affublent les militants antiavortements : un grand nombre d'entre eux sont aussi favorables à la peine de mort ou, aux Etats-Unis, à la libre circulation des armes (plus de quinze mille morts en 2017), et on ne le voit pas militer avec tant d'ardeur contre les guerres ni contre la pollution, dont on estime qu'elle a été responsable d'une mort sur six dans le monde en 2015. La vie ne les passionne que lorsqu'il s'agit de pourrir celles des femmes. Le natalisme est affaire de pouvoir, et non d'amour de l'humanité.
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Mona Chollet (SorciÚres : La puissance invaincue des femmes)
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je finirai bien par te rencontrer quelque part bon dieu! et contre tout ce qui me rend absent et douloureux par le mince regard qui me reste au fond du froid j'affirme ĂŽ mon amour que tu existes je corrige notre vie nous n'irons plus mourir de langueur Ă  des milles de distance dans nos rĂȘves bourrasques des filets de sang dans la soif craquelĂ©e de nos lĂšvres les Ă©paules baignĂ©es de vols de mouettes non j'irai te chercher nous vivrons sur la terre la dĂ©tresse n'est pas incurable qui fait de moi une Ă©pave de dĂ©rision, un ballon d'indĂ©cence un pitre aux larmes d'Ă©tincelles et de lĂ©sions profondes frappe l'air et le feu de mes soifs coule-moi dans tes mains de ciel de soie la tĂȘte la premiĂšre pour ne plus revenir
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Gaston Miron (L'Homme rapaillé)
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Vivre ensemble et exister pleinement Ă  deux, cela suppose de rĂ©former nos schĂ©mas mentaux, d’inventer de nouveaux codes amoureux, de bĂ©nĂ©ficier de nouvelles reprĂ©sentations pour se socialiser autrement Ă  l’amour. C’est d’abord cesser de croire Ă  la naturalitĂ© de ses composantes romantiques, Ă  la fixitĂ© des rĂŽles sexuĂ©s, Ă  la possession, Ă  l’exclusivitĂ©, Ă  la jalousie, Ă  la fidĂ©litĂ© sexuelle comme autant de preuves d’amour. Il nous faut apprendre Ă  vivre ensemble, Ă  deux, sans se couper des autres. Il faut dĂ©couvrir les charmes de la polyvalence.
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Serge Chaumier (L'amour fissionnel : Le nouvel art d'aimer)
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Nous savions que les filles Ă©taient nos jumelles, que nous existions tous dans l'espace comme des animaux qui avaient la mĂȘme peau, et qu'elles savaient tout de nous alors que nous Ă©tions incapables de percer leur mystĂšre. Nous savions, enfin, que les filles Ă©taient en rĂ©alitĂ© des femmes dĂ©guisĂ©es, qu'elles comprenaient l'amour et mĂȘme la mort, et que notre boulot se bornait Ă  crĂ©er le bruit qui semblait tant les fasciner.
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Jeffrey Eugenides (The Virgin Suicides)
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L'amour ne s'apprivoise pas, ne s'improvise pas, ne s'impose pas; il se construit à deux. En tout équité. S'il reposait sur l'un, l'autre serait son malheur potentiel. Quand on court aprÚs lui, on l'effraie; alors il s'enfuit, et on ne le rattrape jamais. L'amour est fait de hasard et de chance. A une bretelle de la vie, il est là, offrande sur le chemin. S'il est sincÚre, il se bonifie avec le temps. Et s'il ne dure pas, c'est que l'on s'est trompé de mode d'emploi.
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Yasmina Khadra (Les anges meurent de nos blessures)
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notre nature qui crĂ©e elle-mĂȘme nos amours, et presque les femmes que nous aimons, et jusqu’à leurs fautes
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Marcel Proust (A la recherche du temps perdu)
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Mon corps est amour. Nous sortons de l'histoire par notre propre ventre en criant. Nous sommes nos propres enfants.
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Madeleine Gagnon (Autographie (Autographie, 1) (French Edition))
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Affection: Tout ce qui, dans nos pensées, dans nos projets, dans nos résolutions est marqué d'un degré quelconque d'amour ou de haine, de joie ou de tristesse.
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Alain (Les arts et les dieux (Bibliotheque de la Pleiade) (French Edition))
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¥Ah! ¥La soledad, qué hermosa y triste cosa! ¥Qué hermosa cuando la escogemos! ¥Qué triste cuando nos es impuesta durante años!
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Emmanuel Bove (EMMANUEL BOVE : MES AMIS + L'AMOUR DE PIERRE NEUHART + LE MEURTRE DE SUZY POMMIER + LE PRESSENTIMENT (Ed. intégrale annotée) (French Edition))
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« Nous nous chĂ©rirons nuit et jour : « Nos Ăąmes sont deux fleurs d’amour, « Nos lĂšvres deux calices. »
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Alphonse Daudet (Les Amoureuses)
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J'ai besoin de nos peaux qui s'effleurent et nous donnent le bonheur de savourer nos envies de tendresse.
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Wilfried N'Sondé (Aigre-doux)
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Je lui avais promis, dans les secrets de nos nuits, que si ses monstres s’étaient acharnĂ©s Ă  le marquer de leur haine, moi, je recouvrirais jour aprĂšs jour chacune de ses blessures d’une marque d’amour.
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Billy Nox (Lee: My way with you #2 (French Edition))
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Je pense que l'amour ne survit que lorsqu'il sait qu'il a le droit d'aller et venir sans que personne se pĂšte la tĂȘte sur les murs. Et que pour avoir une chance de s'Ă©tendre sur nos corps pour panser toute la vie d'un souffle, comme on aime qu'il le fasse, il doit ĂȘtre libre. DĂšs que les contours de l'organisation se dessinent, s'Ă©paississent et, finalement, l'entravent. Il va voir ailleurs s'il y est. Et il y est.
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Catherine Dorion (Les luttes fécondes)
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- Bardamu, qu'il me fait alors gravement et un peu triste, nos pĂšres nous valaient bien, n'en dis pas de mal !... - T'as raison, Arthur, pour ça t'as raison ! Haineux et dociles, violĂ©s, volĂ©s, Ă©tripĂ©s et couillons toujours, ils nous valaient bien ! Tu peux le dire ! Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maĂźtres, ni d'opinions, ou bien si tard, que ça n'en vaut plus la peine. On est nĂ©s fidĂšles, on en crĂšve nous autres ! Soldats gratuits, hĂ©ros pour tout le monde et singes parlants, mots qui souffrent, on est nous les mignons du Roi MisĂšre. C'est lui qui nous possĂšde ! Quand on est pas sage, il serre... On a ses doigts autour du cou, toujours, ça gĂȘne pour parler, faut faire bien attention si on tient Ă  pouvoir manger... Pour des riens, il vous Ă©trangle... C'est pas une vie... - Il y a l'amour, Bardamu ! - Arthur, l'amour c'est l'infini mis Ă  la portĂ©e des caniches et j'ai ma dignitĂ© moi ! que je lui rĂ©ponds.
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Louis-Ferdinand Céline
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Tùchons de croire que la vie est un objet solide, un globe que nous pouvons faire tourner sous nos doigts. Tùchons de croire qu'on peut faire un récit simple et logique, en finir avec l'amour, par exemple, et passer au chapitre suivant.
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Virginia Woolf (The Waves)
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Les femmes nous aiment pour nos dĂ©fauts. Si nous en avons une somme convenable, elles nous pardonnent tout, mĂȘme d'ĂȘtre intelligents. (...) - Naturellement, c'est la vĂ©ritĂ©. Si nous ne vous aimions pas pour vos dĂ©fauts, que deviendriez-vous tous ? Pas un de vous ne se marierait. Vous ne seriez plus qu'un tas d'infortunĂ©s cĂ©libataires. Ce qui, d'ailleurs, ne vous changerait pas beaucoup. Car aujourd'hui tous les hommes mariĂ©s vivent en cĂ©libataires, et tous les cĂ©libataires en hommes mariĂ©s.
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Oscar Wilde (The Picture of Dorian Gray)
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Quand on aime, quand on ressent de l’amour, que ce soit pour un ĂȘtre humain, un animal, une fleur ou un coucher du soleil, on est portĂ© au-delĂ  de soi. Nos dĂ©sirs, nos peurs et nos doutes se dissipent. Nos besoins de reconnaissance s’évanouissent. On ne cherche plus Ă  se comparer, Ă  exister plus que les autres. Notre Ăąme s’élĂšve tandis que nous sommes tout entier emplis de ce sentiment, de cet Ă©lan du cƓur qui s’étend alors naturellement pour embrasser tous les ĂȘtres et toutes les choses de la vie.
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Laurent Gounelle (Et tu trouveras le trésor qui dort en toi)
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L'amour et la peur ont des consĂ©quences Ă©tranges sur nos Ăąme. Les rĂȘves qu'ils apportent nous laissent dĂ©goulinant d'eau salĂ©e et le souffle court, comme Ă  l'agonie –voilĂ  ce qu'on appelle les rĂȘves tourmentĂ©s. Et seule l'odeur d'une rose peut les prĂ©venir.
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Samantha Shannon (The Priory of the Orange Tree (The Roots of Chaos, #1))
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L'amour est un grand maĂźtre "Il le faut avouer, l'amour est un grand maĂźtre Ce qu'on ne sut jamais il nous enseigne Ă  l'ĂȘtre ; Et souvent de nos moeurs l'absolu changement Devient, par ses leçons, l'ouvrage d'un moment ; De la nature, en nous, il force les obstacles, Et ses effets soudains ont de l'air des miracles ; D'un avare Ă  l'instant il fait un libĂ©ral, Un vaillant d'un poltron, un civil d'un brutal ; Il rend agile Ă  tout l'Ăąme la plus pesante, Et donne de l'esprit Ă  la plus innocente." L'Ecole des femmes, III, 4 (v. 900-909)
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MoliĂšre (L'Ecole Des Femmes / La Critique de L'Ecole Des Femmes / Remerciment Au Roi / L'Impromptu de Versailles / La Princesse D'Elide)
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Viens voir mon plafond bleu nuit, piquĂ© d'Ă©tincelles de lumiĂšre, rien que pour nous. Des Ă©toiles filantes, suspendues au-dessus de nos tĂȘtes. Plonge avec moi dans l'espace infini, Ă  la dĂ©couverte des mystĂšres du mouvement perpĂ©tuel, toujours en expansion. Plus de place pour l'ennui.
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Wilfried N'Sondé (Aigre-doux)
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Je pense Ă  Iris qui fut importante tout de mĂȘme, Ă  Emilie aussi, Ă  CĂ©line bien sĂ»r, et puis d'autres prĂ©noms dans d'autres pĂ©nombres, mais c'est Alice, toujours Alice qui est lĂ , immuable, avec encore des rires au-dessus de nos tĂȘtes, comme si le premier amour Ă©tait une condamnation Ă  perpĂ©tuitĂ©.
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David Foenkinos (Nos séparations)
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Cette histoire est celle d'Arthur ValÚs et Vincent de L'Etoile. C'est l'histoire que je raconte. Si quelqu'un, un jour, tombe sur mes cahiers, qu'il n'ait pas de doute puisque tout cela est la vérité, qu'il n'ait pas de honte puisque nous n'en avons pas, qu'il livre nos noms à la postérité plutÎt que d'avoir le réflexe de les dissimuler aux regards, qu'il ait conscience qu'il s'agit bien d'une histoire d'amour et pas d'une exaltation passagÚre et non maßtrisée puisque nous savons ce que nous faisons. Cette histoire est celle d'Arthur ValÚs et Vincent de L'Etoile. C'est l'histoire que je raconte
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Philippe Besson (In the Absence of Men)
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La psychanalyse prend aujourd'hui, comme toutes nos idées, une forme aberrante totalitaire ; elle cherche à nous enfermer dans le carcan de ses propres perversions. Elle a occupé le terrain laissé libre par les superstitions, se voile habilement dans un jargon de sémantique qui fabrique ses propres éléments d'analyse et attire la clientÚle par des moyens d'intimidation et de chantage psychiques, un peu comme ces racketters américains qui vous imposent leur protection. Je laisse donc volontiers aux charlatans et aux détraqués qui nous commandent dans tant de domaines le soin d'expliquer mon sentiment pour ma mÚre par quelque enflure pathologique : étant donné ce que la liberté, la fraternité et les plus nobles aspirations de l'homme sont devenues entre leurs mains, je ne vois pas pourquoi la simplicité de l'amour filial ne se déformerait pas dans leurs cervelles malades à l'image du reste.
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Romain Gary (Promise at Dawn)
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Nous recherchons tous le bonheur, mais sans savoir oĂč, comme des ivrognes qui cherchent leur maison, sachant confusĂ©ment qu'ils en ont une. C'est l'amour de nous-mĂȘmes qui assiste l'amour des autres ; c'est par nos besoins mutuels que nous sommes utiles au genre humain ; c'est l'Ă©ternel lien des hommes.
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Voltaire
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Nous, les ĂȘtres humains, somme ce que nous avons Ă©tĂ© pendant des millions d'annĂ©es, colossalement avides, envieux, agressifs, jaloux, angoissĂ©s et dĂ©sespĂ©rĂ©s, avec d'occasionnels Ă©clairs de joie et d'amour. Nous sommes une Ă©trange mixture de haine, de peur et de gentillesse ; nous sommes Ă  la fois violents et en paix. Il y a eu un progrĂšs extĂ©rieur depuis le char Ă  boeufs jusqu'Ă  l'avion Ă  rĂ©action, mais psychologiquement l'individu n'a pas du tout changĂ© et c'est l'individu qui, dans le monde entier, a créé les structures des sociĂ©tĂ©s. Les structures sociales extĂ©rieures sont les rĂ©sultantes des structures intĂ©rieures, psychologiques, qui constituent nos relations humaines, car l'individu est le rĂ©sultat de l'expĂ©rience totale de l'homme, de sa connaissance et de son comportement. Chacun de nous est l'entrepĂŽt de tout le passĂ©. L'individu est l'humain qui est toute l'humanitĂ©. L'histoire entiĂšre de l'homme est Ă©crite en nous-mĂȘmes.
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J. Krishnamurti
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Sagesse (I,X) Non. Il fut gallican, ce siĂšcle, et jansĂ©niste ! C'est vers le Moyen Age Ă©norme et dĂ©licat Qu'il faudrait que mon cƓur en panne naviguĂąt, Loin de nos jours d'esprit charnel et de chair triste. Roi, politicien, moine, artisan, chimiste, Architecte, soldat, mĂ©decin, avocat, Quel temps ! Oui, que mon cƓur naufragĂ© rembarquĂąt Pour toute cette force ardente, souple, artiste ! Et lĂ  que j'eusse part - quelconque, chez les rois Ou bien ailleurs, n'importe, - Ă  la chose vitale, Et que je fusse un saint, actes bons, pensers droits, Haute thĂ©ologie et solide morale, GuidĂ© par la folie unique de la Croix Sur tes ailes de pierre, ĂŽ folle CathĂ©drale !
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Paul Verlaine (Sagesse / Amour / Bonheur)
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[...] vous savez bien que je n'en voudrai pas de cet homme car je ne veux que ce que je ne peux pas avoir, comme vous par exemple, je vous veux parce je ne vous aurai jamais, c'est simple et sans issue, c'est dĂ©sespĂ©rĂ©ment logique, le dĂ©sir qui ne connaĂźt de rĂ©alitĂ© que lui-mĂȘme, et vous voyez bien que je mĂ©rite la mort pour cet entĂȘtement de rat qui ne sait pas rebrousser chemin, pour cet acharnement de bestiole aveugle qui finira par crever d'avoir trop avancĂ©, vous verrez bien, je mourrai de ce compromis que je ne veux pas faire, et tant pis pour tous les hommes sains et Ă©quilibrĂ©s qui m'aimeront et tant pis pour moi surtout qui en aimerai d'autres, on finit tous par mourir de la discordance de nos amours.
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Nelly Arcan (Putain)
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Qu'est-ce que le roman, en effet, sinon cet univers oĂč l'action trouve sa forme, oĂč les mots de la fin sont prononcĂ©s, les ĂȘtres livrĂ©s aux ĂȘtres, oĂč toute vie prend le visage du destin. Le monde romanesque n'est que la correction de ce monde-ci, suivant le dĂ©sir profond de l'homme. Car il s'agit bien du mĂȘme monde. La souffrance est la mĂȘme, le mensonge et l'amour. Les hĂ©ros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces. Leur univers n'est ni plus beau ni plus Ă©difiant que le nĂŽtre. Mais eux, du moins, courent jusqu'au bout de leur destin, et il n'est mĂȘme jamais de si bouleversants hĂ©ros que ceux qui vont jusqu'Ă  l'extrĂ©mitĂ© de leur passion.[...] Voici donc un monde imaginaire, mais créé par la correction de celui-ci, un monde oĂč la douleur peut, si elle le veut, durer jusqu'Ă  la mort, oĂč les passions ne sont jamais distraites, oĂč les ĂȘtres sont livrĂ©s Ă  l'idĂ©e fixe et toujours prĂ©sents les uns aux autres. L'homme s'y donne enfin Ă  lui-mĂȘme la forme et la limite apaisante qu'il poursuit en vain dans sa condition. Le roman fabrique du destin sur mesure. C'est ainsi qu'il concurrence la crĂ©ation et qu'il triomphe, provisoirement, de la mort.
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Albert Camus (The Rebel)
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Comme les cristaux et les Ă©toiles, comme les cellules et les plantes, nos Ăąmes aussi se divisent (...). de mĂȘme que nous nous divisons, nous nous retrouvons. Et ces retrouvailles se nomment l'Amour. Car lorsqu'une Ăąme se divise, elle se divise toujours en une partie masculine et une partie fĂ©mnine. C'est expliquĂ© ainsi dans le livre de la GenĂšse: l'Ăąme d'Adam est divisĂ©e, et Eve est nĂ©e de lui. (...). Dans chaque vie, nous avons la mystĂ©rieuse obligation de retrouver, au moins, une de ces Autres Parties. Le Grand Amour, qui les a sĂ©parĂ©es, se rĂ©jouit de l'Amour qui les rĂ©unit. - Et comment puis-je savoir que c'est mon Autre Partie? - En prenant des risques. En courant le risque de l'Ă©chec, des dĂ©ceptions, des dĂ©sillusions, mais en ne cessant jamais de chercher l'Amour. Celui qui ne renonce pas Ă  cette quĂȘte est gagnant.
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Paulo Coelho (Brida)
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d’aussi purs poĂštes, tout entiers dĂ©vouĂ©s au lyrisme, seront-ils encore possibles dans notre Ă©poque de turbulence et de dĂ©sordre universel ? N’est-ce pas une lignĂ©e disparue que je regrette en eux avec amour, une lignĂ©e sans postĂ©ritĂ© immĂ©diate dans nos jours traversĂ©s par tous les ouragans du destin ? Ces poĂštes ne convoitaient rien de la vie extĂ©rieure, ni l’assentiment des masses, ni les distinctions honorifiques, ni les dignitĂ©s, ni le profit
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Stefan Zweig (Le Monde d'hier)
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Finalement, aujourd'hui que les enfants ne labourent plus nos champs et ne nous prennent plus chez eux lorsque nous devenons incontinents, il n'existe plus de raison valable d'en avoir, et il est stupéfiant qu'avec l'avÚnement d'une contraception efficace on trouve encore des gens qui choisissent de se reproduire. En regard, l'amour, l'histoire, la satisfaction, la foi en l' "humanité" -bref, toutes les motivations modernes sont comme des dirigeables, immenses, suspendus et rares : optimistes, généreuses, voire profondes, mais dangereusement infondées.
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Lionel Shriver (We Need to Talk About Kevin)
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Je porte une histoire en moi, depuis des annĂ©es Jeanne, une bien belle histoire je crois. Mais j'ai du mal, si vous saviez, tant de mal Ă  la sortir de ma tĂȘte. Alors les accents viennent Ă  mon secours. Tout comme ils sont venus vous aider Jeanne. -Je ne comprends pas. -Une histoire qu'on arrive pas Ă  raconter ressemble Ă  un amour qu'on ose pas s'avouer... -Monsieur, les accents, au fond Ă  quoi servent-ils? -Ils nous rĂ©veillent Jeanne, ils vont chercher en nous ce que nous avons de plus fort. Ils accentuent nos vies comme leur nom l'indique, ils accentuent.
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Érik Orsenna (La RĂ©volte des accents (Plaisirs secrets de la grammaire #3))
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Baise m'encor, rebaise-moi et baise Baise m'encor, rebaise-moi et baise ; Donne m'en un de tes plus savoureux, Donne m'en un de tes plus amoureux : Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise. Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j'apaise, En t'en donnant dix autres doucereux. Ainsi, mĂȘlant nos baisers tant heureux, Jouissons-nous l'un de l'autre Ă  notre aise. Lors double vie Ă  chacun en suivra. Chacun en soi et son ami vivra. Permets m'Amour penser quelque folie : Toujours suis mal, vivant discrĂštement, Et ne me puis donner contentement Si hors de moi ne fais quelque saillie.
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Louise LabĂ© (ƒuvres complĂštes: Sonnets, Elegies, DĂ©bat de folie et d'amour)
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« Dans nos Ă©coles on nous enseigne le doute et l’art d’oublier. Avant tout l’oubli de ce qui est personnel et localisĂ©. » « — Personne ne peut lire deux mille livres. Depuis quatre siĂšcles que je vis je n’ai pas dĂ» en lire plus d’une demi-douzaine. D’ailleurs ce qui importe ce n’est pas de lire mais de relire. L’imprimerie, maintenant abolie, a Ă©tĂ© l’un des pires flĂ©aux de l’humanitĂ©, car elle a tendu Ă  multiplier jusqu’au vertige des textes inutiles. — De mon temps Ă  moi, hier encore, rĂ©pondis-je, triomphait la superstition que du jour au lendemain il se passait des Ă©vĂ©nements qu’on aurait eu honte d’ignorer. » « — À cent ans, l’ĂȘtre humain peut se passer de l’amour et de l’amitiĂ©. Les maux et la mort involontaire ne sont plus une menace pour lui. Il pratique un art quelconque, il s’adonne Ă  la philosophie, aux mathĂ©matiques ou bien il joue aux Ă©checs en solitaire. Quand il le veut, il se tue. MaĂźtre de sa vie, l’homme l’est aussi de sa mort[30]. — Il s’agit d’une citation ? lui demandai-je. — Certainement. Il ne nous reste plus que des citations. Le langage est un systĂšme de citations. » Extrait de: Borges,J.L. « Le livre de sable. » / Utopie d’un homme qui est fatiguĂ©
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Jorge Luis Borges (The Book of Sand and Shakespeare's Memory)
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Je crois qu'il ne faut plus avoir peur de dire et de vivre nos misandries. DĂ©tester les hommes et tout ce qu'ils reprĂ©sentent est notre droit le plus strict. C'est aussi une fĂȘte. Qui aurait cru qu'il y aurait autant de joie dans la misandrie ? Cet Ă©tat d'esprit ne nous rend pas aigries ni esseulĂ©es, contraire- ment Ă  ce que la sociĂ©tĂ© patriarcale veut nous faire croire. Je crois que la dĂ©testation des hommes nous ouvre les portes de l'amour pour les femmes (et pour nous-mĂȘmes) sous toutes les formes que cela peut prendre. Et qu'on a besoin de cet amour - de cette sororitĂ© pour nous libĂ©rer.
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Pauline Harmange (Moi les hommes, je les déteste)
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L'amour se fait sans capote. Le sida est lĂ , pourtant. On lui donne mĂȘme sa vĂ©ritable identitĂ©, dĂ©sormais. On ne l'appelle plus le cancer gay. Il est lĂ  mais nous nous pensons Ă  l'abri de lui, nous ne savons rien de la grande dĂ©cimation qui va suivre, qui nous privera de nos meilleurs amis, de nos anciens amants, qui nous obligera Ă  nous rĂ©unir dans des cimetiĂšres, Ă  rayer des noms dans nos carnets d'adresses, qui nous fera enrager de tant d'absences. Il est lĂ  mais il ne nous fait pas encore peur. Et puis nous nous croyons protĂ©gĂ©s par notre extrĂȘme jeunesse. Nous avons dix-sept ans. On ne meurt pas quand on a dix-sept ans.
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Philippe Besson (« ArrĂȘte avec tes mensonges »)
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Je sortis beaucoup avec lui durant une semaine avec la frĂ©quence et l’imprudence des commencements de l’amour et mon pĂšre, peu fait pour la solitude, en fit autant avec une jeune femme assez ambitieuse. La vie recommença comme avant, comme il Ă©tait prĂ©vu qu’elle recommencerait. Quand nous nous retrouvons, mon pĂšre et moi, nous rions ensemble, nous parlons de nos conquĂȘtes. Il doit bien se douter que mes relations avec Philippe ne sont pas platoniques et je sais bien que sa nouvelle amie lui coĂ»te fort cher. Mais nous sommes heureux. L’hiver touche Ă  sa fin, nous ne relouerons pas la mĂȘme villa, mais une autre, prĂšs de Juan-les-Pins.
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Françoise Sagan (Bonjour tristesse)
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El juego consiste en frenar lo mås tarde posible. El que frena mås tarde es el mås macho de la pandilla. Digamos que el tamaño de su kiki es proporcional al lapso que va a dejar transcurrir antes de frenar. Por supuesto, el invento no falla: uno de esos idiotas acaba su carrera en el fondo del acantilado, dentro de un Chevrolet convertido en un compacto amasijo de chatarra. Pues bien, cuanto mås avanzåbamos Alice y yo en nuestra aventura, mås nos dåbamos cuenta de que éramos como esos rebeldes sin causa. Aceleråbamos hacia un precipicio, pisando el pedal. Entonces todavía no sabía que sería yo el cretino que iba a frenar demasiado tarde.
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Frédéric Beigbeder (L'amour dure trois ans (Marc Marronnier, #3))
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JÂŽen veux pour preuve le phĂ©nomĂšne grave qui se dĂ©ploie sous nos yeux et qui est la multiplication des examens purement intellectuels. La seule logique cĂ©rĂ©brale est devenue le critĂšre dÂŽapprĂ©ciation et de sĂ©lection. Tout passe par la tĂȘte. Notre sociĂ©tĂ© se dĂ©truit elle-mĂȘme par lÂŽĂ©touffement de la sensibilitĂ© et lÂŽhypertrophie de lÂŽintellectualisme, lÂŽĂ©touffement des valeurs fĂ©minines de la rĂ©alitĂ© humaine et lÂŽhypertrophie des valeurs masculines. On est de moins en moins capable de ressentir. La sensibilitĂ© est meurtrie, rĂ©primĂ©e, refusĂ©e, dĂ©naturĂ©e par les nĂ©vroses. Et, pour se rattraper, lÂŽaccent est mis sur les capacitĂ©s intellectuelles.
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Arnaud Desjardins (Pour une vie réussie, un amour réussi)
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On a dit qu’une citĂ© dont les membres auront une Ă©gale rĂ©partition de bien et d'Ă©ducation prĂ©sentera aux regards de la DivinitĂ© un spectacle au-dessus du spectacle de la citĂ© de nos pĂšres. La folie du moment est d'arriver Ă  l'unitĂ© des peuples et de ne faire qu’un seul homme de l'espĂšce entiĂšre, soit ; mais en acquĂ©rant des facultĂ©s gĂ©nĂ©rales, toute une sĂ©rie de sentiments privĂ©s ne pĂ©rira-t-elle pas ? Adieu les douceurs du foyer ; adieu les charmes de la famille ; parmi tous ces ĂȘtres blancs, jaunes, noirs, rĂ©putĂ©s vos compatriotes, vous ne pourriez vous jeter au cou d’un frĂšre. N’y avait-il rien dans la vie d’autrefois, rien dans cet espace bornĂ© que vous aperceviez de votre fenĂȘtre encadrĂ©e de lierre ? Au-delĂ  de votre horizon vous soupçonniez des pays inconnus dont vous parlait Ă  peine l’oiseau du passage, seul voyageur que vous aviez vu Ă  l’automne. C’était bonheur de songer que les collines qui vous environnaient ne disparaĂźtraient pas Ă  vos yeux ; qu’elles renfermeraient vos amitiĂ©s et vos amours ; que le gĂ©missement de la nuit autour de votre asile serait le seul bruit auquel vous vous endormiriez ; que jamais la solitude de votre Ăąme ne serait troublĂ©e, que vous y rencontreriez toujours les pensĂ©es qui vous y attendent pour reprendre avec vous leur entretien familier. Vous saviez oĂč vous Ă©tiez nĂ©, vous saviez oĂč Ă©tait votre tombe ; en pĂ©nĂ©trant dans la forĂȘt vous pouviez dire : Beaux arbres qui m’avez vu naĂźtre, BientĂŽt vous me verrez mourir
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François-René de Chateaubriand (Mémoires d'Outre-Tombe)
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L'optimisme est contagieux. Si c'etait le cas, il suffirait d'aller jusqu'a la personne aimee avec un immense sourire, pleine de projets et d'idees, et de savoir comment les presenter. Cela fonctionne-il? Non. Ce qui est contagieux, c'est la peur, la frayeur constante de ne jamais rencontrer quelqu'un qui nous accompagne jusqu'a la fin de nos jours. Et au nom de cette peur, nous sommes capables de faire n'importe quoi, d'accepter la mauvaise personne et de nous convaincre qu'elle est la bonne, l'unique, celle que Dieu a mise sur notre chemin. En tres peu de temps, la recherche de la securite se transforme en amour sincere, les choses sont moins ameres et difficiles, et nos sentiments peuvent etre mis dans une boite et repousses au fond d'une armoire dans notre tete, ou elle restera cachee et invisible a tout jamais.
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Je m'efforce de ressaisir un instant des boucles de fumĂ©e, les bulles d'air irisĂ©es d'un jeu d'enfant. Mais il est facile d'oublier... Tant de choses ont passĂ© depuis ces lĂ©gĂšres amours que j'en mĂ©connais sans doute la saveur ; il me plaĂźt surtout de nier qu'elles m'aient jamais fait souffrir. Et pourtant, parmi ces maĂźtresses, il en est une au moins que j'ai dĂ©licieusement aimĂ©e. Elle Ă©tait Ă  la fois plus fine et plus ferme, plus tendre et plus dure que les autres : ce mince torse rond faisait penser Ă  un roseau. J'ai toujours goĂ»tĂ© la beautĂ© des chevelures, cette partie soyeuse et ondoyante d'un corps, mais les chevelures de la plupart de nos femmes sont des tours, des labyrinthes, des barques, ou des noeuds de vipĂšres. La sienne consentait Ă  ĂȘtre ce que j'aime qu'elles soient : la grappe de raisin des vendanges, ou l'aile.
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Marguerite Yourcenar (Memoirs of Hadrian)
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Cette histoire n’est point exagĂ©rĂ©e, point embellie ; je puis dire mĂȘme que je l’ai racontĂ©e faiblement, trĂšs faiblement, et qu’elle a perdu de sa dĂ©licatesse, parce que je l’ai rapportĂ©e avec nos formes de langage usuelles et rĂ©servĂ©es. Cet amour, cette fidĂ©litĂ©, cette passion, n’est donc pas une fiction poĂ©tique ; elle vit, elle existe, dans sa parfaite puretĂ©, parmi cette classe d’hommes que nous appelons incultes et grossiers, nous que la culture a formĂ©s pour nous dĂ©former. Lis cette histoire avec recueillement, je t’en prie. Je suis calme aujourd’hui en t’écrivant ces choses ; tu le vois Ă  mon Ă©criture, je ne me presse ni ne barbouille comme d’ordinaire. Lis, mon cher Wilhelm, et songe bien que c’est aussi l’histoire de ton ami. Oui, voilĂ  ce qui m’est arrivĂ©, voilĂ  ce qui m’arrivera, et je ne suis pas de moitiĂ© aussi courageux,, aussi rĂ©solu que ce pauvre malheureux, auquel j’ose Ă  peine me comparer.
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Johann Wolfgang von Goethe (The Sorrows of Young Werther)
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J’avais envie de partager un rĂȘve avec vous. J’aime Ă  croire qu’un jour, nous saurons marcher les uns avec les autres. Je me suis dit que si chacun donnait la main Ă  quelqu’un d’autre, alors ensemble, nous pourrions faire de ce monde un lieu meilleur oĂč il fait bon vivre dans une douce harmonie. J’ai besoin de vous pour que ce rĂȘve devienne notre rĂ©alitĂ©. Si vous croyez comme moi que le bonheur est un choix, alors il est de notre responsabilitĂ© d’aider ceux qu’on aime Ă  se rĂ©aliser! Prenez quelqu’un par la main et enseignez-lui l’Amour, devenez son «Shanti», aidez-le Ă  trouver son chemin et proposez-lui de tenir la main d’une autre personne en ne lĂąchant plus jamais la sienne. TrĂšs vite, nos mains se relieront autour de la Terre pour faire de cette planĂšte l’Ɠuvre que nous aurons rĂ©alisĂ©e. N’essayez pas de convaincre les autres, montrez-leur l’exemple, inspirez-les, c’est en rayonnant que votre lumiĂšre guidera leurs pas
 Avec tout mon amour. Maud
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Maud Ankaoua (KilomÚtre zéro)
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Laura ne semble pas se douter de sa puissance ; pour moi qui pĂ©nĂštre dans le secret de mon cƓur, je sais bien que jusqu’à ce jour, je n’ai pas Ă©crit une ligne qu’elle n’ait indirectement inspirĂ©e. PrĂšs de moi, je la sens enfantine encore, et toute l’habiletĂ© de mon discours, je ne la dois qu’à mon dĂ©sir constant de l’instruire, de la con-vaincre, de la sĂ©duire. Je ne vois rien, je n’entends rien, sans penser aussitĂŽt : qu’en dirait-elle ? J’abandonne mon Ă©motion et ne connais plus que la sienne. Il me pa-raĂźt mĂȘme que si elle n’était pas lĂ  pour me prĂ©ciser, ma propre personnalitĂ© s’éperdrait en contours trop vagues ; je ne me rassemble et ne me dĂ©finis qu’autour d’elle. Par quelle illusion ai-je pu croire jusqu’à ce jour que je la façonnais Ă  ma ressemblance ? Tandis qu’au contraire c’est moi qui me pliais Ă  la sienne ; et je ne le remarquais pas ! Ou plutĂŽt : par un Ă©trange croisement d’influences amoureuses, nos deux ĂȘtres, rĂ©ciproquement, se dĂ©formaient. Involontairement, inconsciem-ment, chacun des deux ĂȘtres qui s’aiment se façonne Ă  cette idole qu’il contemple dans le cƓur de l’autre
 Quiconque aime vraiment renonce Ă  la sincĂ©ritĂ©.
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André Gide (The Counterfeiters)
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MOI, TROUBADOUR Moi troubadour et la fille d'amour Nous errons la nuit autour des lanternes ; Signes de mouchoir, adieu sans retour À toi notre Ă©toile, astre de dĂ©veine. Nous allons ailleurs vers un sort meilleur Avant que le blĂ© ne sorte des graines Avant que les fleurs ne perdent couleur. Moi troubadour et la fille d'amour Qui de son caveau tirons la beautĂ© Marcherons Ă  prĂ©sent rompus, hĂ©bĂ©tĂ©s Par la vie, par l'astre et par la rengaine. Aux portes de l'ombre allons-nous buter Avant que le blĂ© ne sorte des graines Avant que le temps des moissons ne vienne ? Et dans le cƓur blanc des nuits de septembre Nous nous blottirons, icĂŽnes sans voix, Dans les coins perdus, dans l'oubli des chambres Nous rappellerons, frappant de nos doigts, Que de notre vie sont mortes les branches Avant que le blĂ© ne sorte des graines Avant que le temps des moissons ne vienne. Vous entendrez des mots silencieux Assis pensifs dans l'ombre et dans l'absence Mille soleils brĂ»leront dans vos cieux Hommes Ă  genoux dans un rĂȘve immense, Et ce jour viendra pour tous ceux, tous ceux Dont la vie fleurit, dont la vie commence Avant que le blĂ© ne sorte des graines Avant que le temps des moissons ne vienne. (p. 406-407 de L'Anthologie de la poĂ©sie yiddish de Charles Dobzynski)
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Itzik Manger
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Quand elle Ă©tait petite, elle voulait m’épouser. J’étais son prince charmant. AnnĂ©e aprĂšs annĂ©e, j’avais bien vu dans son regard que le mythe s’était Ă©parpillĂ© dans les affres de la rĂ©alitĂ©. J’étais tombĂ© de mon piĂ©destal et, si je ne cherchais pas Ă  mentir sur qui j’étais, j’avais toujours eu envie qu’elle me voie au meilleur de ma forme. Au fond, je pouvais dire que nous n’avions jamais rĂ©ellement eu une relation saine. La preuve : cette incapacitĂ© physique d’aller voir son appartement, ce lieu oĂč elle vivait en femme. Il faudrait des siĂšcles pour admettre que nos enfants sont devenus adultes. On dit souvent qu’il est difficile de vieillir ; moi, je pourrais vieillir indĂ©finiment du moment que mes enfants, eux, ne grandiraient pas. Je ne sais pas pourquoi j’éprouvais tant de difficultĂ©s Ă  vivre cette transition que tout parent connaĂźt. Je n’avais pas l’impression qu’autour de moi les gens avaient les mĂȘmes. Pire, j’entendais des parents soulagĂ©s du dĂ©part de leurs enfants. Enfin, ils allaient retrouver la libertĂ©, disaient-ils. Il y avait ce film oĂč le garçon, Tanguy, s’éternisait chez ses parents, prolongeant sans cesse ses Ă©tudes. Le mien Ă©tait parti Ă  l’autre bout du monde dĂšs ses dix-huit ans. C’est toujours comme ça : ceux qui veulent se dĂ©barrasser de leurs enfants hĂ©ritent de boulets, tandis que ceux qui veulent couver Ă  loisir leur progĂ©niture se retrouvent avec des prĂ©coces de l’autonomie. Mon fils me manquait atrocement. Et je ne supportais plus d’échanger avec lui des messages par Skype, ou par e-mails. D’ailleurs, ces messages et ces moments virtuels Ă©taient de plus en plus courts. Nous n’avions rien Ă  nous dire. L’amour entre un parent et un enfant n’est pas dans les mots, pas dans la discussion. Ce que j’aimais, c’était simplement que mon fils soit lĂ , Ă  la maison. On pouvait ne pas se parler de la journĂ©e, ce n’était pas grave, je sentais sa prĂ©sence, ça me suffisait. Étais-je si tordu ? Je ne sais pas. Je ne peux qu’essayer de mettre des mots sur mes sentiments. Et je peux affirmer maintenant ce que je sais depuis le dĂ©but : je vis mal la sĂ©paration avec mes enfants. Elle me paraĂźt normale, justifiĂ©e, humaine, biologique, tout ce que vous voulez, pourtant elle me fait mal.
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David Foenkinos (Je vais mieux)
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13 juillet. Non, je ne me trompe pas ; je lis dans ses yeux noirs un vĂ©ritable intĂ©rĂȘt pour ma personne et pour mon sort. Je le sens, et, lĂ -dessus, j’ose me fier Ă  mon cƓur, elle
. Oh ! pourrai-je, oserai-je exprimer en ces mots le bonheur cĂ©leste ?
 Je sens que je suis aimĂ©. Je suis aimĂ© !
 Et combien je me deviens cher Ă  moi-mĂȘme, combien
. J’ose te le dire, tu sauras me comprendre. Combien je suis relevĂ© Ă  mes propres yeux.depuis que j’ai son amour !
. Est-ce de la prĂ©somption ou le sentiment de ce que nous sommes rĂ©ellement l’un pour l’autre ?
 Je ne connais pas d’homme dont je craigne quelque chose dans le cƓur de Charlotte, et pourtant, lorsqu’elle parle de son fiancĂ©, qu’elle en parle avec tant de chaleur, tant d’amour
. je suis comme le malheureux que l’on dĂ©pouille de tous ses honneurs et ses titres, et Ă  qui l’on retire son Ă©pĂ©e. 16 juillet. Ah ! quel frisson court dans toutes mes veines, quand, par mĂ©garde, mes doigts touchent les siens, quand nos pieds se rencontrent sous la table ! Je me retire comme du feu, et une force secrĂšte m’attire de nouveau
. Le vertige s’empare de tous mes sens. Et son innocence, son Ăąme candide, ne sent pas combien ces petites familiaritĂ©s me font souffrir. Si, dans la conversation, elle pose sa main sur la mienne, et si, dans la chaleur de l’entretien, elle s’approche de moi, en sorte que son haleine divine vienne effleurer mes lĂšvres
. je crois mourir, comme frappĂ© de la foudre
. Wilhelm, et ce ciel, cette confiance, si j’ose jamais
. Tu m’entends
. Non, mon cƓur n’est pas si corrompu. Faible ! bien faible !
. Et n’est-ce pas de la corruption ? Elle est sacrĂ©e pour moi. Tout dĂ©sir s’évanouit en sa prĂ©sence. Je ne sais jamais ce que j’éprouve, quand je suis auprĂšs d’elle. Je crois sentir mon Ăąme se rĂ©pandre dans tous mes nerfs
. Elle a une mĂ©lodie, qu’elle joue sur le clavecin avec l’expression d’un ange, si simple et si charmante !
 C’est son air favori : il chasse loin de moi troubles, peines, soucis, aussitĂŽt qu’elle attaque la premiĂšre note. De tout ce qu’on rapporte sur l’antique magie de la musique, rien n’est invraisemblable pour moi. Comme ce simple chant me saisit ! et comme souvent elle sait le faire entendre, Ă  l’instant mĂȘme oĂč je m’enverrais volontiers une balle dans la tĂȘte !
 le trouble et les tĂ©nĂšbres de mon Ăąme se dissipent, et je respire plus librement.
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Johann Wolfgang von Goethe (The Sorrows of Young Werther)
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LE SYLLABUS Tout en mangeant d'un air effarĂ© vos oranges, Vous semblez aujourd'hui, mes tremblants petits anges, Me redouter un peu; Pourquoi ? c'est ma bontĂ© qu'il faut toujours attendre, Jeanne, et c'est le devoir de l'aĂŻeul d'ĂȘtre tendre Et du ciel d'ĂȘtre bleu. N'ayez pas peur. C'est vrai, j'ai l'air fĂąchĂ©, je gronde, Non contre vous. HĂ©las, enfants, dans ce vil monde, Le prĂȘtre hait et ment; Et, voyez-vous, j'entends jusqu'en nos verts asiles Un sombre brouhaha de choses imbĂ©ciles Qui passe en ce moment. Les prĂȘtres font de l'ombre. Ah ! je veux m'y soustraire. La plaine resplendit; viens, Jeanne, avec ton frĂšre, Viens, George, avec ta soeur; Un rayon sort du lac, l'aube est dans la chaumiĂšre; Ce qui monte de tout vers Dieu, c'est la lumiĂšre; Et d'eux, c'est la noirceur. J'aime une petitesse et je dĂ©teste l'autre; Je hais leur bĂ©gaiement et j'adore le vĂŽtre; Enfants, quand vous parlez, Je me penche, Ă©coutant ce que dit l'Ăąme pure, Et je crois entrevoir une vague ouverture Des grands cieux Ă©toilĂ©s. Car vous Ă©tiez hier, ĂŽ doux parleurs Ă©tranges, Les interlocuteurs des astres et des anges; En vous rien n'est mauvais; Vous m'apportez, Ă  moi sur qui gronde la nue, On ne sait quel rayon de l'aurore inconnue; Vous en venez, j'y vais. Ce que vous dites sort du firmament austĂšre; Quelque chose de plus que l'homme et que la terre Est dans vos jeunes yeux; Et votre voix oĂč rien n'insulte, oĂč rien ne blĂąme, OĂč rien ne mord, s'ajoute au vaste Ă©pithalame Des bois mystĂ©rieux. Ce doux balbutiement me plaĂźt, je le prĂ©fĂšre; Car j'y sens l'idĂ©al; j'ai l'air de ne rien faire Dans les fauves forĂȘts. Et pourtant Dieu sait bien que tout le jour j'Ă©coute L'eau tomber d'un plafond de rochers goutte Ă  goutte Au fond des antres frais. Ce qu'on appelle mort et ce qu'on nomme vie Parle la mĂȘme langue Ă  l'Ăąme inassouvie; En bas nous Ă©touffons; Mais rĂȘver, c'est planer dans les apothĂ©oses, C'est comprendre; et les nids disent les mĂȘmes choses Que les tombeaux profonds. Les prĂȘtres vont criant: AnathĂšme ! anathĂšme ! Mais la nature dit de toutes parts: Je t'aime ! Venez, enfants; le jour Est partout, et partout on voit la joie Ă©clore; Et l'infini n'a pas plus d'azur et d'aurore Que l'Ăąme n'a d'amour. J'ai fait la grosse voix contre ces noirs pygmĂ©es; Mais ne me craignez pas; les fleurs sont embaumĂ©es, Les bois sont triomphants; Le printemps est la fĂȘte immense, et nous en sommes; Venez, j'ai quelquefois fait peur aux petits hommes, Non aux petits enfants.
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Victor Hugo (L'Art d'ĂȘtre grand-pĂšre)
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Canon 21. « Si quelqu’un dit que le juste ait le pouvoir de persĂ©vĂ©rer sans un secours spĂ©cial de Dieu, ou qu’il ne le puisse avec ce secours : qu’il soit anathĂšme. » Canon 25. « Si quelqu’un dit que le juste pĂšche en toute bonne Ɠuvre vĂ©niellement, ou, ce qui est plus insupportable, mortellement, et qu’il mĂ©rite la peine Ă©ternelle, mais qu’il n’est pas damnĂ©, par cette seule raison que Dieu ne lui impute pas ses Ɠuvres Ă  damnation : qu’il soit anathĂšme. » Par oĂč l’on voit, non-seulement que ces paroles, que « les commandemens ne sont pas impossibles aux justes, » sont restreintes Ă  cette condition, quand ils sont secourus par la grĂące ; mais qu’elles n’ont que la mĂȘme force que celles-ci, que « les justes ne pĂšchent pas en toutes leurs actions ; » et enfin tant s’en faut que le pouvoir prochain soit Ă©tendu Ă  tous les justes, qu’il est dĂ©fendu de l’attribuer Ă  ceux qui ne sont pas secourus de ce secours spĂ©cial, qui n’est pas commun Ă  tous, comme il a Ă©tĂ© expliquĂ©. Concluons donc que tous les PĂšres ne tiennent pas un autre langage. Saint Augustin et les PĂšres qui l’ont suivi, n’ont jamais parlĂ© des commandemens, qu’en disant qu’ils ne sont pas impossibles Ă  la charitĂ©, et qu’ils ne nous sont faits que pour nous faire sentir le besoin que nous avons de la charitĂ©, qui seule les accomplit. « Dieu, juste et bon, n’a pu commander des choses impossibles ; ce qui nous avertit de faire ce qui est facile, et de demander ce qui est difficile. » (Aug., De nat. et grat., cap. LXIX.) « Car toutes choses sont faciles Ă  la charitĂ©. » (De perfect. justit., cap. x.) Et ailleurs : « Qui ne sait que ce qui se fait par amour n’est pas difficile? Ceux-lĂ  ressentent de la peine Ă  accomplir les prĂ©ceptes, qui s’efforcent de les observer par la crainte ; mais la parfaite charitĂ© chasse la crainte, et rend le joug du prĂ©cepte doux ; et, bien loin d’accabler par son poids, elle soulĂšve comme si elle nous donnoit des ailes. » Cette charitĂ© ne vient pas de notre libre arbitre (si la grĂące de JĂ©sus-Christ ne nous secourt), parce qu’elle est infuse et mise dans nos cƓurs, non par nous-mĂȘmes, mais par le Saint-Esprit. Et l’Écriture nous avertit que les prĂ©ceptes ne sont pas difficiles, par cette seule raison, qui est que l’ñme qui les ressent pesans, entende qu’elle n’a pas encore reçu les forces par lesquelles ils lui sont doux et lĂ©gers. « Quand il nous est commandĂ© de vouloir, notre devoir nous est marqué ; mais parce que nous ne pouvons pas l’avoir de nous-mĂȘmes, nous sommes avertis Ă  qui nous devons le demander ; mais toutefois nous ne pouvons pas faire cette demande, si Dieu n’opĂšre en nous de le vouloir. » (Fulg., lib. II, De verit. praedest., cap. iv.) « Les prĂ©ceptes ne nous sont donnĂ©s que par cette seule raison, qui est de nous faire rechercher le secours de celui qui nous commande, » etc. (Prosper, Epist. ad Demetriad.) « Les pĂ©lagiens s’imaginent dire quelque chose d’important, quand ils disent que Dieu ne commanderoit pas ce qu’il saurait que l’homme ne pourroit faire. Qui ne sait cela? Mais il commande des choses que nous ne pouvons pas, afin que nous connoissions Ă  qui nous devons le demander. » (Aug., De nat. et grat., cap. xv et xvi.) « O homme! reconnois dans le prĂ©cepte ce que tu dois ; dans la correction, que c’est par ton vice que tu ne le fais pas ; et dans la priĂšre, d’oĂč tu peux en avoir le pouvoir! (Aug., De corrept., cap. ni.) Car la loi commande, afin que l’homme, sentant qu’il manque de force pour l’accomplir, ne s’enfle pas de superbe, mais Ă©tant fatiguĂ©, recoure Ă  la grĂące, et qu’ainsi la loi l’épouvantant le mĂšne Ă  l’amour de JĂ©sus-Christ » (Aug., De perfect. respons. et ratiocin. xj., cap.
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Blaise Pascal (Blaise Pascal - Oeuvres ComplÚtes LCI/40 (25 titres - Annoté, Illustré))
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Quand on me retrouvera, les yeux brĂ»lĂ©s on imaginera que j'ai beaucoup appelĂ© et beaucoup souffert. Mais les Ă©lans, mais les regrets, mais les tendres souffrances, ce sont encore des richesses. Et moi je n'ai plus de richesses. Les fraĂźches jeunes filles, au soir de leur premier amour, connaissent le chagrin et pleurent. Le chagrin est liĂ© aux frĂ©missements de la vie. Et moi je n'ai plus de richesses. Les fraĂźches jeunes filles, au soir de leur premier amour, connaissent le chagrin et pleurent. Le chagrin est liĂ© aux frĂ©missements de la vie. Et moi je n'ai plus de chagrin. Le dĂ©sert, c'est moi. Je ne forme plus de salive, mais je ne forme plus, non plus, les images douces vers lesquelles j'aurais pu gĂ©mir. Le soleil a sĂ©chĂ© en moi la source des larmes. [...] Je regarde PrĂ©vot. Il est frappĂ© du mĂȘme Ă©tonnement que moi, mais il ne comprend pas non plus ce qu'il Ă©prouve. [...] Nous sommes sauvĂ©s, il y a des traces dans le sable !... Ah ! nous avions perdu la piste de l'espĂšce humaine, nous Ă©tions retranchĂ©s d'avec la tribu, nous nous Ă©tions retrouvĂ©s seuls au monde, oubliĂ©s par une migration universelle, et voici que nous dĂ©couvrons, imprimĂ©s dans le sable, les pieds miraculeux de l'homme. [...] Et cependant, nous ne sommes point sauvĂ©s encore. Il ne nous suffit pas d'attendre. Dans quelques heures, on ne pourra plus nous secourir. La marche de la soif, une fois la toux commencĂ©e, est trop rapide. Et notre gorge. Mais je crois en cette caravane, qui se balance quelque part, dans le dĂ©sert. Nous avons donc marchĂ© encore, et tout Ă  coup j'ai entendu le chant du coq. Guillaumet m'avait dit : « Vers la fin, j'entendais des coqs dans les Andes. J'entendais aussi des chemins de fer. » Je me souviens de son rĂ©cit Ă  l'instant mĂȘme oĂč le coq chante et je me dis : « Ce sont mes yeux qui m'ont trompĂ© d'abord. C'est sans doute l'effet de la soif. Mes oreilles ont mieux rĂ©sistĂ©. » Mais PrĂ©vot m'a saisi par le bras : « Vous avez entendu ? - Quoi ? - Le coq ! - Alors... Alors... » Alors, bien sĂ»r, imbĂ©cile, c'est la vie... J'ai eu une derniĂšre hallucination : celle de trois chiens qui se poursuivaient. PrĂ©vot, qui regardait aussi, n'a rien vu. Mais nous sommes deux Ă  tendre les bras vers ce BĂ©douin. Nous sommes deux Ă  user vers lui tout le souffle de nos poitrines. Nous sommes deux Ă  rire de bonheur !... Mais nos voix ne portent pas Ă  trente mĂštres. Nos cordes vocales sont dĂ©jĂ  sĂšches. Nous nous parlions tout bas l'un Ă  l'autre, et nous ne l'avions mĂȘme pas remarquĂ© ! Mais ce BĂ©douin et son chameau, qui viennent de se dĂ©masquer de derriĂšre le tertre, voilĂ  que lentement, lentement, ils s'Ă©loignent. Peut-ĂȘtre cet homme est-il seul. Un dĂ©mon cruel nous l'a montrĂ© et le retire... Et nous ne pourrions plus courir ! Un autre Arabe apparaĂźt de profil sur la dune. Nous hurlons, mais tout bas. Alors, nous agitons les bras et nous avons l'impression de remplir le ciel de signaux immenses. Mais ce BĂ©douin regarde toujours vers la droite... Et voici que, sans hĂąte, il a amorcĂ© un quart de tour. À la seconde mĂȘme oĂč il se prĂ©sentera de face, tout sera accompli. À la seconde mĂȘme oĂč il regardera vers nous, il aura dĂ©jĂ  effacĂ© en nous la soif, la mort et les mirages. Il a amorcĂ© un quart de tour qui, dĂ©jĂ , change le monde. Par un mouvement de son seul buste, par la promenade de son seul regard, il crĂ©e la vie, et il me paraĂźt semblable Ă  un dieu... C'est un miracle... Il marche vers nous sur le sable, comme un dieu sur la mer... L'Arabe nous a simplement regardĂ©s. Il a pressĂ©, des mains, sur nos Ă©paules, et nous lui avons obĂ©i. Nous nous sommes Ă©tendus. Il n'y a plus ici ni races, ni langages, ni divisions. Il y a ce nomade pauvre qui a posĂ© sur nos Ă©paules des mains d'archange.
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Antoine de Saint-Exupéry
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Ce sentiment de perte est précisément ce qu'il nous faut attendre, anticiper et chérir jusqu'à la fin de nos jours; car notre immense chagrin est la seule chose qui puisse réfuter tout ce que l'amour a d'éphémÚre.
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Amor Towles (A Gentleman in Moscow)
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Ainsi, j'avais appris comment mon pays avait Ă©tĂ© conquis par la France. On ne m'en avait jamais parlĂ©. Ce n'Ă©tait pas que nos aĂźnĂ©s voulaient dissimuler ce pan de notre histoire peu glorieux mais ils en Ă©taient ignorants. Un coup d'Ă©ventail. Le dey Hussein d'Alger - sorte d'administrateur -, qui gĂ©rait l'AlgĂ©rie pour le compte de l'empire ottoman, avait exigĂ© du reprĂ©sentant du roi Charles X qu'il honore la dette de son pays. À l'Ă©poque, l'AlgĂ©rie Ă©tait le premier exportateur de cĂ©rĂ©ales pour la France. Le reprĂ©sentant de Charles X avait mĂ©prisĂ© Hussein, arguant qu'un sous-fifre ne donnait pas d'ordre au roi de France. Hussein, humiliĂ© et ridiculisĂ© devant sa cour, l'avait souffletĂ© trois fois avec son Ă©ventail. Quelques mois plus tard, Charles X envoyait son armada corriger la piĂštre armĂ©e du Dey Hussein. Battu sans livrer combat, il avait Ă©tĂ© chassĂ© comme un malpropre d'Alger. Quatre-vingt-dix ans plus tard, des hommes comme moi se retrouvaient Ă  porter l'uniforme pour dĂ©fendre cette France qui nous avait mis Ă  genoux.
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Akli Tadjer (D'amour et de guerre)
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yeux, comme de nos jours, un monde oĂč rien ne s'enchaĂźne, oĂč la vertu est sans gĂ©nie, et le gĂ©nie sans honneur; oĂč l'amour de l'ordre se confond avec le goĂ»t des tyrans et le culte saint de la libertĂ© avec le mĂ©pris des lois; oĂč la conscience ne jette qu'une clartĂ© douteuse sur les actions humaines; oĂč rien ne semble plus dĂ©fendu, ni permis, ni honnĂȘte, ni honteux, ni vrai, ni faux?
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Alexis de Tocqueville (De La DĂ©mocratie En AmĂ©rique (INCLUANT TOUS LES TOMES, ANNOTÉ D’UNE BIOGRAPHIE))
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Monostiches : GĂ©raniums/Mordues. Nous observent plusieurs lĂšvres de chĂšvre. Soupir. Je me retire dans ma poitrine et ne me remplis jamais. Collapsus. AllongĂ©s vers nous nous fermons nos couleurs de vivants. Univers parallĂšles. Dans le sac d’un seul sou quelques bouteilles de lait faisant tournoyer l’horizon. Le soleil. Le lait dĂ©bordant sur le feu, comme s’il y en avait guĂšre dans les pĂ©pins de raisin et autres fruits violets. L’ñme. La traille une douleur au ventre recoquillĂ©, on dit que cela vient du cƓur. Ainsi. Et tout s’est rassemblĂ© au lieu prĂ©cĂ©dent, promis Ă  la baisse. La mort. Nous nous tassons et faisons l’amour dans toutes sortes de positions de la vie ! La graine. L’une par-dessus l’autre des amas de vies cachĂ©es, fermĂ©es les innombrables de la mort. Le vice. La mĂ©moire de la chaĂźne sur les cous roses des rĂ©sidus endoplasmiques. La rĂ©vĂ©lation. Dans une plaine aux jonquilles blanches s’est aussi faufilĂ© le rouge Dieu pavot. (traduit du roumain par Gabrielle Danoux)
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Emil Iulian Sude
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On s'est tenu par la main jusqu'Ă  l'instant oĂč ils nous ont jetĂ©s Ă  l'eau. Et lĂ , c'est moi qui ai eu le dernier mot. J'ai créé une bulle d'air au fond du lac. Nos copains attendaient qu'on remonte, mais, hĂ©... quand on est fils de PosĂ©idon, pas besoin de se dĂ©pĂȘcher. Sans exagĂ©rer, ce fut le meilleur baiser sous-marin de tous les temps.
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Rick Riordan (The Last Olympian (Percy Jackson and the Olympians, #5))
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Peut-ĂȘtre, le temps passant, la question premiĂšre : « D'oĂč ça vient les enfants ? » laisse-t-elle la place Ă  celle-ci : « D'oĂč ça nous vient, nos pensĂ©es ? »
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Jean-Bertrand Pontalis (L'amour des commencements)
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Avec M. Charlier, avec les livres, j'avais fini par croire que pour ĂȘtre philosophe il suffisait de procĂ©der Ă  deux opĂ©rations simples : d'abord choisir un terme abstrait, ensuite le faire prĂ©cĂ©der, comme un nom roturier d'une particule, du mot « idĂ©e ». Disserter sur la nature, c'eĂ»t Ă©tĂ© rester dans les Belles Lettres ; mĂ©diter sur l'idĂ©e de Nature, c'Ă©tait dĂ©jĂ  philosopher. Quand nous serions capables de faire tenir ensemble dans leur opposition l'Homme et la Nature, nous aurions conquis nos galons de dialecticiens. La philosophie Ă©tait une activitĂ© noble garantie par la noblesse de ses objets.
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Jean-Bertrand Pontalis (L'amour des commencements)
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L’amour impossible n’est plus possible de nos jours.
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Jocelyne Saucier (And the Birds Rained Down)
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Toutes les belles histoires d'amour se ressemblent, mais elles ne commencent jamais de la mĂȘme maniĂšre.
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Eva CentaurĂ©e (Nos vies rĂȘvĂ©es)
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Ainsi, ces docteurs en vert occupent nos jours et au grĂ© des ravissements et des stupeurs se dresse, inĂ©vitable, latente, la question de l'extrĂ©mitĂ©. Jusqu'oĂč faudra-t-il aller ? Un jour, c'est certain, le fleuve s'arrĂȘtera, aucun d'eux n'est infini. Il aura assez remuĂ© la terre comme ça. Le capitaine Ubac et son Ă©quipage arriveront Ă  la mer, souhaitons que la navigation soit calme, les embouchures sont parfois chaotiques. Le radeau dĂ©couvrira devant lui cette immensitĂ© plus grande que nous tous rĂ©unis, aux surfaces lumineuses mais immensĂ©ment sombres et il sera alors le temps que chacun s'interroge sur l'opportunitĂ© de poursuivre. Entre amour et indĂ©cence, les hommes pour eux dĂ©jĂ  s'interrogent, mais pour le chien c'est d'autant plus lĂ , vite, imparable, que l'on fait dire ce que l'ont veut aux volontĂ©s derniĂšres de la bĂȘte et Ă  sa propre dĂ©finition de l'acceptable, le silence Ă©gare autant qu'il vient en aide.
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Cédric Sapin-Defour (Son odeur aprÚs la pluie)
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Nous avons un colossal dĂ©sir de vivre certains d’entre nous prennent du poids donnent des fruits tandis que ceux du dessus n’hĂ©sitent pas Ă  nous bouffer roulĂ©s dans le sucre doux jusqu’à la provocation avec des corps amers nous nous cĂąlinons blottis affinĂ©s beaux de glaise nous accomplissons la vie de ceux du dessus de nos amours une sorte d’oubli les fruits dans les arbres non cueillis. une sorte d’eau qui assĂšche. nous rions Ă  nous dĂ©crocher la mĂąchoire sous les ossements oĂč nous nous aimons jusqu’à la dĂ©fiance nous ne craignons pas les crĂąnes voisins roulĂ©s entre les poitrines. de moi Ă  toi de toi Ă  moi.
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Emil-Iulian Sude
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Il ne me laisse pas l’aimer. Il ne me laisse pas essayer. Je ne sais pas quoi faire.” He won’t let me love him. He won’t let me try. I don’t know what to do. “I’d give anything to go back, to be braver. I was so scared. I was such a coward, and you died. You died
I never got to tell you how much I loved you. How much you meant to me, how much you changed me. How much I respected you. You were so brave, Dominic, and so strong. I was so privileged to know you. To love you. As much as you tried, you were never a forgettable man. I will miss you every day of my life.” I press my hand to my chest. “Attends-moi mon amour. Jusqu’à ce que nous nous revoyions. Jusqu’à ce que nous puissions sentir la pluie sur nos deux visages. Il doit y avoir une place pour nous dans la prochaine vie. Je ne veux pas d’un paradis oĂč je ne te vois pas.” Until we meet again. Until we can feel the rain on both our faces. There has to be a time for us in the next life. I don’t want any part of a heaven where I don’t see you. At the gate, I glance back at his grave one last time. “A bientĂŽt. Merci.” Until then. Thank you.
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Kate Stewart (Exodus (The Ravenhood Duet, #2))
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LĂ -bas, il survivait au creux de certaines conversations, l'amour, comme un vieux souvenir, un Ă©cho lointain de la voluptĂ©, parmi des femmes tondues, devenues maigres et osseuses en quelques semaines, les mĂȘmes qui se maquillaient parfois outrageusement Ă  Drancy, plus sĂ©ductrices dans ce camp de transit mixte qui autorisait nos derniers feux.
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Marceline Loridan-Ivens (L'Amour aprĂšs)
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Julio CortĂĄzar (Hopscotch)
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J'ai citĂ© dans Chez soi les trĂšs belles lignes de Serge Rezvani sur les « surprises de la rĂ©pĂ©tition », sur l'intĂ©rĂȘt merveilleux qu'on peut trouver Ă  renouveler chaque jour des gestes et des rituels qui sont chargĂ©s de sens Ă  nos yeux, en apprenant Ă  apprĂ©cier leurs plus infimes variations, comme une palette qu'on Ă©largit et enrichit sans cesse. J'en trouve un autre Ă©loge chez la philosophe SĂ©verine Auffret : « Un accroissement continuel de jouissance nous vient de l'audition rĂ©pĂ©tĂ©e d'une musique. La premiĂšre audition n'emporte pas notre adhĂ©sion. C'est Ă  la deuxiĂšme, Ă  la troisiĂšme, Ă  la suivante que le plaisir s'affirme, semblable Ă  ce rythme propre du corps tout de scansion, de rĂ©pĂ©tition : parcours d'un mĂȘme espace, rĂ©itĂ©ration d'un mĂȘme geste ; cette demande qu'on fait dans le coĂŻt, comme le petit enfant qu'on berce, jette en l'air, soulĂšve, balance : "Encore !" » (p. 46)
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Mona Chollet (Réinventer l'amour: Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles)
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Soulever la question de la fĂ©tichisation amoureuse et sexuelle suscite en gĂ©nĂ©ral de vives protestations, et expose Ă  se voir accusĂ© de vouloir faire la « police des couples ». Les inclinations personnelles, surtout dans ce domaine, ne se discuteraient pas. Ce serait donc pure coĂŻncidence si les « inclinations personnelles » des millions d'hommes qui fantasment sur les femmes asiatiques se rejoignent
 Le plus vraisemblable est cependant que nos goĂ»ts, lĂ  encore, sont tributaires des prĂ©jugĂ©s et des reprĂ©sentations en circulation dans nos sociĂ©tĂ©s, dont nous sommes forcĂ©ment imprĂ©gnĂ©s. L'autrice Dalia Gebrial remarque que l'amour, « reprĂ©sentĂ© comme un royaume des affects apolitique, transcendant, dans lequel on tombe malgrĂ© soi, est en rĂ©alitĂ© profondĂ©ment politisĂ©, et liĂ© aux violences structurelles plus larges auxquelles l'ensemble des femmes racisĂ©es, en particulier, doivent faire face ». (p. 95)
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Mona Chollet (Réinventer l'amour: Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles)
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Je crois que la souffrance a Ă©tĂ© accordĂ©e par Dieu Ă  l'homme dans une grande pensĂ©e d'amour et de misĂ©ricorde. Je crois que JĂ©sus-Christ a transformĂ©, sanctifiĂ©, presque divinisĂ© la souffrance. Je crois que la souffrance est pour l'Ăąme la grande ouvriĂšre de rĂ©demption et de sanctification. Je crois que la souffrance est fĂ©conde, autant et parfois plus que nos paroles et nos oeuvres, et que les heures de la Passion du Christ ont Ă©tĂ© plus puissantes pour nous et plus grandes devant le PĂšre que les annĂ©es mĂȘme de sa prĂ©dication et de son activitĂ© terrestre. Je crois qu'il circule parmi les Ăąmes, celles d'ici-bas, celles qui expient, celles qui ont atteint la vraie vie, un vaste et incessant courant fait des souffrances, des mĂ©rites et de l'amour de toutes ces Ăąmes, et que nos plus infĂźmes douleurs, nos plus lĂ©gers efforts peuvent atteindre par l'action divine des Ăąmes chĂšres ou lointaines et leur apporter la lumiĂšre, la paix et la saintetĂ©. Je crois que dans l'EternitĂ© nous retrouverons les bien-aimĂ©s qui ont connu et aimĂ© la Croix, et que leurs souffrances et les nĂŽtres se perdront dans l'infini de l'Amour divin et dans les joies de la dĂ©finitive rĂ©union. Je crois que Dieu est amour et que la souffrance est, dans sa main, le moyen que prend son amour pour nous transformer et nous sauver.
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Elisabeth Leseur (Journal Et Pensees De Chaque Jour (French Edition))
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Toutes ces pages n'ont pas toujours de date, encore moins de visage, mais elles supposent qu'un homme s'est assis devant une table, un stylo Ă  la main, qu'il a pris le temps de chercher les mots, peut-ĂȘtre de me rĂ©pondre. Nous Ă©crivions bien je trouve, et qu'importe finalement que l'Ă©lan ait durĂ© une heure, une semaine, un mois ou un an, je sens nos cƓurs serrĂ©s d'alors, l'ombre de la guerre derriĂšre nous, qui nous commande de vivre. [...] Il fallait que nous fassions des phrases amicales, amoureuses, fĂącheuses et menteuses. Il nous fallait nous Ă©crire pour raisonner et nous orienter dans ce monde. Nous allions dans les graves du drame, puis dans les aigus du bonheur. Tout est lĂ , dans une valise.
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Marceline Loridan-Ivens (L'Amour aprĂšs)
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On ne peut pas grandir avec les autres. On ne peut grandir qu'en Ă©chappant Ă  cet amour qu'ils nous portent et qui leur suffit, croient-ils, Ă  nous connaĂźtre. On ne peut grandir qu'en faisant des choses dont on ne leur rendra pas compte, et d'ailleurs si on leur en rendait compte, ils ne les comprendraient pas, parce qu'elles seront faites avec cette part insaisissable, non couverte par le manteau d'amour qu'ils jetaient sur nos Ă©paules. Cette part-lĂ  est part de l'ange - ou du loup. Je ne suis pas sĂ»re de croire aux anges. Les loups existent. Ils existent mĂȘme deux fois, une fois dans les forĂȘts, une deuxiĂšme fois dans les lĂ©gendes qui sont comme des forĂȘts de mots.
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Christian Bobin (La folle allure)
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Nous sommes seulement quatorze, mais nous sommes portĂ©s par des milliers et sans doute par des millions d’hommes. Pour nous protĂ©ger, des groupes de combat veillent sur tous les accĂšs qui mĂšnent Ă  cette retraite. Et se feront tuer avant que de laisser arriver jusqu’à nous. Cependant, personne ici n’a l’orgueil ni mĂȘme le sentiment de la puissance. Nous savons que nos soldats changent cent fois de nom et qu’ils ne possĂšdent ni abri ni visage. Ils vont en secret dans des chaussures informes sur des chemins sans soleil et sans gloire. Nous savons que notre armĂ©e est famĂ©lique et pure. Qu’elle est une armĂ©e d’ombres. L’armĂ©e miraculeuse de l’amour et du malheur. Et j’ai pris conscience ici que nous Ă©tions seulement les ombres de ces ombres et le reflet de cet amour et de ce malheur. Cela surtout, Gerbier, valait la peine.
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Joseph Kessel (L'Armée des ombres)
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Notre conscience s'enflait comme une baudruche, jusqu'à se confondre avec le paysage, annihilant toute différence entre l'extérieur et nos limites physiques. [...] Et on sentait dans ce mouvement solaire une sorte d'énorme élan d'amour cosmique.
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Haruki Murakami (The Wind-Up Bird Chronicle)
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Attends-moi mon amour. Jusqu’à ce que nous nous revoyions. Jusqu’à ce que nous puissions sentir la pluie sur nos deux visages. Il doit y avoir une place pour nous dans la prochaine vie. Je ne veux pas d’un paradis oĂč je ne te vois pas.” Until we meet again. Until we can feel the rain on both our faces. There has to be a time for us in the next life. I don’t want any part of a heaven where I don’t see you. At the gate, I glance back at his grave one last time. “A bientĂŽt. Merci.” Until then. Thank you.
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Kate Stewart (Exodus (The Ravenhood Duet, #2))
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Finalement, aujourd'hui que les enfants ne labourent plus nos champs et ne nous prennent plus chez eux lorsque nous devenons incontinents, il n'existe plus de raison valable d'en avoir, et il est stupéfiant qu'avec l'avÚnement d'une contraception efficace on trouve encore des gens qui choisissent de se reproduire. En regard, l'amour, l'histoire, la satisfaction, la foi en l' "humanité" -bref, toutes les motivations modernes sont comme des dirigeables, immenses, suspendus et rares : optimistes, généreuses, voire profondes, mais dangereusement infondées.
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Lionel Schriver
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Tu ne me dis presque jamais merci pour tout ce que je fais pour que cette maison tienne debout, tu ne vois pas l'infinitĂ© de choses qu'il faut accomplir pour que ça marche, pour que les enfants aient des chaussures et le ventre plein, pour que la maison soit propre, pour que nos lits soient faits. Tu dis simplement que tu travailles, que tu travailles, comme si c'Ă©tait supĂ©rieur Ă  tout, comme si tu Ă©tais plus importante parce que tu es occupĂ©e, comme s'il y avait de la grandeur Ă  ĂȘtre dĂ©bordĂ©e, comme si ça te dĂ©gageait de toute autre responsabilitĂ©. Mais tu ne t'occupes que de cuisine, Ottavia, mon amour. MĂȘme si tu le fais bien, ça reste un travail. Tu juges sĂ©vĂšrement les hommes de ta famille, mais tu ne fais pas beaucoup mieux, tu sais.
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Julia Kerninon (Sauvage)
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La vie est un peu Ă  l’image de ce couloir d’hĂŽpital. DerriĂšre chaque porte se niche une existence. Nous avançons Ă  la recherche des ĂȘtres qui nous aideront Ă  construire notre vie : notre amour, nos amis. Certains, chanceux ou avertis, connaissent les chambres dans lesquelles les dĂ©couvrir. D’autres ne savent pas et restent Ă©ternellement Ă  errer sans oser toquer ici ou lĂ . Et s’ils ouvrent l’une d’entre elles, ils se montrent incapables de questionner, de s’intĂ©resser vraiment Ă  celles et ceux qui leur font face et repartent dĂ©river vers d’improbables rencontres. Pourquoi ? Parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils cherchent. Parce qu’ils ne savent plus qui ils sont. Selon moi, chaque porte ouverte, chaque rencontre, est suscitĂ©e par le destin et doit nous apprendre quelque chose.
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Thierry Cohen (Si un jour la vie t'arrache Ă  moi)
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Hopscotch is played with a pebble that you move with the tip of your toe. The things you need : a sidewalk, a pebble, a toe, and a pretty chalk drawing, preferably in colors. On top is Heaven, on the bottom is Earth, it's very hard to get the pebble up to Heaven,you almost always miscalculate and the stone goes off the drawing. But little by little you start to get the knack of how to jump over the different squares (spiral hopscotch, rectangular hopscotch, fantasy hopscotch, not played very often ) and then one day you learn how to leave Earth and make the pebble climb up into Heaven (Et tous nos amours, Emmanuele was sobbing face down), the worst part of it is that precisely at that moment, when practically no one has learned how to make the pebble climb up into Heaven, childhood is over all of a sudden and you're into novels, into the anguish of the senseless divine trajectory, into the speculation about another Heaven that you have to learn to reach too.
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Julio CortĂĄzar (Hopscotch)
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On ne pourra jamais déterminer avec certitude dans quelle mesure nos relations avec autrui sont le résultat de nos sentiments, de notre amour, de notre non-amour, de notre bienveillance ou de notre haine, et dans quelle mesure elles sont d'avance conditionnées par les rapports de force entre individus. ==========
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Anonymous
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N'aie pas peur. Ferme Tes yeux, donne-moi Ta main et viens, je vais Te montrer tous les sentiers de l'amour que je connais, des sentiers jamais foulĂ©s. Sauvage, le pollen des nuits passera au-dessus de nous et de nos reins monteront les baisers. Viens, dĂ©pĂȘchons-nous. Quelqu'un guette au coin du lit. Un pressentiment s'Ă©parpille sur les draps qui ont l'air de linceuls. Oh, oĂč fuir, dans quelle courbure de Ton corps m'enfouir et comment T'Ă©treindre pour ne pas mourir - pour ne pas mourir avant d'avoir joui de Toi tout entiĂšre. ~ P 52 - 53
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Nikos Kazantzakis (Le lys et le serpent)
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Et c'est toujours de mĂȘme, et c'est ainsi toujours! On s'adore! On se hait! On maudit ses amours! On s'adore! On se hait! On maudit ses amours! Adieu Myrtille, EglĂ©, ChloĂ©, dĂ©mons moqueurs! Adieu donc et bons jours aux tyrans de nos coeurs! Et bons jours!
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Robert de Montesquiou
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Au tĂ©lĂ©phone, un ami Ă©crivain me parle d'exil. Apparemment, il ne pourra plus rien Ă©crire 'ici'. Tout est fermĂ©, bloquĂ©, et les lecteurs restent inimaginables, Ă  l'autre bout de son tunnel. Je ne sais trop quoi lui dire, car je suis sĂ»r qu'il se trompe, ou plutĂŽt qu'il est trompĂ© par une souffrance que je connais bien, moi aussi, et qui nous a donnĂ© notre lot de poĂštes Ă  la tĂȘte flambĂ©e. Je lui parle de ça, de la tentation Ă©pouvantable de partir, du leurre qu'est ce dĂ©sir d'aller trouver ailleurs on ne sait quoi. Je regarde dehors pendant que je l'Ă©coute se plaindre, avec une voix tremblante, pleine de cette Ă©motion impĂ©rissable du poĂšte dĂ©sertĂ© par le dĂ©sir, et auquel il ne vient plus que des mots anciens, pour parler de l'Ă©ternelle misĂšre de ne plus savoir comment faire. Je regarde dehors et aperçois le bouleau qui balance dans le vent. On oscille sans cesse, on hĂ©site tous, toujours on bat la mesure d'une inaliĂ©nable incertitude. C'est comme ça. Je lui dis que j'aime ce qu'il est, ce qu'il fait, mais ce n'est pas assez, comme de raison. L'amour n'est pas assez quand on est seul et enfoncĂ© si loin dans l'inquiĂ©tude. Je l'Ă©coute et je regarde les arbres secouĂ©s par le vent et c'est pareil : nous sommes tous secouĂ©s, bardassĂ©s, perpĂ©tuellement Ă©branlĂ©s sur nos racines.
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Robert Lalonde (Le Monde sur le flanc de la truite)
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Soldats de plomb
 Soldats de plomb, ĂŽ, toute mon enfance, quand Hetmans aux cheveux blonds, nous dĂ©ployions une cohue De hĂ©ros immortels, oubliĂ©s dans quelque bahut, De preux sans crainte en immobiles rangs. Et, nous les enfants, avec nos sabres en bois, partions nous quereller En portant comme Ă©tendard des serviettes au soleil flottant. Quel corps Ă  corps, quelle raclĂ©e sous les mĂ»riers du verger ! Et aprĂšs la bataille, combien de morts fuyaient en riant
 Ô ! oĂč donc es-tu, guerre, Ă©poque innocente ! Maintenant la lutte hurle et la blessure dĂ©chirĂ©e se lamente, Et les morts meurent vraiment de leur amour de la patrie. Quel dieu-enfant se penche sur les hommes-jouets, Et le soir, les renversant dans les noirs coffrets, Dans les tranchĂ©es les poupĂ©es de cire ensevelit ?
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Ion Pillat (Monostiches et autres poĂšmes (Litterature Roumaine Traduite) (French Edition))
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Extraits: Seuls les pores de l’infini-temps Quand seront-ils libres ? Leur suffit-il d’ĂȘtre Depuis Nkrumah, Lumumba, Lucie Dinkinesh ? En Afrique, depuis Saba d’ébĂšne, On invente, Ă©crit, calcule ; Depuis l’amharique de nos anneaux non nouĂ©s, Depuis Askia qui fit chuter l’or, Depuis l’apartheid de la RhodĂ©sie, Pour façonner mers et continents D’un pacte d’amour les fils de la nature.
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Abdou Karim GUEYE Poésie Comme un amas de pyramides inversées
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Deixar entrar alguém na nossa vida é deitar abaixo as paredes que construímos para nos protegermos, não ficando à espera que o outro as derrube!
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Marc Levy (Mes amis, mes amours)
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Beaucoup d'hommes et de femmes disent que Monsieur X ne les intĂ©resse pas, qu'il est le produit d'une classe, trĂšs rĂ©duite statistiquement de surcroĂźt, celle de la bourgeoisie cosmopolite, produit du capitalisme tiers-mondiste. je crois pour ma part que Monsieur X nous concerne tous, hommes et femmes, quels que soient notre Ăąge et notre appartenance de classe. Il nous concerne en tant qu'individu "idĂ©al", comme modĂšle et produit d'ne classe dominante. C'est lui qu'on voit dans les feuilletons tĂ©lĂ©visĂ©s, qu'ils soient Ă©gyptiens, amĂ©ricains ou français. Lui dont nous rĂȘvons, consciemment ou inconsciemment. Lui encore qui incarne les attentes et les images que nous avons de la sĂ©duction, du charme, du dĂ©sir et du bonheur...Cela quelle que soient par ailleurs nos options politiques et culturels conscientes. L'objet de ces textes, en effet, est moins de rĂ©pondre aux questions que d'en formuler. Il nous faut avancer, prendre peu de distance envers nous-mĂȘmes en tant que "machines dĂ©lirantes" dans un Tiers monde qui est aujourd’hui, d'une part ouvert aux messages publicitaires fabriquĂ©s dans les laboratoires des multinationales occidentales et d'autre part, en quĂȘte de son passĂ© et de sa tradition.
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Fatema Mernissi (L'Amour dans les pays musulmans : A travers le miroir des textes anciens)
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L'amour ne peut pas se passer d'Ă©change, de petits billets doux que l'on s'adresse et se renvoie. L'amour est peut-ĂȘtre la plus belle forme du dialogue que l'homme a inventĂ© pour se rĂ©pondre Ă  lui-mĂȘme. Et c'est lĂ  justement que l'art du ventriloque a un rĂŽle immense Ă  jouer. Les grands ventriloques ont Ă©tĂ© avant tout des libĂ©rateurs : ils nous permettent de sortir de nos cachots solitaires et de fraterniser avec l'univers. C'est nous qui faisons parler le monde, la matiĂšre inanimĂ©e, c'est ce qu'on appelle la culture, qui fait parler le nĂ©ant et le silence. La libĂ©ration, tout est lĂ . Je donne des leçons Ă  Fresnes; les prisonniers apprennent Ă  faire parler les barreaux, les murs, Ă  humaniser le monde. Philoloque a dit qu'une seule dĂ©finition de l'homme est possible : l'homme est une dĂ©claration d'intention, et j'ajouterais qu'il fait qu'elle soit faite hors du contexte. Je reçois ici toutes sortes de muets intĂ©rieurs pour causes extĂ©rieures, pour cause de contexte, et je les aide Ă  se libĂ©rer. Tous mes clients cachent honteusement une voix secrĂšte, car ils savent que la sociĂ©tĂ© se dĂ©fend. Par exemple, elle ferme les bordels, pour fermer les yeux. C'est ce qu'on appelle morale, bonnes moeurs et suppression de la prostitution authentique et noble, celle qui ne se sert pas du cul mais des principes, des idĂ©es, du parlement, de la grandeur, de l'espoir, du peuple, puisse continuer par des voies officielles. Il vient donc un moment oĂč vous n'en pouvez plus et oĂč vous ĂȘtes dĂ©vorĂ© par le besoin de vĂ©ritĂ© et d'authenticitĂ©, de poser des questions et de recevoir des rĂ©ponses, bref, de communiquer - de communiquer avec tout, avec le tout, et c'est lĂ  qu'il convient de faire appel Ă  l'art. C'est lĂ  que le ventriloque entre en jeu et rend la crĂ©ation possible. Je suis reconnu d'utilitĂ© publique par monsieur Marcellin, notre ancien Ministre de l'IntĂ©rieur, et monsieur Druon, notre ancien Ministre de la Culture et j'ai reçu l'autorisation d'exercer de l'Ordre des MĂ©decins, car il n'y a aucun risque. Tout demeure comme avant, mais on se sent mieux.
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Romain Gary (Gros-CĂąlin)
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comment mesurer l'amour?? chacun sait que l'instrument n'est pas encore nĂ©,capable d’apprĂ©cier,sans risque d'erreur et par-delĂ  les illusions, l'intensitĂ© de nos sentiments. Si divers sont les objets de l'amour et les maniĂšres d'aimer...
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Érik Orsenna (Voyage aux pays du coton: Petit prĂ©cis de mondialisation)
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Fuyez de ces auteurs l'abondance stĂ©rile, Et ne vous chargez point d'un dĂ©tail inutile. Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant; L'esprit rassasiĂ© le rejette Ă  l'instant. Qui ne sait se borner ne sut jamais Ă©crire. Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire. Un vers Ă©toit trop foible, et vous le rendez dur; J'Ă©vite d'ĂȘtre long, et je deviens obscur; L'un n'est point trop fardĂ©, mais sa muse est trop nue; L'autre a peur de ramper, il se perd dans la nue. Voulez-vous du public mĂ©riter les amours, Sans cesse en Ă©crivant variez vos discours. Un style trop Ă©gal et toujours uniforme En vain brille Ă  nos yeux, il faut qu'il nous endorme On lit peu ces auteurs, nĂ©s pour nous ennuyer, Qui toujours sur un ton semblent psalmodier. Heureux qui, dans ses vers, sait d'une voix lĂ©gĂšre Passer du grave au doux, du plaisant au sĂ©vĂšre!
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Nicolas Boileau-Despréaux (L'Art Poétique)
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Ta voix, tes yeux, tes mains, tes lĂšvres, Nos silences, nos paroles, La lumiĂšre qui s'en va, la lumiĂšre qui revient, Un seul sourire pour nous deux, Par besoin de savoir, j'ai vu la nuit crĂ©er le jour sans que nous changions d'apparence, Ô bien-aimĂ© de tous et bien-aimĂ© d'un seul, En silence ta bouche a promis d'ĂȘtre heureuse, De loin en loin, ni la haine, De proche en proche, ni l'amour, Par la caresse nous sortons de notre enfance, Je vois de mieux en mieux la forme humaine, Comme un dialogue amoureux, le cƓur ne fait qu'une seule bouche Toutes les choses au hasard, tous les mots dits sans y penser, Les sentiments Ă  la dĂ©rive, les hommes tournent dans la ville, Le regard, la parole et le fait que je t'aime, Tout est en mouvement, il suffit d'avancer pour vivre, D'aller droit devant soi vers tout ce que l'on aime, J'allais vers toi, j'allais sans fin vers la lumiĂšre, Si tu souris, c'est pour mieux m'envahir, Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard.
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Paul Éluard
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Depuis des siĂšcles, le catholicisme a tournĂ© l’ñme latine vers l’au delĂ . Il persuade Ă  la jeune fille qu’elle a Ă©tĂ© mise en ce monde uniquement pour gagner le ciel. Il s’efforce de lui inculquer le mĂ©pris du bonheur humain, des vanitĂ©s de la terre, le dĂ©dain de son corps, l’amour de la souffrance. Il a obtenu ainsi des renoncements sublimes, des puretĂ©s exquises. Cet ideal favorise chez la femme naissante la vie intĂ©rieure, et l’espĂšce de claustration Ă  laquelle nos moeurs la condamnent, fait d’elle une ĂȘtre concentre, - en qui la sĂšve refoulĂ©e produit parfois des rĂȘves dangereux, toute une vegetation folle d’idĂ©es malsaines, de dĂ©sirs morbides, de sentiments bizarres.
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Pierre de Coulevain
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Maintes histoires koraniques nous proposent, avec plus d'insistance encore que la Bible, le schĂ©ma suivant : les prophĂštes prĂȘchent et les peuples rejettent le message ; Dieu les punit pour ce rejet ; et Il rĂ©compense les hommes qui croient. L'objection des agnostique et autres sceptique est des plus faciles : les peuples sont psychologiquement excusables de ne pas accepter les Messages ; les paĂŻens arabes avaient humainement et traditionnellement le droit de croire Ă  la rĂ©alitĂ© de leurs divinitĂ©s et Ă  l'efficacitĂ© de leurs idoles ; ils n'avaient pas de motif de croire le prophĂšte Ă  l'encontre de leurs traditions et de leurs moeurs. [...] l'excuse des moderne, - facile de la part de gens qui ne croient Ă  rien et Ă  qui la nature plĂ©niĂšre de l'homme Ă©chappe, - cette excuse disons-nous, ne tient pas compte du facteur suivant : si les Mecquois et les BĂ©douins dans leur majoritĂ© tenaient obstinĂ©ment Ă  leur coutumes, ce fut, non a priori pour des raison sincĂšres et logiques, mais fondamentalement parce que leur soi-disant religion, qui ne leur enseignait mĂȘme pas les vĂ©ritĂ©s eschatologiques indispensables, au contraire flattait leur attachement passionĂ© Ă  l'ici bas et leur amour dĂ©sordonnĂ© et mĂȘme exclusif des biens terrestres(*). * "Quand Nos versets (le Koran) sont rĂ©citĂ©es devant lui (le paĂŻen arabe), il dit : conte des anciens !" (Sourate du Calame, 15) Cette information, que le Koran fournit Ă  plusieurs reprises, prouve que la religion des Arabe paĂŻens fut une hĂ©rĂ©sie Ă  l'Ă©gard de leur propres traditions, que les paĂŻens rejetaient, prĂ©cisĂ©ment, comme Ă©tant des "conte des anciens" (el-awwalĂźn = "des primordiaux"). De nombreux passage du Koran indiquent Ă©galement que ces Arabes ne croyaient ni Ă  l'immortalitĂ© de l'Ăąme ni Ă  la rĂ©surrection, alors que leurs ancĂȘtre y croyaient.
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Frithjof Schuon (From the Divine to the Human: A New Translation with Selected Letters (Writings of Frithjof Schuon))
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Je dois pétrifier nos gestes d'alors en un Pompéi à deux places.
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René Fallet (L'Amour baroque)
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Si on aime les gens seulement quand ils se comportent conformĂ©ment Ă  nos idĂ©aux, ce n'est pas de l'amour...Chacun est responsable de sa propre apprĂ©ciation. Vous n'ĂȘtes pas responsable des opinions d'autrui.
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Laurent Gounelle (L'homme qui voulait ĂȘtre heureux)
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Resterait Ă  savoir dans quel cas une personnalitĂ© nous intĂ©resse, provoque un effort, un supplĂ©ment d'action. Je dirai que c'est dans le cas oĂč elle favorise nos propres actions, notre propre personnalitĂ©.
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Pierre Janet (L'Amour et la Haine)
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Beaucoup d'entre nous cherchons Ă  donner du sens Ă  nos vies, mais nos vies n'ont de sens que si nous sommes capables d'accomplir ces trois destinĂ©es: aimer, ĂȘtre aimĂ© et savoir pardonner. Le reste n'est que du temps perdu.
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Joël Dicker
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Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours aprÚs la peine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l'onde si lasse Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure L'amour s'en va comme cette eau courante L'amour s'en va Comme la vie est lente Et comme l'Espérance est violente Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure
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Guillaume Apollinaire
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Je sais que les gens ont tendance à croire que ça ne veut rien dire, mais j’aime penser que l’amour physique n’est pas anodin et que nos bagatelles n’ont pas eu lieu en vain.
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Elizabeth Lemay (Daddy Issues (French Edition))
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Les souffrances de la nĂ©vrose et de la psychose sont pour nous l'Ă©cole des passions de l'Ăąme, comme le flĂ©au de la balance psychanalytique, quand nous calculons l'inclinaison de sa menace sur des communautĂ©s entiĂšres nous donne l'indice d'amortissement des passions de la citĂ©. A ce point de jonction de la nature Ă  la culture que l'anthropologie de nos jours scrute obstinĂ©ment, la psychanalyse seule reconnaĂźt ce nƓud de servitude imaginaire que l'amour doit toujours redĂ©faire ou trancher. Pour une telle Ɠuvre, le sentiment altruiste est sans promesse pour nous, qui perçons Ă  jour l'agressivitĂ© qui sous-tend l'action du philanthrope, de l'idĂ©aliste, du pĂ©dagogue, voire du rĂ©formateur. Dans le recours que nous prĂ©servons du sujet au sujet, la psychanalyse peut accompagner le patient jusqu'Ă  la limite extatique du "Tu es cela", oĂč se rĂ©vĂšle Ă  lui le chiffre de sa destinĂ©e mortelle, mais il n'est pas en notre seul pouvoir de praticien de l'amener Ă  ce moment oĂč commence le vĂ©ritable voyage.
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Jacques Lacan
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Combien naquirent sur les sols boueux de nos campagnes, en plein sable, dans la tempĂȘte, sans eau et sans lumiĂšre ? Le voyage n’est-il donc pas pour tout le monde le mĂȘme ? Qu’importe. Le temps qui nous est accordĂ© ne nous semblera infini que si l’amour s’en mĂȘle. Et peut-ĂȘtre, de nos larmes derniĂšres ayant troublĂ© la poussiĂšre, reviendrons-nous, phosphorescents, de l’au-delĂ . Une vie minuscule contre l’éternitĂ©.
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Philippe Krhajac (Une vie minuscule (French Edition))
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Nos voeux de bonheur profonds et sincĂšres. Beaucoup d’amour et une santĂ© de fer. Un joyeux anniversaire!
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James Patterson (Tick Tock (Michael Bennett, #4))
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Nous sommes seulement quatorze, mais nous sommes portĂ©s par des milliers et sans doute par des millions d'hommes. Pour nous protĂ©ger, des groupes de combat veillent sur tous les accĂšs qui mĂšnent Ă  cette retraite. Et se feront tuer avant que de laisser arriver jusqu'Ă  nous. Cependant, personne n'a l'orgueil ni mĂȘme le sentiment de la puissance. Nous savons que nos soldats changent cent fois de nom et qu'ils ne possĂšdent ni abri ni visage. Ils vont en secret dans des chaussures informes sur des chemins sans soleil et sans gloire. Nous savons que notre armĂ©e est famĂ©lique et pure. Qu'elle est une armĂ©e d'ombres. L'armĂ©e miraculeuse de l'amour et du malheur. Et j'ai pris conscience ici que nous Ă©tions seulement les ombres de ces ombres et le reflet de cet amour et de ce malheur. Cela surtout, Gerbier, valait la peine.
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Joseph Kessel (L'Armée des ombres)
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Bouts de soie Je fus l'ami de toutes les solitudes. J'allumais les lampes parmi les errants. Le soir je prenais un peu de thĂ©, ou mĂȘme pas. Les chemins se sont resserrĂ©s dans le passé– et voici venir l'oubli. Tout est comme cela fut un jour : choses auxquelles je ne puis donner un nom. Jeune fille aux cheveux emmĂȘlĂ©s de fĂ©erie, n'essayons plus de nous souvenir. En automne les cirques partaient. Les femmes vendaient pour nous de la marjolaine. ObscuritĂ© favorable aux monts-de-piĂ©tĂ©, le vent fait encore des culbutes et des papillons. NaguĂšre tu me montrais un Ă©cureuil menu comme une patate et nous nous effilochions au grĂ© des spectres. Les gens savent quelque chose qu'ils ne disent pas. Que fait l'eau dans laquelle tu as secouĂ© tes brumes ? Par les herbes et les saisons humides, les cendres confondent leurs saints. Le soir est venu comme un chien des montagnes, pour lĂ©cher nos mains brĂ»lantes. Tu es toujours mon amour et j'entends encore la lune serpenter entre les murs. Oh ! Si seulement nous Ă©tions demeurĂ©s en imagination comme les batailles sur les panoplies
 La vie fĂ»t toujours comme ne devrait pas ĂȘtre la vie. (p. 15)
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Ion Caraion (La neige qui jamais ne neige et autres poĂšmes)
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Amour pour le prochain En flux continu nous transperçons le ciel du poison de nos pensĂ©es laides et mauvaises et destructrices. Il n'y a pas d'humain qui ne rejette dans l'Ă©ther des flĂšches de pensĂ©es nocives, dĂ©jections de l'Ăąme et d'un esprit malade. Si nous pouvions les visualiser ou sentir leur puanteur alors, en effet nous connaĂźtrions notre orgueilleux ego dans toutes sa splendeur. Oui, nous ne salissons pas que la terre ! * [Iubire pentru aproapele În flux continuu străpungem cerul cu otrava gĂąndurilor noastre urĂąte și rele și distrugătoare. Nu e om să nu arunce-n eter săgeți de gĂąnduri nocive, dejecții de suflet și minte bolnavă. De le-am putea vizualiza sau le-am simți duhoarea, atunci Ăźntr-adevăr ne-am cunoaște eul nostru trufaș Ăźn toată splendoarea. Da, noi nu murdărim doar pămĂąntul!]
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Violeta Lacatusu
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Aussi bien moi que « ma meilleure moitiĂ© » cuisinons avec notre Ăąme. C'est ce que nous ont appris nos parents, c'est ce que nous ressentons, c'est ce que nous aimons : cuisiner avec dĂ©votion et amour, avec passion et respect des ingrĂ©dients, de ceux qui les ont fait et Ă  chaque fois le rĂ©sultat final nous a plu, tout comme il a plu Ă  ceux qui ont goĂ»tĂ© nos mets jusqu'Ă  en lĂ©cher les assiettes. [Și eu, și jumătatea mea mai bună, gătim cu sufletul. Așa am Ăźnvățat de la ai noștri, așa simțim, așa ne e drag, facem de mĂąncare cu dăruire și dragoste, cu pasiune și respect pentru ingrediente, pentru cei ce le-au facut și de fiecare dată rezultatul final nu ne-a plăcut numai nouă, ci și celor care ne-au gustat preparatele și au lăsat farfuriile linse.] (p. 9, incipit, traduit en français par Gabrielle Danoux)
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Adrian Voicu (Cartea-n bucate. Aventuri la marginea farfuriei)
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PriĂšre Les yeux hagards, vagabond, errant, Las d'avoir tant marchĂ©, ĂŽ Seigneur, Je m'Ă©croule sans forces devant L'Ă©clat insigne de ta splendeur. Des abĂźmes s'ouvrent devant moi Et la nuit s'Ă©tend jusqu'aux lointains, À genoux je me tourne vers toi : Ô, TrĂšs haut, montre-moi le chemin ! En ma poitrine oĂč les dĂ©sirs errent, Je sens les tentations creuser Comme pour troubler la source claire OĂč mon Ăąme s'en vient s'abreuver. Ô, veuille m'arracher Ă  leur monde M'aider pour que point je ne m'Ă©gare, Vers les dĂ©shĂ©ritĂ©s Ă  la ronde À jamais dirige mes regards. DĂ©voile Ă  mon esprit le secret, La loi des charmes de la nature, Et plante en mon bras Ă  tout jamais La haine et l'amour, afin qu'ils durent. Donne-moi le chant et la lumiĂšre Les voix de la nature enivrĂ©e D'amour, donne les rayons solaires À mes paupiĂšres extĂ©nuĂ©es. Et chasse mes tourments, ĂŽ, Seigneur, À tout jamais brise leurs clameurs Et apprends-moi Ă  verser des pleurs Pour ce que souffrent tant d'autres cƓurs. Non, ce n'est point mon destin marquĂ©, Par les Parques, par leur cruautĂ© Mais un vaste monde torturĂ© Qui dans les larmes devra pleurer. Donne-moi la douleur, les tourments Des vƓux que nul n'a pu satisfaire Donne-moi l'orage oĂč l'on entend Hurler, gĂ©mir des jougs sĂ©culaires. Depuis longtemps les dĂ©shĂ©ritĂ©s PloyĂ©s sous le faix geignent dans l'ombre
 Fais descendre en mon cƓur assoiffĂ© Leurs douleurs terrifiantes, sans nombre. SĂšme en mon cƓur l'orage espĂ©rĂ©, Que je sente qu'il gonfle et dĂ©borde Et l'amertume se dĂ©verser Toute sur mes frĂ©missantes cordes ; Et comment, sous sa voĂ»te embrasĂ©e, ÉmaillĂ©e d'Ă©clairs bleus en rumeur Sa voix d'airain prend son envolĂ©e : Le chant de nos profondes douleurs. (Rugăciune, en français par Aurel George Boeșteanu)
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Octavian Goga (Poezii)
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În calitate de astroloagă amatoare, mama prevăzuse revoluția din decembrie 1989, care avea să-i ducă la pierzanie pe Ceaușescu și consoarta sa, și la triumf pe cĂąÈ›iva indivizi mieroși și ahtiați după diplome, insigne și orgasme ale Puterii. Astfel ĂźncĂąt prăbușirea comunismului a adus destulă libertate, dar și anarhie, mĂąl, frustrări Ăźnțepătoare, tabuuri stĂąlcite. Sexualitatea s-a ivit mai ĂźntĂąi pe picioroange, apoi a căzut Ăźn trombă pe captele tuturor, facĂąnd să se strepezească dinții, să sticlească ochii, să se electrizeze pornografia Ăźntr-o industrie la fel de performantă precum cea cinematografică. Revoluția din decembrie 1989 m-a prins cu lenjeria de adolescent Ăźn vine, iar destinul meu s-a derulat aproape firesc pĂąnă am consumat tot ce era de știut despre astronautică. Dar apoi s-a ivit pofta aceea teribilă de fornicațiune, ca o toxicomanie epidermică. Traduction de Laure Hinckel dans « Seine et Danube » : En sa qualitĂ© d'astrologue amateur, maman avait prĂ©vu la rĂ©volution de dĂ©cembre 1989 menant Ă  leur perte les Ă©poux Ceaușescu et le triomphe de quelques individus mielleux et bavant d'envie pour les rĂ©compenses, les insignes et les orgasmes du Pouvoir. C'est ainsi que l'effondrement du communisme alla de pair avec pas mal de libertĂ© mais aussi d'anarchie, de fange, de frustrations aiguĂ«s, de tabous malmenĂ©s. La sexualitĂ© fit alors son apparition en nous regardant de haut avant de fondre sur nos tĂȘtes en provoquant notre agacement. Puis elle fit briller les yeux et enfin elle transforma la pornographie en une industrie aussi performante que celle du cinĂ©ma. La rĂ©volution de dĂ©cembre 1989 m'a surpris avec le caleçon sur les chevilles et mon destin a suivi un cours Ă  peu prĂšs correct le temps d'absorber tout ce que j'avais Ă  savoir sur l'astronautique. Mais ensuite est apparue cette terrible soif de fornication, comme une toxicomanie de l'Ă©piderme.
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Maxim Crocer (Amo(u)r)
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L’amour, le seul, l’unique, celui dont on n’oubliera jamais le nom, porte les stigmates de nos plus terribles douleurs. L’amour, le seul, l’unique, celui dont jamais on n’oubliera l’histoire, peu importe la durĂ©e, est l’amour le plus torturĂ©, le plus sĂ©vĂšrement destructeur
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Maryssa Rachel (Outrage (French Edition))
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Chacun doit affronter seul la vieillesse. Il paraĂźt qu'on garde toujours une part de l'autre au fond de soi, mais plus le temps passe, plus j'ai l'impression du contraire. Nous sommes seuls. Nous venons seuls au monde et nous le quittons seuls, mĂȘme si nous vivons entourĂ©s d'amour, de dĂ©votion et de bienveillance. Le temps venu, dans les moments dĂ©cisifs oĂč nos chemins se sĂ©parent, nous sommes isolĂ©s, comme des insectes piĂ©gĂ©s dans le sable.
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Maria Ernestam (Busters öron)
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« Nous avons besoin de maĂźtres. Le tĂ©moignage des gĂ©nĂ©rations qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s, leurs rencontres, leur histoire sont aussi notre hĂ©ritage. Leur vie, leur sagesse, leurs souffrances sont pour nous autant d’enseignements pour bĂątir notre avenir. Leur courage et leur foi, leur amour et le don qu’ils ont fait de leur vie sont nĂ©cessaires Ă  notre gĂ©nĂ©ration qui ne croit plus, ni en l’avenir, ni en l’amour, ni le plus souvent en la vie elle-mĂȘme. À l’heure oĂč le tĂ©moignage personnel prend tant d’importance, oĂč l’affectif est si influençable et influencĂ©, nous attendons de nos aĂźnĂ©s qu’ils parlent. Car comment pourrions-nous donner le meilleur de nous-mĂȘme, sans l’exemple de ceux qui, avant nous, ont vĂ©cu ? Comment pourrions-nous nous Ă©merveiller de la beautĂ© des cathĂ©drales, si nous ne savons rien des heures que les bĂątisseurs ont passĂ©es Ă  les Ă©lever ? Notre jeunesse a soif du patrimoine spirituel et humain dont elle est l’hĂ©ritiĂšre. Qui le lui transmettra ? Je t’écris tout cela comme un cri du cƓur, car j’aime la France et la vie et l’amitiĂ© et Dieu. Et il me semble qu’aujourd’hui, ces valeurs sont en danger. »
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Régine Pernoud (Histoire et lumiÚre)
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Nous avons besoin de maĂźtres. Le tĂ©moignage des gĂ©nĂ©rations qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s, leurs rencontres, leur histoire sont aussi notre hĂ©ritage. Leur vie, leur sagesse, leurs souffrances sont pour nous autant d’enseignements pour bĂątir notre avenir. Leur courage et leur foi, leur amour et le don qu’ils ont fait de leur vie sont nĂ©cessaires Ă  notre gĂ©nĂ©ration qui ne croit plus, ni en l’avenir, ni en l’amour, ni le plus souvent en la vie elle-mĂȘme. À l’heure oĂč le tĂ©moignage personnel prend tant d’importance, oĂč l’affectif est si influençable et influencĂ©, nous attendons de nos aĂźnĂ©s qu’ils parlent. Car comment pourrions-nous donner le meilleur de nous-mĂȘme, sans l’exemple de ceux qui, avant nous, ont vĂ©cu ? Comment pourrions-nous nous Ă©merveiller de la beautĂ© des cathĂ©drales, si nous ne savons rien des heures que les bĂątisseurs ont passĂ©es Ă  les Ă©lever ? Notre jeunesse a soif du patrimoine spirituel et humain dont elle est l’hĂ©ritiĂšre. Qui le lui transmettra ? Je t’écris tout cela comme un cri du cƓur, car j’aime la France et la vie et l’amitiĂ© et Dieu. Et il me semble qu’aujourd’hui, ces valeurs sont en danger.
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Régine Pernoud (Histoire et lumiÚre)
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Une Ɠuvre est Ă  la fois le souvenir de nos amours passĂ©es et la prophĂ©tie de nos amours nouvelles
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Marcel Proust (Le temps retrouvé: A la recherche du temps perdu)
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D'ailleurs les souvenirs que nous avons les uns des autres, mĂȘme dans l'amour, ne sont pas les mĂȘmes. J'avais vu Albertine se rappeler Ă  merveille telle parole que je lui avais dite dans nos premiĂšres rencontres et que j'avais complĂ©tement oubliĂ©e. D'un autre fait enfoncĂ© Ă  jamais dans ma tĂȘte comme un caillou elle n'avait aucun souvenir.
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Marcel Proust (Le temps retrouvé: A la recherche du temps perdu)
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La playlist qui rĂ©sonne dans les haut-parleurs mal calibrĂ©s de Lucette a un air de dĂ©ni. Ni SĂ©bastien ni moi n’avons reparlĂ© de mon compliment Ă  l’allure de dĂ©claration d’amour (suivi d’une insulte) depuis que nous avons bouclĂ© nos ceintures. AprĂšs un interminable trente minutes de route, passĂ© Ă  Ă©changer des banalitĂ©s sur la mĂ©tĂ©o, la monotonie du paysage et le prix de l’essence, on tombe sur un motel qui nous inspire confiance, proche de la municipalitĂ© de Saint-Marcel (j’ai persuadĂ© Seb que c’était un signe !). Contrairement Ă  la nuit prĂ©cĂ©dente, notre chambre est un brin coquette. Le couvre-lit fleuri des deux lits doubles s’agence parfaitement avec le tapis et les rideaux. Sur chaque table de chevet trĂŽne un vase argentĂ© qui contient de fausses fleurs en plastique. MalgrĂ© ce dĂ©cor enchanteur, le malaise persiste. — Tu veux une biĂšre Ă  tempĂ©rature valise de char ? J’interromps l’observation de mon bronzage d’épaule dans le miroir pour agripper la bouteille que mon ami me tend Ă  bout
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Sophie Laurin (En route vers nowhere (French Edition))
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Isabelle n’aimait pas la jouissance, mais Esther n’aimait pas l’amour, elle ne voulait pas ĂȘtre amoureuse, elle refusait ce sentiment d’exclusivitĂ©, de dĂ©pendance, et c’est toute sa gĂ©nĂ©ration qui le refusait avec elle. J’errais parmi eux comme une sorte de monstre prĂ©historique avec mes niaiseries romantiques, mes attachements, mes chaĂźnes. Pour Esther, comme pour toutes les jeunes filles de sa gĂ©nĂ©ration, la sexualitĂ© n’était qu’un divertissement plaisant, guidĂ© par la sĂ©duction et l’érotisme, qui n’impliquait aucun engagement sentimental particulier ; sans doute l’amour n’avait-il jamais Ă©tĂ©, comme la pitiĂ© selon Nietzsche, qu’une fiction inventĂ©e par les faibles pour culpabiliser les forts, pour introduire des limites Ă  leur libertĂ© et Ă  leur fĂ©rocitĂ© naturelles. Les femmes avaient Ă©tĂ© faibles, en particulier au moment de leurs couches, elles avaient eu besoin Ă  leurs dĂ©buts de vivre sous la tutelle d’un protecteur puissant, et Ă  cet effet elles avaient inventĂ© l’amour, mais Ă  prĂ©sent elles Ă©taient devenues fortes, elles Ă©taient indĂ©pendantes et libres, et elles avaient renoncĂ© Ă  inspirer comme Ă  Ă©prouver un sentiment qui n’avait plus aucune justification concrĂšte. Le projet millĂ©naire masculin, parfaitement exprimĂ© de nos jours par les films pornographiques, consistant Ă  ĂŽter Ă  la sexualitĂ© toute connotation affective pour la ramener dans le champ du divertissement pur, avait enfin, dans cette gĂ©nĂ©ration, trouvĂ© Ă  s’accomplir. Ce que je ressentais, ces jeunes gens ne pouvaient ni le ressentir, ni mĂȘme exactement le comprendre, et s’ils l’avaient pu ils en auraient Ă©prouvĂ© une espĂšce de gĂȘne, comme devant quelque chose de ridicule et d’un peu honteux, comme devant un stigmate de temps plus anciens. Ils avaient rĂ©ussi, aprĂšs des dĂ©cennies de conditionnement et d’efforts ils avaient finalement rĂ©ussi Ă  extirper de leur cƓur un des plus vieux sentiments humains, et maintenant c’était fait, ce qui avait Ă©tĂ© dĂ©truit ne pourrait se reformer, pas davantage que les morceaux d’une tasse brisĂ©e ne pourraient se rĂ©assembler d’eux-mĂȘmes, ils avaient atteint leur objectif : Ă  aucun moment de leur vie, ils ne connaĂźtraient l’amour. Ils Ă©taient libres
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Michel Houellebecq (La possibilité d'une ßle (French Edition))
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Un deuil ne se borne pas, comme on le dit souvent, Ă  envahir les sentiments ; il consiste plutĂŽt en une frĂ©quentation ininterrompue du disparu, comme si ce dernier devenait plus proche. Car la mort ne le rend pas seulement invisible : elle le rend aussi plus accessible Ă  notre regard. Elle nous le vole, mais elle le complĂšte Ă©galement d'une maniĂšre inĂ©dite. DĂšs le moment qui fige pour nos yeux ces contours mouvants qui traduisaient l'action et les changements constants d'une physionomie, celle-ci nous rĂ©vĂšle souvent pour la premiĂšre fois sa quintessence, l'Ă©lĂ©ment que le dĂ©roulement de l'existence ne nous donnait pas le loisir de percevoir totalement. Et cette nouvelle connaissance prend la forme d'une expĂ©rience spontanĂ©ment partagĂ©e comme au temps du contact personnel, elle ne rĂ©sulte pas d'un effort de pensĂ©e dĂ©libĂ©rĂ©, animĂ© par le dĂ©sir de cĂ©lĂ©brer le dĂ©funt ou de trouver consolation. Cette appropriation passionnĂ©e, cette dĂ©couverte pour la premiĂšre fois possible, nulle diversion, nulle autre impression de notre vie ne peut la dĂ©tourner de son cours, il suffit d'Ă©couter le message qui nous parvient de ces lĂšvres muettes : « Écoute ce vent qui souffle! la nouvelle ininterrompue qui se forme dans le silence. » C'est ce qui m'est arrivĂ© durant cet hiver 1926-1927 que Rainer Maria Rilke, dans une lettre Ă©crite de son lit de mort, appelait « un mauvais vent qui souffle ». Alors la bouleversante diffĂ©rence entre survivre et mourir devint mineure. IrrĂ©sistiblement s'imposa la constatation que toute relation humaine tient Ă  la force que nous lui consacrons : toutes ne sont-elles pas, et bien souvent les plus chĂšres, des signes et des images de nos tout premiers Ă©lans amoureux, qui nous ont appris Ă  aimer, avant mĂȘme leur propre naissance? - de mĂȘme que les nuages de l'est brillent grĂące au rayonnement du soleil qui se couche Ă  l'ouest. De leur vivant, nous distinguons mal ceux auxquels nous sommes unis avec le plus d'Ă©clat - d'un Ă©clat qui ne peut cesser de rayonner. Il y a une part de notre amour qui reste enfermĂ©e dans le cercueil, celle que nous pleurons et dont la perte nous endeuille le plus ; et l'autre, qui continue Ă  vivre et Ă  rĂ©agir Ă  tout ce qui nous arrive, en dialogue, une part qui semble toujours sur le point de redevenir rĂ©alitĂ©, parce qu'elle touche Ă  ce qui nous rĂ©unit Ă©ternellement avec la vie et la mort.
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Lou Andreas-Salomé (Rainer Maria Rilke)
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Et de cet amour le seul bonheur que puissent connaĂźtre deux coeurs insatiables comme les nĂŽtres. Écoute, Ă©coute monter les grandes images vulgaires que nous transfigurons. Voici l'OcĂ©an qui gronde et chante et sur lequel le ciel se tourmente et s'apaise semblable Ă  ton lit. Voici l'OcĂ©an semblable Ă  notre coeur. Voici le ciel oĂč naufragent les nuages dans l'Ă©clat triste d'un fanal promenĂ© Ă  tour de rĂŽle par les Ă©toiles. Voici le ciel semblable Ă  nos deux coeurs.
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Robert Desnos (Fortunes)
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NaĂŻves, nous avons toutes cru que c'Ă©tait l'impossibilitĂ© de construire une vie fondĂ©e sur l'amour qui avait scellĂ© le malheur de notre grand mĂšre, qui l'avait enchaĂźnĂ©e Ă  un tyran mĂ©diocre. Nous n'avons pas compris, adolescentes, que le mal rĂ©sidait dans la conjugalitĂ© elle-mĂȘme, dans la domestication de nos Ă©lans, que finissent irrĂ©mĂ©diablement par exiger le couple et la maternitĂ©.
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Juliette Rousseau (La vie tĂȘtue)
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À mesure que nous discernons plus clairement la deuxiĂšme personne de la TrinitĂ© – qui elle est et ce qu’elle a accompli – la troisiĂšme personne de la TrinitĂ© crĂ©e en nous une expĂ©rience de l’amour divin. Tout comme le soleil procure Ă  la fois de la lumiĂšre et de la chaleur, le Fils procure la lumiĂšre et l’Esprit la chaleur. C’est cette expĂ©rience qui enlaidit le pĂ©chĂ© Ă  nos yeux et embellit la justice. C’est cette expĂ©rience qui nous fait pĂ©nĂ©trer plus profondĂ©ment dans la communion avec Dieu. C’est cette expĂ©rience qui dĂ©racine le pĂ©chĂ©.
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Dane C. Ortlund (De gloire en gloire: Comment Dieu produit un changement profond chez de véritables pécheurs (French Edition))
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Depuis nos dieux et nos aspirations ne sont plus quelque chose mais scientifiques, pourquoi ne devraient pas nos amours ĂȘtre tellement aussi?
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Auguste de Villiers de l'Isle-Adam (Tomorrow's Eve)
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Pour ĂȘtre libre, il suffit de l'ĂȘtre, sans en demander l'autorisation Ă  personne. Il faut se faire une hypothĂšse sur son propre destin et s'y tenir, sans se soumettre ni cĂ©der aux circonstances. Une telle libertĂ© exige de l'homme de vĂ©ritables ressources intĂ©rieures, un niveau Ă©levĂ© de conscience individuelle, et le sens de la responsabilitĂ© devant lui-mĂȘme et par lĂ  devant les autres. La tragĂ©die est hĂ©las que nous ne savons pas ĂȘtre libres. Nous rĂ©clamons une libertĂ© qui doit coĂ»ter Ă  l'autre mais sans rien lui abandonner en Ă©change, voyant dĂ©jĂ  lĂ  comme une entrave Ă  nos libertĂ©s et Ă  nos droits individuels. Nous sommes tous caractĂ©risĂ©s aujourd'hui par un extraordinaire Ă©goĂŻsme. Or ce n'est pas cela la libertĂ©. La libertĂ© signifie plutĂŽt apprendre Ă  ne rien demander Ă  la vie ni Ă  ceux qui nous entourent, Ă  ĂȘtre exigeant envers soi-mĂȘme et gĂ©nĂ©reux envers les autres. La libertĂ© est dans le sacrifice au nom de l'amour.
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Andrei Tarkovsky (Sculpting in Time)
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Sans doute n'y a-t-il qu'une chance sur un million pour que tu lises cette lettre, mais ça ne m'empĂȘche pas de l'Ă©crire avec le fol espoir que tu finisses par la recevoir .. Alors voilĂ  : Je voulais seulement te dire .. Te dire que ma vie est toujours pleine de toi et que mille fois par jour, je t'envoie mes pensĂ©es dans l'espoir qu'elles t'atteignent. Te dire que sans toi je meurs Ă  petit feu, parce que tu es mon vĂ©ritable point d'ancrage. Te dire que j'ai tout gardĂ© de nous : nos chassĂ©s-croisĂ©s, nos souffles qui s'emmĂȘlent, nos abandons, notre lumiĂšre, et que tout reste en moi et me contamine comme une infection dont je refuse de guĂ©rir.Te dire que j'ai essayĂ© de te fuir, mais que tout me ramĂšne Ă  toi et si je devais ne jamais te revoir, j'aimerais que tu saches que je ne regrettes rien. Que les morsures cruelles de la douleur pĂšsent de peu de poids face Ă  la parenthĂšse de notre amour.
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Guillaume Musso (Je reviens te chercher)
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Si l’Homme doit faire face Ă  l’adversitĂ©, c’est tout simplement pour ne pas oublier Ă  quel point les valeurs comme l’amour, la bienveillance ou bien le respect sont nos biens les plus prĂ©cieux. Les Ă©preuves de la vie sont des obstacles, une façon de nous mettre face Ă  la difficultĂ©s, si on arrive Ă  se dĂ©passer, alors on en sort grandi, plus fort. La tristesse fait partie de la vie, c’est un sentiment indispensable, quand on traverse des pĂ©riodes difficiles, on savoure ensuite toute la valeur des moments de joie et de bonheur.
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Magali Inguimbert (Si seulement (Seulement si t. 1) (French Edition))
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Nous sommes tous des fragments de nos souvenirs. Nous gardons en nous les angoisses et les espoirs des gens qui nous aiment. Tant que l’amour et les souvenirs subsistent, il n’y a pas de vĂ©ritable perte.
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Cassandra Clare (City of Heavenly Fire (The Mortal Instruments, #6))
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Voici le gage de mon amour De nos fiançailles Ni le temps ni l'absence Ne nous feront oublier nos promesses Et un jour nous aurons une belle noce Des touffes de myrte A nos vĂȘtements et dans vos cheveux Un beau sermon Ă  l'Ă©glise De longs discours aprĂšs le banquet Et de la musique De la musique
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Guillaume Apollinaire (Alcools)
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Depuis que nous occupons cette planÚte, nous avons accumulé de dangereux bagages au cours de notre évolution: une propension héréditaire à l'agressivité, au respect superstitieux des rites, à la soumission aux chefs, à l'hostilité envers ceux qui nous sont étrangers. Mais nous avons aussi acquis la compassion pour les autres, l'amour pour nos enfants et les enfants de nos enfants, le désir de tirer un enseignement de l'Histoire, et une intelligence passionnée visant toujours plus haut.
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Carl Sagan (Cosmos)
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En attendant, bien des hommes restent des « menhirs ». Et le plus triste est peut-ĂȘtre que nous en arrivons Ă  Ă©rotiser leur froideur et leur mutisme, Ă  y voir du mystĂšre, de la profondeur, un trait viril et attirant. C’est ce qu’une de mes amies et moi avons baptisĂ© l’« effet Don Draper ». Au cours d’une conversation, nous avions essayĂ© de cerner ce qui rendait le hĂ©ros de la sĂ©rie Mad Men aussi sĂ©duisant, et nous Ă©tions arrivĂ©es Ă  cette conclusion : l’attitude de ces hommes est si frustrante que la moindre ouverture de leur part, le moindre Ă©change authentique, si timide et Ă©phĂ©mĂšre soit-il, sont vĂ©cus comme une Ă©piphanie bouleversante. Le gars vous grommelle trois mots un peu personnels et vous vous convulsez d’émotion sur la moquette, foudroyĂ©e par cet instant de communion sublime. De fait, certaines des scĂšnes les plus marquantes de Mad Men sont celles oĂč ce hĂ©ros barricadĂ© derriĂšre ses secrets laisse entrevoir ses sentiments, sa vulnĂ©rabilitĂ©, son Ăąme. Il se livre rarement Ă  ses Ă©pouses successives, Betty et Megan, femmes-trophĂ©es Ă  la beautĂ© spectaculaire avec lesquelles il entretient des relations convenues (et oppressives), mais plutĂŽt Ă  d’autres femmes : sa collaboratrice Peggy Olson75, ou Anna Draper, la veuve de l’homme dont il a usurpĂ© l’identitĂ©. Toutefois, si ce mĂ©canisme peut donner de splendides moments de tĂ©lĂ©vision, dans la vie, il encourage surtout les femmes Ă  repartir pour six mois, ou dix ans, de maltraitance psychologique, dans l’espoir – en gĂ©nĂ©ral vain – qu’un jour le miracle se reproduira et s’installera dans la durĂ©e pour devenir la normalitĂ©. On voit mieux combien cette situation est intenable si on transpose la disette Ă©motionnelle Ă  d’autres de nos besoins : certes, quand nous souffrons de la faim, un quignon de pain rassis peut prendre des allures de festin insensé ; quand nous mourons de soif, une gorgĂ©e d’eau croupie nous semble d’une fraĂźcheur merveilleuse. Pour autant, pouvons-nous nous condamner Ă  un rĂ©gime aussi pauvre et triste ? Pouvons-nous en faire un principe de vie, et nous priver des nourritures aussi variĂ©es que fabuleuses, des mille boissons dĂ©licieuses qui existent sur Terre ?
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Mona Chollet (Réinventer l'amour: Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles)
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Je me souvins aussi des paroles de Vassine : marcher sur les traces d'une femme sans se demander quel est le but de son infinie errance. La possibilité d'un tel départ, disait-il, lui aurait fait croire au-delà de ce qu'étaient nos vies.
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AndreĂŻ Makine (L'Archipel d'une autre vie)
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« Faire l'amour à une femme, c'est parfois se placer contre ses parents, contre les regards concupiscents des hommes, contre une société qui ne t'accepte pas pleinement, contre des religions qui te condamnent, contre des cultures qui te jugent, contre des clichés qui t'enferment. »
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Élodie Font (À nos dĂ©sirs - Dans l'intimitĂ© des lesbiennes)
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Les morts deviennent des Ă©toiles. C'est pourquoi, la nuit oĂč tu mourras, le ciel sera beau. C'est un peu ce que je souhaite. Je t'aime. Et j'aime beaucoup le fait que tu mourras. Qu'un jour, tu ne seras plus qu'os blanchis, Qu'un jour, tu ne seras plus que cendres blanches. Une Ă©toile blanche. Et maintenant, dĂ©teste-moi, vas-y ! (PoĂšme du tĂ©lescope traduit dans ''Le Japon des femmes - Du IIe siĂšcle Ă  nos jours'')
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æœ€æžœă‚żăƒ’ (æ­»ă‚“ă§ă—ăŸă†çł»ăźăŒăă‚‰ă«)
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Abus de virgules Ă  prĂ©sent, aprĂšs beaucoup d’annĂ©es nous n’insistons plus des heures entiĂšres Ă  la place de l’amour physique reste ricanant ironiquement le travail intellectuel Ă  prĂ©sent, depuis longtemps j’ose poser la premiĂšre virgule dans un vers c’est parce que tu me manques autrement que jadis c’est parce que nous sommes menacĂ©s par le silence par la pĂ©trification du corps de vieilles virgules d’avant moi tombent sur ma page comme ça, tout d’un coup n’exagĂšre pas, n’abuse pas, ne te rĂ©jouis pas car celle-ci n’est pas une virgule intellectuelle mais c’est la mĂȘme virgule physique d’antan trĂšs refroidie trĂšs lointaine un simple signe de la solitude dans nos phrases
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Nicolae Prelipceanu
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CHANT DE LA ROUMANIE De tous les pays rĂ©pandus sur la terre [...], en est-il un de plus beau que toi ? Quel autre pays se pare, l'Ă©tĂ©, de fleurs plus jolies, de moissons plus riches ? Vertes sont tes collines, belles tes forĂȘts et tes chĂȘnaies qui grimpent sur tes coteaux, pur et clair est ton ciel; tes monts s'Ă©lĂšvent vers les nues... Tes nuits enchantent l'ouĂŻe, tes jours charment la vue. La patrie c'est la premiĂšre et la toute derniĂšre parole que l'homme prononce; elle est la source de toutes les joies; l'amour pour la patrie naĂźt en mĂȘme temps que nous et cet amour est infini, Ă©ternel... La patrie c'est le souvenir de notre enfance, la demeure paternelle avec son grand arbre au seuil de la porte, c'est l'amour maternel et les rĂȘves innocents qui s'Ă©veillent dans nos cƓurs... c'est le lieu oĂč nous avons aimĂ©, oĂč l'on nous a aimĂ©s... Cest le chien avec lequel on jouait... c'est la cloche de l'Ă©glise du village qui sonne lors des beaux jours de fĂȘte... c'est le bĂȘlement des troupeaux qui rentraient des pĂąturages Ă  la tombĂ©e du soir... c'est la fumĂ©e du foyer qui nous a rĂ©chauffĂ©s au berceau puis s'est envolĂ©e dans les airs... c'est la cigogne perchĂ©e sur le toit qui promĂšne tendrement ses regards sur la plaine... c'est l'air qui nulle part n'est plus doux ! Et sous la tente de l'exil, les vieux disaient aux jeunes : lĂ -bas, dans la vallĂ©e, lĂ -bas au loin oĂč le soleil est si beau, lĂ  oĂč les plaines scintillent et les ruisseaux sont frais, lĂ  oĂč le ciel est doux, oĂč la terre est fertile et les gĂ©nisses sont blanches, c'est lĂ . mes enfants, le pays ! À ces mots, les braves prenaient les armes, les nouveaux-nĂ©s tressaillaient dans leurs berceaux, les femmes chantaient la patrie lointaine et la douleur des exiles, les faibles s'enhardissaient. La lutte encourage le faible et le danger enhardit la vaillant... tout bien a ses revers. Telle l'Ă©pine qui se cache sous la fleur, les ennemis en veulent Ă  la libertĂ© car celle-ci est la plus fĂ©conde des richesses de l'hĂ©ritage paternel. L'or ne fait pas la richesse des peuples de mĂȘme que la pauvretĂ© ne fait pas l'indigence des gens. Les trĂ©sors sont pĂ©rissables tandis que la pauvretĂ© laborieuse est une fortune que l'on ne perd jamais. Le travail, voilĂ  la richesse Ă©ternelle.
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Alecu Russo (Opere complete)
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On nous a dĂšs l'enfance, inculquĂ©, gravĂ© dans l'esprit, l'amour des hommes en armes. Nous avons grandi comme si nous Ă©tions toujours en guerre, mĂȘme ceux qui sont nĂ©s des dizaines d'annĂ©es aprĂšs. Aujourd'hui encore aprĂšs les crimes de la TchĂ©ka, les exactions staliniennes et les camps, aprĂšs les rĂ©cents Ă©vĂ©nements de Vilnius, de Bakou, de Tbilissi, aprĂšs Kaboul et Kandahar, nous voyons toujours dans un homme armĂ© le soldat de 1945, le soldat de la Victoire. Tant de livres ont Ă©tĂ© Ă©crits sur la guerre, tant d'armes ont Ă©tĂ© fabriquĂ©es par la main et par l'intelligence de l'homme que l'idĂ©e de meurtre est devenue normale. Alors que les esprits des meilleurs s'interrogent sur le droit qu'auraient les humains de tuer les animaux, nous autres, sans trop hĂ©siter ou forgeant Ă  la hĂąte un idĂ©al politique, nous sommes capables de justifier la guerre. Allumez votre poste de tĂ©lĂ©vision le soir et vous verrez avec quelle secrĂšte exaltation nous portons en terre nos hĂ©ros. En GĂ©orgie, en Abkhazie, au Tadjikistan... Et sur leurs tombes, nous Ă©levons des stĂšles et non des chapelles funĂ©raires... Je hais la guerre et l'idĂ©e mĂȘme qu'un homme ait droit de vie et de mort sur un autre homme.
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Svetlana Alexievich (Zinky Boys: Soviet Voices from the Afghanistan War)
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Dans ce visage ravagĂ© par la haine de la philosophie, j’ai vu pour la premiĂšre fois le portrait de l’AntĂ©christ, qui ne vient pas de la tribu de Judas comme le veulent ses annonciateurs, ni d’un pays lointain. L’AntĂ©christ peut naĂźtre de la piĂ©tĂ© mĂȘme, de l’excessif amour de Dieu ou de la vĂ©ritĂ©, comme l’hĂ©rĂ©tique naĂźt du saint et le possĂ©dĂ© du voyant. Redoute, Adso, les prophĂštes et ceux qui sont disposĂ©s Ă  mourir pour la vĂ©ritĂ©, car d’ordinaire ils font mourir des multitudes avec eux, souvent avant eux, parfois Ă  leur place. Jorge a accompli une Ɠuvre diabolique parce qu’il aimait d’une façon si lubrique sa vĂ©ritĂ© qu’il osa tout, afin de dĂ©truire Ă  tout prix le mensonge. Jorge avait peur du deuxiĂšme livre d’Aristote car celui-ci enseignait peut-ĂȘtre vraiment de dĂ©former la face de toute vĂ©ritĂ©, afin que nous ne devenions pas esclaves de nos fantasmes. Le devoir de qui aime les hommes est de peut-ĂȘtre de faire rire de la vĂ©ritĂ©, faire rire la vĂ©ritĂ©, car l’unique vĂ©ritĂ© est d’apprendre Ă  nous libĂ©rer de la passion insensĂ©e pour la vĂ©ritĂ©.
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Umberto Eco (Il nome della rosa)
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Nos plus beaux souvenirs ne sont pas dans des albums photo. Ils se cachent dans ces petits détails que personne ne remarque ... à part nous.
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Emna's Book Editions (101 Raisons Pour Lesquelles Je t'aime Maman: Un journal guidé à compléter, une histoire à partager - Un Cadeau Original à Offrir Pour Toutes Les Occasions)
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Le projet millĂ©naire masculin, parfaitement exprimĂ© de nos jours par les films pornographiques, consistant Ă  ĂŽter Ă  la sexualitĂ© toute connotation affective pour la ramener dans le champ du divertissement put, avait enfin, dans cette gĂ©nĂ©ration, trouvĂ© Ă  s'accomplir. Ce que je resentais, ces jeunes gens ne pouvait ni le ressentir, ni mĂȘme exactement le comprendre, et s'ils l'avaient pu ils en auraient Ă©prouvĂ© une espĂšce de gĂȘne, comme devant quelque chose ridicule et d'un peux honteux, comme devant un stigmate de temps plus anciens.. Ils avaient rĂ©ussi, aprĂšs des dĂ©cennies de conditionnement et d'efforts ils avaient finalement rĂ©ussi Ă  extirper de leur cƓur un des plus vieux sentiments humains, et maintenant c'Ă©tait fait, ce qui avait Ă©tĂ© dĂ©truit ne pourrait se reformer, pas davantage que les morceaux d'une tasse brisĂ©e ne pourraient se rĂ©assembler d'eux-mĂȘmes, ils avaient atteint leur objectif: Ă  aucun moment de leur vie, ils ne connaĂźtraient l'amour. Ils Ă©taient libres.
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Michel Houellebecq (La Possibilite D'Une Ile by Houellebecq, Michel (2013) Mass Market Paperback)
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Le destin s'immisce dans les interstices oĂč l'extraordinaire peut sembler, Ă  posteriori, bouleverser l'ordinaire.
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Julie Neveux (Le Langage de l'amour: De la rencontre à la rupture, comment les mots révÚlent nos sentiments)
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Le dĂ©sir que j'Ă©prouve pour le corps de l'autre est vĂ©cu comme un enlisement, un "empĂątement". De mĂȘme que l'eau se trouble lorsque la matiĂšre surgissant de ses fonds agite sa transparence, l'ĂȘtre dĂ©sirant fait l'expĂ©rience de son incarnation. Il se dĂ©couvre enlisĂ© dans son corps.
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Julie Neveux (Le Langage de l'amour: De la rencontre à la rupture, comment les mots révÚlent nos sentiments)
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La rĂȘverie se dĂ©ploie d'autant mieux que je connais Ă  peine la personne qui le porte. Plus je la frĂ©quente, plus le capital de rĂȘverie se rĂ©duit, plus la rĂ©alitĂ© l'emporte. Plus son nom se met Ă  renvoyer Ă  des faits concrets, moins propices au fantasme.
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Julie Neveux (Le langage de l'amour: De la rencontre à la rupture, comment les mots révÚlent nos sentiments (French Edition))
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L'autre est infiniment autre. Il ne m'appartient pas. Son existence m'est signifiée par une suite de lettres que je n'aies pas choisies.
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Julie Neveux (Le Langage de l'amour: De la rencontre à la rupture, comment les mots révÚlent nos sentiments)
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et il m'Ă©tait arrivĂ©, moi aussi quelques fois de trouver ça joli sur mes joues, alors que dans quelque nuit adolescente je pleurais d'avoir Ă©tĂ© laissĂ©e, par ce garçon que j'aimais et qui disait m'aimer aussi mais qui, de longues nuits entiĂšres me laissait sans nouvelles et pourquoi d'ailleurs avais-je tant besoin d'en avoir, pourquoi ne faisais-je pas autre chose bien sĂ»r, moi qui aimais, comme lui, beaucoup faire la fĂȘte, pourquoi dans ces moments-lĂ  rien ne pouvait apaiser le manque, et je ne crois pas que ce soit une question d'amour non, je ne crois pas que ce soit ça, l'amour, je crois que c'Ă©tait simplement le manque en tant que tel, ce manque qui nous constituait et faisait, de nos corps des puits sans fond oĂč nous-mĂȘmes nous nous perdions, tandis qu'il Ă©tait lui, si libre, qu'il avait appris tĂŽt cette libertĂ©-lĂ  de ne pas rĂ©pondre Ă  la fille qu'on aime, oh ne serait-ce qu'un instant pour lui dire, mon cƓur ne m'attends pas ce soir, et comme il ne rĂ©pond pas, elle attend, la fille, une libertĂ© Ă  cause de laquelle on risquait de se retrouver encore bien seule mĂȘme quand on Ă©tait dans leurs bras, mais puisque c'est si joli une jeune femme qui pleure, on en voit, beaucoup dans les films et je trouvais jolie ma propre rĂ©duction Ă  rien, mais j'ai trente ans dĂ©sormais et je ne veux plus pleurer pour rien dans le vide d'un manque que rien ne comblera
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Louise ChenneviĂšre (Pour Britney)
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C'est un nƓud douloureux et exaltĂ©, mille chose s'y mĂȘlent. Alors j'attends que cela cesse. C'est ce que je fais toujours, d'ailleurs et j'ai tort de te dire tout cela. Mais Ă  qui le dirais-je, dans le monde entier. Je t'attends, j'attends l'apaisement du soir, j'attends notre heure, la lumiĂšre oblique, cette pause entre le jour et la nuit. La paix viendra, sĂ»rement. Mais je n'imagine pas d'autre paix que celle de nos deux corps liĂ©s, de nos regards livrĂ©s l'un Ă  l'autre - le n'ai plus d'autre patrie que toi. Attends-moi, mon chĂ©ri. Écris-moi, Ă©cris tout ce que tu peux. Tant de mers me sĂ©parent de toi. OĂč te chercher ? OĂč t'atteindre ? Comment fuĂ©rir sans toi la peine qui m'Ă©touffe ? Je t'embrasse, mon seul amour, je te serre contre moi. Les jours passent, mais si lentement, comme des nuits d'insomnie, et je ne peux plus me supporter. Écris.
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Albert Camus
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C'est un noeuf douloureux et exaltĂ©, mille chose s'y mĂȘlent. Alors j'attends que cela cesse. C'est ce que je fais toujours, d'ailleurs et j'ai tort de te dire tout cela. Mais Ă  qui le dirais-je, dans le monde entier. Je t'attends, j'attends l'apaisement du soir, j'attends notre heure, la lumiĂšre oblique, cette pause entre le jour et la nuit. La paix viendra, sĂ»rement. Mais je n'imagine pas d'autre paix que celle de nos deux corps liĂ©s, de nos regards livrĂ©s l'un Ă  l'autre - le n'ai plus d'autre patrie que toi. Attends-moi, mon chĂ©ri. Écris-moi, Ă©cris tout ce que tu peux. Tant de mers me sĂ©parent de toi. OĂč te chercher ? OĂč t'atteindre ? Comment fuĂ©rir sans toi la peine qui m'Ă©touffe ? Je t'embrasse, mon seul amour, je te serre contre moi. Les jours passent, mais si lentement, comme des nuits d'insomnie, et je ne peux plus me supporter. Écris.
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Albert Camus (Correspondance (1944-1959))
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on s’endort nos tĂȘtes accotĂ©es l’une sur l’autre son odeur comme une doudou le sommeil est loin d’ĂȘtre inconfortable
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Carolanne Foucher (Dessiner dans les marges et autres activités de fantÎme)
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Une histoire d’automne NoyĂ© dans la fumĂ©e d’automne C’est notre amour un triste recueil, Amas Ă©parpillĂ©s des feuilles Sous la bise froide et monotone. Quand tout l’espoir est en lambeaux Et toutes les volontĂ©s soumises, La lumiĂšre me semble grise, Et mĂȘme la lune, dans son halo. Des Ă©trangers demain matin, On se croisera sans dire bonjour Et sans Ă  faire aucun dĂ©tour, On va cacher tous nos chagrins.
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Nicolae Mu a (PoĂšmes roumains d'antan et d'aujourd'hui (French Edition))
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Pour dĂ©jouer les mĂ©chancetĂ©s du Destin, nous n'avons que l'amour [...]. Inconsolables, nous n'avons que nous-mĂȘmes pour rebondir, nous avons l'encyclopĂ©die de nos amours et le poĂšme de nos dignitĂ©s [...].
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bouchard, serge
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Pour dĂ©jouer les mĂ©chancetĂ©s du Destin, nous n'avons que l'amour [...]. Inconsolables, nous n'avons que nous-mĂȘmes pour rebondir, nous avons l'encyclopĂ©die de nos amours et le poĂšme de nos dignitĂ©s [...].
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Serge Bouchard (Un café avec Marie)