Se Related Quotes

We've searched our database for all the quotes and captions related to Se Related. Here they are! All 100 of them:

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I didn't know you were re­lated to Se­wall Boat House too,' she said. 'Yeah. I come from a long line of wood and stone.
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Erich Segal (Love Story (Love Story, #1))
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Car si elle n'avait jamais agi ainsi consciemment, elle se rendait bien compte qu'une femme pouvait confondre amour et pitié, et s'attacher à un homme dans l'espoir de le sauver. Ou qu'elle pouvait y voir comme un défi, persuadée qu'elle et elle seule pourrait le secourir, le protéger et le rendre heureux.
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Nicholas Evans (The Divide)
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Kada sedite sat vremena kraj lepe devojke, to prodje kao minut. Sedite minut na vrelu pec i to ce trajati kao sat. To se zove relativitet.
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Albert Einstein
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Între eroare și prostie se poate observa un soi de Ăźnrudire și chiar o complicitate secretă pe care nimic, de-a lungul timpului, n-a izbutit s-o Ăźnlăture.
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Jean-Claude CarriĂšre (Nu sperați că veți scăpa de cărți)
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Dans ce monde imparfait, nous sommes confrontĂ©s Ă  des conditions mĂ©tĂ©orologiques imprĂ©visibles, Ă  des humeurs fluctuantes, Ă  des relations fragiles, Ă  des perspectives d’emploi incertaines et Ă  un avenir inconnu. Il y a des moments oĂč on peut avoir l’impression que rien ne se passe comme prĂ©vu. Pourtant, nous ne devons jamais perdre espoir, car la vie continuera toujours.
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Mouloud Benzadi
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Ellana songea que si l'harmonie d'un ĂȘtre rĂ©sidait dans son Ă©quilibre, cet Ă©quilibre ne se rĂ©duisait pas Ă  des capacitĂ©s physiques ou mentales. On le retrouvait partout. Dans sa façon de vivre sa relation aux autres, de voyager, de dormir, de manger, ou, pourquoi pas, d'aimer.
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Pierre Bottero (Ellana, l'Envol (Le Pacte des MarchOmbres, #2))
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Somewhere off to my left, a little voice chirped: The redhead is smart. We can help. In a nearby tree sat a murder of crows. (That's what you call a group of them. You learn useless facts like that in Valhalla.) "Uh, guys," I told my friends, "those crows claim they can help." Claim? squawked another crow. You don't trust us? Send your two friends back to the ship with the mead. We'll give you a hand here. All we ask for in return is something shiny. Anything will do. I related this to my friends. I looked at the crows. "Okay, guys, what's the plan?" Plan? cawed the nearest crow. We just said we'd help. We don't have a plan, per se. Stupid misleading crows. Also, what kind of bird uses the term per se? Since I didn't have time to murder the entire murder, I contemplated my limited options.
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Rick Riordan (The Ship of the Dead (Magnus Chase and the Gods of Asgard, #3))
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Il ,est des relations si intenses qu'elles nécessitent l'éloignement pour continuer à se développer en conservant leur équilibre.
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Pierre Bottero (Ellana, l'Envol (Le Pacte des MarchOmbres, #2))
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Repetimos essas frases muitas vezes, não é? Que frases? Tenho de ir. Estou com alguma pressa. Tenho coisas para fazer. Não percebo. Parece que o lugar onde estamos nunca é suficientemente agradåvel. Deixa-me lå ver se acolå se estå melhor. E, quando lå chegamos, percebemos afinal que a vida estava a acontecer onde eståvamos. Mas agora jå estamos acolå e não podemos regressar, porque a vida também acontece acolå.
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JoĂŁo Tordo (O Luto de Elias Gro)
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Certaines relations harmonieuses se créent et durent grùce à un systÚme complexe de menues contre-vérités, de renoncements, une espÚce de ballet complice d'attitudes et de postures qui peut se résumer dans un proverbe jamais assez cité, ou plutÎt une sentence, cette désignation lui convenant beaucoup mieux, Toi et moi nous savons, mais tais-toi et je me tairai. (ch. 5)
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José Saramago (The History of the Siege of Lisbon)
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Au lieu de développer en soi toute la palette des qualités humaines, on se contente de la palette de celles qui sont dites féminines ou masculines, en cherchant sa complétude à travers l'autre, dans des relations superficielles vécues sur le mode de l'addiction.
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Mona Chollet (SorciÚres : La puissance invaincue des femmes)
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Uh, Miss Carlson," I said, standing at her desk after everybody else had gone on to their next class, "somebody told me you went to that guy's funeral the one the highway patrol shot." "Yes," SHe said. "I did." She didn't look like she was mad at me about it. She had real long eyelashes. I bet she was good-looking when she was young. "Was he a relative or something?" That was what I was afraid of. "No. Not even a friend really." She paused, like she was hunting for the right words. Finally she said, "I read a book once that ended with the words 'the incommunicable past' You can only share the past with someone who's shared it with you. So I can't explain to you what Mark was to me, exactly. I knew him a long time ago.
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S.E. Hinton (Tex)
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Mes amis, j'Ă©cris ce petit mot pour vous dire que je vous aime, que je pars avec la fiertĂ© de vous avoir connus, l'orgueil d'avoir Ă©tĂ© choisi et apprĂ©ciĂ© par vous, et que notre amitiĂ© fut sans doute la plus belle Ɠuvre de ma vie. C'est Ă©trange, l'amitiĂ©. Alors qu'en amour, on parle d'amour, entre vrais amis on ne parle pas d'amitiĂ©. L'amitiĂ©, on la fait sans la nommer ni la commenter. C'est fort et silencieux. C'est pudique. C'est viril. C'est le romantisme des hommes. Elle doit ĂȘtre beaucoup plus profonde et solide que l'amour pour qu'on ne la disperse pas sottement en mots, en dĂ©clarations, en poĂšmes, en lettres. Elle doit ĂȘtre beaucoup plus satisfaisante que le sexe puisqu'elle ne se confond pas avec le plaisir et les dĂ©mangeaisons de peau. En mourant, c'est Ă  ce grand mystĂšre silencieux que je songe et je lui rends hommage. Mes amis, je vous ai vus mal rasĂ©s, crottĂ©s, de mauvaise humeur, en train de vous gratter, de pĂ©ter, de roter, et pourtant je n'ai jamais cessĂ© de vous aimer. J'en aurais sans doute voulu Ă  une femme de m'imposer toutes ses misĂšres, je l'aurais quittĂ©e, insultĂ©e, rĂ©pudiĂ©e. Vous pas. Au contraire. Chaque fois que je vous voyais plus vulnĂ©rables, je vous aimais davantage. C'est injuste n'est-ce pas? L'homme et la femme ne s'aimeront jamais aussi authentiquement que deux amis parce que leur relation est pourrie par la sĂ©duction. Ils jouent un rĂŽle. Pire, ils cherchent chacun le beau rĂŽle. Théùtre. ComĂ©die. Mensonge. Il n'y a pas de sĂ©curitĂ© en l'amour car chacun pense qu'il doit dissimuler, qu'il ne peut ĂȘtre aimĂ© tel qu'il est. Apparence. Fausse façade. Un grand amour, c'est un mensonge rĂ©ussi et constamment renouvelĂ©. Une amitiĂ©, c'est une vĂ©ritĂ© qui s'impose. L'amitiĂ© est nue, l'amour fardĂ©. Mes amis, je vous aime donc tels que vous ĂȘtes.
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Éric-Emmanuel Schmitt (La Part de l'autre)
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Nadie se preocupa por lo que va a ocurrir dentro de millones de años. Aunque crean que se estån preocupando por ello, en realidad se engañan a sí mismos. Se preocupan por cosas mucho mås mundanas aunque sólo sea una mala digestión; pero nadie es realmente desdichado al pensar lo que le va a ocurrir a este mundo dentro de millones de años.
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Bertrand Russell (Why I Am Not a Christian and Other Essays on Religion and Related Subjects)
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Si no quiere abrazarme, entonces que tampoco se acerque para golpearme.
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MarĂ­a Fernanda Heredia (Hay palabras que los peces no entienden)
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Usluga je stvar koja se najteĆŸe vraća.
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Anthony Quinn
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Au début d'une relation, on pourrait presque analyser chaque baiser. Tout se détache parfaitement dans une mémoire qui lentement progresse dans la confusion de la répétition.
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David Foenkinos (La délicatesse)
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AƟ vrea sa traiesc üntr-o lume in care educaƣia sa-Ɵi propună drept scop libertatatea intelectuală Ɵi nu inchistarea unor minƣi fragede üntr-o armură de dogme menite sa le protejeze de-a lungul vieƣii de revelaƣia unor probe impartiale. Lumea are nevoie de inimi deschise Ɵi de minƣi deschise Ɵi ele nu se pot obƣine printr-un sistem rigid, fie el nou sau vechi.
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Bertrand Russell (Why I Am Not a Christian and Other Essays on Religion and Related Subjects)
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as coisas se quebram, Ă s vezes podem ser consertadas, e, na maioria dos casos vocĂȘ percebe que, independente do que Ă© danificado, a vida se rearranja para compensar sua perda, Ă s vezes de forma maravilhosa" (posição 2715)
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Hanya Yanagihara (A Little Life)
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La vraie bonté de l'homme ne peut se manifester en toute liberté et en toute pureté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau tel qu'il s'échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci; les animaux. Et c'est ici que s'est produite la plus grande déroute de l'homme, débùcle fondamentale dont toutes les autres découlent.
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Milan Kundera (The Unbearable Lightness of Being)
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« Il faut dire qu’un sĂ©jour continuel dans un État bien organisĂ© a quelque chose d’absolument fantĂŽmal ; on ne peut sortir dans la rue, boire un verre d’eau ou monter dans le tram sans toucher aux leviers subtilement Ă©quilibrĂ©s d’un gigantesque appareil de lois et de relations, les mettre en branle ou se faire maintenir par eux dans la tranquillitĂ© de son existence ; on n’en connaĂźt qu’un trĂšs petit nombre, ceux qui pĂ©nĂštrent profondĂ©ment dans l’intĂ©rieur et se perdent Ă  l’autre bout dans un rĂ©seau dont aucun homme, jamais, n’a dĂ©brouillĂ© l’ensemble ; c’est d’ailleurs pourquoi on le nie, comme le citadin nie l’air, affirmant qu’il n’est que du vide ; mais il semble que ce soit justement parce que tout ce que l’on nie, tout ce qui est incolore, inodore, insipide, sans poids et sans moeurs, comme l’eau, l’air, l’espace, l’argent et la fuite du temps, est en rĂ©alitĂ© l’essentiel que la vie prend ce caractĂšre spectral. »
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Robert Musil (The Man Without Qualities)
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Nanak dukhiya sab sansaar! This whole world is ridden with Sorrow. Stop comparing as we all have a fucked up life, family and job! No matter what others show and potray! ;) "Jhaak ke dekhoge (I mean kareeb se) toh pata chalega ki saamne waale ke toh zyaada phate hai" hahahahahaha
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honeya
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A l'opposĂ©, les "apostates du conjugal" ont toujours cultivĂ© une distance critique, voire une dĂ©fiance totale Ă  l'Ă©gard de ces rĂŽles [de la bonne Ă©pouse ou de la bonne mĂšre]. Ce sont aussi des femmes crĂ©atives, qui lisent beaucoup et qui ont une vie intĂ©rieure intense [...]. Elles se conçoivent comme des individus et non comme des reprĂ©sentantes d'archĂ©types fĂ©minins. Loin de l'isolement misĂ©rable que les prĂ©jugĂ©s associent au fait de vivre seule, cet affinement inlassable de leur identitĂ© produit un double effet : il leur permet d'apprivoiser et mĂȘme de savourer cette solitude Ă  laquelle la plupart des gens, mariĂ©s ou pas, sont confrontĂ©s, au moins par pĂ©riodes, au cours de leurs vies, mais aussi de nouer des relations particuliĂšrement intenses, car Ă©manant du cƓur de leur personnalitĂ© plutĂŽt que de rĂŽles sociaux convenus. En ce sens, la connaissance de soi n'est pas un "Ă©goĂŻsme", un repli sur soi, mais une voie royale vers les autres.
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Mona Chollet (SorciÚres : La puissance invaincue des femmes)
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Compreendera então, julgo, a natureza da minha situação. A solidão de um é amenizada pela solidão de outro, e deste modo, mesmo na miséria, existe uma espécie de partilha, de comunhão, a que não se pode dar o nome de alegria mas algo como um encolher de ombros. O estudante franzino fora durante os meus primeiros meses de isolamento esse encolher de ombros, a minha resignação perante a brutalidade daquilo que me acontecera. Que ele tivesse alguém e eu não perturbava-me, colocava um entrave à nossa amizade, um ponto final no nosso monólogo. De uma certa maneira que não sei explicar senão com palavras incoerentes, até então tinha sido como se eu tivesse dado um passo ao lado que me tivesse feito sair do mundo, um pequeno passo discreto e silencioso de retirada. Após essa noite, o mundo notou a minha falta e deu também ele um passo ao lado, mas um passo do mundo é muito maior do que um passo dos nossos, e num certo sentido eu fiquei atrås das coisas, deslocado.
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JoĂŁo Tordo (O Livro dos Homens sem Luz)
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Je me rends parfaitement compte du desagreable effet que produit sur la majorite de l'humanitĂ©, tout ce qui se rapporte, mĂȘme au plus faible dĂšgrĂ©, ĂĄ des calculs ou raisonnements mathematiques. I am well aware of the disagreeable effect produced on the majority of humanity, by whatever relates, even at the slightest degree to calculations or mathematical reasonings.
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Hiram Stevens Maxim
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Qui veut ĂȘtre assassin, de nos jours, doit ĂȘtre un homme de science. Non, non, je n'Ă©tais ni l'un ni l'autre. Mesdames et messieurs les jurĂ©s, la majoritĂ© des pervers sexuels qui brĂ»lent d'avoir avec une gamine quelque relation physique palpitante capable de les faire gĂ©mir de plaisir, sans aller nĂ©cessairement jusqu'au coĂŻt, sont des ĂȘtres insignifiants, inadĂ©quats, passifs, timorĂ©s, qui demandent seulement Ă  la sociĂ©tĂ© de leur permettre de poursuivre leur activitĂ©s pratiquement inoffensives, prĂ©tendument aberrantes, de se livrer en toute intimitĂ© Ă  leurs petites perversions sexuelles brĂ»lantes et moites sans que la police et la sociĂ©tĂ© ne leur tombent dessus. Nous ne sommes pas des monstres sexuels! Nous ne violons pas comme le font ces braves soldats. Nous sommes des hommes infortunĂ©s et doux, aux yeux de chien battu, suffisamment intĂ©grĂ©s socialement pour maĂźtriser nos pulsions en prĂ©sence des adultes, mais prĂȘts Ă  sacrifier des annĂ©es et des annĂ©es de notre vie pour pouvoir toucher une nymphette ne serait-ce qu'une seule fois. Nous ne sommes pas des tueurs, assurĂ©ment. Les poĂštes ne tuent point.
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Vladimir Nabokov (Lolita)
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J’avais aspirĂ© Ă  ce qu’un autre ĂȘtre humain me remarque, m’accepte, se soucie de moi. Mais, pendant longtemps, ma prioritĂ© Ă©tait de peaufiner mon rĂŽle en sociĂ©tĂ©. J’étais incapable de m’engager dans une relation, car je ne laissais personne suffisamment s’approcher et l’affection que l’on me tĂ©moignait ne me satisfaisait pas. Elle s’adressait Ă  mon personnage, pas Ă  moi.
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Alex Michaelides (The Fury)
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El impulso natural de la persona vigorosa y decente es tratar de hacer el bien, pero si se ve privada de todo poder polĂ­tico y de toda oportunidad de influir en los acontecimientos, se verĂĄ desviada de su curso natural, y decidirĂĄ que lo importante es ser bueno. Eso es lo que les ocurriĂł a los primeros cristianos; ha conducido a un concepto de santidad personal como algo completamente independiente de la acciĂłn benĂ©fica, ya que la santidad tenĂ­a que ser algo que podĂ­a ser logrado por personas impotentes en la acciĂłn. Por lo tanto, la virtud social llegĂł a estar excluida de la Ă©tica cristiana. Hasta hoy los cristianos convencionales piensan que un adĂșltero es peor que un polĂ­tico que acepta sobornos, aunque este Ășltimo probablemente hace un mal mil veces mayor.
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Bertrand Russell (Why I Am Not a Christian and Other Essays on Religion and Related Subjects)
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The antilibidinal ego will snatch everything away if it can: analysis, friends, religious comforts, creative activities, marriage, and we need to be able to determine the exact source of its power, remembering that it is not an entity per se but one aspect of the patient's total, if divided, self, and withal to be respected as his genuine struggle to keep his ego in being, originally in the absence of all help.
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Harry Guntrip (Schizoid Phenomena, Object Relations and the Self (Maresfield Library))
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The topic of disinterested, non-calculating, and purposeless love for the sake of love is central to mysticism as such. To love God, not because of powerful institutions, or even because God commands it, but to do so in an act of unencumbered freedom, is the very source of mystical relation. To love God is all the reason there needs to be . . . The orthodoxies that have been handed down to us in the monotheistic religions called for obedience to the commanding God. They threatened with punishment and enticed with rewards - images of hell and heaven resting on that authority. In technologically advanced centers of the world, authoritarian religious systems are in sharp decline. Mystical perceptions and approaches to God, however, are entirely different: "God, if I worship Thee in fear of hell, burn me in hell. And if I worship Thee in hope of Paradise, exclude me from Paradise; but if I worship Thee for Thine own sake, withhold not Thine everlasting Beauty" (Aldous Huxley, in The Perennial Philosophy). Mysticism may he regarded as the anti-authoritarian religion per se. In it, the commanding lord becomes the beloved; what is to come later becomes the now; and naked or even enlightened self-interest that is oriented by reward and punishment becomes mystical freedom.
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Dorothee Sölle (The Silent Cry: Mysticism and Resistance)
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I want economists to quit concerning themselves with allocation problems, per se, with the problem, as it has been traditionally defined. The vocabulary of science is important here, and as T. D. Weldon once suggested, the very word "problem" in and of itself implies the presence of "solution." Once the format has been established in allocation terms, some solution is more or less automatically suggested. Our whole study becomes one of applied maximization of a relatively simple computational sort. Once the ends to be maximized are provided by the social welfare function, everything becomes computational, as my colleague, Rutledge Vining, has properly noted. If there is really nothing more to economics than this, we had as well turn it all over to the applied mathematicians. This does, in fact, seem to be the direction in which we are moving, professionally, and developments of note, or notoriety, during the past two decades consist largely in improvements in what are essentially computing techniques, in the mathematics of social engineering. What I am saying is that we should keep these contributions in perspective; I am urging that they be recognized for what they are, contributions to applied mathematics, to managerial science if you will, but not to our chosen subject field which we, for better or for worse, call "economics.
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James M. Buchanan
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Un giorno, perĂČ, a diciotto anni, leggendo l’autobiografia di John Stuart Mill 1 , trovai questa frase: «Mio padre mi insegnĂČ che la domanda: “Chi mi creĂČ?” non puĂČ avere risposta, perchĂ© suggerisce immediatamente un nuovo interrogativo: “Chi creĂČ Dio?”» Compresi allora quanto fosse errato l’argomento della Causa Prima. Se tutto deve avere una causa, anche Dio deve averla. Se niente puĂČ esistere senza una causa, allora perchĂ© il mondo sĂŹ e Dio no? Questo principio della Causa Prima non Ăš migliore dell’analoga teoria indĂč, che afferma come il mondo poggi sopra un elefante, e l’elefante sopra una tartaruga. Alla domanda: «E la tartaruga dove poggia?» l’indĂč rispose: «Vogliamo cambiare discorso?» Non c’ù dunque motivo per sostenere che il mondo debba proprio avere una causa ed un’origine. Potrebbe anche essere sempre esistito. È soltanto la nostra scarsa immaginazione che vuole trovare un’origine a tutto.
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Bertrand Russell (Why I Am Not a Christian and Other Essays on Religion and Related Subjects)
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L’obscuritĂ© submergeait tout, il n’y avait aucun espoir d’en traverser les ombres, mais on en atteignait la rĂ©alitĂ© dans une relation dont l’intimitĂ© Ă©tait bouleversante. Sa premiĂšre observation fut qu’il pouvait encore se servir de son corps, en particulier de ses yeux ; ce n’était pas qu’il vit quelque chose, mais ce qu’il regardait, Ă  la longue le mettait en rapport avec une masse nocturne qu’il percevait vaguement comme Ă©tant lui-mĂȘme et dans laquelle il baignait.
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Maurice Blanchot (Thomas the Obscure)
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*Au moment de la crise, d’autre pays europĂ©ens en ont profitĂ© pour dĂ©velopper leurs relations avec le Maroc surtout l’Espagne et d’autres pays comme l’Allemagne. Comment voyez-vous cette Ă©volution ?* De la mĂȘme façon que la droite profite de cette situation de crise, d’autres pays comme l’Espagne le font aussi. On se rappelle il y a dix ans que c’était l’inverse. L’Espagne Ă©tait en mauvais termes avec le Maroc et la France en a profitĂ©. C’est peut-ĂȘtre un point prĂȘtĂ© pour un point rendu.
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Pierre Vermeren
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In accepting as two primary texts, Singer's Animal Liberation and Regan's The Case for Animal Rights--texts that valorize rationality--the animal defense movement reiterates a patriarchal disavowal of emotions as having a legitimate role in theory making. The problem is that while on the one hand it articulates positions against animal suffering, on the other hand animal rights theory dispenses with the idea that caring about and emotionally responding to this suffering can be appropriate sources of knowledge. Emotions and theory are related. One does not have to eviscerate theory of emotional content and reflection to present legitimate theory. Nor does the presence of emotional content and reflection eradicate or militate against thinking theoretically. By disavowing emotional responses, two major texts of animal defense close off the intellectual space for recognizing the role of emotions in knowledge and therefore theory making. As the issue of caring about suffering is problematized, difficulties with animal rights per se become apparent. Without a gender analysis, several important issues that accompany a focus on suffering are neglected, to the detriment of the movement. Animal rights theory offers a legitimating language for animal defense without acknowledging the indebtedness of the rights-holder to caring relationships. Nor does it provide models for theoretically engaging with our own emotional responses, since emotions are seen as untrustworthy. Because the animal advocacy movement has failed to incorporate an understanding of caring as a motivation for so many animal defense activists, and because it has not addressed the gendered nature of caring--that it is woman's duty to provide service to others, while it is men's choice--it has not addressed adequately the implications that a disproportionate number of activists are women motivated because they care about animal suffering. Animal rights theory that disowns or ignores emotions mirrors on the theoretical level the gendered emotional responses inherent in a patriarchal society. In this culture, women are supposed to do the emotional work for heterosexual intimate relationships: 'a man will come to expect that a woman's role in his life is to take care of his feelings and alleviate the discomfort involved in feeling.' At the cultural level, this may mean that women are doing the emotional work for the animal defense movement. And this emotional work takes place in the context of our own oppression.
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Carol J. Adams
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En effet l'Ă©cart que le vice mettait entre la vie rĂ©elle d'Odette et la vie relativement innocente que Swann avait cru, et bien souvent croyait encore, que menait sa maitresse, cet Ă©cart, Odette en ignorait l'Ă©tendue, un ĂȘtre vicieux, affectant toujours la mĂȘme vertu devant les ĂȘtres de qui il ne veut pas que soient soupçonnĂ©s ses vices, n'a pas de contrĂŽle pour se rendre compte combien ceux-ci, dont la croissance continue est insensible pour lui-mĂȘme, l'entrainent peu Ă  peu loin des façons de vivre normales.
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Marcel Proust (Swann’s Way (In Search of Lost Time, #1))
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...the ideal of the Supreme Being, far from being an enouncement of the existence of a being in itself necessary, is nothing more than a regulative principle of reason...This interchange becomes evident when I regard this supreme being, which, relatively to the world, was absolutely (unconditionally) necessary, as a thing per se. In this case, I find it impossible to represent this necessity in or by any conception, and it exists merely in my own mind, as the formal condition of thought, but not as a material and hypostatic condition of existence.
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Immanuel Kant (Critique of Pure Reason)
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IN THE 1960S, WHEN I became a beat cop in San Diego, manufacturing, selling, possessing, or using “dangerous drugs” or “controlled substances” were all violations of the law. But there was no “war,” per se, on drug-law violators. We made the occasional pot bust, less frequently a heroin or cocaine pinch. Drug enforcement was viewed by many of us almost as an ancillary duty. You’d stumble across an offender on a traffic stop or at a loud-party call. Mostly, you were on the prowl for non-drug-related crime: a gas station or liquor store stickup series, a burglary-fencing ring, an auto theft “chop shop” operation. Undercover narcs, of course, worked dope full time, chasing users and dealers. They played their snitches, sat on open-air markets, interrupted hand-to-hand dealing, and squeezed small-time street dealers in the climb up the chain to “Mister Big.” But because most local police forces devoted only a small percentage of personnel to French Connection–worthy cases, and because there were no “mandatory minimum” sentences (passed by Congress in 1986 to strip “soft on crime” judges of sentencing discretion on a host of drug offenses), and because street gangs fought over, well, streets—as in neighborhood turf (and cars and girlfriends)—not drug markets, most of our jails and prisons still had plenty of room for violent, predatory criminals. The point is, although they certainly did not turn their backs on drug offenses, the country’s police were not at “war” with users and dealers. And though their government-issued photos may have adorned the wall behind the police chief’s desk, a long succession of US presidents stayed out of the local picture.
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Norm Stamper (To Protect and Serve: How to Fix America's Police)
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Question : On a remarquĂ© que depuis la fin du Protectorat au Maroc, les relations franco-marocaines se dĂ©tĂ©riorent chaque fois que la gauche est au pouvoir. On a remarquĂ© cela Ă  l’époque de Mitterrand et encore aujourd’hui. Comment expliquez-vous cela ? Est-ce que c’est liĂ© Ă  la gauche qui ne possĂšde pas les codes pour avoir de bonnes relations avec le Maroc ou n’a-t-elle pas les outils ou simplement a-t-elle une prĂ©fĂ©rence pour l’AlgĂ©rie ? RĂ©ponse : Il y a les faits historiques de la guerre d’AlgĂ©rie toujours, en toile de fond. Les socialistes français ont envoyĂ© des contingents en AlgĂ©rie. Ils ont aussi Ă  se faire pardonner de ce cĂŽtĂ©-lĂ . Mais il y a eu de mauvaises relations avec la droite Ă  l’indĂ©pendance du Maroc pour commencer et avec l’affaire Ben Barka. Il y a eu des tensions historiques et Ă  l’époque de Mitterrand, les relations avec le Maroc ont fini par ĂȘtre bonnes. Mais on peut ajouter Ă  l’histoire de la RĂ©publique française et Ă  l’histoire dans laquelle les socialistes s’inscrivent, un rapport difficile dĂšs les origines de la Monarchie. Mais ce n’est pas le cas de tous les socialistes en France.
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Pierre Vermeren
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Je sortis beaucoup avec lui durant une semaine avec la frĂ©quence et l’imprudence des commencements de l’amour et mon pĂšre, peu fait pour la solitude, en fit autant avec une jeune femme assez ambitieuse. La vie recommença comme avant, comme il Ă©tait prĂ©vu qu’elle recommencerait. Quand nous nous retrouvons, mon pĂšre et moi, nous rions ensemble, nous parlons de nos conquĂȘtes. Il doit bien se douter que mes relations avec Philippe ne sont pas platoniques et je sais bien que sa nouvelle amie lui coĂ»te fort cher. Mais nous sommes heureux. L’hiver touche Ă  sa fin, nous ne relouerons pas la mĂȘme villa, mais une autre, prĂšs de Juan-les-Pins.
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Françoise Sagan (Bonjour tristesse)
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Le fait de ne pas prolonger l’expĂ©rience amoureuse n’est pas un critĂšre de validitĂ© en soi. Dans la rencontre attentionnĂ©e avec l’autre, l’individu est Ă©lectrisĂ©. Dans la rencontre de deux corps s’exalte une sensation de vie intense. Aussi la passion n’est-elle pas toujours liĂ©e Ă  la suite de l’évĂ©nement : il est frĂ©quent de rencontrer sensuellement quelqu’un sans vivre ensuite avec lui. Il faut disjoindre la grĂące de la rencontre, qui est Ă©blouissement rĂ©ciproque, des suites d’une relation. Deux ĂȘtres peuvent s’estimer trop diffĂ©rents, trop Ă©loignĂ©s, pour dĂ©cider de former une relation durable, malgrĂ© un Ă©change merveilleux. Les partenaires savent que, « sans lendemain », cet Ă©change se suffit Ă  lui-mĂȘme, qu’il procure une Ă©nergie fabuleuse. C’est nĂ©anmoins un moment magique. « Une voluptĂ© vraie est aussi difficile Ă  rĂ©ussir qu’un mariage d’amour », estime Vladimir JankĂ©lĂ©vitch (1949). Il ne s’agit pas de ce que l’on appelle communĂ©ment l’état amoureux, aussi cette forme de relation est toujours niĂ©e, vulgarisĂ©e, ramenĂ©e Ă  un Ă©change libertin, de pur sexe, instrumental, intĂ©ressĂ©, etc. Pourtant l’apport Ă©motionnel, sensuel, Ă©nergĂ©tique, affectif, amoureux peut avoir des rĂ©percussions plus grandes dans l’histoire de vie de la personne que des annĂ©es de vie conjugale.
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Serge Chaumier (L'amour fissionnel : Le nouvel art d'aimer)
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Les pseudo-événements qui se pressent dans la dramatisation spectaculaire n'ont pas été vécus par ceux qui en sont informés ; et de plus ils se perdent dans l'inflation de leur remplacement précipité, à chaque pulsion de la machinerie spectaulaire. D'autre part, ce qui a été réellement vécu est sans relation avec le temps irréversible officiel de la société, et en opposition directe au rythme pseudo-cyclique du sous-produit consommable de ce temps. Ce vécu individuel de la vie quotidienne séparée reste sans langage, sans concept, sans accÚs critique à son propre passé qui n'est consigné nulle part. Il ne se communique pas. Il est incompris et oublié au profit de la fausse mémoire spectaculaire du non-mémorable.
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Guy Debord (The Society of the Spectacle)
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Combien de parents ont-ils oubliĂ© d’ĂȘtre amoureux pour Ă©viter les turbulences prĂ©judiciables Ă  leur vie de famille ? Ainsi, nombre de couples apaisĂ©s, pacifiĂ©s, parce que l’état amoureux s’est estompĂ©, deviennent parents. Pourtant, en reconnaissant la sĂ©paration de corps, ils pourraient poursuivre la douce relation amicale et parentale et redĂ©couvrir les contrĂ©es de l’amour. Il faut pour cela affirmer clairement que la sexualitĂ© n’a pas nĂ©cessairement lieu d’ĂȘtre entre les conjoints et qu’elle peut exulter ailleurs. [
] Ainsi est-il possible de continuer Ă  vivre ensemble, sans se dĂ©tester, sans avoir besoin de se quitter dans le conflit, la douleur et la rancune. Il est possible d’ĂȘtre amis et parents, mais aussi amants ailleurs.
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Serge Chaumier (L'amour fissionnel : Le nouvel art d'aimer)
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Marxist writers are generally either indifferent or mildly hostile to the anti-capitalist movement, which they see as no good substitute for the great projects of communism and social democracy. Now, in one sense this is quite justified[
] However, there seems very little reason to believe that a return to the tactics of the twentieth-century labour movement is going to achieve anything in the future
 [W]hat is wrong with commodification is not commodification per se
 Marxist tradition goes much further than simply recommending that the excessive power of capital be challenged and curbed. Historically, this tradition tends to assert that such a challenge can only be made by virtue of a direct challenge to the existing relations of production, conceived of as the basis for a social totality, and, crucially, that it can only be made by the proletariat, politically mobilizes as a ‘Class of Itself’. In concrete terms, this means that only the labour movement, being organized and mobilized on the basis of its class identity and demanding the socialization of the means of production, can mount such a challenge
 This is where I, and the anti-capitalist movement, part company with classical Marxism
 [A]nti-capitalist movement is characterized by a certain pluralism, an unwillingness to impose any one model of social organization, and a refusal of neoliberal hegemony not on the basis of a single class identity or even a single universal human identity, but precisely n the basis of a defence of such pluralism against neoliberalism’s tyrannical monomania.
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Jeremy Gilbert (Anti-capitalism and Culture: Radical Theory and Popular Politics)
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For after all what is man in nature? A nothing in relation to infinity, all in relation to nothing, a central point between nothing and all and infinitely far from understanding either. The ends of things and their beginnings are impregnably concealed from him in an impenetrable secret. He is equally incapable of seeing the nothingness out of which he was drawn and the infinite in which he is engulfed. Porque, finalmente, ¿qué es el hombre en la naturaleza? Una nada frente al infinito, un todo frente a la nada, un medio entre nada y todo. Infinitamente alejado de comprender los extremos, el fin de las cosas y su principio le estån invenciblemente ocultos en un secreto impenetrable, igualmente incapaz de ver la nada de donde ha sido sacado y el infinito en que se halla sumido.
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Blaise Pascal (Blaise Pascal: Thoughts, Letters and Minor Works: Part 48 Harvard Classics)
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Corollary to acknowledging the political purposes of foreign aid is a clear recognition of the fact that a meaningful and effective aid program, far from avoiding intervention in the affairs of the recipient, in fact constitutes intervention of a most profound character. Its purposes is nothing less than the reshaping of a society, of its internal life and, in less obvious ways, of its relations with the outside world. Indeed the determinant of our aid - of whether or not we extend it and whether or not a country will wish to have it - must be the kind of internal changes it can be expected to bring about and the effect which these changes will have on the interests of both the donor and the recipient. The question, therefore, is not one of intervention or nonintervention per se but of the ends and means of intervention.
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J. William Fulbright (Prospects for the West (William L. Clayton Lectures on International Economic Affairs))
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Pourquoi considĂ©rait-on l'amitiĂ© admirable Ă  vingt-six ans, mais suspecte Ă  trente-six ? Pourquoi l'amitiĂ© valait-elle moins qu'une relation amoureuse ? Pourquoi ne valait-elle pas plus, mĂȘme ? Elle consistait en ce que deux personnes demeuraient ensemble, jour aprĂšs jour, liĂ©es non par le sexe ou l'attirance physique, par l'argent ou la propriĂ©tĂ© commune, mais seulement par un accord partagĂ© de continuer, un dĂ©vouement mutuel envers une union qui ne pourrait jamais ĂȘtre codifiĂ©e. L'amitiĂ© comprenait d'ĂȘtre tĂ©moin du lent Ă©coulement des malheurs d'un autre, ainsi que de longues pĂ©riodes d'ennui, et d'occasionnels triomphes. Elle consistait Ă  se sentir honorĂ© du privilĂšge d'ĂȘtre prĂ©sent pour quelqu'un dans ses moments les plus sombres, et de savoir que l'on pouvait en retour se sentir dĂ©primĂ© en compagnie de cette mĂȘme personne.
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Hanya Yanagihara (A Little Life)
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Consideremos la larga historia de las actividades inspiradas por el fervor moral: los sacrificios humanos, las persecuciones de herejes, las cazas de brujas, los pogroms, hasta que se llega al exterminio en gran escala por medio de gases venenosos, que al menos uno de los colegas episcopales del doctor Barnes parece patrocinar, ya que sostiene que el pacifismo es anticristiano. ¿Son estas abominaciones, y las doctrinas éticas que las inspiran, realmente prueba de un Creador inteligente? ¿Y podemos realmente desear que los hombres que las practicaron vivan eternamente? El mundo en que vivimos puede ser entendido como resultado de la confusión y el accidente; pero, si es el resultado de un propósito deliberado, el propósito tiene que haber sido el de un demonio. Por mi parte, encuentro el accidente una hipótesis menos penosa y mås verosímil.
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Bertrand Russell (Why I Am Not a Christian and Other Essays on Religion and Related Subjects)
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The proletariat has not succeeded in negating itself as such - the century and a half since Marx has made that clear. The proletariat has failed to negate itself qua class and thereby abolish class society per se. Perhaps this is because the proletariat never was a class, as had been supposed - because only the bourgeoisie was a true Class, and therefore the only one capable of negating itself as such. For it has indeed negated itself, along with capital, and so generated a classless society, albeit one which has nothing to do with the classless society that was supposed to arise from a revolution and from a negation of the proletariat as such. As for the proletariat, it has simply disappeared - vanished along with the class struggle itself. There can be no doubt that had capitalism developed in accordance with its own contradictory logic, it would have been defeated by the proletariat. In an ideal sense, Marx's analysis is still irreproachable. But Marx simply did not foresee that it would be possible for capital, in the face of the imminent threat to its existence, to transpoliticize itself, as it were: to launch itself into an orbit beyond the relations of production and political contradictions, to make itself autonomous in a free-floating, ecstatic and haphazard form, and thus to totalize the world in its own image. Capital (if it may still be so called) has barred the way of political economy and the law of value; it is in this sense that it has successfully escaped its own end. Henceforward it can function independently of its own former aims, and absolutely without reference to any aims whatsoever. The inaugural event of this mutation was undoubtedly the Great Crash of 1929; the stockmarket crisis of 1987 was merely an aftershock.
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Jean Baudrillard (The Transparency of Evil: Essays in Extreme Phenomena)
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Depuis quelques instants, j'ai l'impression d'avoir dĂ©jĂ  vĂ©cu tout cela, d'avoir Ă©crit cela mot pour mot, mais je comprends Ă  prĂ©sent que ce n'est pas moi, que c'est une autre femme qui prit jadis des notes dans ses cahiers pour me permettre d'y puiser. J'Ă©cris, elle Ă©crivit que la mĂ©moire est fragile et que le cours d'une vie est on ne peut plus bref et que tout se passe si vite que nous ne parvenons pas Ă  saisir les relations entre les Ă©vĂ©nements, nous sommes impuissants Ă  mesurer les consĂ©quences de chaque acte, nous ajoutons foi Ă  la fiction du temps, au prĂ©sent, au passĂ© comme Ă  l'avenir, alors que peut-ĂȘtre tout arrive aussi bien simultanĂ©ment, comme le disaient les trois sƓurs Mora, capables d'entrevoir dans l'espace les esprits de toutes les Ă©poques. VoilĂ  pourquoi ma grand-mĂšre Clara remplissait ses cahiers : pour voir les choses sous leur vraie dimension et dĂ©jouer les piĂšges de la mĂ©moire.
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Isabel Allende (The House of the Spirits)
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Revenons donc Ă  nos poncifs, ou plutĂŽt Ă  quelques-uns d’entre eux : 1° Le XIXe siĂšcle est le siĂšcle de la science. 2° Le XIXe siĂšcle est le siĂšcle du progrĂšs. 3° Le XIXe siĂšcle est le siĂšcle de la dĂ©mocratie, qui est progrĂšs et progrĂšs continu. 4° Les tĂ©nĂšbres du moyen Ăąge. 5° La RĂ©volution est sainte, et elle a Ă©mancipĂ© le peuple français. 6° La dĂ©mocratie, c’est la paix. Si tu veux la paix, prĂ©pare la paix. 7° L’avenir est Ă  la science. La Science est toujours bienfaisante. 8° L’instruction laĂŻque, c’est l’émancipation du peuple. 9° La religion est la fille de la peur. 10° Ce sont les États qui se battent. Les peuples sont toujours prĂȘts Ă  s’accorder. 11° Il faut remplacer l’étude du latin et du grec, qui est devenue inutile, par celle des langues vivantes, qui est utile. 12° Les relations de peuple Ă  peuple vont sans cesse en s’amĂ©liorant. Nous courons aux États-Unis d’Europe. 13° La science n’a ni frontiĂšres, ni patrie. 14° Le peuple a soif d’égalitĂ©. 15° Nous sommes Ă  l’aube d’une Ăšre nouvelle de fraternitĂ© et de justice. 16° La propriĂ©tĂ©, c’est le vol. Le capital, c’est la guerre. 17° Toutes les religions se valent, du moment qu’on admet le divin. 18° Dieu n’existe que dans et par la conscience humaine. Cette conscience crĂ©e Dieu un peu plus chaque jour. 19° L’évolution est la loi de l’univers. 20° Les hommes naissent naturellement bons. C’est la sociĂ©tĂ© qui les pervertit. 21° Il n’y a que des vĂ©ritĂ©s relatives, la vĂ©ritĂ© absolue n’existe pas. 22° Toutes les opinions sont bonnes et valables, du moment que l’on est sincĂšre. Je m’arrĂȘte Ă  ces vingt-deux Ăąneries, auxquelles il serait aisĂ© de donner une suite, mais qui tiennent un rang majeur par les innombrables calembredaines du XIXe siĂšcle, parmi ce que j’appellerai ses idoles. Idoles sur chacune desquelles on pourrait mettre un ou plusieurs noms.
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Léon Daudet (Le Stupide XIXe siÚcle (French Edition))
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Il ne le sait pas encore mais, dans les annĂ©es Ă  venir, il ne cessera de tester les dĂ©clarations de dĂ©votion de Harold, confrontera ses promesses pour voir Ă  quel point elles sont fermes. Il ne sera mĂȘme pas conscient de ses actes. Mais il les perpĂ©trera de toute façon, parce qu'une part de lui ne croira jamais Harold et Julia ; il a beau le vouloir profondĂ©ment, ĂȘtre persuadĂ© qu'il les croit, il ne leur accordera pas sa confiance, et il sera toujours convaincu qu'ils finiront par se lasser de lui, regretteront un jour leur engagement vis-Ă -vis de lui. Aussi les dĂ©fiera-t-il, parce que, lorsque leur relation inĂ©luctablement se terminera, il pourra regarder en arriĂšre et avoir la certitude que c'est de sa faute et, non seulement cela, mais il connaĂźtra l'incident spĂ©cifique qui aura causĂ© la rupture et n'aura jamais Ă  s'inquiĂ©ter ou se demander quelle erreur il aura commise ou ce qu'il aurait pu mieux faire.
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Hanya Yanagihara
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Gotama takes a noun, “the unconditioned,” and treats it as a verb: “not to be conditioned” by something. He seems acutely aware of the relational nature of language. There is no such thing, for example, as freedom per se. There is only freedom from constraints, or freedom to act in ways that were not possible because of those constraints. Nor is there any awakening per se, but only awakening from the “sleep” of delusion, or awakening to the presence of others who suffer. And there is no such thing as the unconditioned, only the possibility of not being conditioned by something. Nirvana, therefore, does not refer to the attainment of a transcendent, absolute state apart from the conditions of life but to the possibility of living here and now emancipated from the inclinations of desire, hatred, and delusion. A life not conditioned by these instincts and drives would be an enriched one. No longer would one be the victim of paralyzing habits; one would be freed to respond to circumstances in fresh, unimpeded ways.
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Stephen Batchelor (After Buddhism: Rethinking the Dharma for a Secular Age)
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El obispo pasa a argĂŒir que 'el universo ha sido hecho y estĂĄ gobernado por un propĂłsito inteligente' y que serĂ­a una falta de inteligencia el haber hecho al hombre para que pereciera. Hay muchas respuestas a este argumento. En primer lugar, se ha hallado, en la investigaciĂłn cientĂ­fica de la Naturaleza, que la intrusiĂłn de valores estĂ©ticos o morales, ha sido siempre un obstĂĄculo para el descubrimiento. SolĂ­a pensarse que los cuerpos celestes tenĂ­an que moverse en cĂ­rculos, porque el cĂ­rculo es la curva mĂĄs perfecta; que las especies tenĂ­an que ser inmutables, porque Dios sĂłlo creaba lo perfecto y, por lo tanto, no habĂ­a necesidad de mejora; que no debĂ­an combatirse las epidemias como no fuera mediante el arrepentimiento, porque eran un castigo del pecado, etc. La naturaleza es indiferente a nuestros valores, y sĂłlo puede ser entendida ignorando nuestros conceptos del bien y del mal. El universo puede tener un fin, pero nada de lo que nosotros sabemos sugiere que, de ser asĂ­, ese propĂłsito tiene alguna semejanza con los nuestros.
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Bertrand Russell (Why I Am Not a Christian and Other Essays on Religion and Related Subjects)
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Les travaux d’Alexander Todorov sont loin d’ĂȘtre les seuls Ă  avoir mis en Ă©vidence une influence dĂ©terminante de l’apparence physique. D’autres Ă©tudes se sont, par exemple, concentrĂ©es directement sur l’impact qu’a la beautĂ© sur les relations sociales. LĂ  aussi, les rĂ©sultats sont frappants. De nombreuses expĂ©riences ont montrĂ© que les individus considĂ©rĂ©s comme « beaux » sont aussi perçus globalement comme plus sociaux, plus puissants et plus compĂ©tents. Ils reçoivent plus facilement de l’aide lorsqu’ils en ont besoin. S’ils sont confrontĂ©s Ă  la justice, ils ont tendance Ă  ĂȘtre moins facilement jugĂ©s coupables et, quand ils sont condamnĂ©s, Ă©copent d’une sentence moins sĂ©vĂšre. Enfin, pour ce qui nous intĂ©resse directement : une Ă©tude a montrĂ© que les personnes jugĂ©es belles emportent plus facilement la conviction de leurs interlocuteurs. Cet impact massif de la beautĂ© sur les interactions sociales est une application directe de l’effet de halo. Il a Ă©tĂ© synthĂ©tisĂ© en une formule cruelle, mais Ă©loquente : « Ce qui est beau nous paraĂźt bon10. »
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Clément Viktorovitch (Le Pouvoir rhétorique: Apprendre à convaincre et à décrypter les discours)
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Esther n'Ă©tait certainement pas bien Ă©duquĂ©e au sens habituel du terme, jamais l'idĂ©e ne lui serait venue de vider un cendrier ou de dĂ©barrasser le relief de ses repas, et c'est sans la moindre gĂȘne qu'elle laissait la lumiĂšre allumĂ©e derriĂšre elle dans les piĂšces qu'elle venait de quitter (il m'est arrivĂ©, suivant pas Ă  pas son parcours dans ma rĂ©sidence de San Jose, d'avoir Ă  actionner dix-sept commutateurs); il n'Ă©tait pas davantage question de lui demander de penser Ă  faire un achat, de ramener d'un magasin oĂč elle se rendait une course non destinĂ©e Ă  son propre usage, ou plus gĂ©nĂ©ralement de rendre un service quelconque. Comme toutes les trĂšs jolies jeunes filles elle n'Ă©tait au fond bonne qu'Ă  baiser, et il aurait Ă©tĂ© stupide de l'employer Ă  autre chose, de la voir autrement que comme un animal de luxe, en tout choyĂ© et gĂ„tĂ©, protĂ©gĂ© de tout souci comme de toute tĂąche ennuyeuse ou pĂ©nible afin de mieux pouvoir se consacrer Ă  son service exclusivement sexuel. Elle n'en Ă©tait pas moins trĂšs loin d'ĂȘtre ce monstre d'arrogance, d'Ă©goĂŻsme absolu et froid, au, pour parler en termes plus baudelairiens, cette infernale petite salope que sont la plupart des trĂšs jolies jeunes filles; il y avait en elle la conscience de la maladie, de la faiblesse et de la mort. Quoique belle, trĂšs belle, infiniment Ă©rotique et dĂ©sirable, Esther n'en Ă©tait pas moins sensible aux infirmitĂ©s animales, parce qu'elle les connaissait ; c'est ce soir-lĂ  que j'en pris conscience, et que je me mis vĂ©ritablement Ă  l'aimer. Le dĂ©sir physique, si violent soit-il, n'avait jamais suffi chez moi Ă  conduire Ă  l'amour, il n'avait pu atteindre ce stade ultime que lorsqu'il s'accompagnait, par une juxtaposition Ă©trange, d'une compassion pour l'ĂȘtre dĂ©sirĂ© ; tout ĂȘtre vivant, Ă©videmment, mĂ©rite la compassion du simple fait qu'il est en vie et se trouve par lĂ -mĂȘme exposĂ© Ă  des souffrances sans nombre, mais face Ă  un ĂȘtre jeune et en pleine santĂ© c'est une considĂ©ration qui paraĂźt bien thĂ©orique. Par sa maladie de reins, par sa faiblesse physique insoupçonnable mais rĂ©elle, Esther pouvait susciter en moi une compassion non feinte, chaque fois que l'envie me prendrait d'Ă©prouver ce sentiment Ă  son Ă©gard. Étant elle-mĂȘme compatissante, ayant mĂȘme des aspirations occasionnelles Ă  la bontĂ©, elle pouvait Ă©galement susciter en moi l'estime, ce qui parachevait l'Ă©difice, car je n'Ă©tais pas un ĂȘtre de passion, pas essentiellement, et si je pouvais dĂ©sirer quelqu'un de parfaitement mĂ©prisable, s'il m'Ă©tait arrivĂ© Ă  plusieurs reprises de baiser des filles dans l'unique but d'assurer mon emprise sur elles et au fond de les dominer, si j'Ă©tais mĂȘme allĂ© jusqu'Ă  utiliser ce peu louable sentiment dans des sketches, jusqu'Ă  manifester une comprĂ©hension troublante pour ces violeurs qui sacrifient leur victime immĂ©diatement aprĂšs avoir disposĂ© de son corps, j'avais par contre toujours eu besoin d'estimer pour aimer, jamais au fond je ne m'Ă©tais senti parfaitement Ă  l'aise dans une relation sexuelle basĂ©e sur la pure attirance Ă©rotique et l'indiffĂ©rence Ă  l'autre, j'avais toujours eu besoin, pour me sentir sexuellement heureux, d'un minimum - Ă  dĂ©faut d'amour - de sympathie, d'estime, de comprĂ©hension mutuelle; l'humanitĂ© non, je n'y avais pas renoncĂ©. (La possibilitĂ© d'une Ăźle, Daniel 1,15)
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Michel Houellebecq
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La violence au sein du couple profite de la fragilitĂ© de la position des femmes dans al sociĂ©tĂ©. Se rĂ©fĂ©rant aux travaux de sa consƓur amĂ©ricaine Sandra Lee Bartky, la philosophe Camille Froidevaux-Metterie parle de la honte comme « structurellement fĂ©minine ». Elle la dĂ©finit comment un « sentiment permanent d'inadĂ©quation par lequel les femmes se sentent imparfaites, infĂ©rieures ou diminuĂ©es, ce qui permet aux mĂ©canismes de la domination masculine de perdurer ». Ainsi, « la honte devient un vĂ©ritable mode d'ĂȘtre-au-monde fĂ©minin qui fait le lit de la violence conjugale et des fĂ©minicides ». Il ne s'agit surtout pas de prĂ©tendre que, par leur manque de confiance en elles, les femmes susciteraient les mauvais traitements qu'elles subissent : nous reprocher un conditionnement qui nous dessert reviendrait Ă  nous infliger une double peine. Les seuls responsables des violences sont ceux qui les commettent et la culture qui les y autorise - culture que nous allons tenter d'Ă©tudier ici. Mais de mĂȘme qu'on peut rappeler haut et fort que la seule cause du viol, c'est le violeur, tout en enseignant l'autodĂ©fense physique, on peut chercher Ă  dĂ©veloppe une forme d'autodĂ©fense psychologique. (p. 102)
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Mona Chollet (Réinventer l'amour: Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles)
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Cette qualitĂ© de la joie n’est-elle pas le fruit le plus prĂ©cieux de la civilisation qui est nĂŽtre ? Une tyrannie totalitaire pourrait nous satisfaire, elle aussi, dans nos besoins matĂ©riels. Mais nous ne sommes pas un bĂ©tail Ă  l’engrais. La prospĂ©ritĂ© et le confort ne sauraient suffire Ă  nous combler. Pour nous qui fĂ»mes Ă©levĂ©s dans le culte du respect de l’homme, pĂšsent lourd les simples rencontres qui se changent parfois en fĂȘtes merveilleuses
 Respect de l’homme ! Respect de l’homme !
 LĂ  est la pierre de touche ! Quand le Naziste respecte exclusivement qui lui ressemble, il ne respecte rien que soi-mĂȘme ; il refuse les contradictions crĂ©atrices, ruine tout espoir d’ascension, et fonde pour mille ans, en place d’un homme, le robot d’une termitiĂšre. L’ordre pour l’ordre chĂątre l’homme de son pouvoir essentiel, qui est de transformer et le monde et soi-mĂȘme. La vie crĂ©e l’ordre, mais l’ordre ne crĂ©e pas la vie. Il nous semble, Ă  nous, bien au contraire, que notre ascension n’est pas achevĂ©e, que la vĂ©ritĂ© de demain se nourrit de l’erreur d’hier, et que les contradictions Ă  surmonter sont le terreau mĂȘme de notre croissance. Nous reconnaissons comme nĂŽtres ceux mĂȘmes qui diffĂšrent de nous. Mais quelle Ă©trange parenté ! elle se fonde sur l’avenir, non sur le passĂ©. Sur le but, non sur l’origine. Nous sommes l’un pour l’autre des pĂšlerins qui, le long de chemins divers, peinons vers le mĂȘme rendez-vous. Mais voici qu’aujourd’hui le respect de l’homme, condition de notre ascension, est en pĂ©ril. Les craquements du monde moderne nous ont engagĂ©s dans les tĂ©nĂšbres. Les problĂšmes sont incohĂ©rents, les solutions contradictoires. La vĂ©ritĂ© d’hier est morte, celle de demain est encore Ă  bĂątir. Aucune synthĂšse valable n’est entrevue, et chacun d’entre nous ne dĂ©tient qu’une parcelle de la vĂ©ritĂ©. Faute d’évidence qui les impose, les religions politiques font appel Ă  la violence. Et voici qu’à nous diviser sur les mĂ©thodes, nous risquons de ne plus reconnaĂźtre que nous nous hĂątons vers le mĂȘme but. Le voyageur qui franchit sa montagne dans la direction d’une Ă©toile, s’il se laisse trop absorber par ses problĂšmes d’escalade, risque d’oublier quelle Ă©toile le guide. S’il n’agit plus que pour agir, il n’ira nulle part. La chaisiĂšre de cathĂ©drale, Ă  se prĂ©occuper trop Ăąprement de la location de ses chaises, risque d’oublier qu’elle sert un dieu. Ainsi, Ă  m’enfermer dans quelque passion partisane, je risque d’oublier qu’une politique n’a de sens qu’à condition d’ĂȘtre au service d’une Ă©vidence spirituelle. Nous avons goĂ»tĂ©, aux heures de miracle, une certaine qualitĂ© des relations humaines : lĂ  est pour nous la vĂ©ritĂ©. Quelle que soit l’urgence de l’action, il nous est interdit d’oublier, faute de quoi cette action demeurera stĂ©rile, la vocation qui doit la commander. Nous voulons fonder le respect de l’homme. Pourquoi nous haĂŻrions-nous Ă  l’intĂ©rieur d’un mĂȘme camp ? Aucun d’entre nous ne dĂ©tient le monopole de la puretĂ© d’intention. Je puis combattre, au nom de ma route, telle route qu’un autre a choisie. Je puis critiquer les dĂ©marches de sa raison. Les dĂ©marches de la raison sont incertaines. Mais je dois respecter cet homme, sur le plan de l’Esprit, s’il peine vers la mĂȘme Ă©toile. Respect de l’Homme ! Respect de l’Homme !
 Si le respect de l’homme est fondĂ© dans le cƓur des hommes, les hommes finiront bien par fonder en retour le systĂšme social, politique ou Ă©conomique qui consacrera ce respect. Une civilisation se fonde d’abord dans la substance. Elle est d’abord, dans l’homme, dĂ©sir aveugle d’une certaine chaleur. L’homme ensuite, d’erreur en erreur, trouve le chemin qui conduit au feu.
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Antoine de Saint-Exupéry (Lettre à un otage)
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Quand la sexologue Shere Hite a rĂ©coltĂ© les tĂ©moignages de quelque 4 500 AmĂ©ricaines sur leur vie amoureuse et sexuelle, dans les annĂ©es 1970, nombre d'entre elles ont dĂ©clarĂ© que leur mari ou compagnon avait une attitude condescendante, arrogante ou carrĂ©ment insultante. Il les rabaissait ou les disqualifiait, tournait en dĂ©rision leurs opinions ou leurs centres d'intĂ©rĂȘt. « Il me parle sur un ton qui me fait me sentir inepte et stupide » ; « Il se comporte comme s'il savait tout » ; « Il a des attitudes paternalistes, comme son pĂšre. Sauf qu'il le voit chez son pĂšre, mais pas chez lui » ; « Il estime que sa parole a force de loi » ; « À une Ă©poque, il me faisait la leçon comme Ă  une gamine. Mais je ne l'ai pas lĂąchĂ© avec ça et il a fini par arrĂȘter »  Aux antipodes de cette assurance masculine, les femmes intĂšgrent trĂšs tĂŽt une tendance non seulement Ă  pratiquer l'introspection et Ă  se remettre en question (ce qui est plutĂŽt positifs), mais aussi Ă  douter d'elles-mĂȘmes, Ă  se culpabiliser sans cesse, Ă  penser que tout est de leur faute ou de leur responsabilitĂ©, Ă  s'excuser d'exister (ce qui est nettement moins bien). Cette tendance nous affaiblit considĂ©rablement dans un rapport amoureux, surtout quand il se rĂ©vĂšle abusif. (p. 102)
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Mona Chollet (Réinventer l'amour: Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles)
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L'idĂ©e prĂ©conçue entrave et endommage la libre et pleine manifestation de la vie psychique, que je connais et discerne bien trop peu pour la corriger, sous prĂ©texte de mieux savoir. La raison critique semble avoir rĂ©cemment Ă©liminĂ© avec de nombreuses autres reprĂ©sentations mythiques, aussi l'idĂ©e d'une vie post mortem. Cela n'a Ă©tĂ© possible que parce qu'aujourd'hui les hommes sont identifiĂ©s le plus souvent Ă  leur seule conscience et s'imaginent n'ĂȘtre rien de plus que ce qu'ils savent d'eux-mĂȘmes. Or tout homme qui ne possĂšde qu'un soupçon de ce qu'est la psychologie peut aisĂ©ment se rendre compte que ce savoir est bien bornĂ©. Le rationalisme et le doctrinarisme sont des maladies de notre temps : ils ont la prĂ©tention d'avoir rĂ©ponse Ă  tout. Pourtant bien des dĂ©couvertes, que nous considĂ©rons comme impossibles - quand nous nous plaçons Ă  notre point de vue bornĂ© -, seront encore faites. Nos notions d'espace et de temps ne sont qu'approximativement valables ; elles laissent ouvert un vaste champ de variations relatives ou absolues. Tenant compte de telles possibilitĂ©s, je prĂȘte une oreille attentive aux Ă©tranges mythes de l'Ăąme ; j'observe ce qui se passe et ce qui m'arrive, que cela concorde ou non avec mes prĂ©suppositions thĂ©oriques. (p. 471)
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C.G. Jung (Memories, Dreams, Reflections)
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Rien, jamais, en effet, ne remplacera le compagnon perdu. On ne se crĂ©e point de vieux camarades. Rien ne vaut le trĂ©sor de tant de souvenirs communs, de tant de mauvaises heures vĂ©cues ensemble, de tant de brouilles, de rĂ©conciliations, de mouvements du cƓur. On ne reconstruit pas ces amitiĂ©s-lĂ . Il est vain, si l’on plante un chĂȘne, d’espĂ©rer s’abriter bientĂŽt sous son feuillage. Ainsi va la vie. Nous nous sommes enrichis d’abord, nous avons plantĂ© pendant des annĂ©es, mais viennent les annĂ©es oĂč le temps dĂ©fait ce travail et dĂ©boise. Les camarades, un Ă  un, nous retirent leur ombre. Et Ă  nos deuils se mĂȘle dĂ©sormais le regret secret de vieillir. Telle est la morale que Mermoz et d’autres nous ont enseignĂ©e. La grandeur d’un mĂ©tier est, peut-ĂȘtre, avant tout, d’unir des hommes : il n’est qu’un luxe vĂ©ritable, et c’est celui des relations humaines. En travaillant pour les seuls biens matĂ©riels, nous bĂątissons nous-mĂȘmes notre prison. Nous nous enfermons solitaires, avec notre monnaie de cendre qui procure rien qui vaille de vivre. Si je cherche dans mes souvenirs ceux qui m’ont laissĂ© un goĂ»t durable, si je fais le bilan des heures qui ont comptĂ©, Ă  coup sĂ»r je retrouve celles que nulle fortune ne m’eĂ»t procurĂ©es. On n’achĂšte pas l’amitiĂ© d’un Mermoz, d’un compagnon que les Ă©preuves vĂ©cues ensemble ont liĂ© Ă  nous pour toujours. Cette nuit de vol et ses cent mille Ă©toiles, cette sĂ©rĂ©nitĂ©, cette souverainetĂ© de quelques heures, l’argent ne les achĂšte pas. p35-p36
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Antoine de Saint-Exupéry (Tierra de los hombres)
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Music by and for itself is not so portentous for our inward nature, so deeply moving, that it ought to be looked upon as the direct language of the feelings; but its ancient union with poetry has infused so much symbolism into rhythmical movement, into loudness and softness of tone, that we now imagine it speaks directly to and comes from the inward nature. Dramatic music is only possible when the art of harmony has acquired an immense range of symbolical means, through song, opera, and a hundred attempts at description by sound. "Absolute music" is either form per se, in the rude condition of music, when playing in time and with various degrees of strength gives pleasure, or the symbolism of form which speaks to the understanding even without poetry, after the two arts were joined finally together after long development and the musical form had been woven about with threads of meaning and feeling. People who are backward in musical development can appreciate a piece of harmony merely as execution, whilst those who are advanced will comprehend it symbolically. No music is deep and full of meaning in itself, it does not speak of "will," of the "thing-in-itself"; that could be imagined by the intellect only in an age which had conquered for musical symbolism the entire range of inner life. It was the intellect itself that first gave this meaning to sound, just as it also gave meaning to the relation between lines and masses in architecture, but which in itself is quite foreign to mechanical laws.
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Friedrich Nietzsche (Human, All Too Human: A Book for Free Spirits)
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Devenir indĂ©pendante signifie donc remettre de l’ordre en soi, et non renoncer Ă  toute vie sexuelle ou amoureuse – loin de lĂ . À part dans un cas, peut-ĂȘtre : quand nous entretenons des relations suivies ou Ă©pisodiques avec des hommes non par rĂ©el dĂ©sir, mais par addiction Ă  leur regard, par conformisme, parce que cela « se fait », ou par peur d’ĂȘtre seule. Certaines jugent alors indispensable d’apprendre Ă  s’en passer complĂštement, pour y revenir plus tard en ayant bĂąti un socle d’autonomie. Dans Une rĂ©volution intĂ©rieure, Gloria Steinem Ă©voque une musicienne de sa connaissance, du nom de Tina, qui avait l’habitude de lĂącher tout ce qu’elle Ă©tait en train de faire dĂšs qu’un homme lui manifestait de l’intĂ©rĂȘt. Elle finit par prendre une mesure radicale : « Pendant cinq ans, elle composa, voyagea, vĂ©cut seule, vit des amis, mais elle refusa toutes les sollicitations masculines. Elle rĂ©para sa maison, prit des vacances dans des lieux inconnus et enseigna l’écriture de chansons. Elle vĂ©cut une vie pleine, mais une vie qui n’incluait ni sexe ni romance. » Au dĂ©but, ce fut difficile : « Sans se voir Ă  travers les yeux d’un homme, elle n’était mĂȘme pas sĂ»re d’exister. Mais, peu Ă  peu, elle commença Ă  prendre plaisir Ă  se rĂ©veiller seule, Ă  parler Ă  son chat, Ă  quitter une fĂȘte quand elle en avait envie. Pour la premiĂšre fois, elle sentit son “centre” se dĂ©placer des hommes Ă  un nouveau lieu Ă  l’intĂ©rieur d’elle-mĂȘme. » Au bout de cinq ans, elle rencontra un homme trĂšs diffĂ©rent de ceux qu’elle attirait et qui l’attiraient auparavant, et elle l’épousa.
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Mona Chollet (Réinventer l'amour: Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles)
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Sans doute, l’amitiĂ©, l’amitiĂ© qui a Ă©gard aux individus, est une chose frivole, et la lecture est une amitiĂ©. Mais du moins c’est une amitiĂ© sincĂšre, et le fait qu’elle s’adresse Ă  un mort, Ă  un absent, lui donne quelque chose de dĂ©sintĂ©ressĂ©, de presque touchant. C’est de plus une amitiĂ© dĂ©barrassĂ©e de tout ce qui fait la laideur des autres. Comme nous ne sommes tous, nous les vivants, que des morts qui ne sont pas encore entrĂ©s en fonctions, toutes ces politesses, toutes ces salutations dans le vestibule que nous appelons dĂ©fĂ©rence, gratitude, dĂ©vouement et oĂč nous mĂȘlons tant de mensonges, sont stĂ©riles et fatigantes. De plus, – dĂšs les premiĂšres relations de sympathie, d’admiration, de reconnaissance, – les premiĂšres paroles que nous prononçons, les premiĂšres lettres que nous Ă©crivons, tissent autour de nous les premiers fils d’une toile d’habitudes, d’une vĂ©ritable maniĂšre d’ĂȘtre, dont nous ne pouvons plus nous dĂ©barrasser dans les amitiĂ©s suivantes ; sans compter que pendant ce temps-lĂ  les paroles excessives que nous avons prononcĂ©es restent comme des lettres de change que nous devons payer, ou que nous paierons plus cher encore toute notre vie des remords de les avoir laissĂ© protester. Dans la lecture, l’amitiĂ© est soudain ramenĂ©e Ă  sa puretĂ© premiĂšre. Avec les livres, pas d’amabilitĂ©. Ces amis-lĂ , si nous passons la soirĂ©e avec eux, c’est vraiment que nous en avons envie. Eux, du moins, nous ne les quittons souvent qu’à regret. Et quand nous les avons quittĂ©s, aucune de ces pensĂ©es qui gĂątent l’amitiĂ© : Qu’ont-ils pensĂ© de nous ? – N’avons-nous pas manquĂ© de tact ? – Avons-nous plu ? – et la peur d’ĂȘtre oubliĂ© pour tel autre. Toutes ces agitations de l’amitiĂ© expirent au seuil de cette amitiĂ© pure et calme qu’est la lecture. Pas de dĂ©fĂ©rence non plus ; nous ne rions de ce que dit MoliĂšre que dans la mesure exacte oĂč nous le trouvons drĂŽle ; quand il nous ennuie nous n’avons pas peur d’avoir l’air ennuyĂ©, et quand nous avons dĂ©cidĂ©ment assez d’ĂȘtre avec lui, nous le remettons Ă  sa place aussi brusquement que s’il n’avait ni gĂ©nie ni cĂ©lĂ©britĂ©. L’atmosphĂšre de cette pure amitiĂ© est le silence, plus pur que la parole. Car nous parlons pour les autres, mais nous nous taisons pour nous-mĂȘmes. Aussi le silence ne porte pas, comme la parole, la trace de nos dĂ©fauts, de nos grimaces. Il est pur, il est vraiment une atmosphĂšre. Entre la pensĂ©e de l’auteur et la nĂŽtre il n’interpose pas ces Ă©lĂ©ments irrĂ©ductibles, rĂ©fractaires Ă  la pensĂ©e, de nos Ă©goĂŻsmes diffĂ©rents. Le langage mĂȘme du livre est pur (si le livre mĂ©rite ce nom), rendu transparent par la pensĂ©e de l’auteur qui en a retirĂ© tout ce qui n’était pas elle-mĂȘme jusqu’à le rendre son image fidĂšle, chaque phrase, au fond, ressemblant aux autres, car toutes sont dites par l’inflexion unique d’une personnalitĂ© ; de lĂ  une sorte de continuitĂ©, que les rapports de la vie et ce qu’ils mĂȘlent Ă  la pensĂ©e d’élĂ©ments qui lui sont Ă©trangers excluent et qui permet trĂšs vite de suivre la ligne mĂȘme de la pensĂ©e de l’auteur, les traits de sa physionomie qui se reflĂštent dans ce calme miroir. Nous savons nous plaire tour Ă  tour aux traits de chacun sans avoir besoin qu’ils soient admirables, car c’est un grand plaisir pour l’esprit de distinguer ces peintures profondes et d’aimer d’une amitiĂ© sans Ă©goĂŻsme, sans phrases, comme en soi-mĂȘme.
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Marcel Proust (Days of Reading (Penguin Great Ideas))
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L'affaiblissement de la part relative de l'Occident dans l'Ă©conomie mondiale, tel qu'il s'est amorcĂ© au crĂ©puscule de la Guerre froide, est porteur de consĂ©quences graves qui ne sont pas toutes mesurables dĂšs Ă  prĂ©sent. L'une des plus inquiĂ©tantes, c'est que la tentation paraĂźt dĂ©sormais grande pour les puissances occidentales, et surtout pour Washington, de prĂ©server par la supĂ©rioritĂ© militaire ce qu'il n'est plus possible de prĂ©server par la supĂ©rioritĂ© Ă©conomique ni par l'autoritĂ© morale. LĂ  se situe peut-ĂȘtre la consĂ©quence la plus paradoxale et la plus perverse de la fin de la Guerre froide; un Ă©vĂšnement qui Ă©tait censĂ© apporter paix et rĂ©conciliation, mais qui fut suivi d'un chapelet de conflits successifs, l'AmĂ©rique passant sans transition 'une guerre Ă  la suivante, comme si c'Ă©tait devenu la "mĂ©thode de gouvernement" de l'autoritĂ© globale plutĂŽt qu'un ultime recours. Les attentas meurtriers du 11 septembre 2001 ne suffisent pas Ă  expliquer cette dĂ©rive; ils l'ont renforcĂ©e, et partiellement lĂ©gitimĂ©e, mais elle Ă©tait dĂ©jĂ  largement amorcĂ©e. En dĂ©cembre 1989, six semaines aprĂšs la chute du mur de Berlin, les Etats-Unis sont intervenus militairement au Panama contre le gĂ©nĂ©ral Noriega, et cette expĂ©dition aux allures de descente de police avait valeur de proclamation: il fallait que chacun sache dĂ©sormais qui commandait sur cette planĂšte et qui devait simplement obĂ©ir. Puis ce fut, en 1991, la premiĂšre guerre d'Irak; en 1992-1993, l'Ă©quipĂ©e malheureuse en Somalie; en 1994, l'intervention en HaĂŻti pour installer au pouvoir le prĂ©sident Jean-Bertrand Aristide; en 1995, la guerre de Bosnie; en dĂ©cembre 1998, la campagne de bombardements massifs contre l'Irak baptisĂ©e "OpĂ©ration DĂ©sert Fox"; en 1999, la guerre du Kosovo; Ă  partir de 2001, la guerre d'Afghanistan; Ă  partir de 2003, la seconde guerre d'Irak; en 2004, une nouvelle expĂ©dition en HaĂŻti, cette fois pour dĂ©loger le prĂ©sident Aristide...
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Amin Maalouf
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Parmi les europĂ©ens reçus par le cheikh Allawi, certains lui parlĂšrent de la philosophie de Bergson. Et ayant remarquĂ© que le MaĂźtre prenait, en ces occasion, divers Ă©noncĂ©s bergsoniens comme point de dĂ©part pour le dĂ©veloppement de considĂ©rations mĂ©taphysiques, les visiteurs estimĂšrent que ce "mystique" musulman n'Ă©tait pas trĂšs Ă©loignĂ© des vues de l'auteur europĂ©en. Malentendu en quelque sorte classique ; en effet, quand on cite Ă  un oriental d'Ă©lite des fragments d'une philosophie quelconque, il est aussitĂŽt portĂ© Ă  voir lĂ , non pas un "systĂšme close" de raisonnement, mais simplement des allusions relatives Ă  une vĂ©ritĂ© transcendante ; comblant alors les lacunes qu'il croit devoir attribuer uniquement Ă  l'exposĂ© maladroit de son interlocuteur, il transpose immĂ©diatement les conceptions philosophiques sur un plan supĂ©rieur et entiĂšrement Ă©tranger aux intentions de leur auteur. De tels malentendus se produisent d'autant plus facilement que l'interlocuteur europĂ©en, traduisant des conceptions modernes et occidentales dans une langue orientale - qui est toujours incomparablement moins Ă©troitement dĂ©terminĂ©e qu'une langue de l'Occident - fait, dĂšs le dĂ©part, de fausse assimilations. Toutefois, ce qu’il est impossible d’attribuer Ă  de simples malentendus ou Ă  des confusions linguistiques, ce sont les rĂ©sultats nĂ©gatifs des entretiens du Cheikh avec les prĂȘtres catholiques. “Admettez, dit le MaĂźtre, une interprĂ©tation mĂ©taphysique des dogmes de la TrinitĂ© et de la Filiation Divine, et il n’y aura plus aucun obstacle Ă  ce que les deux religions, chrĂ©tienne et musulmane, se rĂ©concilient et combattent ensemble la dĂ©gĂ©nĂ©rescence moderniste”. Il eut pour rĂ©ponse; “Vous demandez que le catholicisme se sui­cide”. Faut-il en conclure, simplement, que le cheikh ‘AllawĂź n’avait pas pu se faire entendre des reprĂ©sentants qualifiĂ©s de l’Eglise? Quoi qu’il en soit, ses efforts rĂ©pĂ©tĂ©s restĂšrent sans Ă©cho. (Le Prototype unique)
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Titus Burckhardt
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La plupart du temps, d'ailleurs, les femmes qui ont un compagnon fermĂ© sur le plan Ă©motionnel expriment un profond dĂ©sespoir. Quand Shere Hite a menĂ© son enquĂȘte auprĂšs de 4 500 femmes dans les annĂ©es 1970, 98 % de celles qui Ă©taient dans une relation avec un homme auraient souhait un « dialogue plus intime » avec lui ; elles auraient voulu qu'il leur parle davantage « de ses pensĂ©es, sentiments, projets, prĂ©occupations, et qu'il les interroge sur les leurs ». Certaines disaient ne s'ĂȘtre jamais senties aussi seules qu'au cours de leur mariage ; d'autres en pleuraient, la nuit, aux cĂŽtĂ©s de leur Ă©poux endormi. Il n'est pas certain que les choses aient radicalement changĂ© en cinquante ans (ni qu'elles soient trĂšs diffĂ©rentes de ce cĂŽtĂ©-ci de l'Atlantique). En fĂ©vrier 2021, dans le courrier du cƓur du site amĂ©ricain The Cut, baptistĂ© « Ask Polly », une trentenaire britannique partageait les dispositions dans lesquelles elle se sentait aprĂšs une rupture. Dans leur entourage, disait-elle, tout le monde les considĂ©rĂ©s, son ex-compagnon et elle, comme le couple idĂ©al. Et pourtant, son dĂ©sir d'intimitĂ© avait toujours Ă©tĂ© frustrĂ©. « Je pense qu'entretenir une relation profonde, intensĂ©ment nourrie, avec une autre personne fait partie des plus grandes joies que l'existence puisse vous apporter », Ă©crivait-elle. Elle estimait aussi que faire son propre « travail de l'ombre », essayer de se comprendre soi-mĂȘme, Ă©tait un des aspects « les plus fascinants et les plus urgents » du fait d'ĂȘtre en vie. Lui, en revanche ne comprenait pas ce qu'elle voulait de lui et trouvait qu'elle compliquait les choses inutilement. Autour d'elle, elle voyait un grand nombre d'autres couples dans lesquels la femme espĂ©rait elle aussi de son partenaire le mĂȘme investissement Ă©motionnel et rĂ©flexif que le sien - en vain. Elle en venait Ă  ne plus jamais vouloir ĂȘtre en couple avec un homme « qui n'aurait pas suivi une thĂ©rapie », clamait-elle. (p. 204-205)
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Mona Chollet (Réinventer l'amour: Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles)
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Plus tard, un jeune professeur de philosophie, rompu Ă  l'analyse logique, fit, sans le vouloir peut-ĂȘtre, la thĂ©orie de cette pratique politique (*). Il la dĂ©voila avec la plus grande clartĂ©, prĂ©cisĂ©ment parce que, Ă©tant un pur logicien et de bonne foi, il Ă©tait aveugle aux leçons de l'histoire (2). Au lieu de mettre cette pratique au compte d'une Ă©poque, d'un pays, d'une structure social ou d'un homme, il la mit directement en relation avec les prĂ©ceptes de la religion. Il alla jusqu'Ă  faire l'apologie de la 'ubudiyya (servitude) islamique, opposĂ© au concept de muwatana (citoyennetĂ©) hellĂ©nique. Ce professeur ignorait sans doute que le procĂšs de la modernitĂ© et de la dĂ©mocratie Ă©tait courant au 19e siĂšcle, mĂȘme en Angleterre, patrie du libĂ©ralisme politique. Il n'avait qu'Ă  revenir Ă  l'autobiographie du cardinal Newman, qui retrace les Ă©tapes de sa conversion au catholicisme romain, pour retrouver l'essentiel de son argumentation. Ce qu'on peut lui reprocher, c'est qu'il se souciait peu des mobiles de sa pensĂ©e ; il s'attribuait une logique qui Ă©tait celle des faits, non celle des concepts qu'il s'acharnait Ă  redĂ©finir ; il ne voyait pas qu'elle soutenait une politique Ă©ducative, poursuivie par diffĂ©rents moyens depuis plus d'une gĂ©nĂ©ration. Qu'un philosophe se dĂ©cide, Ă  une certaine Ă©tape de sa carriĂšre, de s'affilier Ă  l'un des ordres les plus fermĂ©s Ă  l'influence du monde moderne, qu'il arrive par la seule force de ses dĂ©ductions - c'est du moins ce que je prĂ©sume, peut-ĂȘtre Ă  tort - Ă  justifier une totale dĂ©mission de l'esprit, Ă  refuser l'idĂ©e de citoyennetĂ©, Ă  accepter d'investir un homme, chef d'Etat ou dirigeant de confrĂ©rie, d'une pouvoir absolu, prouve Ă  quel point cette politique avait rĂ©ussi et combien l'individu est mallĂ©able. (*)crĂ©er, ou de recrĂ©er un type d'homme qui fut spontanĂ©ment en phase Ă  la fois avec son environement moderne et son hĂ©ritage politique et social." (2) (Hawla Tajdid Taqyim A-turath) chapitre XI, pp 133-134
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Űčۚۯ Ű§Ù„Ù„Ù‡ Ű§Ù„ŰčŰ±ÙˆÙŠ (Le Maroc et Hassan II : Un tĂ©moignage)
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L'objectivitĂ©, vĂ©cue dans ce rĂȘve et dans ces visions, relĂšve de l'individuation accomplie. Elle est dĂ©tachement des jugements de valeur et de ce que nous dĂ©signons par attachement affectif. En gĂ©nĂ©ral, l'homme attribue une grande importance Ă  cet attachement affectif. Or, celui-ci renferme toujours des projections et ce sont celles-ci qu'il s'agit de retirer et de rĂ©cupĂ©rer, pour parvenir Ă  soi-mĂȘme et Ă  l'objectivitĂ©. Les relations affectives sont des relations de dĂ©sir et d'exigences, alourdies par des contraintes et des servitudes : on attend quelque chose de l'autre, ce par quoi cet autre et soi-mĂȘme perdent leur libertĂ©. La connaissance objective se situe au-delĂ  des intrications affectives, elle semble ĂȘtre le mystĂšre central. Elle seule rend possible la vĂ©ritable conjuctio*. * Ces pensĂ©e de Jung soulĂšvent beaucoup de problĂšmes et il faut Ă©viter les malentendus, surtout de la part des lecteurs jeunes. La vie affective est d'importance ! Le fin du fin de la sagesse n'est pas du tout une maniĂšre d'indiffĂ©rence, indiffĂ©rence qui, Ă  des phases plus juvĂ©niles de la vie, caractĂ©rise au contraire certaines maladies mentales. C'est Ă  force d'indiffĂ©rence et d'inaffectivitĂ© que le malade schizophrĂšne, par exemple, se trouve coupĂ© de la vie et du monde. Ce que Jung veut dire, c'est qu'il s'agit, aprĂšs avoir vĂ©cu les liens affectifs dans leur plĂ©nitude, de les laisser Ă©voluer vers une sĂ©rĂ©nitĂ©, voire un dĂ©tachement. Car les liens affectifs ayant rempli leurs bons offices d'insertion au monde, et ayant fait leurs temps, comportent pour tous les partenaires, par leur maturitĂ© mĂȘme, d'ĂȘtre dĂ©passĂ©s. Jung parle ici en tant qu'homme de grand Ăąge, d'expĂ©rience, de sagesse humaine, qui, en tant que tel, s'est dĂ©tachĂ© de ce que l'affectivitĂ© comporte nĂ©cessairement de subjectif et de contraignant. Sand doute avait-il atteint, lorsqu'il Ă©crivit ces pages, Ă  travers son individuation Ă  ce que nous appelons pour notre compte la "simplicitĂ© de retour". (Dr Roland Cahen) p. 467
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C.G. Jung (Memories, Dreams, Reflections)
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CICLU SEPTENAR (PRIMUL PĂTRAT DE 4 x 7): Un destin uman evoluează ün cicluri de Ɵapte ani. Fiecare ciclu se termină cu o criză care face trecerea la etapa superioară. De la 0 la 7 ani. Legătură puternică cu mama. Teamă orizontală de lume. Construirea simƣurilor. Mirosul mamei, laptele mamei, vocea mamei, căldura mamei, sărutările mamei sunt primele referinƣe. Perioada se termină ün general prin crăparea coconului protector al iubirii materne Ɵi descoperirea mai mult sau mai puƣin temătoare a restului lumii. De la 7 la 14 ani. Legătură puternică cu tatăl. Teamă verticală de lume. Construirea personalităƣii. Tatăl devine noul partener privilegiat, aliatul pentru descoperirea lumii din afara coconului familial. Tatăl măreƟte coconul familial protector. Tatăl se impune ca referinƣă. Mama era iubită, tatăl va trebui să fie admirat. De la 14 la 21 de ani. Revoltă ümpotriva societăƣii. Teamă de materie. Construirea intelectului. E criza adolescentului. Vrei să schimbi lumea Ɵi să distrugi structurile prezente. Tünărul atacă coconul familial, apoi societatea ün general. Adolescentul este sedus de tot ce este „rebel”: muzică violentă, atitudine romantică, dorinƣă de independenƣă, fugă de acasă, legătură cu bande de tineri care trăiesc la marginea societăƣii, adeziune la valorile anarhiste, negarea sistematică a vechilor valori. Perioada se termină cu o ieƟire din coconul familial. De la 21 la 28 de ani. Adeziune la societate. Stabilizare după revoltă. Pentru că nu ai reuƟit să distrugi lumea, te integrezi ün ea, avünd la ünceput dorinƣa de a face mai bine decüt generaƣia precedentă. Căutarea unei meserii mai interesante decüt cea a părinƣilor. Căutarea unui loc de viaƣă mai interesant decüt cel al părinƣilor. Tentativa de a realiza un cuplu mai fericit decüt cel al părinƣilor. Alegi un (o) partener(ă) Ɵi üntemeiezi un cămin. ConstruieƟti propriul cocon. Perioada se termină ün general cu o căsătorie. Acum omul Ɵi-a ündeplinit misiunea Ɵi a terminat cu primul său cocon protector. SFÎRƞITUL PRIMULUI PĂTRAT DE 4 x 7 ANI. Edmond Wells, Enciclopedia cunoaƟterii relative Ɵi absolute, volumul IV
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Bernard Werber (L'Empire des anges)
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La sociĂ©tĂ© moderne a commis la sĂ©rieuse faute de substituer, dĂšs le plus bas Ăąge, l’école Ă  l’enseignement familial. Elle y a Ă©tĂ© obligĂ©e par la trahison des femmes. Celles-ci abandonnent leurs enfants au kindergarten pour s’occuper de leur carriĂšre, de leurs ambitions mondaines, de leurs plaisirs sexuels, de leurs fantaisies littĂ©raires ou artistiques, ou simplement pour jouer au bridge, aller au cinĂ©ma, perdre leur temps dans une paresse affairĂ©e. Elles ont causĂ© ainsi l’extinction du groupe familial, oĂč l’enfant grandissait en compagnie d’adultes et apprenait beaucoup d’eux. Les jeunes chiens Ă©levĂ©s dans des chenils avec des animaux du mĂȘme Ăąge sont moins dĂ©veloppĂ©s que ceux qui courent en libertĂ© avec leurs parents. Il en est de mĂȘme des enfants perdus dans la foule des autres enfants et de ceux qui vivent avec des adultes intelligents. L’enfant modĂšle facilement ses activitĂ©s physiologiques, affectives et mentales sur celles de son milieu. Aussi reçoit-il peu des enfants de son Ăąge. Quand il est rĂ©duit Ă  n’ĂȘtre qu’une unitĂ© dans une Ă©cole, il se dĂ©veloppe mal. Pour progresser, l’individu demande la solitude relative, et l’attention du petit groupe familial. C’est Ă©galement grĂące Ă  son ignorance de l’individu que la sociĂ©tĂ© moderne atrophie les adultes. L’homme ne supporte pas impunĂ©ment le mode d’existence et le travail uniforme et stupide imposĂ© aux ouvriers d’usine, aux employĂ©s de bureau, Ă  ceux qui doivent assurer la production en masse. Dans l’immensitĂ© des villes modernes, il est isolĂ© et perdu. Il est une abstraction Ă©conomique, une tĂȘte du troupeau. Il perd sa qualitĂ© d’individu. Il n’a ni responsabilitĂ©, ni dignitĂ©. Au milieu de la foule Ă©mergent les riches, les politiciens puissants, les bandits de grande envergure. Les autres ne sont qu’une poussiĂšre anonyme. Au contraire, l’individu garde sa personnalitĂ© quand il fait partie d’un groupe oĂč il est connu, d’un village, d’une petite ville, oĂč son importance relative est plus grande, dont il peut espĂ©rer devenir, Ă  son tour, un citoyen influent. La mĂ©connaissance thĂ©orique de l’individualitĂ© a amenĂ© sa disparition rĂ©elle.
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Alexis Carrel (Ű§Ù„Ű„Ù†ŰłŰ§Ù† Ű°Ù„Ùƒ Ű§Ù„Ù…ŰŹÙ‡ÙˆÙ„)
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Quand elle Ă©tait petite, elle voulait m’épouser. J’étais son prince charmant. AnnĂ©e aprĂšs annĂ©e, j’avais bien vu dans son regard que le mythe s’était Ă©parpillĂ© dans les affres de la rĂ©alitĂ©. J’étais tombĂ© de mon piĂ©destal et, si je ne cherchais pas Ă  mentir sur qui j’étais, j’avais toujours eu envie qu’elle me voie au meilleur de ma forme. Au fond, je pouvais dire que nous n’avions jamais rĂ©ellement eu une relation saine. La preuve : cette incapacitĂ© physique d’aller voir son appartement, ce lieu oĂč elle vivait en femme. Il faudrait des siĂšcles pour admettre que nos enfants sont devenus adultes. On dit souvent qu’il est difficile de vieillir ; moi, je pourrais vieillir indĂ©finiment du moment que mes enfants, eux, ne grandiraient pas. Je ne sais pas pourquoi j’éprouvais tant de difficultĂ©s Ă  vivre cette transition que tout parent connaĂźt. Je n’avais pas l’impression qu’autour de moi les gens avaient les mĂȘmes. Pire, j’entendais des parents soulagĂ©s du dĂ©part de leurs enfants. Enfin, ils allaient retrouver la libertĂ©, disaient-ils. Il y avait ce film oĂč le garçon, Tanguy, s’éternisait chez ses parents, prolongeant sans cesse ses Ă©tudes. Le mien Ă©tait parti Ă  l’autre bout du monde dĂšs ses dix-huit ans. C’est toujours comme ça : ceux qui veulent se dĂ©barrasser de leurs enfants hĂ©ritent de boulets, tandis que ceux qui veulent couver Ă  loisir leur progĂ©niture se retrouvent avec des prĂ©coces de l’autonomie. Mon fils me manquait atrocement. Et je ne supportais plus d’échanger avec lui des messages par Skype, ou par e-mails. D’ailleurs, ces messages et ces moments virtuels Ă©taient de plus en plus courts. Nous n’avions rien Ă  nous dire. L’amour entre un parent et un enfant n’est pas dans les mots, pas dans la discussion. Ce que j’aimais, c’était simplement que mon fils soit lĂ , Ă  la maison. On pouvait ne pas se parler de la journĂ©e, ce n’était pas grave, je sentais sa prĂ©sence, ça me suffisait. Étais-je si tordu ? Je ne sais pas. Je ne peux qu’essayer de mettre des mots sur mes sentiments. Et je peux affirmer maintenant ce que je sais depuis le dĂ©but : je vis mal la sĂ©paration avec mes enfants. Elle me paraĂźt normale, justifiĂ©e, humaine, biologique, tout ce que vous voulez, pourtant elle me fait mal.
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David Foenkinos (Je vais mieux)
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Un matin oĂč j’étais Ă  l’école, un incident a eu lieu sur notre parcelle en prĂ©sence de Papa. Une violente dispute avait Ă©clatĂ© entre ProthĂ© et Innocent. Je ne sais pas de quoi il s’agissait, mais Innocent a levĂ© la main sur ProthĂ©. Papa a immĂ©diatement licenciĂ© Innocent, qui ne voulait pas prĂ©senter ses excuses et qui menaçait tout le monde. La tension permanente rendait les gens nerveux. Ils devenaient sensibles au moindre bruit, Ă©taient sur leurs gardes dans la rue, regardaient dans leur rĂ©troviseur pour ĂȘtre sĂ»rs de n’ĂȘtre pas suivi. Chacun Ă©tait aux aguets. Un jour, en plein cours de gĂ©ographie, un pneu a Ă©clatĂ© derriĂšre la clĂŽture, sur le boulevard de l’IndĂ©pendance, et toute la classe, y compris le professeur, s’est jetĂ© Ă  plat ventre sous les tables. À l’école, les relations entre les Ă©lĂšves burundais avaient changĂ©. C’était subtil, mais je m’en rendais compte. Il y avait beaucoup d’allusions mystĂ©rieuses, de propos implicites. Lorsqu’il fallait crĂ©er des groupes, en sport ou pour prĂ©parer des exposĂ©s, on dĂ©celait rapidement une gĂȘne. Je n’arrivais pas Ă  m’expliquer ce changement brutal, cet embarras palpable. Jusqu’à ce jour, Ă  la rĂ©crĂ©ation, oĂč deux garçons burundais se sont battus derriĂšre le grand prĂ©au, Ă  l’abri du regard des profs et des surveillants. Les autres Ă©lĂšves burundais, Ă©chaudĂ©s par l’altercation, se sont rapidement sĂ©parĂ©s en deux groupes, chacun soutenant un garçon. « Sales Hutu », disaient les uns, « sales Tutsi » rĂ©pliquaient les autres. Cet aprĂšs-midi-lĂ , pour la premiĂšre fois de ma vie, je suis entrĂ© dans la rĂ©alitĂ© profonde de ce pays. J’ai dĂ©couvert l’antagonisme hutu et tutsi, infranchissable ligne de dĂ©marcation qui obligeait chacun Ă  ĂȘtre d’un camp ou d’un autre. Ce camp, tel un prĂ©nom qu’on attribue Ă  un enfant, on naissait avec, et il nous poursuivait Ă  jamais. Hutu ou tutsi. C’était soit l’un soit l’autre. Pile ou face. Comme un aveugle qui recouvre la vue, j’ai alors commencĂ© Ă  comprendre les gestes et les regards, les non-dits et les maniĂšres qui m’échappaient depuis toujours. La guerre, sans qu’on lui demande, se charge toujours de nous trouver un ennemi. Moi qui souhaitais rester neutre, je n’ai pas pu. J’étais nĂ© avec cette histoire. Elle coulait en moi. Je lui appartenais.
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Gaël Faye (Petit pays)
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IDEOSFERĂ: Ideile sunt ca niƟte fiinƣe vii. Se nasc, cresc, proliferează, se confruntă cu alte idei Ɵi ün cele din urmă pier. ƞi dacă ideile, ca Ɵi fiinƣele vii, ar avea propria lor evoluƣie? ƞi dacă ideile s-ar selecta üntre ele ca să le elimine pe cele mai slabe Ɵi să le reproducă pe cele mai puternice ca ün darwinism? În lucrarea Hazard Ɵi Necesitate, apărută ün 1970, Jacques Monod a emis ipoteza că ideile ar putea avea o autonomie Ɵi, ca Ɵi fiinƣele organice, ar fi capabile să se reproducă Ɵi să se ünmulƣească. În 1976, ün Genă egoistă, Richard Dawkins pomeneƟte conceptul de „ideosferă”. Ideosfera ar fi pentru lumea ideilor ceea ce este biosfera pentru lumea fiinƣelor vii. Dawkins scrie: „Cünd plantezi o idee fertilă ün mintea mea, ümi parazitezi literalmente creierul, transformündu-l ün vehicul pentru propagarea acestei idei”. ƞi citează conceptul de Dumnezeu, o idee care s-a născut üntr-o zi Ɵi a evoluat Ɵi propagat continuu, preluată Ɵi amplificată de parabole, scrieri, apoi muzică, artă, preoƣii reproducünd-o Ɵi interpretünd-o astfel üncüt să o adapteze spaƣiului Ɵi timpului ün care trăiesc. Dar ideile, mai mult decüt fiinƣele vii, suferă repede mutaƣii. De exemplu, conceptul, ideea de comunism, născută ün mintea lui Karl Marx, s-a răspündit üntr-un timp foarte scurt ün spaƣiu pünă la a acoperi jumătate din lume. Ea a evoluat, a suferit mutaƣii, ca ün cele din urmă să se reducă, stăruind la un număr din ce ün ce mai mic de persoane, ca o specie animală pe cale de dispariƣie. Dar, ün acelaƟi timp, a constrüns ideea de „capitalism” să sufere Ɵi ea mutaƣii. Din lupta ideilor din ideosferă apare civilizaƣia noastră. Actualmente, computerele sunt pe cale să dea ideilor o accelerare a mutaƣiei. Datorită Internetului, o idee se poate răspündi mai repede ün spaƣiu Ɵi timp, putünd să se confrunte mai rapid cu rivalii sau cu prădătorii ei. E excelent pentru răspündirea ideilor bune, dar Ɵi pentru cele rele, căci ün noƣiunea de idee nu există noƣiunea de „moral”. De altfel, nici ün biologie, evoluƣia nu ascultă de nici un fel de morală. Iată de ce poate că ar trebui să reflectăm de două ori ünainte de a răspündi idei. Căci ele sunt de acum ünainte mai puternice decüt oamenii care le inventează Ɵi decüt cei care le vehiculează. În fine, e doar o idee... Edmond Wells, Enciclopedia cunoaƟterii relative Ɵi absolute, volumul IV
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Bernard Werber (L'Empire des anges)
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C’est Ă  Ibn ‘Arabi que l’on attribue le rĂŽle le plus Ă©minent dans cette interprĂ©tation de plus en plus approfondie du principe fĂ©minin. Pour lui non seulement la nafs [Ăąme] est fĂ©minine – comme c’est le cas gĂ©nĂ©ralement – mais aussi dhĂąt, « essence divine », de sorte que la fĂ©minitĂ©, dans son Ɠuvre, est la forme sous laquelle Dieu se manifeste le mieux (
) cette phrase savant exprime, en effet, parfaitement le concept d’Ibn ‘Arabi puisqu’il Ă©crit au sujet de sa comprĂ©hension du divin : « Dieu ne peut ĂȘtre envisagĂ© en dehors de la matiĂšre et il est envisagĂ© plus parfaitement en la matiĂšre humaine que dans toute autre et plus parfaitement en la femme qu’en l’homme. Car Il est envisagĂ© soit comme le principe qui agit soit comme le principe qui subit, soit comme les deux Ă  la fois (
) quand Dieu se manifeste sous la forme de la femme Il est celui qui agit grĂące au fait qu’Il domine totalement l’ñme de l’homme et qu’Il l’incite Ă  se donner et Ă  se soumettre entiĂšrement Ă  Lui (
) c’est pourquoi voir Dieu dans la femme signifie Le voir sous ces deux aspects, une telle vision est plus complĂšte que de Le voir sous toute autre forme par laquelle Il se manifeste. » (
) Des auteurs mystiques postĂ©rieurs Ă  Ibn ‘Arabi dĂ©veloppĂšrent ses idĂ©es et reprĂ©sentĂšrent les mystĂšres de la relation physique entre l’homme et la femme par des descriptions tout Ă  fait concrĂštes. L’opuscule du soufi cachemirien Ya’qub Sarfi (mort en 1594), analysĂ© par Sachiko Murata, en est un exemple typique ; il y explique la nĂ©cessitĂ© des ablutions complĂštes aprĂšs l’acte d’amour par l’expĂ©rience « religieuse » de l’amour charnel : au moment de ce plaisir extatique extrĂȘme – le plus fort que l’on puisse imagine et vivre – l’esprit est tant occupĂ© par les manifestations du divin qu’il perd toute relation avec son corps. Par les ablutions, il ramĂšne ce corps devenu quasiment cadavre Ă  la vie normale. (
) On retrouve des considĂ©rations semblables concernant le « mystĂšre du mariage » chez Kasani, un mystique originaire de Farghana (mort en 1543). Eve, n’avait-elle pas Ă©tĂ© créée afin que « Adam pĂ»t se reposer auprĂšs d’elle », comme il est dit dans le Coran (sourate 7:189) ? Elle Ă©tait le don divin pour le consoler dans sa solitude, la manifestation de cet ocĂ©an divin qu’il avait quittĂ©. La femme est la plus belle manifestation du divin, tel fut le sentiment d’Ibn ‘Arabi.
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Annemarie Schimmel (My Soul Is a Woman: The Feminine in Islam)
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« Il dit rĂ©solument : « Je ne venais point vous voir parce que cela valait mieux. » Elle demanda, sans comprendre : « Comment ? Pourquoi ? – Pourquoi ? Vous ne devinez pas. – Non, pas du tout. – Parce que je suis amoureux de vous... oh ! un peu, rien qu’un peu... et que je ne veux pas le devenir tout Ă  fait... » Elle ne parut ni Ă©tonnĂ©e, ni choquĂ©e, ni flattĂ©e ; elle continuait Ă  sourire du mĂȘme sourire indiffĂ©rent, et elle rĂ©pondit avec tranquillitĂ© : « Oh ! vous pouvez venir tout de mĂȘme. On n’est jamais amoureux de moi longtemps. » Il fut surpris du ton plus encore que des paroles, et il demanda : « Pourquoi ? – Parce que c’est inutile et que je le fais comprendre tout de suite. Si vous m’aviez racontĂ© plus tĂŽt votre crainte, je vous aurais rassurĂ© et engagĂ© au contraire Ă  venir le plus possible. » Il s’écria, d’un ton pathĂ©tique : « Avec ça qu’on peut commander aux sentiments ! » Elle se tourna vers lui : « Mon cher ami, pour moi un homme amoureux est rayĂ© du nombre des vivants. Il devient idiot, pas seulement idiot, mais dangereux. Je cesse, avec les gens qui m’aiment d’amour, ou qui le prĂ©tendent, toute relation intime, parce qu’ils m’ennuient d’abord, et puis parce qu’ils me sont suspects comme un chien enragĂ© qui peut avoir une crise. Je les mets donc en quarantaine morale jusqu’à ce que leur maladie soit passĂ©e. Ne l’oubliez point. Je sais bien que chez vous l’amour n’est autre chose qu’une espĂšce d’appĂ©tit, tandis que chez moi ce serait, au contraire, une espĂšce de... de... de communion des Ăąmes qui n’entre pas dans la religion des hommes. Vous en comprenez la lettre, et moi l’esprit. Mais... regardez-moi bien en face... » Elle ne souriait plus. Elle avait un visage calme et froid et elle dit en appuyant sur chaque mot : « Je ne serai jamais, jamais votre maĂźtresse, entendez-vous. Il est donc absolument inutile, il serait mĂȘme mauvais pour vous de persister dans ce dĂ©sir... Et maintenant que... l’opĂ©ration est faite... voulez-vous que nous soyons amis, bons amis, mais lĂ , de vrais amis, sans arriĂšre-pensĂ©e ? » Il avait compris que toute tentative resterait stĂ©rile devant cette sentence sans appel. Il en prit son parti tout de suite, franchement, et, ravi de pouvoir se faire cette alliĂ©e dans l’existence, il lui tendit les deux mains : « Je suis Ă  vous, madame, comme il vous plaira. » » (de « Bel-Ami » par Guy de Maupassant)
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Guy de Maupassant
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[...] Pourtant, s’il n’existe pas de moyen infaillible pour permettre au futur disciple d’identifier un MaĂźtre authentique par une procĂ©dure mentale uniquement, il existe nĂ©anmoins cette maxime Ă©sotĂ©rique universelle (127) que tout aspirant trouvera un guide authentique s’il le mĂ©rite. De mĂȘme que cette autre maxime qu’en rĂ©alitĂ©, et en dĂ©pit des apparences, ce n’est pas celui qui cherche qui choisit la voie, mais la voie qui le choisit. En d’autres termes, puisque le MaĂźtre incarne la voie, il a, mystĂ©rieusement et providentiellement, une fonction active Ă  l’égard de celui qui cherche, avant mĂȘme que l’initiation Ă©tablisse la relation maĂźtre-disciple. Ce qui permet de comprendre l’anecdote suivante, racontĂ©e par le Shaykh marocain al-’ArabĂź ad-DarqĂąwĂź (mort en 1823), l’un des plus grands MaĂźtres soufis de ces derniers siĂšcles. Au moment en question, il Ă©tait un jeune homme, mais qui reprĂ©sentait dĂ©jĂ  son propre Shaykh, ’AlĂź al-Jamal, Ă  qui il se plaignit un jour de devoir aller dans tel endroit oĂč il craignait de ne trouver aucune compagnie spirituelle. Son Shaykh lui coupa la parole : « Engendre celui qu’il te faut! » Et un peu plus tard, il lui rĂ©itĂ©ra le mĂȘme ordre, au pluriel : « Engendre-les! »(128) Nous avons vu que le premier pas dans la voie spirituelle est de « renaĂźtre »; et toutes ces considĂ©rations laissent entendre que nul ne « mĂ©rite » un MaĂźtre sans avoir Ă©prouvĂ© une certaine conscience d’« inexistence » ou de vide, avant-goĂ»t de la pauvretĂ© spirituelle (faqr) d’oĂč le faqĂźr tire son nom. La porte ouverte est une image de cet Ă©tat, et le Shaykh ad-DarqĂąwĂź dĂ©clare que l’un des moyens les plus puissants pour obtenir la solution Ă  un problĂšme spirituel est de tenir ouverte « la porte de la nĂ©cessitĂ© »(129) et de prendre garde qu’elle ne se referme. On peut ainsi en dĂ©duire que ce « mĂ©rite » se mesurera au degrĂ© d’acuitĂ© du sens de la nĂ©cessitĂ© chez celui qui cherche un MaĂźtre, ou au degrĂ© de vacuitĂ© de son Ăąme, qui doit ĂȘtre en effet suffisamment vide pour prĂ©cipiter l’avĂšnement de ce qui lui est nĂ©cessaire. Et soulignons pour terminer que cette « passivitĂ© » n’est pas incompatible avec l’attitude plus active prescrite par le Christ : « Cherchez et vous trouverez; frappez et l’on vous ouvrira », puisque la maniĂšre la plus efficace de « frapper » est de prier, et que supplier est la preuve d’un vide et l’aveu d’un dĂ©nuement, d’une « nĂ©cessitĂ© » justement. En un mot, le futur disciple a, aussi bien que le MaĂźtre, des qualifications Ă  actualiser. 127. Voir, dans le Treasury of Traditional Wisdom de Whitall Perry, Ă  la section rĂ©servĂ©e au MaĂźtre spirituel, pp. 288-95, les citations sur ce point particulier, de mĂȘme que sur d’autres en rapport avec cet appendice. 128. Lettres d'un MaĂźtre soufi, pp. 27-28. 129. Ibid., p. 20. - Le texte dit : « porte de la droiture », erreur de traduction corrigĂ©e par l’auteur, le terme arabe ayant bien le sens de « nĂ©cessitĂ© », et mĂȘme de « besoin urgent ». (NdT)
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Martin Lings (The Eleventh Hour: The spiritual crisis of the modern world in the light of tradition and prophecy)
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Pe scurt, cel mai important defect geopolitic al priorității ”străinătății apropiate” era acela că Rusia nu era suficient de puternică politic pentru a-și impune voința și nici suficient de atrăgătoare economic pentru a putea seduce noile state independente... O coaliție care să lege Rusia de China și Iran se poate dezvolta numai dacă Statele Unite sunt atĂąt de mioape ĂźncĂąt să ĂźÈ™i facă dușmani China și Iranul Ăźn același timp... Mai mult, China ar fi partenerul principal Ăźn orice efort serios..., ar fixa inevitabil Rusia Ăźntr-un statut de partener subordonat... Rusia ar deveni astfel un stat-tampon Ăźntre o Europă Ăźn dezvoltare și o Chină expansionistă

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Zbigniew BrzeziƄski (The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives)
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În Ăźntreaga regiune strategii au Ăźnceput să ĂźÈ™i pună această Ăźntrebare esențială, dar rămasă fără răspuns: ”Pentru cĂątă vreme pacea Ăźn regiunea cea mai populată din lume și pe car să devină cea mai Ăźnarmată va fi asigurată de o sută de mii de soldați americani și pentru cĂątă vreme... e probabil ca ei să mai rămĂąnă?” Tocmai Ăźn această situație nesigură, creată de naționalisme care se intensifică, de creșteri de populații, de prosperitate din ce Ăźn ce mai mare, de speranțe exagerate... Ăźn peisajul... Asiei de Est apar schimbări cu adevărat spectaculoase
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Zbigniew BrzeziƄski (The Grand Chessboard: American Primacy and its Geostrategic Imperatives)
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Comme tous les autres je dĂ©sirais un chien, impossible Ă  obtenir dans notre peu d’espace. Je me pris d’affection pour une balle jaune aux mille couleurs passĂ©es et sa bonne odeur de caoutchouc. Quand j’étais seul dans la piĂšce, la balle, de joie, me sautait dessus et jouait Ă  ne pas se laisser prendre. Tout Ă  coup ma mĂšre criait d’arrĂȘter et la balle craintive allait finir sous le lit.
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Erri De Luca (Non ora, non qui)
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Les nuages dĂ©concertaient le vent, se dĂ©sagrĂ©geant dans leur course, et le vent courait, aboyant comme un chien de berger pour les garder rassemblĂ©s en troupeau. Vers le soir, toutes les formes possibles s’apaisaient en lignes de rouge oĂč le soleil descendait, appelant tout le ciel Ă  se dĂ©chirer, Ă  disparaĂźtre.
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Erri De Luca (Non ora, non qui)
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L’éloge sincĂšre est le miel des relations entre les hommes.
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Dale Carnegie (Comment se faire des amis)
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Jadis (...) n'importe quel voyageur arrivant dans un village inconnu n'avait qu'Ă  se prĂ©senter au seuil de la premiĂšre maison rencontrĂ©e et dire : "Je suis l'hĂŽte que Dieu vous envoie" pour qu'on le reçoive avec joie. On lui rĂ©servait la meilleure chambre, le meilleur lit et les meilleurs morceaux. Souvent mĂȘme, le chef de famille ou le fils aĂźnĂ© lui abandonnait sa propre chambre pour aller dormir sur une natte dans le vestibule ou dans la cour. En Ă©change, l'Ă©tranger de passage venait enrichir les veillĂ©es en racontant les chroniques historiques de son pays ou en relatant les Ă©vĂ©nements rencontrĂ©s au cours de ses pĂ©rĂ©grinations.
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Amadou Hampùté Bù (Amkoullel, l'enfant Peul)
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Les filles comme moi gùchaient la journée des médecins. Sans argent et sans relations -- sinon elles ne seraient pas venue échouer à l'aveuglette chez eux --, elles les obligeaient à se rappeler la loi quoi pouvait les envoyer en prison et leur interdire d'exercer pour toujours.
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Annie Ernaux (Happening)
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It’s not so much that a strong or weak currency is inherently good or bad per se, but rather that an artificially strong or weak currency relative to a country’s trade balance is bad. If a country has a persistent trade surplus but constantly weakens its otherwise-appreciating currency by accumulating central bank reserves (mercantilism), then value is siphoned away from workers and toward the leaders. Similarly, if a country has a persistent trade deficit but has an extra monetary premium built onto its otherwise-depreciating currency due to its imperial prowess, then its workers are not very competitive in terms of global labor rates and will likely stagnate, while their political leaders, multinational corporations, and wealthy elite will thrive.
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Lyn Alden (Broken Money: Why Our Financial System is Failing Us and How We Can Make it Better)
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Byl jsem tady ve čtvrtek, Ty jsi tady nebyl, tak jsem zase hned utek, straơně jsem se zlobil.
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Jaroslav Foglar (CelĂœ den drobně prĆĄĂ­: VĂœbor z denĂ­kĆŻ 1920-1937)
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En fait, la poĂ©sie, c’est ce qui vise un objet — cet ĂȘtre-ci, en son absolu, ou l’ĂȘtre mĂȘme, la prĂ©sence du monde, en son unitĂ© — alors mĂȘme et prĂ©cisĂ©ment qu’aucun texte ne peut les dire. Elle est ce qui s’attache, c’est lĂ  sa responsabilitĂ©, Ă  ce qui ne peut ĂȘtre dĂ©nommĂ© avec un mot de la langue : et parce que l’au-delĂ  de la dĂ©nomination, c’est l’intensitĂ© et la plĂ©nitude dont nous avons besoin de nous souvenir. L’Un, la PrĂ©sence, elle peut y « penser » dans l’écriture, car les relations inusuelles que les formes sonores au sein du vers Ă©tablissent entre les mots dĂ©font les codes, neutralisent les significations conceptuelles, et ouvrent donc comme un champ, pour de l’inconnu, au-delĂ . Mais mĂȘme dans un poĂšme les mots formulent, ils substituent la signification, la reprĂ©sentation Ă  l’unitĂ© pressentie, et c’est donc l’insatisfaction qui l’emporte. Insatisfaction devant ce fait textuel, oĂč la grande intuition se perd, non sans laisser toutefois le scintillement d’un sillage. La poĂ©sie, c’est ce qui descend de niveau en niveau dans son propre texte toujours en mĂ©tamorphose, descend jusqu’en ce point oĂč, s’étant en somme perdue, dans un pays d’aucun nom ni d’aucune route, elle renonce Ă  aller plus loin, sachant tout de mĂȘme que l’essentiel, c’est ce qui se dĂ©robe encore, au-delĂ  de ces lieux Ă©tranges. Le texte n’est pas son vrai lieu, ce n’est que son chemin de l’heure d’avant, son passĂ©. — Et si quelqu’un, dans ces conditions, lit un poĂšte sans s’obliger Ă  son texte, est-ce lĂ  le trahir ? (...) En bref, c’est retrouver de la poĂ©sie l’esprit de responsabilitĂ© — celle-ci serait-elle vellĂ©itĂ©, simplement — et la qualitĂ© d’espĂ©rance. ... Car tout poĂšme est par rapport Ă  « mon semblable, mon frĂšre » un mouvement d’espĂ©rance : ce dernier ne va-t-il pas faire un pas, Ă  son tour, vers l’ĂȘtre de finitude ?
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Yves Bonnefoy (Entretiens sur la poésie (1972-1990) (Essais) (French Edition))
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Whwn you're having a hard time, it's natural to feel like you're having the hardest time in the world. And it's not selfish to feel that way. Just because certain conditions in your life are relatively better, it doesn't mean you're better off in general.
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Baek Se-hee (I Want to Die But I Want to Eat Tteokpokki)
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Es difĂ­cil entenderse con las gentes de otra generaciĂłn, aun cuando no quieran imponernos su modo de ver las cosas. Y en estos casos en que quieren hacernos ver con sus ojos, para que resulte medianamente bien el experimento, se necesita gran tacto y sensibilidad en los mayores y admiraciĂłn en los jĂłvenes.
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Carmen Laforet (Nada)
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hiĂ©rarchie des genres et, Ă  l’intĂ©rieur de ceux-ci, la lĂ©gitimitĂ© relative des styles et des auteurs est une dimension fondamentale de l’espace des possibles. Bien qu’elle soit Ă  chaque moment un enjeu de luttes, elle se prĂ©sente comme un donnĂ© avec lequel on doit compter, fĂ»t-ce pour s’y opposer et le transformer.
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Pierre Bourdieu (Les RÚgles de l'art. GenÚse et structure du champ littéraire (LIBRE EXAMEN) (French Edition))
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A 4 de junho de 2015, seis meses depois da prisĂŁo: «Debalde procurĂĄmos indĂ­cios dessa matĂ©ria no requerimento e decisĂŁo ora recorrida, mas sobretudo procurĂĄmo-los nos factos imputados ao recorrente aquando do 1Âș interrogatĂłrio [...]. Ante a sua inexistĂȘncia partimos para a integral audição daquele interrogatĂłrio [...]. Do que ouvimos (incluindo os excertos de algumas das escutas telefĂłnicas que o MP entendeu ser relevante passar durante esse ato), constatĂĄmos que em momento algum o recorrente foi confrontado com quaisquer factos ou indĂ­cios concretos suscetĂ­veis de integrar o crime de corrupção. E seguramente nĂŁo o foi porque simplesmente no extenso rol de factos (recheado de expressĂ”es conclusivas e dedutivas) que o MP lhe imputou eles inexistem.» O que leram acima Ă© uma pequena transcrição do voto do juiz desembargador JosĂ© Reis, do Tribunal da Relação de Lisboa. É um voo de vencido, mas, por diversas razĂ”es e tambĂ©m por essa, ele adquire uma singularidade muito especial na histĂłria deste processo. Pela primeira vez, um juiz relator de um tribunal superior quis tomar conhecimento da substĂąncia dos autos, procurou os indĂ­cios de delito em todo o lado, primeiro, na decisĂŁo, na qual nada constava, depois, na imputação de factos, na qual nada encontrou, e, finalmente, no interrogatĂłrio - «debalde procurĂĄmos indĂ­cios», diz ele. Seis meses depois da prisĂŁo, um juiz afirma que fui preso sem haver indĂ­cios ou factos da prĂĄtica do crime de corrupção. Diz o voto do juiz: «No fundo, este tribunal fica sem saber o que, concretamente, com relevĂąncia criminal, se estĂĄ a investigar, pelo que nĂŁo se pode conceder o seu aval Ă quele que desconhece. Ou seja, se se ignoram os indĂ­cios dos factos que se projetam demonstrar nĂŁo se pode fazer um juĂ­zo fundamentado acerca da complexidade da investigação, sendo certo que nĂŁo hĂĄ complexidade alguma em investigar o nada, o vazio.»
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José Sócrates (Só Agora Começou)
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La transmission n'est pas un mouvement Ă  sens unique. À la diffĂ©rence de l'histoire, la transmission est toujours une opĂ©ration bilatĂ©rale, un travail de relation, prĂ©levĂ©e sur le vivant. Elle ne peut se comprendre comme le transfert d'un objet d'une main Ă  une autre. Elle exige une double activitĂ©: de la part de celle qui transmet et de la part de celle qui accueille la transmission. Elle ne peut fonctionner sans contrainte. Prise dans le jeu des gĂ©nĂ©rations, elle a rapport au dĂ©sir des anciennes, comme des nouvelles. C'est aux nouvelles qu'il appartient de dĂ©terminer si elles veulent de l'hĂ©ritage et ce qui, dans cet hĂ©ritage, les intĂ©resse. C'est aux anciennes qu'il appartient d'entendre la demande, d'inflĂ©chir leur langage vers un autre langage, en un Ă©change dans lequel, chacune restant ce qu'elle est, faisant honneur Ă  son histoire propre, s'adresse cependant Ă  l'autre et Ă©coute son adresse.
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Françoise Collin (Anthologie québécoise (1977-2000))
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Cette fois-ci j'ai choisi un axe, sans m'interdire pour autant d'emprunter quelques chemins de traverse, et cet axe je l'ai défini dÚs les premiÚres lignes comme étant ma relation au langage (il se peut que ce livre ne soit qu'une version personnelle des Mots de Sartre...).
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Jean-Bertrand Pontalis (L'amour des commencements)
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When asked questions like “Is there an inside or outside to Big Mind?” everybody answers, “No.” “Is time present?” “Does Big Mind come or go?” “Do you see it out there?” are all answered, “No.” By spending a good deal of time calling forth and talking to the small, relative, finite, object selves, consciousness itself more and more dis-identifies with them, seeing them as an object, and thus comes closer and closer to the pure Witness, or pure Observing Self, or Absolute Subjectivity per se, and thus is more and more open to falling into ever-present nondual Big Mind itself in a moment’s notice.
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Ken Wilber (The Religion of Tomorrow: A Vision for the Future of the Great Traditions - More Inclusive, More Comprehensive, More Complete)
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se rĂ©alisent effectivement qu’en relation avec une structure dĂ©terminĂ©e de positions socialement marquĂ©es (entre autres choses par les propriĂ©tĂ©s sociales de leurs occupants, Ă  travers lesquelles elles se donnent Ă  percevoir) ; mais, Ă  l’inverse, c’est au travers des dispositions, qui sont elles-mĂȘmes plus ou moins complĂštement ajustĂ©es aux positions, que se rĂ©alisent telles ou telles des potentialitĂ©s qui se trouvaient inscrites dans les positions.
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Pierre Bourdieu (Les RÚgles de l'art. GenÚse et structure du champ littéraire (LIBRE EXAMEN) (French Edition))
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Sedgwick never denied the difficulty of such a process—especially for intellectuals, who often pride themselves on their own quicksilver capacity to absorb knowledge (which may have nothing to do with their capacity for realization). That’s why she says “It’s hard.” It is hard, often quite. But Sedgwick’s native capacity for tenacity and jubilance in the face of difficulty, as well as her sustained engagement with Buddhism, allowed her to cast this difficulty as a privilege. “In Buddhist pedagogical thought,” she writes in Touching Feeling, “the apparent tautology of learning what you already know does not seem to constitute a paradox, nor an impasse, nor a scandal. It is not even a problem. If anything, it is a deliberate and defining practice.” Sedgwick wrote often about pedagogy in her final years—not so much about specific classroom instances per se, but about pedagogy as a site of relation, a sort of laboratory, in which a list of things to know might shift into a manifestation of ways of knowing, not to mention doing or being.
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Maggie Nelson (Like Love: Essays and Conversations)
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- Je me demande s'il y avait une chance pour moi aussi d'avoir une relation comme ça avec toi. - Aucune. Parce qu'on se ressemble trop. Tu ne crois pas ?
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Maki Marukido (Pornographer Playback)
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Si l'abus est le seul lien connu à ses parents, il devient la seule maniÚre de se relier à ceux dont on espÚre l'amour. L'enfant pensant qu'il mérite tout ce qui lui est infligé intÚgre l'abus à sa propre identité, puisque c'est la seule maniÚre qu'il connaisse d'appartenir au clan. Si l'abus est la relation principale que l'on a eue avec un parent ou un proche, il est à la fois insupportable et voluptueux. Insupportable parce que la conscience se sait flouée, mais voluptueux parce que la répétition de l'abus a durablement pris la place des archétypes parentaux indispensables à l'équilibre psychique.
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Alejandro Jodorowsky (La famille, un trésor, un piÚge (Evol - dev't personnel))
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Les histoires sont toujours compliquĂ©es. J’ignore pour quelle raison on nous fait croire que l’amour arrange tout. Ce n’est pas le cas. Nous sommes bien plus que la somme de deux moitiĂ©s. La plupart du temps, l’amour n’arrange rien, tout comme le mariage n’arrange pas une relation toxique ou les enfants un mariage brisĂ©. L’amour nous met Ă  l’épreuve. Il ne fait pas forcĂ©ment mal, mais il exige presque toujours de nous plus de maturitĂ©, moins d’égoĂŻsme, plus de courage. Je ne dis pas que l’amour est compliquĂ©, au contraire. L’amour est simple, facile, amusant
 mais la vie, pas toujours. Et j’ignore si tu le sais, mais le cerveau et le cƓur, la tĂȘte et la poitrine, sont de vieux ennemis. Ils donnent l’alarme, s’ignorent, se lancent l’un et l’autre dans l’inconnu. Et c’est entre la tĂȘte et la poitrine que ça fait mal. Toujours lĂ .
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ElĂ­sabet Benavent (Un conte parfait)
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Cada Estrategia de ReversiĂłn tiene cuatro elementos importantes: Al menos cinco velas en una grĂĄfica de 5 minutos que se mueven al alza o a la baja. La acciĂłn tendrĂĄ un valor extremo de Índice de Fuerza Relativa (Relative Strength Index, RSI) en 5 minutos. Un RSI por arriba de 90 o por debajo de 10 despertarĂĄ mi interĂ©s. El RSI, desarrollado primero por el afamado analista tĂ©cnico Welles Wilder, Jr. es un indicador que compara la magnitud de los incrementos y de las disminuciones recientes del precio en un periodo de tiempo para medir la velocidad y el cambio del movimiento del precio. Los valores de RSI van de 0 a 100. Los traders que usan Estrategias de ReversiĂłn utilizan los valores del RSI para identificar condiciones de sobrecompra o de sobreventa y para detectar señales de compra o de venta. Por ejemplo, lecturas de RSI por arriba de 90 indican condiciones de sobrecompra y las lecturas de RSI por debajo de 10 indican condiciones de sobreventa. Tu plataforma de trading o el software de tu escĂĄner calcula el RSI de manera automĂĄtica. Si te interesa, una bĂșsqueda en Internet te darĂĄ bastante mĂĄs informaciĂłn acerca del RSI.
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Andrew Aziz (Como Vivir del Day Trading (Spanish Edition))