“
El secreto de una buena vejez no es mas que un pacto honrado con la soledad.
”
”
Gabriel García Márquez (Cien Anos De Soledad/ One hundred Years of Solitude: Gabriel Garcia Marquez, Compendios Vosgos)
“
La solitude à deux est l'enfer consenti.
”
”
Michel Houellebecq (The Possibility of an Island)
“
El mundo habrá acabado de joderse -dijo entonces- el día en que los hombres viajen en primera clase y la literatura en el vagón de carga.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
If only I had something to take the edge off the loneliness. If only lonely were a more accurate word. It should sound much less pretty.
”
”
Nina LaCour (We Are Okay)
“
Había estado en la muerte, en efecto, pero había regresado porque no pudo soportar la soledad.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
La solitude est une belle chose; mais il faut quelqu'un pour vous dire que la solitude est une belle chose.
”
”
Honoré de Balzac
“
Être seul est devenu une maladie honteuse. Pourquoi tout le monde fuit-il la solitude? Parce qu'elle oblige à penser.
De nos jours, Descartes n'écrirait plus: “Je pense donc je suis.” Il dirait: “Je suis seul donc je pense.” Personne ne veut la solitude, car elle laisse trop de temps pour réfléchir. Or plus on pense, plus on est intelligent, donc plus on est triste.
”
”
Frédéric Beigbeder (L'amour dure trois ans (Marc Marronnier, #3))
“
y que en cualquier lugar en que estuvieran recordaran siempre que el pasado era mentira, que la memoria no tenía caminos de regreso, que toda primavera antigua era irrecuperable, y que el amor más desatinado y tenaz era de todos modos una verdad efímera.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Apártense, vacas, que la vida es corta.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Y estaba sola, me sentía sola, incapaz de hablar, que es quizás la peor forma de la soledad.
”
”
Almudena Grandes
“
¡Carajo! -gritó.
Amaranta, que empezaba a meter la ropa en el baúl, creyó que la había picado un alacrán.
-¡Dónde está! -preguntó alarmada.
-¿Qué?
-¡El animal! -aclaró Amaranta.
Úrsula se puso un dedo en el corazón.
-Aquí -dijo.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
La necesidad de sentirse triste se le iba convirtiendo en un vicio a medida que le devastaban los años.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Bien sûr on a des chagrins d’amour, mais on a surtout des chagrins de soi-même. Finalement la vie n’est qu’une affaire de solitude.
”
”
Françoise Sagan
“
Tu as tout à apprendre, tout ce qui ne s'apprend pas: la solitude, l'indifférence, la patience, le silence. Tu dois te déshabituer de tout: d'aller à la rencontre de ceux que si longtemps tu as côtoyés, de prendre tes repas, tes cafés à la place que chaque jour d'autres ont retenue pour toi, ont parfois défendue pour toi, de traîner dans la complicité fade des amitiés qui n'en finissent pas de se survivre, dans la rancoeur opportuniste et lâche des liaisons qui s'effilochent.
”
”
Georges Perec (Un Homme qui dort)
“
Sentirse solo no es sentirse inferior, sino distinto. El sentimiento de soledad no es una ilusión —como a veces lo es el de inferioridad— sino la expresión de un hecho real: somos, de verdad, distintos. Y, de verdad, estamos solos.
”
”
Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
“
Il me rend à la solitude. La plus profonde, celle qu'on ressent au cœur d'une foule.
”
”
Philippe Besson (« Arrête avec tes mensonges »)
“
Sin embargo, antes de llegar al verso final ya había comprendido que no saldría jamás de ese cuarto, pues estaba previsto que la ciudad de los espejos ( o los espejismos) sería arrasada por el viento y desterrada de la memoria de los hombres en el instante en que Aureliano Babilonio acabara de descifrar los pergaminos, y que todo lo escrito en ellos era irrepetible desde siempre y para siempre, porque las estirpes condenadas a cien años de soledad no tenian una segunda oportunidad sobre la tierra.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Quant à moi, maintenant, j'ai fermé mon âme. Je ne dis plus à personne ce que je crois, ce que je pense et ce que j'aime. Me sachant condamné à l'horrible solitude, je regarde les choses, sans jamais émettre mon avis. Que m'importent les opinions, les querelles, les plaisirs, les croyances ! Ne pouvant rien partager avec personne, je me suis désintéressé de tout. Ma pensée, invisible, demeure inexplorée. J'ai des phrases banales pour répondre aux interrogations de chaque jour, et un sourire qui dit "oui", quand je ne veux même pas prendre la peine de parler.
”
”
Guy de Maupassant (Le Horla et autres nouvelles fantastiques)
“
La solitude rend impatient, c'est l'impatience qui tue l'enfance.
”
”
Marc Levy (Où es-tu ?)
“
On la connaît tous...
Cette solitude qui nous mine parfois.
Qui sabote notre sommeil ou pourrit nos petits matins.
C'est la tristesse du premier jour d'école.
C'est lorsqu'il embrasse une fille plus belle dans la cour du lycée.
C'est Orly ou la gare de l'Est à la fin d'un amour.
C'est l'enfant qu'on ne fera jamais ensemble.
C'est quelquefois moi.
C'est quelquefois vous.
Mais il suffit parfois d'une rencontre...
”
”
Guillaume Musso (Que serais-je sans toi?)
“
La resignación es una de nuestras virtudes populares. Más que el brillo de la victoria nos conmueve la entereza ante la adversidad.
”
”
Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
“
La solitude offre à l'homme intellectuellement haut placé un double avantage : le premier, d'être avec soi-même, et le second de n'être pas avec les autres.
”
”
Arthur Schopenhauer (The Wisdom of Life)
“
Cities can be lonely places, and in admitting this we see that loneliness doesn't necessarily require physical solitude, but rather an absence or paucity of connection, closeness, kinship: an inability, for one reason or another, to find as much intimacy as is desired.
”
”
Olivia Laing (The Lonely City: Adventures in the Art of Being Alone)
“
Tu n'as rien appris, sinon que la solitude n'apprend rien, que l'indifférence n'apprend rien: c'était un leurre, une illusion fascinante et piégée. Tu étais seul et voilà tout et tu voulais te protéger: qu'entre le monde et toi les ponts soient à jamais coupés. Mais tu es si peu de chose et le monde est un si grand mot: tu n'as jamais fait qu'errer dans une grande ville, que longer sur quelques kilomètres des façades, des devantures, des parcs et des quais.
L'indifférence est inutile. Tu peux vouloir ou ne pas vouloir, qu'importe! Faire ou ne pas faire une partie de billard électrique, quelqu'un, de toute façon, glissera une pièce de vingt centimes dans la fente de l'appareil. Tu peux croire qu'à manger chaque jour le même repas tu accomplis un geste décisif. Mais ton refus est inutile. Ta neutralité ne veut rien dire. Ton inertie est aussi vaine que ta colère.
”
”
Georges Perec (Un Homme qui dort)
“
La solitude est dangereuse pour les intelligences qui travaillent. Il nous faut autour de nous, des hommes qui pensent et qui parlent. Quand nous sommes seuls longtemps, nous peuplons le vide de fantômes.
”
”
Guy de Maupassant (Le Horla)
“
Las decisiones se toman en unos segundos y se pagan el resto de la vida.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
La Solitude est un condition necessaire de la liberte.
”
”
Jean-Paul Sartre
“
La présence des autres affadit le monde. La solitude est cette conquête qui vous rend jouissance des choses.
”
”
Sylvain Tesson (Dans les forêts de Sibérie)
“
Si tu veux trouver la paix, immerge-toi dans la bienveillance, éteins tous les désirs dans ton coeur, retire-toi dans la solitude
”
”
Zhuangzi
“
Nuestra muerte ilumina nuestra vida. Si nuestra muerte carece de sentido, tampoco lo tuvo nuestra vida. Por eso cuando alguien muere de muerte violenta, solemos decir: "se la buscó". Y es cierto, cada quien tiene la muerte que se busca, la muerte que se ] Si la muerte nos traiciona y morimos de mala manera, todos se lamentan: hay que morir como se vive. La muerte es intransferible, como la vida. Si no morimos como vivimos es porque realmente no fue nuestra vida que vivimos: no nos pertenecía como no nos pertenece la mala suerte que nos mata. Dime cómo mueres y te diré quién eres.
”
”
Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
“
Cuando los pájaros bonitos hayan volado, y te sientas herido y solo, sé fuerte y sigue adelante, y recuerda que la vida continúa.
”
”
Mouloud Benzadi
“
What does it feel like to be lonely? It feels like being hungry: like being hungry when everyone around you is readying for a feast.
”
”
Olivia Laing (The Lonely City: Adventures in the Art of Being Alone)
“
...tenía la rara virtud de no existir por completo sino en el momento oportuno.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
La ausencia paulatina de tu interés por mí,
la falta progresiva de tus "buenos días",
la elección egoísta de tu lejanía,
fueron los que determinaron que no hiciera falta viajar a Macondo;
bastaba besar tus labios para sentir...
cien años de soledad.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Le monde appartient
À la femme africaine combattante,
Ambitieuse, éduquée et indépendante.
À celle qui ne craint ni la douleur ni la solitude.
À celle qui, vêtue d'un esprit de tonnerre,
Équipée de sang de guerrière,
Éffraie l'échec.
”
”
Naide P Obiang
“
Por primera vez sintió que la inmensa distancia que los separaba era insignificante. Estaba convencida de que él seguía en el mismo sitio, donde ya le había escrito algunas veces, muchos años antes. Porque estaban unidos por un hilo invisible, oculto entre mil cosas de poca importancia, que sólo podía existir entre dos personas como ellos: dos soledades que se reconocían.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
Se había atado a él con la obstinación con que uno se ata a las cosas que lo perjudican.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
L'élégance est de se comporter dans la solitude comme en société.
”
”
Sylvain Tesson (Petit traité sur l'immensité du monde)
“
Ambos descubrieron al mismo tiempo que allí siempre era marzo y siempre era lunes, y entonces comprendieron que José Arcadio Buendía no estaba tan loco como contaba la familia, sino que era el único que había dispuesto de bastante lucidez para vislumbrar la verdad de que también el tiempo sufría tropiezos y accidentes, y podía por tanto astillarse y dejar en un cuarto una fracción eternizada.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
• On peut être avec quelqu’un pour fuir sa solitude, on peut partager son quotidien pour digérer une rupture en continuant d’entretenir le souvenir d’un autre. On peut parler à quelqu’un en écoutant la voix d’un autre, regarder quelqu’un dans les yeux en voyant ceux d’un autre.
”
”
Marc Levy (Un sentiment plus fort que la peur)
“
La solitude qui enveloppe les oeuvres d'art est infinie, etil n'estrien qui permette de moins les atteindre que la critique. Seul l'amour peut les appréhender, les saisir et faire preuve de justesse à leur endroit:
”
”
Rainer Maria Rilke (Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke (Essai et dossier))
“
There are kinds of solitude that provide a respite from loneliness, a holiday if not a cure.
”
”
Olivia Laing (The Lonely City: Adventures in the Art of Being Alone)
“
... perché sapeva che Mattia parlava poco ma, quando lo faceva, valeva la pena di stare zitti e ascoltare.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
..La solitude est dangereuse pour les intelligences qui travaillent, Il nous faut autour de nous, des hommes qui pensent et qui parlent.Quand nous sommes seuls longtemps,nous peuplons le vide de fantomes.."
Le Horla
”
”
Guy de Maupassant
“
Monfleury est en vente, je perds cinquante mille francs, s'il le faut, mais je suis tout joyeux, je quitte cet enfer d'hypocrisie et de tracasseries. Je vais chercher la solitude et la paix champêtre au seul lieu où elles existent en France, dans un quatrième étage donnant sur les Champs-Élysées.
”
”
Stendhal (The Red and the Black)
“
La solitude est l'indépendance, je l'avais souhaitée et acquise au cours de longues années. Elle était froide, oh! oui, mais elle était calme, merveilleusement calme et immense comme l'espace silencieux et glacé où tournent les astres.
”
”
Hermann Hesse (Steppenwolf)
“
D'une complexion farouche et bavarde, ayant le désir de ne voir personne et le besoin de parler à quelqu'un, il se tirait d'affaire en se parlant à lui-même. Quiconque a vécu solitaire sait à quel point le monologue est dans la nature. La parole intérieure démange. Haranguer l'espace est un exutoire. Parler tout haut et tout seul, cela fait l'effet d'un dialogue avec le dieu qu'on a en soit.
”
”
Victor Hugo (The Man Who Laughs)
“
Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m’enorguiellir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Âmes de ceux que j’ai aimés, âmes de ceux que j’ai chantés, fortifiez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptices du monde; et vous, Seigneur mon Dieu! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise.
”
”
Rainer Maria Rilke (The Notebooks of Malte Laurids Brigge)
“
J'ai consulté mon téléphone: je n'avais aucun message. C'est à cela que servent les téléphones portables, à se rendre compte que personne ne pense à vous. Avant, on pouvait toujours rêver que quelqu'un cherchait à vous joindre, à vous parler, à vous aimer. Nous vivons maintenant avec cet objet qui matérialise notre solitude.
”
”
David Foenkinos (La tête de l'emploi)
“
A TODOS, en algún momento, se nos ha revelado nuestra existencia como algo particular,
intransferible y precioso. Casi siempre esta revelación se sitúa en la adolescencia. El
descubrimiento de nosotros mismos se manifiesta como un sabernos solos; entre el mundo y
nosotros se abre una impalpable, transparente muralla: la de nuestra conciencia.
”
”
Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
“
L'humour ne sauve pas; l'humour ne sert en définitive à peu près à rien. On peut envisager les évènements de la vie avec humour pendant des années, parfois de très longues années, dans certains cas on peut adopter une attitude humoristique jusqu'à la fin; mais en définitive la vie vous brise le coeur. Quelles que soient les qualités de courage, de sang froid et d'humour qu'on a pu développer tout au long de sa vie, on finit toujours par avoir le coeur brisé. Alors on s'arrête de rire. Au bout du compte il n'y a plus que la solitude, le froid et le silence. Au bout du compte il n'y a plus que la mort.
”
”
Michel Houellebecq (The Elementary Particles)
“
La confiance est comme une antiquité précieuse : une fois brisée, elle ne peut être remplacée.
”
”
Mouloud Benzadi
“
La solitude est une équation simple parce qu'elle réduit à un le nombre des variables. (p.108)
”
”
Jean Barbe (Comment devenir un ange)
“
... les rêves vécus à deux forment les souvenirs les plus beaux. La solitude est un jardin où l'âme se dessèche, les fleurs qui y poussent n'ont pas de parfum.
”
”
Marc Levy (If Only It Were True)
“
Siempre, a pesar de todo, había deseado encontrar a un semejante: hombre, mujer, niño, no importaba. Sin la incesante influencia de las masas, el sexo perdía rápidamente importancia. En cambio, la soledad seguía en primera línea.
”
”
Richard Matheson (I Am Legend)
“
We are the puzzle pieces who seldom fit with other puzzle pieces. We inhabit singledom as our natural resting state...Secretly, we are romantics, romantics of the highest order. We want a miracle. Out of millions we have to find the one who will understand. For the quirkyalone, there is no patience for dating just for the sake of not being alone. On a fine but by no means transcendent date, we dream of going home to watch television. We would prfer to be alone with our own thoughts than with a less than perfect fit...but when the quirkyalone collides with another, ooh la la. The earth quakes.
”
”
Sasha Cagen
“
Aturdido por dos nostalgias enfrentadas como dos espejos, perdió su maravilloso sentido de la irrealidad, hasta que terminó por recomendarles a todos que se fueran de Macondo, que olvidaran cuanto él les había enseñado del mundo y del corazón humano, que se cagaran en Horacio y que en cualquier lugar en que estuvieran recordaran siempre que el pasado era mentira, que la memoria no tenía caminos de regreso, que toda primavera antigua era irrecuperable, y que el amor más desatinado y tenaz era de todos modos una verdad efímera.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
– J'ai du mal à comprendre tes raisonnements parfois. Mais si la solitude et l'inactivité te font du bien...
– Je ne suis pas toujours seule et loin d'être inactive.
– Tu ne comprends pas...
– Si. Tu penses qu'on est moins seul au milieu d'inconnus et qu'on est actif si on rapporte un revenu
”
”
Mélissa Da Costa (Les Lendemains)
“
Tout ce que je sais, c'est qu'il n'existe pas de héros dans ce monde. Pas vraiment. Rien que des hommes et des femmes devenus vieux et fatigués qui n'ont plus la force de lutter pour ce qu'ils aiment.
”
”
Joseph Boyden (Les Saisons de la solitude)
“
Sentirse completamente solo en el mundo, abandonado de repente por todos, abatido por el peso de una vergüenza desconocida o de alguna condena silenciosa es algo más pavoroso y misterioso que la muerte.
”
”
Giovanni Papini (El piloto ciego)
“
… il semble que ce qui vous pousse brusquement à la fugue, ce soit un jour de froid et de grisaille qui vous rend encore plus vive la solitude et vous fait sentir encore plus fort qu’un étau se resserre.
”
”
Patrick Modiano (Dora Bruder)
“
Nuestra historia está llena de frases y episodios que revelan la indiferencia de nuestros héroes ante el dolor o el peligro. Desde niños nos enseñan a sufrir con dignidad las derrotas, concepción que no carece de grandeza. Y si no todos somos estóicos e impasibles –como Juárez y Cuauhtémoc– al menos procuramos ser resignados, pacientes y sufridos. La resignación es una de nuestras virtudes populares. Más que el brillo de la victoria, nos conmueve la entereza ante la adversidad.
”
”
Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
“
voici maintenant ma vieille angoisse, là, au creux de mon corps, comme une mauvaise blessure que chaque mouvement irrite. Je connais son nom. Elle est peur de la solitude éter-nelle, crainte qu'il n'y ait pas de réponse.
”
”
Albert Camus
“
La soledad le había seleccionado los recuerdos, y había incinerado los entorpecedores montones de basura nostálgica que la vida había acumulado en su corazón, y había purificado, magnificado y eternizado los otros, los más amargos.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
C'est un immense privilège que d'avoir un objectif précis. Nombreux sont ceux qui traversent la vie sans ne serait-ce qu'en apercevoir brièvement le sens. Ils avancent tant bien que mal, transportés d'un hasard jusqu'au suivant, un baiser ici, une larme là, quelques caresses, la solitude, les déceptions. Ils n'ont jamais la moindre idée d'un pourquoi, d'un but, d'une destination. Celui qui vit ainsi son existence peut certes connaitre quelques heures de bonheur, mais elles sont le fruit du hasard, elles adviennent d'aventure, relèvent de la chance et non de la récolte. (p. 308-309)
”
”
Jón Kalman Stefánsson (Harmur englanna)
“
La tierra es redonda como una naranja.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
... y un millar de invenciones más, tan ingeniosas e insólitas, que José Arcadio Buendía hubiera querido inventar la máquina de la memoria para poder acordarse de todas.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Il n'y a pas de plus profonde
solitude que celle du samouraï;
si ce n'est celle du tigre dans la jungle,
peut-être ...
”
”
Le Samouraïs, 1967, film neo-noir by Melville
“
-Pero no quiero verlo más.
-Te acostumbrarás, al final ni repararás en él.
-¿Y cómo, si lo tendré siempre a la vista?
-Por eso, por eso mismo dejarás de verlo.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
It was the history of the family, written by Melquíades, down to the most trivial details, one hundred years ahead of time. He had written it in Sanskrit, which was his mother tongue, and he had encoded the even lines in the private cipher of the Emperor Augustus and the odd ones in a La cedemonian military code.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Recordando estas cosas mientras alistaban el baúl de José Arcadio, Úrsula se preguntaba si no era preferible acostarse de una vez en la sepultura y que le echaran la tierra encima, y le preguntaba a Dios, sin miedo, si de verdad creía que la gente estaba hecha de fierro para soportar tantas penas y mortificaciones; y preguntando y preguntando iba atizando su propia ofuscación, y sentía unos irreprimibles deseos de soltarse a despotricar como un forastero, y de permitirse por fin un instante de rebeldía, el instante tantas veces anhelado y tantas veces aplazado de meterse la resignación por el fundamento y cagarse de una vez en todo, y sacarse del corazón los infinitos montones de malas palabras que había tenido que atragantarse en todo un siglo de conformidad.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Como dice uno de los personajes de Becket, «el hábito es el mayor insensibilizador». Y si la mente no es capaz de responder a la evidencia material, ¿cómo reaccionará ante la evidencia emocional?
”
”
Paul Auster (The Invention of Solitude)
“
The air was so damp that fish could have come in through doors and swum out the windows, floating through the atmosphere in the rooms. One morning Ursula woke up feeling that she was reaching her end in a placid swoon and she had already asked them to take her to Father Antonio Isabel, when Santa Sofia de la Piedad discovered that her back was paved with leeches. She took them off one by one, crushing them with a firebrand before they bled her to death.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Tant que mes jambes me permettent de fuir, tant que mes bras me permettent de combattre, tant que l'expérience que j'ai du monde me permet de savoir ce que je peux craindre ou désirer, nulle crainte : je puis agir. Mais lorsque le monde des hommes me contraint à observer ses lois, lorsque mon désir brise son front contre le monde des interdits, lorsque mes mains et mes jambes se trouvent emprisonnées dans les fers implacables des préjugés et des cultures, alors je frissonne, je gémis et je pleure. Espace, je t'ai perdu et je rentre en moi-même. Je m'enferme au faite de mon clocher où, la tête dans les nuages, je fabrique l'art, la science et la folie.
”
”
Henri Laborit (Éloge de la fuite)
“
Pour parvenir au sentiment de liberté intérieure, il faut de l'espace à profusion et de la solitude.Il faut ajouter la maîtrise du temps, le silence total, l'âpreté de la vie et le côtoiement de la splendeur géographique. L'équation de ces conquêtes mène en cabane.
”
”
Sylvain Tesson (Dans les forêts de Sibérie)
“
La pire des solitudes est la solitude intérieure. On peut être entouré, avoir des amis, des relations. Ne pas être seul dans la réalité de sa vie. Avoir un métier, un métier intéressant même. Et pourtant... Pourtant, le sentiment de désolation intérieure, d'immense solitude ne lâche jamais sa morsure. Ce sentiment de solitude naît de cette distance toujours ressentie entre soi et le monde, entre soi et les autres. (p202)
”
”
Jeanne Siaud-Facchin (Trop intelligent pour être heureux? L'adulte surdoué)
“
Non ho paura della vita" pensò. "Sono stati solo anni di apprendistato. Terribilmente duri, è vero, ma mi hanno temprata, hanno rafforzato il mio coraggio e il mio orgoglio. E questo mi appartiene, è la mia ricchezza inalienabile. Sono sola, ma la mia solitudine è aspra e inebriante".
”
”
Irène Némirovsky (The Wine of Solitude)
“
No había ningún misterio en el corazón de un Buendía que fuera impenetrable para ella, porque un siglo de naipes y de experiencia le había enseñado que la historia de la familia era un engranaje de repeticiones irreparables, una rueda giratoria que hubiera seguido dando vueltas hasta la eternidad, de no haber sido por el desgaste progresivo e irremediable del eje.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Je suis trop intelligente, trop exigeante et trop riche pour que personne puisse se charger de moi entièrement. Personne ne me connaît ni ne m'aime tout entière. Je n'ai que moi.
Il ne faut pas que j'essaie de tromper cette solitude en renonçant à ce que je peux seule porter. Il faut que je vive, sachant que personne ne m'aidera à vivre. Ma force, c'est que je m'estime aussi haut que n'importe quel autrui ; je peux bien envier à l'un ou l'autre telle qualité ; de personne la valeur ne me semble dépasser la mienne : je possède autant. Seule je vivrai, forte de ce que je sais être.
”
”
Simone de Beauvoir (Cahiers de jeunesse: 1926-1930)
“
La palabra chingar, con todas estas múltiples significaciones, define gran parte de nuestra vida y califica nuestras relaciones con el resto de nuestros amigos y compatriotas. Para el mexicano la vida es una posibilidad de chingar o ser chingado. Es decir, de humillar, castigar y ofender. O a la inversa. Esta concepción de la vida social como combate engendra fatalmente la división de la sociedad en fuertes y débiles. Los fuertes – los chingones sin escrúpulos, duros e inexorables– se rodean de fidelidades ardientes e interesadas. EL servilismo ante los poderosos – especialmente entre la casta de los "políticos" esto es, de los profesionales de los negocios públicos– es una de las deplorables consecuencias de esta situación . Otra, no menos degradante es la adhesión a las personas y no a los principios. Con frecuencia nuestros políticos confunden los negocios públicos con los privados. No importa. Su riqueza o su influencia en la administración les permite sostener una mesnada que el pueblo llama, muy atinadamente, de "lambiscones" (de lamer).
”
”
Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
“
Desde entonces manifestaba el párroco los primeros síntomas del delirio senil que lo llevó a decir, años más tarde, que probablemente el diablo había ganado la rebelión contra Dios, y que era aquél quien estaba sentado en el trono celeste, sin revelar su verdadera identidad para atrapar a los incautos.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Pero su recuerdo no me abandona. Quien ha visto la Esperanza, no la olvida. La busca bajo todos los cielos y entre todos los hombres. Y sueña que un día va a encontrarla de nuevo, no sabe dónde, acaso entre los suyos. En cada hombre late la posibilidad de ser o, más exactamente, de volver a ser, otro hombre.
”
”
Octavio Paz
“
Je sais pourtant que si on s'était embrassés, je serais reparti le cœur content, me foutant de la pluie ou du beau temps, puisque je comptais un peu pour toi. Je sais que ce baiser m'aurait accompagné partout et pendant longtemps, comme un souvenir radieux auquel me raccrocher dans les moments de solitude. Mais après tout, certains disent que les plus belles histoires d'amour sont celles qu'on n'a pas eu le temps de vivre. Peut-être alors que les baisers qu'on ne reçoit pas sont aussi les plus intenses.
”
”
Guillaume Musso (Que serais-je sans toi?)
“
At that instant the smoking mouths of the rifles were aimed at him and letter by letter he heard the encyclicals that Mequiades had chanted and he heart the lost steps of Santa Sofia de la Piedad, a virgin, in the classroom, and in his nose he felt the same icy hardness that had drawn his attention in the nostrils of the corpse of Remedios.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Elle était amoureuse de Léon, et elle recherchait la solitude, afin de pouvoir plus à l’aise se délecter en son image. La vue de sa personne troublait la volupté de cette méditation. Emma palpitait au bruit de ses pas ; puis, en sa présence, l’émotion tombait, et il ne lui restait ensuite qu’un immense étonnement qui se finissait en tristesse.
”
”
Gustave Flaubert (Madame Bovary)
“
Meurs ! tu es l'ennemi de tout ce qui aime ; affaisse-toi sur ta solitude, n'attends pas la vieillesse ; ne laisse pas d'enfant sur la terre, ne féconde pas un sang corrompu ; efface-toi comme la fumée, ne prive pas le grain de blé qui pousse d'un rayon de soleil !
”
”
Alfred de Musset (La confession d'un enfant du siècle)
“
J'ai écouté le sermon du prêtre qui officiait devant la tombe de ma mère. On ne perd jamais ses parents, même après leur mort ils vivent encore en vous. Ceux qui vous ont conçu, qui vous ont donné tout cet amour afin que vous surviviez ne peuvent pas disparaître.
Le prêtre avait raison, mais l'idée de savoir qu'il n'est plus d'endroit dans le monde où ils respirent, que vous n'entendrez plus leur voix, que les volets de votre maison d'enfance seront clos à jamais, vous plonge dans une solitude que même Dieu n'avait pu concevoir.
”
”
Marc Levy (Le Voleur d'ombres)
“
¡Aparténse vacas, que la vida es corta!
”
”
Gabriel García Márquez (Cien Anos De Soledad/ One hundred Years of Solitude: Gabriel Garcia Marquez, Compendios Vosgos)
“
Aquello era exactamente lo contrario de la oscuridad, pero infundía el mismo miedo.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
No pedía mucho; sólo la normalidad que siempre había merecido.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
Perché aveva paura ad ammetterlo, ma quando era con lei sembrava che valesse la pena di fare tutte le cose normali che le persone normali fanno.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
On attend quelque chose, et un matin on se réveille et on comprend. C'est simplement la fin qu'on attend.Selon Lisette, c'est ce que les gens à la télé appelle une dépression.
”
”
Joseph Boyden (Les Saisons de la solitude)
“
Le persone invecchiando acquistavano sicurezza, mentre lui la perdeva, come se la sua fosse una
riserva limitata
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
Una trepidazione piacevole si prese tutte le sue ossa e la fece sorridere, come se il tempo
ricominciasse esattamente da lì.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
Yo no sé de pájaros, no conozco la historia del fuego. Pero creo que mi soledad debería tener alas.
”
”
Alejandra Pizarnik (La carencia)
“
Estoy doblada sobre tu recuerdo como la mujer que vi esta tarde lavando en el río.
Horas y horas de rodillas, doblada por la cintura sobre este río negro de tu ausencia.
”
”
Dulce María Loynaz (Absolute Solitude: Selected Poems)
“
Había de transcurrir algún tiempo antes de que Aureliano se diera cuenta de que tanta arbitrariedad tenía origen en el ejemplo del sabio catalán, para quien la sabiduría no valía la pena si no era posible servirse de ella para inventar una manera nueva de preparar los garbanzos.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
La casa se llenó de amor. Aureliano lo expresó en versos que no tenían principio ni fin. Los escribía en los ásperos pergaminos que le regalaba Melquíades, en las paredes del baño, en la piel de sus brazos, y en todos aparecía Remedios transfigurada: Remedios en el aire soporífero de las dos de la tarde, Remedios en la callada respiración de las rosas, Remedios en la clepsidra secreta de las polillas, Remedios en el vapor del pan al amanecer, Remedios en todas partes y Remedios para siempre
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Los españoles también abusan de las expresiones fuertes. Frente a ellos el mexicano es singularmente pulcro. Pero mientras los españoles se complacen en la blasfemia y la escatología, nosotros nos especializamos en la crueldad y el sadismo. El español es simple: insulta a Dios porque cree en él. La blasfemia, dice Manchado, es una oración al revés. El placer que experimentan muchos españoles, incluso algunos de sus más altos poetas, al aludir a los detrimentos y mezclar la mierda con lo sagrado se parece un poco al de los niños que juegan con lodo. […] El "hijo de la chingada" es el engendro de la violación, del rapto o la burla. SI se compara esta expresión con la española, "hijo de puta", se advierte inmediatamente la diferencia. Para el español la deshonra consiste en ser hijo de una mujer que voluntariamente se entrega, una prostituta; para el mexicano, es ser fruto de una violación.
”
”
Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
“
Le poison de Venise, c’est la féerie d’une architecture de songe dans la douceur d’une atmosphère de soie ; ce sont les trésors des siècles, amassés là par une race de marchands et de pirates, la magnificence de l’Orient et de l’ancienne Byzance miraculeusement alliée à la grâce de l’art italien, les mosaïques de Saint-Marc et le revêtement rosé du palais ducal ; le poison de Venise, c’est la solitude de tant de palais déserts, le rêve des lagunes, le rythme nostalgique des gondoles, le grandiose de tant de ruines ; dans des colorations de perles —perles roses à l’aurore et noires au crépuscule —, le charme de tristesse et de splendeur de tant de gloires irrémédiablement disparues ; et dans le plus lyrique décor dont se soit jamais enivré le monde, la morbide langueur d’une pourriture sublime.
”
”
Jean Lorrain (Pelléastres (French Edition))
“
Dans l'épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le cogito dans l'ordre de la pensée: elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l'individu de sa solitude. Elle est un lien commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. Je me révolte, donc nous sommes.
”
”
Albert Camus (The Rebel)
“
Drogo s’aperçut à quel point les hommes restent toujours séparés l'un de l'autre, malgré l'affection qu'ils peuvent se porter ; il s'aperçut que, si quelqu'un souffre, sa douleur lui appartient en propre, nul ne peut l'en décharger si légèrement que ce soit ; il s'aperçut que, si quelqu'un souffre, autrui ne souffre pas pour cela, même si son amour est grand, et c'est cela qui fait la solitude de la vie.
”
”
Dino Buzzati (The Tartar Steppe)
“
People have always associated the country with love, and they have done well; nothing affords so fine a frame for the woman whom one loves as the blue sky, the odours, the flowers, the breeze, the shining solitude of fields, or woods. However much one loves a woman, whatever confidence one may have in her, whatever certainty her past may offer us as to her future, one is always more or less jealous. If you have been in love, you must have felt the need of isolating from this world the being in whom you would live wholly.
”
”
Alexandre Dumas fils (La dame aux camélias)
“
Certes, la solitude est dangereuse pour les intelligences qui travaillent. Il nous faut autour de nous, des hommes qui pensent et qui parlent. Quand nous sommes seuls longtemps, nous peuplons le vide de fantômes.
”
”
Guy de Maupassant (The Horla)
“
It wasn’t the first time someone had disappeared from my life due to my own fault: due to my tendency to solitude and silence, dut to my sometimes unjustifiable reserve, due to my inability to keep relationships alive (even those I have with people I love or who genuinely interest me). This has always been one of my great defects, and it has caused me more than one disappointment and has dissapointed other more than once. There’s nothing I can do aboutn it, however, because nobody changes their nature by the mere force of will.
”
”
Juan Gabriel Vásquez (La forma de las ruinas)
“
Lorsque j’ai commencé à voyager en Gwendalavir aux côtés d'Ewìlan et de Salim, je savais que, au fil de mon écriture, ma route croiserait celle d'une multitude de personnages. Personnages attachants ou irritants, discrets ou hauts en couleurs, pertinents ou impertinents, sympathiques ou maléfiques... Je savais cela et je m'en réjouissais.
Rien, en revanche, ne m'avait préparé à une rencontre qui allait bouleverser ma vie.
Rien ne m'avait préparé à Ellana.
Elle est arrivée dans la Quête à sa manière, tout en finesse tonitruante, en délicatesse remarquable, en discrétion étincelante. Elle est arrivée à un moment clef, elle qui se moque des serrures, à un moment charnière, elle qui se rit des portes, au sein d’un groupe constitué, elle pourtant pétrie d’indépendance, son caractère forgé au feu de la solitude.
Elle est arrivée, s'est glissée dans la confiance d'Ewilan avec l'aisance d'un songe, a capté le regard d’Edwin et son respect, a séduit Salim, conquis maître Duom... Je l’ai regardée agir, admiratif ; sans me douter un instant de la toile que sa présence, son charisme, sa beauté tissaient autour de moi.
Aucun calcul de sa part. Ellana vit, elle ne calcule pas. Elle s'est contentée d'être et, ce faisant, elle a tranquillement troqué son statut de personnage secondaire pour celui de figure emblématique d'une double trilogie qui ne portait pourtant pas son nom. Convaincue du pouvoir de l'ombre, elle n'a pas cherché la lumière, a épaulé Ewilan dans sa quête d'identité puis dans sa recherche d'une parade au danger qui menaçait l'Empire.
Sans elle, Ewilan n'aurait pas retrouvé ses parents, sans elle, l'Empire aurait succombé à la soif de pouvoir des Valinguites, mais elle n’en a tiré aucune gloire, trop équilibrée pour ignorer que la victoire s'appuyait sur les épaules d'un groupe de compagnons soudés par une indéfectible amitié.
Lorsque j'ai posé le dernier mot du dernier tome de la saga d'Ewilan, je pensais que chacun de ses compagnons avait mérité le repos. Que chacun d'eux allait suivre son chemin, chercher son bonheur, vivre sa vie de personnage libéré par l'auteur après une éprouvante aventure littéraire.
Chacun ?
Pas Ellana.
Impossible de la quitter. Elle hante mes rêves, se promène dans mon quotidien, fluide et insaisissable, transforme ma vision des choses et ma perception des autres, crochète mes pensées intimes, escalade mes désirs secrets...
Un auteur peut-il tomber amoureux de l'un de ses personnages ?
Est-ce moi qui ai créé Ellana ou n'ai-je vraiment commencé à exister que le jour où elle est apparue ? Nos routes sont-elles liées à jamais ?
— Il y a deux réponses à ces questions, souffle le vent à mon oreille. Comme à toutes les questions. Celle du savant et celle du poète.
— Celle du savant ? Celle du poète ? Qu'est-ce que...
— Chut... Écris.
”
”
Pierre Bottero (Ellana (Le Pacte des MarchOmbres, #1))
“
Había necesitado muchos años de sufrimiento y miseria para conquistar los privilegios de la soledad, y no estaba dispuesta a renunciar a ellos a cambio de una vejez perturbada por los falsos encantos de la misericordia.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Taciturno, silencioso, insensible al nuevo soplo de vitalidad que estremecía la casa, el coronel Aureliano Buendía apenas si comprendió que el secreto de una buena vejez no es otra cosa que un pacto honrado con la soledad.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Primero está la soledad.
En las entrañas y en el centro del alma:
ésta es la esencia, el dato básico, la única certeza;
que solamente tu respiración te acompaña,
que siempre bailarás con tu sombra,
que esa tiniebla eres tú.
”
”
Darío Jaramillo Agudelo
“
I'd been lonely before, but never like this. Loneliness had waxed in childhood, and waned in the more social years that followed. I'd lived by myself since my mid-twenties, often in relationships but sometimes not. Mostly I liked the solitude, or, when I didn't, felt fairly certain I'd sooner or later drift into another liaison, another love. The revelation of loneliness, the omnipresent, unanswerable feeling that I was in a state of lack, that I didn't have what people were supposed to, and that this was down to some grave and no doubt externally unmistakable failing in my person: all this had quickened lately, the unwelcome consequence of being so summarily dismissed.
”
”
Olivia Laing (The Lonely City: Adventures in the Art of Being Alone)
“
Giunge un'età, infatti, in cui la pietà che avevamo per i bambini prende un'altra forma, un'età in cui contempliamo i volti rugosi dei "vecchi" e intuiamo che un giorno saremo come loro... È allora che finisce la prima infanzia.
”
”
Irène Némirovsky (The Wine of Solitude)
“
así como se atribuía al género humano un instinto de reproducción, debía atribuírsele otro más definido y apremiante, que era el instinto de matar cucarachas, y que si éstas habían logrado escapar a la ferocidad humana era porque se habían refugiado en las tinieblas, donde se hicieron invulnerables por el miedo congénito del hombre a la oscuridad, pero en cambio se volvieron susceptibles al esplendor del mediodía, de modo que ya en la Edad Media, en la actualidad y por los siglos de los siglos, el único método eficaz para matar cucarachas era el deslumbramiento solar.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Chaque instant ensemble leur était un tout, visuel, sonore, tactile, dont il fallait mémoriser la partition pour se la rejouer lorsque la solitude de l'absence leur serrerait la gorge, comme quand on manque d'air en plein ouragan.
”
”
Alain Lerêveur (Les Mains sur les cordes)
“
En solitud, però no solitaris,
reconduïm la vida amb la certesa
que cap esforç no cau en terra eixorca.
Dia vindrà que algú beurà a mans plenes
l’aigua de llum que brolli de les pedres
d'aquest temps nou que ara esculpim nosaltres.
”
”
Miquel Martí i Pol (Tot és possible)
“
Es que hasta la alegría que produce la presencia del hombre a quien se ama se siente mejor a solas. Si la presencia fuera de el continua, sólo estaría presente en su constante transcurrir. Detenerla sólo es posible en los ratos de soledad
”
”
Milan Kundera (Laughable Loves)
“
La vie est un voyage solitaire et, être mariée n'y change rien. D'ailleurs je pense que le fait de ressentir cette solitude avec la même intensité alors qu'en théorie on est deux est une souffrance encore plus cruelle. Il y a un facteur chance à l'origine de chaque rencontre, après on gère comme on peut ce que la vie nous donne. Or, c'est bien connu, la vie est injuste et, en plus elle a un goût douteux.
”
”
Agathe Colombier Hochberg (Ce crétin de prince charmant)
“
On est tous seuls, ici, à Paris, ou ailleurs. On peut essayer de fuir la solitude, déménagé, faire tout pour rencontrer des gens, cela ne change rien. A la fin de la journée, chacun rentre chez soi. Ceux qui vivent en couple ne se rendent pas compte de leur chance. Ils ont oublié les soirées devant un plateau-repas, l’angoisse du week-end qui arrive, le dimanche à espérer que le téléphone sonne. Nous sommes des millions comme ça dans toutes les capitales du monde. La seule bonne nouvelle c’est qu’il n’y a pas de quoi se sentir si différents des autres.
”
”
Marc Levy (Mes amis, mes amours)
“
La citeva luni dupa intoarcerea sa, incepuse sa imbatrineasca atit de repede si intr-un chip atit de nelinistitor, incit in curind fu privit ca unul dintre acei strabunici inutili care se foiesc ca niste umbre prin odai, tirindu-si picioarele, amintindu-si cu glas tare de timpurile frumoase din trecut, si de care nimanui nu-i mai pasa si nici nu-si mai aminteste de ei pina in ziua cind ii gaseste morti, in zori, in patul lor.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Un jour le Meschacebé, encore assez près de sa source, se lassa de n'être qu'un limpide ruisseau. Il demande des neiges aux montagnes, des eaux aux torrents, des pluies aux tempêtes, il franchit ses rives, et désole ses bords charmants. L'orgueilleux ruisseau s'applaudit d'abord de sa puissance; mais voyant que tout devenait désert sur son passage; qu'il coulait, abandonné dans la solitude; que ses eaux étaient toujours troublées, il regretta l'humble lit que lui avait creusé la nature, les oiseaux, les fleurs, les arbres et les ruisseaux, jadis modestes compagnons de son paisible cours.
”
”
François-René de Chateaubriand
“
La Voie à l'horizon et la voix intérieure
A l’Orient comme à l’Occident, notre époque donne naissance à la plus grande famine jamais constatée sur la terre. La torture des corps fait écho à la souffrance des âmes: les corps et les cœurs ont faim d’humanité. La pauvreté, l’errance, les dictatures, les guerres bafouent chaque jour la dignité de plusieurs milliards de femmes et d’hommes. La solitude, l’individualisme, la misère morale, le manque d’amour rongent l’être de tous ceux que le confort devait contenter. Où est la voie? Où allons-nous? Comment être une femme, comment être un homme aujourd’hui?
”
”
Tariq Ramadan
“
Ma Solitude
Pour avoir si souvent dormi
Avec ma solitude
Je m'en suis fait presqu'une amie
Une douce habitude
Ell' ne me quitte pas d'un pas
Fidèle comme une ombre
Elle m'a suivi çà et là
Aux quatre coins du monde
Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude
Quand elle est au creux de mon lit
Elle prend toute la place
Et nous passons de longues nuits
Tous les deux face à face
Je ne sais pas vraiment jusqu'où
Ira cette complice
Faudra-t-il que j'y prenne goût
Ou que je réagisse?
Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude
Par elle, j'ai autant appris
Que j'ai versé de larmes
Si parfois je la répudie
Jamais elle ne désarme
Et si je préfère l'amour
D'une autre courtisane
Elle sera à mon dernier jour
Ma dernière compagne
Non, je ne suis jamais seul
Avec ma solitude
”
”
Georges Moustaki
“
Car à la fin, on est forcément égoïste dans le deuil, égoïste et seul ; nul n'est en mesure de nous y atteindre. Certains tentent de s'approcher, d'accomplir des pas dans notre direction, ils cherchent des paroles, des gestes, mais ça ne pèse rien, c'est du vent, du sable. On est là dans la solitude absolue, intouchable.
”
”
Philippe Besson (Retour parmi les hommes)
“
Aquella noche interminable, mientras el coronel Gerineldo Márquez evocaba sus tardes muertas en el costurero de Amaranta, el coronel Aureliano Buendía rasguñó durante muchas horas, tratando de romperla, la dura cáscara de su soledad. Sus únicos instantes felices, desde la tarde remota en que su padre lo llevó a conocer el hielo, habían transcurrido en el taller de platería, donde se le iba el tiempo armando pescaditos de oro. Había tenido que promover 32 guerras, y había tenido que violar todos sus pactos con la muerte y revolcarse como un cerdo en el muladar de la gloria, para descubrir con casi cuarenta años de retraso los privilegios de la simplicidad.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l’horizon. Elle ne savait pas quel serait ce hasard, le vent qui le pousserait jusqu’à elle, vers quel rivage il la mènerait, s’il était chaloupe ou vaisseau à trois ponts, chargé d’angoisses ou plein de félicités jusqu’aux sabords. Mais chaque matin, à son réveil, elle l’espérait pour la journée, et elle écoutait tous les bruits, se levait en sursaut, s’étonnait qu’il ne vînt pas; puis, au coucher du soleil, toujours plus triste, désirait être au lendemain.
”
”
Gustave Flaubert (Madame Bovary)
“
Pues en cuanto consideramos la existencia de cada individuo como una habitación mayor o menor, queda de manifiesto que los más sólo llegan a conocer apenas un rincón de su aposento. Un sitio junto a la ventana. O bien alguna estrecha faja del entarimado, que van y vienen recorriendo de un lado para otro. Así disfrutan de alguna seguridad…
”
”
Rainer Maria Rilke (Letters to a Young Poet)
“
Le camion n'est plus qu'un point. Je suis seul. Les montagnes m'apparaissent plus sévères. Le paysage se révèle, intense. Le pays me saute au visage. c'est fou ce que l'homme accapare l'attention de l'homme. La présence des autres affadit le monde. La solitude est cette conquête qui rend jouissance des choses.
Il fait -33°. Le camion s'est fondu à la brume. Le silence descend du ciel sous la forme de petits copeaux blancs. Être seul, c'est entendre le silence. Une rafale. Le grésil brouille la vue. Je pousse un hurlement. J'écarte les bras, tends mon visage au vide glacé et rentre au chaud.
J'ai atteint le débarcadère de ma vie.
Je vais enfin savoir si j'ai une vie intérieure.
”
”
Sylvain Tesson (Dans les forêts de Sibérie)
“
On an impulse he cannot explain, he buys himself a one-way ticket - and the evening of that very same day finds him wandering the streets of the old colonial quarter of the Colombian town. Girls in love with boys on scooters, screeching birds, tropical flowers on winding vines, saudade, and solitude, One Hundred Years of it; and then, as the tropical dusk darkens the corners of the Plaza de la Adana, he sees a woman, her fingers toying with a necklace of lapis lazuli, and they stand still as the world eddies about them.
”
”
David Mitchell (The Bone Clocks)
“
Ma liberté
Longtemps je t'ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
c'est toi qui m'as aidé
A larguer les amarres
Pour aller n'importe où
Pour aller jusqu'au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune
Ma liberté
Devant tes volontés
Mon âme était soumise
Ma liberté
je t'avais tout donné
Ma dernière chemise
Et combien j'ai souffert
Pour pouvoir satisfaire
Tes moindres exigences
J'ai changé de pays
J'ai perdu mes amis
Pour gagner ta confiance
Ma liberté
Tu as su désarmer
Toutes mes habitudes
Ma liberté
toi qui m'as fait aimer
Même la solitude
Toi qui m'as fait sourire
Quand je voyais finir
Une belle aventure
Toi qui m'as protégé
Quand j'allais me cacher
Pour soigner mes blessures
Ma liberté
Pourtant je t'ai quittée
Une nuit de décembre
J'ai déserté les chemins écartés
Que nous suivions ensemble
Lorsque sans me méfier
Les pieds et poings liés
Je me suis laissé faire
Et je t'ai trahie pour
Une prison d'amour
Et sa belle geôlière
Et je t'ai trahie pour
Une prison d'amour
Et sa belle geôlière
”
”
Georges Moustaki
“
On songe au mot d'Esprit: Je ne me consolerois jamais de mourir.
Dans un monde où tout va à la mort, la mort est le fond. C'est sur lui que se dressent les femmes seules dans l'insomnie, les enfants qui regardent et les cires qui fondent. La beauté des regards et des mains, des corps, des lumières qui se portent sur eux, des couleurs qui les vêtent, des pourpoints et des socques, des vielles et des cartes à jouer, des verres et des livres, des doigts qui s'avancent et qui se tendent, est faite de la mort. La beauté est une flamme de chandelle dans la tristesse, dans l'argent, dans le mépris, dans la solitude. Dans la nuit. Une haleine d'enfant la courbe; un souffle la menace; le vent définitif l'éteint.
”
”
Pascal Quignard
“
- Offre ton identité au Conseil, jeune apprentie.
La voix était douce, l’ordre sans appel.
- Je m’appelle Ellana Caldin.
- Ton âge.
Ellana hésita une fraction de seconde. Elle ignorait son âge exact, se demandait si elle n’avait pas intérêt à se vieillir. Les apprentis qu’elle avait discernés dans l’assemblée étaient tous plus âgés qu’elle, le Conseil ne risquait-il pas de la considérer comme une enfant ? Les yeux noirs d’Ehrlime fixés sur elle la dissuadèrent de chercher à la tromper.
- J’ai quinze ans.
Des murmures étonnés s’élevèrent dans son dos.
Imperturbable, Ehrlime poursuivit son interrogatoire.
- Offre-nous le nom de ton maître.
- Jilano Alhuïn.
Les murmures, qui s’étaient tus, reprirent. Plus marqués, Ehrlime leva une main pour exiger un silence qu’elle obtint immédiatement.
- Jeune Ellana, je vais te poser une série de questions. A ces questions, tu devras répondre dans l’instant, sans réfléchir, en laissant les mots jaillir de toi comme une cascade vive. Les mots sont un cours d’eau, la source est ton âme. C’est en remontant tes mots jusqu’à ton âme que je saurai discerner si tu peux avancer sur la voie des marchombres. Es-tu prête ?
- Oui.
Une esquisse de sourire traversa le visage ridé d’Ehrlime.
- Qu’y a-t-il au sommet de la montagne ?
- Le ciel.
- Que dit le loup quand il hurle ?
- Joie, force et solitude.
- À qui s’adresse-t-il ?
- À la lune.
- Où va la rivière ?
L’anxiété d’Ellana s’était dissipée. Les questions d’Ehrlime étaient trop imprévues, se succédaient trop rapidement pour qu’elle ait d’autre solution qu’y répondre ainsi qu’on le lui avait demandé. Impossible de tricher. Cette évidence se transforma en une onde paisible dans laquelle elle s’immergea, laissant Ehrlime remonter le cours de ses mots jusqu’à son âme, puisque c’était ce qu’elle désirait.
- Remplir la mer.
- À qui la nuit fait-elle peur ?
- À ceux qui attendent le jour pour voir.
- Combien d’hommes as-tu déjà tués ?
- Deux.
- Es-tu vent ou nuage ?
- Je suis moi.
- Es-tu vent ou nuage ?
- Vent.
- Méritaient-ils la mort ?
- Je l’ignore.
- Es-tu ombre ou lumière ?
- Je suis moi.
- Es-tu ombre ou lumière ?
- Les deux.
- Où se trouve la voie du marchombre ?
- En moi.
Ellana s’exprimait avec aisance, chaque réponse jaillissant d’elle naturellement, comme une expiration après une inspiration. Fluidité. Le sourire sur le visage d’Ehrlime était revenu, plus marqué, et une pointe de jubilation perçait dans sa voix ferme.
- Que devient une larme qui se brise ?
- Une poussière d’étoiles.
- Que fais-tu devant une rivière que tu ne peux pas traverser ?
- Je la traverse.
- Que devient une étoile qui meurt ?
- Un rêve qui vit.
- Offre-moi un mot.
- Silence.
- Un autre.
- Harmonie.
- Un dernier.
- Fluidité.
- L’ours et l’homme se disputent un territoire. Qui a raison ?
- Le chat qui les observe.
- Marie tes trois mots.
- Marchombre.
”
”
Pierre Bottero (Ellana (Le Pacte des MarchOmbres, #1))
“
Devant le mystère il convient de s'ouvrir et de se dévoiler tout entier afin de forcer le mystère à se dévoiler à son tour.
”
”
Bernard-Marie Koltès (Dans la solitude des champs de coton)
“
Even if exile is spent in the most beautiful city in the world, Brunetti realized, it is still exile.
”
”
Donna Leon (Death at La Fenice (Commissario Brunetti, #1))
“
en de certains lieux, en de certains heures regarder la mer est un poision.
”
”
Victor Hugo (Les Travailleurs De La Mer, II)
“
Personne n'entend ceux qui disent vouloir être seuls. La volonté de solitude, c'est forcément une pulsion morbide.
”
”
David Foenkinos
“
Porque el amor de quien no amamos se deposita en la superficie y se evapora rápidamente
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
I cieli non sono umani e la vita sopra di me e sotto di me e dentro di me neppure.
”
”
Bohumil Hrabal (Too Loud a Solitude)
“
Perihelion, an online science fiction magazine.
”
”
Joe Vasicek (L'enfer, c'est la Solitude: A Short Story)
“
Así padeció el exilio, buscando la manera de matarla con su propia muerte...
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Esto último lo pensaba sobre todo por la noche, en ese estado previo al sueño en que la mente produce mil imágenes caóticas y es demasiado débil para engañarse a sí misma.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
La desconfianza, el disimulo, la reserva cortés que cierra el paso al extraño, la ironía, todas, en fin, las oscilaciones psíquicas con que al eludir la mirada ajena nos eludimos a nosotros mismos, son rasgos de gente dominada, que teme y que finge frente al señor. Es revelador que nuestra intimidad jamás aflore de manera natural sin el acicate de la fiesta, el alcohol o la muerte. […] Para salir de sí mismo el siervo necesita saltar barreras, embriagarse, olvidar su condición. Vivir a solas, sin testigos. Solamente en la soledad se atreve a ser.
”
”
Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
“
La solitude est une chose bien étrange.
Elle vous envahit, tout doucement et sans faire de bruit, s’assoit à vos côtés dans le noir, vous caresse les cheveux pendant votre sommeil. Elle s’enroule autour de vous, vous serre si fort que vous pouvez à peine respirer, que vous n’entendez presque plus la pulsation du sang dans vos veines, tandis qu’elle file sur votre peau et effleure de ses lèvres le fin duvet de votre nuque. Elle s’installe dans votre cœur, s’allonge près de vous la nuit, dévore comme une sangsue la lumière dans le moindre recoin. C’est une compagne de chaque instant, qui vous serre la main pour mieux vous tirer vers le bas quand vous luttez pour vous redresser.
Vous vous réveillez le matin et vous vous demandez qui vous êtes. Vous n’arrivez pas à vous endormir le soir et tremblez comme une feuille. Vous doutez vous doutez vous doutez.
je dois
je ne dois pas
je devrais
pourquoi je ne vais pas
Et même quand vous êtes prêt à lâcher prise. Quand vous êtes prêt à vous libérer. Quand vous êtes prêt à devenir quelqu’un de nouveau. La solitude est une vieille amie debout à votre côté dans le miroir ; elle vous regarde droit dans les yeux, vous met au défi de mener votre vie sans elle. Vous ne pouvez pas trouver les mots pour lutter contre vous-même, lutter contre les mots qui hurlent que vous n’êtes pas à la hauteur, que vous ne le serez jamais vraiment, jamais vraiment.
La solitude est une compagne cruelle, maudite.
Parfois, elle ne veut simplement pas vous abandonner
”
”
Tahereh Mafi (Unravel Me (Shatter Me, #2))
“
I numeri primi sono divisibili soltanto per 1 e per se stessi.Se ne stanno al loro posto nell'infinita serie dei numeri naturali,schiacciati come tutti fra due, ma un passo in là rispetto agli altri.Sono numeri sospettosi e solitari e per questo Mattia li trovava meravigliosi.Certe volte pensava che in quella sequenza ci fossero finiti per sbaglio,che vi fossero rimasti intrappolati come perline infilate in una collana.Altre volte,invece,sospettava che anche a loro sarebbe piaciuto essere come tutti,solo dei numeri qualunque,ma che per qualche motivo non ne fossero capaci.Il secondo pensiero lo sfiorava soprattutto di sera, nell'intrecciarsi caotico di immagini che precede il sonno,quando la mente è troppo debole per raccontarsi delle bugie.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
Il y a des moments de bonheur parfait, quelquefois dans la solitude dont le souvenir, plus que celui de n’importe qui d’extérieur, peut, en cas de crise, vous sauver du désespoir. Car on sait qu’on a été heureux seul et sans raison. On sait que c’est possible. Et le bonheur – qui vous semble si lié à quelqu’un lorsqu’on est malheureux par lui, si irrévocablement, organiquement presque, dépendant de lui – vous réapparaît comme une chose lisse, ronde, intacte et à jamais libre, à votre merci (lointaine, bien sûr, mais forcément possible). Et ce souvenir est plus réconfortant que celui d’un bonheur partagé avant, avec quelqu’un d’autre, car ce quelqu’un d’autre, ne l’aimant plus, vous apparaît comme une erreur et ce souvenir heureux basé sur rien.
”
”
Françoise Sagan (LA Chamade)
“
En la escuela desportillada donde experimentó por primera vez la seguridad del poder, a pocos metros del cuarto donde conoció la incertidumbre del amor, Arcadio encontró ridículo el formalismo de la muerte. En realidad no le importaba la muerte sino la vida, y por eso la sensación que experimentó cuando pronunciaron la sentencia no fue una sensación de miedo sino de nostalgia.
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”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
S'il m'arrive de perdre une nuit qui aurait pu être consacrée au sommeil, au plaisir, ou tout simplement à la solitude, à causer sur la terrasse d'un café avec des intellectuels atteints de désespoir, je les étonne toujours en leur affirmant que j'ai connu le bonheur, le vrai, l'authentique, la pièce d'or inaltérable qu'on peut échanger contre une poignée de gros sous ou contre une liasse de marks d'après-guerre, mais qui n'en demeure pas moins semblable à elle-même, et qu'aucune dévaluation n'atteint. Le souvenir d'un d'un tel état de choses guérit de la philosophie allemande ; il aide à simplifier la vie, et aussi son contraire. Et si ce bonheur émanait de Conrad, ou seulement de ma jeunesse, c'est ce qui importe peu, puisque ma jeunesse et Conrad sont morts ensemble. (p. 145)
”
”
Marguerite Yourcenar (Alexis ou le Traité du vain combat / Le Coup de grâce)
“
It is really a very risky, nay, a fatal thing, to be sociable; because it means contact with natures, the great majority of which are bad morally, and dull or perverse, intellectually. To be unsociable is not to care about such people; and to have enough in oneself to dispense with the necessity of their company is a great piece of good fortune; because almost all our sufferings spring from having to do with other people; and that destroys the peace of mind, which, as I have said, comes next after health in the elements of happiness. Peace of mind is impossible without a considerable amount of solitude. The Cynics renounced all private property in order to attain the bliss of having nothing to trouble them; and to renounce society with the same object is the wisest thing a man can do. Bernardin de Saint Pierre has the very excellent and pertinent remark that to be sparing in regard to food is a means of health; in regard to society, a means of tranquillity—la diète des ailmens nous rend la santé du corps, et celle des hommes la tranquillité de l'âme. To be soon on friendly, or even affectionate, terms with solitude is like winning a gold mine; but this is not something which everybody can do.
”
”
Arthur Schopenhauer (The Essays of Arthur Schopenhauer; Counsels and Maxims)
“
Pero no olviden que mientras Dios nos dé vida, nosotras seguiremos siendo madres, y por muy revolucionarios que sean tenemos derecho de bajarles los pantalones y darles una cueriza a la primera falta de respeto
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Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
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La decadencia del catolicismo europeo coincide con su apogeo hispanoamericano: se extiende en tierras nuevas en el momento en que ha dejado de ser creador. Ofrece una filosofía hecha y una fe petrificada, de modo que la originalidad de los nuevos creyentes no encuentra ocasión de manifestarse. Su adhesión es pasiva. El fervor y la profundidad de la religiosidad mexicana contrastan con la relativa pobreza de sus creaciones. No poseemos una gran poesía religiosa, como no tenemos una filosofía original, ni un solo místico o reformador de importancia. […] el catolicismo ofrece un refugio a los descendientes de aquellos que habían visto la destrucción de sus templos y manuscritos y la supresión de las formas superiores de su cultura pero, por razón misma de su decadencia europea, les niega toda posibilidad de expresar su singularidad.
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”
Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
“
Il y a une solitude que l’on peut bercer. Bras croisés, genoux remontés, on se tient, on se cramponne et ce mouvement, à la différence de celui d’un bateau, apaise et contient l’esseulé qui se berce. C’est une solitude intérieure, qui enveloppe étroitement comme une peau. Puis il y a une solitude vagabonde, indépendante. Celle-là, sèche et envahissante, fait que le bruit de son propre pas semble venir de quelque endroit lointain.
”
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Toni Morrison (Beloved)
“
Se si ha la pazienza di andare avanti a contare, si scopre che queste coppie via via si diradano.Ci si imbatte in numeri primi sempre più isolati,smarriti in quello spazio silenzioso e cadenzato fatto solo di cifre e si avverte il presentimento angosciante che le coppie incontrate fino a lì fossero un fatto accidentale,che il vero destino sia quello di rimanere soli.Poi,proprio quando ci si sta per arrendere,quando non si ha più voglia di contare, ecco che ci si imbatte in altri due gemelli, avvinghiati stretti l'uno all'altro.
[...]
Mattia pensava che lui e Alice erano così,due primi gemelli,soli e perduti,vicini ma non abbastanza per sfiorarsi davvero.
”
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Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
You can be lonely anywhere, but there is a particular flavour to the loneliness that comes from living in a city, surrounded by millions of people. One might think this state was antithetical to urban living, to the massed presence of other human beings, and yet mere physical proximity is not enough to dispel a sense of internal isolation. It’s possible – easy, even – to feel desolate and unfrequented in oneself while living cheek by jowl with others. Cities can be lonely places, and in admitting this we see that loneliness doesn’t necessarily require physical solitude but rather an absence or paucity of connection, closeness, kinship: an inability, for one reason or another, to find as much intimacy as is desired. Unhappy, as the dictionary has it, as a result of being without the companionship of others. Hardly any wonder, then, that it can reach its apotheosis in a crowd.
”
”
Olivia Laing (The Lonely City: Adventures in the Art of Being Alone)
“
Hypocrite qui s'enfonce dans la solitude pour se livrer mieux au debordement de ses convoitises! Tu te prives de viandes, de vin, d'etuves, d'esclaves et d'honneurs; mais comme tu laisses ton imagination t'offrir des banquets, des parfums, des femmes nues et des des foules applaudissantes! Ta chastete n'est qu'une corruption plus subtile, et ce mepris du monde l'impuissance de ta haine contre lui! C'est la ce qui rend tes pareils si lugubres, ou peut-etre parce qu'ils doutent. La possession de la verite donne la joie. Est-ce que Jesus etait triste? Il allait entoure d'amis, se reposait a l'ombre de l'olivier, entrait chez le publicain, multipliait les coupes, pardonnant a la pecheresse, guerissant toutes les douleurs. Toi, tu n'as de pitie que pour ta misere. C'est comme un remords qui t'agite et une demence farouche, jusqu'a repousser la caresse d'un chien ou le sourire d'un enfant.
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”
Gustave Flaubert (The Temptation of St. Antony)
“
The Solitude Virgin, Lupe said, was “a white-faced pinhead in a fancy gown.” It further irked Lupe that Guadalupe got second-class treatment in the Basílica de Nuestra Señora de la Soledad; the Guadalupe altar was off to the left side of the center aisle—an unlit portrait of the dark-skinned virgin (not even a statue) was her sole recognition. And Our Lady of Guadalupe was indigenous; she was a native, an Indian; she was what Lupe meant by “one of us.
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John Irving (Avenue of Mysteries)
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Pues el hombre es un animal no sólo vil y despreciable, sino también (y no lo diría si la experiencia no me lo hubiera mostrado, y siguiera mostrando, tan claramente) perjudicial, variable, desleal, poco confiable, feroz y cruel.
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Francesco Petrarca
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la admiración por el Padre, símbolo de lo cerrado y agresivo, capaz de chingar y abrir, se transparenta en una expresión que empleamos cuando queremos imponer a otro nuestra superioridad: "Yo soy tu padre" […] No es el fundador de un pueblo; no es el patriarca que ejerce la patria protestad; no es rey, juez, jefe de clan. Es el poder, aislado en su misma potencia, sin relación ni compromiso con el mundo exterior. Es la incomunicación pura, la soledad que se devora a sí misma y devora lo que toca. No pertenece a nuestro mundo; no es de nuestra ciudad; no vive en nuestro barrio. Viene de lejos, está lejos siempre. Es el extraño. Es imposible no advertir la semejanza que guarda la figura del "macho" con la del conquistador español. Ése es el modelo –más mítico que real– que rige las representaciones que el pueblo mexicano se ha hecho de los poderosos: caciques, señores feudales, hacendados, políticos, generales, capitanes de industria. Todos ellos son "machos, "chingones".
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Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
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... chez le pire des minables il existe de ces sentiments, sentiments de fierté intransigeante, qui exigent une réciprocité absolue, et qui préfèrent la douleur d'une solitude amère aux joies d'un succès obtenu par l'humiliante intercession de la raison.
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M. Agueev (Novel with Cocaine (European Classics))
“
Si la destinée humain est mort et renaissance, beaucoup ne l'expérimentent que cette unique fois dans leur vie, alors que notre enfance se désagrège et, peu à peu, se détache de nous, alors que nous sommes abandonnés de tout ce qui nous était cher et que, tout à coup, nous sentons autour de nous la solitude glacée de l'univers. Et beaucoup demeurent pour toujours cramponnés à l'un de ces débris, douloureusement, s'accrochent à un passé qui ne reviendra plus, au rêve du paradis perdu, le pire des rêves, le plus meurtrier.
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Hermann Hesse (Demian)
“
Si la destinée humaine est mort et renaissance, beaucoup ne l'expérimentent que cette unique fois dans leur vie, alors que notre enfance se désagrège et, peu à peu, se détache de nous, alors que nous sommes abandonnés de tout ce qui nous était cher et que, tout à coup, nous sentons autour de nous la solitude glacée de l'univers. Et beaucoup demeurent pour toujours cramponnés à l'un de ces débris, douloureusement, s'accrochent à un passé qui ne reviendra plus, au rêve du paradis perdu, le pire des rêves, le plus meurtrier
”
”
Hermann Hesse (Demian)
“
ce qui diffère essentiellement entre un livre et un ami, ce n’est pas leur plus ou moins grande sagesse, mais la manière dont on communique avec eux, la lecture, au rebours de la conversation, consistant pour chacun de nous à recevoir communication d’une autre pensée, mais tout en restant seul, c’est-à-dire en continuant à jouir de la puissance intellectuelle qu’on a dans la solitude et que la conversation dissipe immédiatement, en continuant à pouvoir être inspiré, à rester en plein travail fécond de l’esprit sur lui-même.
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”
Marcel Proust (Days of Reading (Penguin Great Ideas))
“
The parking lot is hidden by thickets of scrub and at a field's distance from the mission compound. Yes, you can imagine the solitude of the landscape; you can imagine the hardness of the life. Perhaps I was expecting too much. La Purísima reminds me of nothing so much as those churches the Soviet government used to ridicule by making of them shrines to history. La Purísima is Williamsburg and Sutter's Fort and worse. The state's [California's] insistence that here are matters only of fact is depressing, the triumph of history over memory.
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Richard Rodríguez (Days of Obligation: An Argument With My Mexican Father)
“
En las dos últimas horas de su vida no logró entender por qué había desaparecido el miedo que lo atormentó desde la infancia. Impasible, sin preocuparse siquiera por demostrar su reciente valor, escuchó los interminables cargos de la acusación. Pensaba en Úrsula, que a esa hora debía estar bajo el castaño tomando el café con José Arcadio Buendía. Pensaba en su hija de ocho meses, que aún no tenía nombre, y en el que iba a nacer en agosto, Pensaba en Santa Sofía de la Piedad, a quien la noche anterior dejó salando un venado para el almuerzo del sábado, y añoró su cabello chorreado sobre los hombros y sus pestañas que parecían artificiales. Pensaba en su gente sin sentimentalismos, en un severo ajuste de cuentas con la vida, empezando a comprender cuánto quería en realidad a las personas que más había odiado.
”
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Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
Ursula fu l’ultima della sfilata. La dignità del suo lutto, il peso del suo nome, la convincente veemenza della sua dichiarazione fecero vacillare per un attimo la bilancia della giustizia. “Voi avete preso molto sul serio questo gioco spaventoso, e avete fatto bene, perché state facendo il vostro dovere” disse ai membri del tribunale. “Ma non dimenticate che finché Dio ci dà vita, noi continueremo a essere madri, e che, rivoluzionari o no, abbiamo il diritto di tirarvi giù i pantaloni e prendervi a sculacciate alla prima mancanza di rispetto.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
- Qu'y-a-t-il au sommet de la montagne ?
- Le ciel.
- Que dit le loup quand il hurle ?
- Joie, force et solitude.
- A qui s'adresse-t-il ?
- A la lune.
- Où va la rivière ?
- Remplir la mer.
- A qui la nuit fait-elle peur ?
- A ceux qui attendent le jour pour voir.
- Es-tu vent ou nuage ?
- Je suis moi.
- Es-tu vent ou nuage ?
- Vent.
- Es-tu ombre ou lumière ?
- Je suis moi.
- Es-tu ombre ou lumière ?
- Les deux.
- Que devient une lame qui se brise ?
- Une poussière d'étoile.
- Que fais-tu devant une rivière que tu ne peux pas traverser ?
- Je le traverse.
- Que devient une étoile qui meurt ?
- Un rêve qui vit.
- Offre moi un mot.
- Silence.
- Un autre.
- Harmonie.
- Un dernier.
- Fluidité.
- L'ours et le chien se disputent un territoire, qui a raison ?
- Le chat qui les observe.
- Marie tes trois mots.
- Marchombre.
”
”
Pierre Bottero (Ellana (Le Pacte des MarchOmbres, #1))
“
C'est juillet, elle étouffe. Moiteur et solitude engluent jusqu'à ses bronches. Elle aimerait en toussant expulser une grenouille, une rainette maculée chagrin couleur mucus. Que ferait-elle du batracien, c'est une nouvelle question. Un baiser pour quoi faire, embrasse-t-on son chagrin, sous la couronne quels maux s'accordent au petit pois dans La Belle et la Bête le miroir ne ment pas. Le crapaud, l’équarrir, puis déguster gros sel. S'intoxiquer pêle-mêle gastrique chakras aura, c'est juillet elle suffoque, l'Épreuve a toujours eu l'haleine du datura." (p23)
”
”
Chloé Delaume (Une femme avec personne dedans)
“
Numerele prime sunt divizibile numai cu unu
si cu ele însele. Stau la locul lor în infinita serie î
de numere naturale, strivite, la fel ca restul, între
altele două, dar cu un pas mai încolo faţă de celelalte.
Sunt numere bănuitoare şi solitare şi de
aceea Mattia le găsea minunate.
”
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Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
...nos veíamos mejor en la oscuridad que con luz, a mí siempre me ha gustado la caída del día, me parece el único momento en que puede pasar algo importante, la luz del crepúsculo lo embellece todo, las calles, las plazas, la gente parece aterciopelada como las flores, los pensamientos morados y amarillos, incluso a mí mismo me percibo más joven y de mejor ver, me agrada observarme en el espejo cuando oscurece, palparme la cara, entonces la encuentro lisa, sin arrugas en las comisuras de los labios ni en la frente; el crepúsculo aporta belleza a mi vida cotidiana.
”
”
Bohumil Hrabal (Too Loud a Solitude)
“
Pourquoi, s’écria-t-elle tout-à-coup, rester seule dans cette horrible solitude ? pourquoi ne pas suivre mon amant ? la guerre, les combats ne sauraient m’effrayer ; ce qui m’épouvante, ce sont les lieux où il n’est pas. Vivre ou mourir avec lui !... et peut-être pourrai-je même, aux dépens de ma vie, sauver la sienne. Attends Login, attends, ta Lise vole sur tes pas. »
Déjà Lise s’élançait vers lui ; mais l’image de sa mère, de sa mère pauvre, souffrante, abandonnée, se présente à elle, et l’arrête. Elle soupire, tourne ses regards vers la cabane, et s’y traîne en silence.
”
”
Nikolaï Karamzine
“
Aoro carra les épaules.
- C'est pourtant simple. Il suffit que je vous regarde, madame, pour comprendre que vous êtes un être sensible que la brutalité des hommes effarouche. Délicate, fragile, vous rêvez d'un monde de douceur et de celui qui saura le bâtir pour vous. Vous êtes résolument romantique et si l'inconnu et la solitude vous effraient, vous possédez sans nul doute de formidables qualités pour tenir une maison et préparer de bons repas à celui qui vous protégera.
Ellana, figée par la stupéfaction, ne réagit que lorsque Jilano étouffa un éclat de rire dans un éternuement factice.
”
”
Pierre Bottero (Ellana, l'Envol (Le Pacte des MarchOmbres, #2))
“
Tout cette eau descendant avec son chargement de cris, de mélodies, et d'odeurs de jardins, pleine des lueurs cuivrées du ciel couchant et des ombres contorsionnées et grotesques des statues du pont Charles, apportait à Mersault la conscience douloureuse et ardente d'une solitude sans ferveur où l'amour n'avait plus de part. Et s'arrêtant devant le parfum d'eaux et de feuilles qui montait jusqu'à lui, la gorge serrée, il imaginait des larmes qui ne venaient pas. Il eût suffi d'un ami, ou des bras ouverts. Mais les larmes s'arrêtaient à la frontière du monde sans tendresse où il était plongé.
”
”
Albert Camus (A Happy Death)
“
A l'opposé, les "apostates du conjugal" ont toujours cultivé une distance critique, voire une défiance totale à l'égard de ces rôles [de la bonne épouse ou de la bonne mère]. Ce sont aussi des femmes créatives, qui lisent beaucoup et qui ont une vie intérieure intense [...]. Elles se conçoivent comme des individus et non comme des représentantes d'archétypes féminins. Loin de l'isolement misérable que les préjugés associent au fait de vivre seule, cet affinement inlassable de leur identité produit un double effet : il leur permet d'apprivoiser et même de savourer cette solitude à laquelle la plupart des gens, mariés ou pas, sont confrontés, au moins par périodes, au cours de leurs vies, mais aussi de nouer des relations particulièrement intenses, car émanant du cœur de leur personnalité plutôt que de rôles sociaux convenus. En ce sens, la connaissance de soi n'est pas un "égoïsme", un repli sur soi, mais une voie royale vers les autres.
”
”
Mona Chollet (Sorcières : La puissance invaincue des femmes)
“
Cuando estaba con ella sentía que valía la pena hacer todas esas cosas normales que hacen las personas normales.
Mattia pensó que nada bueno había en tener una cabeza como la suya, que con ganas se la habría arrancado y sustituido por otra, incluso por una caja de galletas siempre que estuviera vacía y fuera ligera. Quiso contestar que sentirse especial era una jaula, lo peor que podía pasarle a uno, pero se abstuvo.
Estaban unidos por un hilo invisible, oculto entre mil cosas de poca importancia, que sólo podía existir entre dos personas como ellos: dos soledades que se reconocían.
No lo había elegido entre nadie; no había pensado en nadie más.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
La imagen que nos ofrece México al finalizar el siglo XIX es la de la discordia. Una discordia más profunda que la querella política o la guerra civil, pues consistía en la superposición de formas jurídicas y culturales que no solamente no expresaban a nuestra realidad, sino que la asfixiaban e inmovilizaban. […] Cortados los lazos con el pasado, imposible el diálogo con los Estados Unidos –que sólo hablaban con nosotros el lenguaje de la fuerza o el de los negocios–, inútil la relación con los pueblos de lengua española, encerrados en formas muertas, estábamos reducidos a una imitación unilateral de Francia –que siempre nos ignoró–. ¿Qué nos quedaba? Asfixia y soledad.
”
”
Octavio Paz (The Labyrinth of Solitude and Other Writings)
“
I can't be on too long before I have to stop. If she hadn't left, you'd both be home right now.”
Victoria’s brow wrinkled.
“I don’t understand.”
“You take energy from people, from crowds, and you expend more. For you, when you’re on, you run like a German engine, no?”
“Right.”
“When you go home after the party’s over and you haven’t had enough attention, you miss it. You crave more.”
“Right.”
“I don’t take in energy like that. People take energy from me. I can be social, I can be on, but I go home for silence and solitude, not because it’s time for the party to end. I don’t want to hear another person’s voice for three days so I can recharge. Like a battery.
”
”
Moriah Jovan (Paso Doble (Tales of Dunham: LaMontagne #1))
“
Por eso, cada vez que Úrsula se salía de casillas con las locuras de su marido, saltaba por encima de trescientos años de casualidades y maldecía la hora en que Francis Drake asaltó a Riohacha. Era un simple recurso de desahogo, porque en verdad estaban ligados hasta la muerte por un vínculo más sólido que el amor; un común remordimiento de conciencia.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
I numeri primi sono divisibili soltanto per 1 e per sè stessi. Se ne stanno al loro posto nell’infinita serie dei numeri naturali, schiacciati come tutti fra due, ma un passo in là rispetto agli altri. Sono numeri sospettosi e solitari e per questo Mattia li trovava meravigliosi. Certe volte pensava che in quella sequenza ci fossero finiti per sbaglio, che vi fossero rimasti intrappolati come perline infilate in una collana. Altre volte, invece, sospettava che anche a loro sarebbe piaciuto essere come tutti, solo dei numeri qualunque, ma che per qualche motivo non ne fossero capaci.In un corso del primo anno Mattia aveva studiato che tra i numeri primi ce ne sono alcuni ancora più speciali. I matematici li chiamano primi gemelli: sono coppie di numeri primi che se ne stanno vicini,anzi,quasi vicini, perchè fra di loro vi è sempre un numero pari che gli impedisce di toccarsi per davvero. Numeri come l’11 e il 13, come il 17 e il 19, il 41 e il 43. Se si ha la pazienza di andare avanti a contare, si scopre che queste coppie via via si diradano. ci si imbatte in numeri primi sempre più isolati, smarriti in quello spazio silenzioso e cadenzato fatto solo di cifre e si avverte il presentimento angosciante che le coppie incontrate fino a lì fossero un fatto accidentale, che il vero destino sia quello di rimanere soli.Poi, proprio quando ci si sta per arrendere, quando non si ha più voglia di contare, ecco che ci si imbatte in altri due gemelli, avvinghiati stretti l’uno all’altro. Tra i matematici è convinzione comune che per quanto si possa andare avanti, ve ne saranno sempre altri due, anche se nessuno può dire dove, finchè non li si scopre.
Mattia pensava che lui e Alice erano così, due primi gemelli, soli e perduti, vicini ma non abbastanza per sfiorarsi davvero.
”
”
Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
On a dit qu’une cité dont les membres auront une égale répartition de bien et d'éducation présentera aux regards de la Divinité un spectacle au-dessus du spectacle de la cité de nos pères.
La folie du moment est d'arriver à l'unité des peuples et de ne faire qu’un seul homme de l'espèce entière, soit ; mais en acquérant des facultés générales, toute une série de sentiments privés ne périra-t-elle pas ? Adieu les douceurs du foyer ; adieu les charmes de la famille ; parmi tous ces êtres blancs, jaunes, noirs, réputés vos compatriotes, vous ne pourriez vous jeter au cou d’un frère. N’y avait-il rien dans la vie d’autrefois, rien dans cet espace borné que vous aperceviez de votre fenêtre encadrée de lierre ? Au-delà de votre horizon vous soupçonniez des pays inconnus dont vous parlait à peine l’oiseau du passage, seul voyageur que vous aviez vu à l’automne.
C’était bonheur de songer que les collines qui vous environnaient ne disparaîtraient pas à vos yeux ; qu’elles renfermeraient vos amitiés et vos amours ; que le gémissement de la nuit autour de votre asile serait le seul bruit auquel vous vous endormiriez ; que jamais la solitude de votre âme ne serait troublée, que vous y rencontreriez toujours les pensées qui vous y attendent pour reprendre avec vous leur entretien familier. Vous saviez où vous étiez né, vous saviez où était votre tombe ; en pénétrant dans la forêt vous pouviez dire :
Beaux arbres qui m’avez vu naître,
Bientôt vous me verrez mourir
”
”
François-René de Chateaubriand (Mémoires d'Outre-Tombe)
“
Amaranta, en cambio, cuya dureza de corazón la espantaba, cuya concentrada amargura la amargaba, se le esclareció en el último examen como la mujer más tierna que había existido jamás, y comprendió con una lastimosa clarividencia que las injustas torturas a que había sometido a Pietro Crespi no eran dictadas por una voluntad de venganza, como todo el mundo creía, ni el lento martirio con que frustró la vida del coronel Gerinaldo Márquez había sido determinado por la mala hiel de su amargura, como todo el mundo creía, sino que ambas acciones habían sido una lucha a muerte entre un amor sin medidas y una cobardía invencible, y había triunfado finalmente el miedo irracional que Amaranta le tuvo siempre a su propio y atormentado corazón.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
J’aime beaucoup les cimetières, moi, ça me repose et me mélancolise j’en ai besoin. Et puis, il y a aussi de bons amis là dedans, de ceux qu’on ne va plus voir ; et j’y vais encore, moi, de temps en temps.
Justement, dans ce cimetière Montmartre, j’ai une histoire de cœur, une maîtresse qui m’avait beaucoup pincé, très ému, une charmante petite femme dont le souvenir, en même temps qu’il me peine énormément, me donne des regrets… des regrets de toute nature. Et je vais rêver sur sa tombe… C’est fini pour elle.
Et puis, j’aime aussi les cimetières, parce que ce sont des villes monstrueuses, prodigieusement habitées. Songez donc à ce qu’il y a de morts dans ce petit espace, à toutes les générations de Parisiens qui sont logés là, pour toujours, troglodytes définitifs enfermés dans leurs petits caveaux, dans leurs petits trous couverts d’une pierre ou marqués d’une croix, tandis que les vivants occupent tant de place et font tant de bruit, ces imbéciles.
Me voici donc entrant dans le cimetière Montmartre, et tout à coup imprégné de tristesse, d’une tristesse qui ne faisait pas trop, de mal, d’ailleurs, une de ces tristesses qui vous font penser, quand on se porte bien : « Ça n’est pas drôle, cet endroit-là, mais le moment n’en est pas encore venu pour moi… »
L’impression de l’automne, de cette humidité tiède qui sent la mort des feuilles et le soleil affaibli, fatigué, anémique, aggravait en la poétisant la sensation de solitude et de fin définitive flottant sur ce lieu, qui sent la mort des hommes.
”
”
Guy de Maupassant (La Maison Tellier)
“
Una tarde, cuando todos dormían la siesta, no resisitó más y fue a su dormitorio. Lo encontró en calzoncillos, despierto, tendido en la hamaca que había colgadio de de los horcones con cables de amarrar barcos. La impresionó tanto su enorme desnudez tarabiscoteada que sintió el impulso de retroceder. «Pedone», se excuso. «No sabía que estaba aquí.» pero apago la voz para no despertar a nadie. «Ven acá», dijo él. Rebeca obedeció. Se detuvo junto a la hamaca, sudando hielo, sintiendo que se le fromaban nudos en las tripas, mientras José Arcadio le acariciaba los tobillos con la yema de los dedos, y luego las pantorrillas y luego los muslos, murmurando: «Ay, hermanita; ay, hermanita» Ella tuvo que hacer un esfuerzo sobrenatural para no morirse cuando una potencia ciclónica asombrosamente regulada la levantó por la cintura y la despojo de su intimidad con tres zarpazos, y la descuartizó como a un pajarito. Alcanzó a dar gracias a Dios por haber nacido, antes de perder la conciencia en el placer inconcebible de aquel dolor insportable, chapaleando en el pantano humeante de la hamaca que absorbió como un papel secante la explosión de su sangre.
”
”
Gabriel García Márquez (One Hundred Years of Solitude)
“
- Je te croyais morte.
La voix d'Edwin avait été un murmure, le premier souffle hésitant d'un espoir qui renaissait.
Ellana laissa son regard dériver vers le corps ensanglanté d'Essindra. Une flambée de haine embrasa son cœur et, durant un bref instant, elle souhaita que la mercenaire soit encore vivante pour pouvoir la tuer à nouveau.
Puis Essindra disparut de son esprit et elle embrassa Edwin.
Un baiser brûlant à l'improbable parfum de miracle.
Un baiser douceur tout en promesses d'éternité.
Un baiser aveu. Peur, ténèbres et solitude. Passées.
Edwin la serra contre lui, enfouit le visage dans son cou, se perdit dans son parfum et les cheveux fous derrière sa nuque. Sentir son corps, percevoir les battements de son cœur... Il revint doucement à la vie.
- Je t'aime.
Ils avaient chuchoté ensemble. Tressaillirent ensemble en entendant l'autre énoncer ce qui état l'origine, le centre et l'avenir du monde.
- Je t'aime.
Autour d'eux l'univers avait pâli devant cette évidence.
- Je t'aime.
- Ne meurs plus jamais. S'il-te-plaît. Plus jamais.
- Je ne peux pas mourir, je t'aime.
Leur étreinte devint plus pressante, leurs lèvres se cherchèrent pour un nouveau baiser, plus intense, plus sensuel, plus...
Destan, coincé entre son père et sa mère, émit un petit cri de protestation.
Sans que leurs âmes ne se détachent, Ellana et Edwin s'écartèrent pour contempler leur fils.
Peut-on mourir de bonheur ?
La question avait déjà été posé.
Si les larmes qui embuaient les yeux d'Ellana et celles qui roulaient sur le visage d'Edwin avaient su parler, elles auraient sans doute répondu.
”
”
Pierre Bottero (Ellana, la Prophétie (Le Pacte des MarchOmbres, #3))
“
If religion is meant to save, to awe. to cleanse, to fortify, then my faith is found at the tops of mountains and in the secrecy of woods, in the cradle of rivers and at the bottom of the sera. i find in the solitude of nature reason and purpose. i have slept with solitude for so long that i have made her my friend, my accomplice. she follows me in the fields, the woods, the rivers, faithful as a shadow.
”
”
Guy de la Valdene (The Fragrance of Grass)
“
Debemos reservarnos una trastienda del todo nuestra, del todo libre, donde fijar nuestra verdadera libertad y nuestro principal retiro y soledad. En ella debemos mantener nuestra habitual conversación con nosotros mismos, y tan privada que no tenga cabida ninguna relación o comunicación con cosa ajena; discurrir y reír como si no tuviésemos mujer, hijos ni bienes, ni séquito ni criados, para que, cuando llegue la hora de perderlos, no nos resulte nuevo arreglárnoslas sin ellos. Poseemos un alma que puede replegarse en sí misma; puede hacerse compañía, tiene con qué atacar y con qué defender, con qué recibir y con qué dar. No temamos, en esta soledad, pudrirnos en el tedio del ocio: In solis sis tibi turba locis. [En estas soledades, sé una multitud para ti mismo]. La virtud se contenta consigo misma: sin enseñanzas, sin palabras, sin obras.
”
”
Michel de Montaigne (The Complete Essays)
“
Les passantes :
Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraine
Et qu'on ne retrouve jamais
......
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font apparaitre court le chemin
Qu'on est seul, peut-être à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main.
....
Chères images aperçues
Espérances d'un jour deçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin.
Mais si lon a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux coeurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus.
Alors aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir.
”
”
Antoine Polin
“
La masse de perdition n'a pas de conscience et n'en aura jamais, le propre de la conscience est d'isoler les êtres et c'est pour fuir leur conscience que les humains s'assemblent.
La masse de perdition est leur chemin de fuite, elle est le carrefour des solitudes avortées, elle est toujours coupable et sa damnation sera toujours dans l'ordre, elle enveloppe dans sa perte le d'avortons qui la composent. Le nombre est l'instrument du mal, le mal veut que les hommes multiplient, car plus les hommes surabondent et moins vaut l'homme. Pour être humain l'homme ne sera jamais assez rare.
En vérité, nous mourrons par les masses, les masses nous entraîneront dans les abîmes de la démesure et de l'incohérence, le salut et les masses se situent aux antipodes, nous ne pouvons être sauvés.
Quoi qu'il arrive, nous sommes légion et ceux qui parmi nous s'isolent, ne changeront plus le destin de l'univers, ils verront seulement à quoi les autres marchent, ils seront plus désespérés que les aveugles et les sourds, ils contempleront face à face une spirale sans visage et vers laquelle l'océan des somnambules roule d'un mouvement inaltérablement égal.
”
”
Albert Caraco (Breviario del caos)
“
Piano piano, senza fretta, cresce l'amore colpevole. Ha già affondato profondamente le sue tortuose radici nel cuore dell'uomo quando spunta il primo, fragile fiore. E sembra così gracile, così piccolo, che l'uomo lo contempla non tanto per ammirarlo quanto per inebriarsi del proprio potere. Si sente così forte... Un solo gesto, un leggero sforzo, e tutto sarà finito, strappato, morto per sempre nel suo cuore... Che ha da temere, allora?... Sorride, con aria di sfida e commiserazione. «Ebbene sì, questo comincia a essere amore... Ma di che cosa posso aver paura, alla mia età?... So che, se lo lasciassi
crescere, mi darebbe solo infelicità...». Ma, dal giorno in cui ha nominato l'amore, in cui ha acconsentito a vederlo, egli misura per la
prima volta la propria vulnerabilità. Morbide e tenaci radici affondano sempre più profondamente in lui. E l'istante stesso in cui finalmente trema, in cui pensa: «Basta, adesso, basta, il gioco è finito» è proprio
l'istante in cui soccombe, in cui si arrende
all'amore, in cui ama la propria sofferenza, e allora non resta altro che aspettare, aspettare che il tempo e la stanchezza abbiano distrutto il tenace, fragile e velenoso fiore.
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Irène Némirovsky (The Wine of Solitude)
“
Puesto que Dios nos concede tiempo para disponer de nuestro desalojo, preparémonos, hagamos el equipaje, despidámonos a tiempo de la compañía, desembaracémonos de esas violentas ataduras que nos retienen en otro sitio y nos alejan de nosotros mismos. Hay que desatar esos lazos tan fuertes, y a partir de ahora amar esto y aquello, pero no casarse sino consigo mismo. Es decir: que el resto nos pertenezca, pero no unido y adherido de tal manera que no podamos desprendernos de ellos sin desollarnos y arrancarnos a la vez alguna parte nuestra. La cosa más importante del mundo es saber ser para uno mismo.
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Michel de Montaigne (The Complete Essays)
“
chose que des ustensiles de ménage ou des objets de luxure. Le dîner absorbé et l’animal satisfait, le poêle entre dans la vaste solitude de sa pensée ; quelquefois il est très fatigué par le métier. Que devenir alors ? Puis, son esprit s’accoutume à l’idée de sa force invincible, et il ne peut plus résister à l’espérance de retrouver dans la boisson les visions calmes ou effrayantes qui sont déjà ses vieilles connaissances. C’est sans doute à la même transformation de mœurs, qui a fait du monde lettré une classe à part, qu’il faut attribuer l’immense consommation de tabac que fait la nouvelle littérature.
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Charles Baudelaire (Oeuvres complètes et annexes)
“
Mais les signes de ce qui m'attendait réellement, je les ai tous négligés. Je travaille mon diplôme sur le surréalisme à la bibliothèque de Rouen, je sors, je traverse le square Verdrel, il fait doux, les cygnes du bassin ont reparu, et d'un seul coup j'ai conscience que je suis en train de vivre peut-être mes dernières semaines de fille seule, libre d'aller où je veux, de ne pas manger ce midi, de travailler dans ma chambre sans être dérangée. Je vais perdre définitivement la solitude. Peut-on s'isoler facilement dans un petit meublé, à deux. Et il voudra manger ses deux repas par jour. Toutes sortes d'images me traversent. Une vie pas drôle finalement. Mais je refoule, j'ai honte, ce sont des idées de fille unique, égocentrique, soucieuse de sa petite personne, mal élevée au fond. Un jour, il a du travail, il est fatigué, si on mangeait dans la chambre au lieu d'aller au restau. Six heures du soir cours Victor-Hugo, des femmes se précipitent aux Docks, en face du Montaigne, prennent ci et ça sans hésitation, comme si elles avaient dans la tête toute la programmation du repas de ce soir, de demain peut-être, pour quatre personnes ou plus aux goûts différents. Comment font-elles ? [...] Je n'y arriverai jamais. Je n'en veux pas de cette vie rythmée par les achats, la cuisine. Pourquoi n'est-il pas venu avec moi au supermarché. J'ai fini par acheter des quiches lorraines, du fromage, des poires. Il était en train d'écouter de la musique. Il a tout déballé avec un plaisir de gamin. Les poires étaient blettes au coeur, "tu t'es fait entuber". Je le hais. Je ne me marierai pas. Le lendemain, nous sommes retournés au restau universitaire, j'ai oublié. Toutes les craintes, les pressentiments, je les ai étouffés. Sublimés. D'accord, quand on vivra ensemble, je n'aurai plus autant de liberté, de loisirs, il y aura des courses, de la cuisine, du ménage, un peu. Et alors, tu renâcles petit cheval tu n'es pas courageuse, des tas de filles réussissent à tout "concilier", sourire aux lèvres, n'en font pas un drame comme toi. Au contraire, elles existent vraiment. Je me persuade qu'en me mariant je serai libérée de ce moi qui tourne en rond, se pose des questions, un moi inutile. Que j'atteindrai l'équilibre. L'homme, l'épaule solide, anti-métaphysique, dissipateur d'idées tourmentantes, qu'elle se marie donc ça la calmera, tes boutons même disparaîtront, je ris forcément, obscurément j'y crois. Mariage, "accomplissement", je marche. Quelquefois je songe qu'il est égoïste et qu'il ne s'intéresse guère à ce que je fais, moi je lis ses livres de sociologie, jamais il n'ouvre les miens, Breton ou Aragon. Alors la sagesse des femmes vient à mon secours : "Tous les hommes sont égoïstes." Mais aussi les principes moraux : "Accepter l'autre dans son altérité", tous les langages peuvent se rejoindre quand on veut.
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Annie Ernaux (A Frozen Woman)
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Why is it called tierra and not tierro? Why is it round, like two breasts sewn together, like the two halves of an orange—a naranja—or the belly of a pregnant woman, and has never had any phallic tendencies, even while it was first forming? Why do we say naturaleza, in the feminine, and not naturalezo? Why did the old poets prefer to write la mar and not el mar, the way most people do today? Why is it la noche, night, la madrugada, dawn, la soledad, solitude, la ternura, tenderness, la felicidad, happiness, la luz, light, la luna, the moon, las constelaciones, the constellations, la voz, a person’s voice, las caricias, caresses, las flores, flowers, la melancolía, melancholy? Why would it seem that the really poetic words are in the feminine? But that’s nonsense. Mentira, lie, is feminine, and that’s not so poetic. And there are lots of poetic words that are masculine: el cielo, the sky, el alba, another word for dawn, el misterio, mystery, el desea, desire, el parto, childbirth, el bien, good as opposed to evil. And speaking of evil, that’s masculine in gender, el mal, and so is power, el poder. Although we shouldn’t forget el querer, loving, a word that belongs to the strategy of desire. And also has a little bit of goodness in it. Bondad, goodness, is a very pretty word, and very feminine—it’s conjugated in the feminine. On the other hand, muerte, death, which is feminine, no matter how she gets herself up to look attractive and profound, could she ever seduce anyone?
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Zoé Valdés (Dear First Love)
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L'isolement
Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.
Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.
Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.
Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante
Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.
De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l'immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,
D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,
Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.
Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;
Je ne demande rien à l'immense univers.
Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !
Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;
Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !
Que ne puîs-je, porté sur le char de l'Aurore,
Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !
Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?
Il n'est rien de commun entre la terre et moi.
Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
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Alphonse de Lamartine (Antologija francuskog pjesništva)
“
L'homme ne vit pas seulement sa vie personnelle comme individu, mais consciemment ou inconsciemment il participe aussi à celle de son époque et de ses contemporains, et même s'il devait considérer les bases générales et impersonnelles de son existence comme des données immédiates, les tenir pour naturelles et être aussi éloigné de l'idée d'exercer contre elles une critique que le bon Hans Castorp l'était réellement, il est néanmoins possible qu'il sente son bien-être moral vaguement affecté par leurs défauts. L'individu peut envisager toute sorte de buts personnels, de fins, d'espérances, de perspectives où il puise une impulsion à de grands efforts et à son activité, mais lorsque l'impersonnel autour de lui, l'époque elle-même, en dépit de son agitation, manque de buts et d'espérances, lorsqu'elle se révèle en secret désespérée, désorientée et sans issue, lorsqu'à la question, posée consciemment ou inconsciemment, mais finalement posée en quelque manière, sur le sens suprême, plus que personnel et inconditionné, de tout effort et de toute activité, elle oppose le silence du vide, cet état de choses paralysera justement les efforts d'un caractère droit, et cette influence, par-delà l'âme et la morale, s'étendra jusqu'à la partie physique et organique de l'individu. Pour être disposé à fournir un effort considérable qui dépasse la mesure de ce qui est communément pratiqué, sans que l'époque puisse donner une réponse satisfaisante à la question " à quoi bon? ", il faut une solitude et une pureté morales qui sont rares et d'une nature héroïque, ou une vitalité particulièrement robuste. Hans Castorp ne possédait ni l'une ni l'autre, et il n'était ainsi donc qu'un homme malgré tout moyen, encore que dans un sens des plus honorables.
(ch. II)
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Thomas Mann (The Magic Mountain)
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I numeri primi sono divisibili soltanto per 1 e per sè stessi. Se ne stanno al loro posto nell’infinita serie dei numeri naturali, schiacciati come tutti fra due, ma un passo in là rispetto agli altri. Sono numeri sospettosi e solitari e per questo Mattia li trovava meravigliosi. Certe volte pensava che in quella sequenza ci fossero finiti per sbaglio, che vi fossero rimasti intrappolati come perline infilate in una collana. Altre volte, invece, sospettava che anche a loro sarebbe piaciuto essere come tutti, solo dei numeri qualunque, ma che per qualche motivo non ne fossero capaci.In un corso del primo anno Mattia aveva studiato che tra i numeri primi ce ne sono alcuni ancora più speciali. I matematici li chiamano primi gemelli: sono coppie di numeri primi che se ne stanno vicini,anzi,quasi vicini, perchè fra di loro vi è sempre un numero pari che gli impedisce di toccarsi per davvero. Numeri come l’11 e il 13, come il 17 e il 19, il 41 e il 43. Se si ha la pazienza di andare avanti a contare, si scopre che queste coppie via via si diradano. ci si imbatte in numeri primi sempre più isolati, smarriti in quello spazio silenzioso e cadenzato fatto solo di cifre e si avverte il presentimento angosciante che le coppie incontrate fino a lì fossero un fatto accidentale, che il vero destino sia quello di rimanere soli.Poi, proprio quando ci si sta per arrendere, quando non si ha più voglia di contare, ecco che ci si imbatte in altri due gemelli, avvinghiati stretti l’uno all’altro. Tra i matematici è convinzione comune che per quanto si possa andare avanti, ve ne saranno sempre altri due, anche se nessuno può dire dove, finchè non li si scopre.
Mattia pensava che lui e Alice erano così, due primi gemelli, soli e perduti, vicini ma non abbastanza per sfiorarsi davvero. A lei non l’aveva mai detto.
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Paolo Giordano (The Solitude of Prime Numbers)
“
But sleep tha pondereth and is not to be and there oh may my weary spirit dwell apart forms heaven's eternity and yet how far from hell.
other friends have flown before on the morrow he will leave me as my hopes have flown before the bird said nevermore.
leave my loneliness unbroken.
how dark a woe yet how sublimes a hope.
And the fever called living is conquered at last.
I stand amid the roar of a surf tormented shore and i hold within my hand grains of the golden sand how few yet how they creep through my fingers to the deep while i weep while i weep o god can i not grasp them with a tighter clasp o god can i not save one from the pitiless wave is all that we see or seem but a dream within a dream.
Hell rising form a thousand thrones shall do it reverence.
It was the dead who groaned within
lest the dead who is forsaken may not be happy now.
even for thy woes i love thee even for thy woes thy beauty and thy woes
think of all that is airy and fairy like and all that is hideous and unwieldy.
hast thou not dragged Diana from her car.
I care not though it perishes with a thought i then did cherish.
For on its wing was dark alley and as it fluttered fell an essence powerful to destroy a soul that knew it well. (Talking about death)
the intense reply of hers to our intelligence.
Then all motion of whatever nature creates
most writers poets in especial prefer having it understood that they compose by a species of fine frenzy an ecstatic intuition and would positively shudder at letting the public take a peep behind the scenes at the elaborate and vacillating crudities of thought at the true purposes seized only at the last moment at the innumerable glimpses of idea that arrived not at the maturity of full view at the fully matured fancies discarded in despair as unmanageable at the cautions selection and rejections at the painful erasures and interpolations in a word at the wheels and pinions the tackle for scene shifting the steep ladders and demon traps the cock[s feathers a the red pain and the black patches which in ninety nine cases out of the hundred constitute the properties of the literary _histiro.
Wit the Arabians there is a medium between heaven and hell where men suffer no punishment but yet do not attain that tranquil and even happiness which they supposed to be characteristic of heavenly enjoyment.
If i could dwell where israfel hath dwelt and he where i he might not sing so wildly well mortal melody, while a bolder note than this might swell form my lyre within the sky.
And i am drunk with love of the dead who is my bride.
And so being young and dipt in folly , I feel in love with melancholy.
I could not love except where death was mingling his with beauty's breath or hymen, Time, and destiny were stalking between her and me.
Yet that terror was not friegt but a tremulous delight a feeling not the jeweled mine could teach or bribe me to define nor love although the love were thine.
Whose solitary soul could make an Eden of that dim lake.
that my young life were a lasting dream my spirit not awakening till the beam of an eternity should bring the morrow.
An idle longing night and day to dream my very life away.
As others saw i could not bring my passions from a comman spring from the sam source i have not taken my sorrow and all i loved i loved alone
La solitude est une belle chose; mais il faut quelqu'un pour vous dire que la solitude estune belle chose
impulse upon the ether
the source of all motion is thought and the source of all thought.
Be of heart and fear nothing your allotted days of stupor have expired and tomorrow i will myself induct you into the full joys and wonders of your novel existence.
unknown now known of the speculative future merged in the august and certain present.
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Edgar Allan Poe (The Complete Works Of Edgar Allen Poe: Miscellany)
“
Robineau le tira de sa solitude :
'Monsieur le Directeur, j’ai pensé… on pourrait peut-être essayer…'
Il n’avait rien à proposer, mais témoignait ainsi de sa bonne volonté. Il aurait tant aimé trouver une solution, et la cherchait un peu comme celle d’un rébus. Il trouvait toujours des solutions que Rivière n’écoutait jamais : 'Voyez-vous, Robineau, dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent.' Aussi Robineau bornait-il son rôle à créer une force en marche dans la corporation des mécaniciens. Une humble force en marche, qui préservait de la rouille les moyeux d’hélice.
Mais les événements de cette nuit-ci trouvaient Robineau désarmé. Son titre d’inspecteur n’avait aucun pouvoir sur les orages, ni sur un équipage fantôme, qui vraiment ne se débattait plus pour une prime d’exactitude, mais pour échapper à une seule sanction, qui annulait celles de Robineau, la mort.
Et Robineau, maintenant inutile, errait dans les bureaux, sans emploi.
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Antoine de Saint-Exupéry (Night Flight)
“
Augmentez la dose de sports pour chacun, développez l'esprit d'équipe, de compétition, et le besoin de penser est éliminé, non ? Organiser, organisez, super-organisez des super-super-sports. Multipliez les bandes dessinées, les films; l'esprit a de moins en moins d'appétits. L'impatience, les autos-trades sillonnées de foules qui sont ici, là, partout, nulle part. Les réfugiés du volant. Les villes se transforment en auberges routières; les hommes se déplacent comme des nomades suivant les phases de la lune, couchant ce soir dans la chambre où tu dormais à midi et moi la veille. (1re partie)
On vit dans l'immédiat. Seul compte le boulot et après le travail l'embarras du choix en fait de distractions. Pourquoi apprendre quoi que ce soit sinon à presser les boutons, brancher des commutateurs, serrer des vis et des écrous ?
Nous n'avons pas besoin qu'on nous laisse tranquilles. Nous avons besoin d'être sérieusement tracassés de temps à autre. Il y a combien de temps que tu n'as pas été tracassée sérieusement ? Pour une raison importante je veux dire, une raison valable ?
- Tu dois bien comprendre que notre civilisation est si vaste que nous ne pouvons nous permettre d'inquiéter ou de déranger nos minorités. Pose-toi la question toi-même. Que recherchons-nous, par-dessus tout, dans ce pays ? Les gens veulent être heureux, d'accord ? Ne l'as-tu pas entendu répéter toute la vie ? Je veux être heureux, déclare chacun. Eh bien, sont-ils heureux ? Ne veillons-nous pas à ce qu'ils soient toujours en mouvement, toujours distraits ? Nous ne vivons que pour ça, c'est bien ton avis ? Pour le plaisir, pour l'excitation. Et tu dois admettre que notre civilisation fournit l'un et l'autre à satiété.
Si le gouvernement est inefficace, tyrannique, vous écrase d'impôts, peu importe tant que les gens n'en savent rien. La paix, Montag. Instituer des concours dont les prix supposent la mémoire des paroles de chansons à la mode, des noms de capitales d'État ou du nombre de quintaux de maïs récoltés dans l'Iowa l'année précédente. Gavez les hommes de données inoffensives, incombustibles, qu'ils se sentent bourrés de "faits" à éclater, renseignés sur tout. Ensuite, ils s'imagineront qu'ils pensent, ils auront le sentiment du mouvement, tout en piétinant. Et ils seront heureux, parce que les connaissances de ce genre sont immuables. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie à quoi confronter leur expérience. C'est la source de tous les tourments. Tout homme capable de démonter un écran mural de télévision et de le remonter et, de nos jours ils le sont à peu près tous, est bien plus heureux que celui qui essais de mesurer, d'étalonner, de mettre en équations l'univers ce qui ne peut se faire sans que l'homme prenne conscience de son infériorité et de sa solitude.
Nous sommes les joyeux drilles, les boute-en-train, toi, moi et les autres. Nous faisons front contre la marée de ceux qui veulent plonger le monde dans la désolation en suscitant le conflit entre la théorie et la pensée. Nous avons les doigts accrochés au parapet. Tenons bon. Ne laissons pas le torrent de la mélancolie et de la triste philosophie noyer notre monde. Nous comptons sur toi. Je ne crois pas que tu te rendes compte de ton importance, de notre importance pour protéger l'optimisme de notre monde actuel.
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Ray Bradbury (Fahrenheit 451)
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Tout paysage nous sort du temps. La nature nous fait le plus souvent déserter la temporalité. Chaque fois que nous nous abandonnons à ce rêve de la matière qu’est la nature, nous éprouvons une étrange sensation—tourment et charme indéfinissables à la fois—, à savoir que rien n’a jamais été.
Un jour de grand soleil, regardez un arbre dans l’air immobile, avec ses feuilles ressemblant aux broderies d’un cœur printanier. Vous comprendrez alors que tous les problèmes s’effacent devant la croissance indifférente de la nature, devant son inconscience en dehors de laquelle tout est douleur, malédiction, esprit. Ou bien, si vous avez la chance ou la malchance de voir tous les jours un sapin qui se dresse devant votre maison comme une dénégation ou une démonstration de la vie contre elle-même, l’inutilité de l’effort vous sautera aux yeux et vous souhaiterez tomber sous la coupe de la vie innommée de la nature. Qui n’a jamais envié les plantes ignore ce que signifie la terreur de la conscience. Lorsqu’on l’a en horreur, on a un faible pour la nature. Lorsqu’on n’est plus attiré par l’esprit, on aime le silence de la plante : pas de questions ni de réponses.
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Emil M. Cioran (Solitude et destin)
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Cherchez en vous-mêmes. Explorez la raison qui vous commande d'écrire; examinez si elle plonge ses racines au plus profond de votre cour; faites-vous cet aveu : devriez-vous mourir s'il vous était interdit d'écrire. Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit; me faut-il écrire ? Creusez en vous-mêmes à la recherche d'une réponse profonde. Et si celle-ci devait être affirmative, s'il vous était donné d'aller à la rencontre de cette grave question avec un fort et simple "il le faut", alors bâtissez votre vie selon cette nécessité; votre vie, jusqu'en son heure la plus indifférente et la plus infime, doit être le signe et le témoignage de cette impulsion. Puis vous vous approcherez de la nature. Puis vous essayerez, comme un premier homme, de dire ce que vous voyez et vivez, aimez et perdez. N'écrivez pas de poèmes d'amour; évitez d'abord les formes qui sont trop courantes et trop habituelles : ce sont les plus difficiles, car il faut la force de la maturité pour donner, là où de bonnes et parfois brillantes traditions se présentent en foule, ce qui vous est propre. Laissez-donc les motifs communs pour ceux que vous offre votre propre quotidien; décrivez vos tristesses et vos désirs, les pensées fugaces et la foi en quelque beauté. Décrivez tout cela avec une sincérité profonde, paisible et humble, et utilisez, pour vous exprimer, les choses qui vous entourent, les images de vos rêves et les objets de votre souvenir. Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas; accusez-vous vous-même, dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour appeler à vous ses richesses; car pour celui qui crée il n'y a pas de pauvreté, pas de lieu pauvre et indifférent. Et fussiez-vous même dans une prison dont les murs ne laisseraient parvenir à vos sens aucune des rumeurs du monde, n'auriez-vous pas alors toujours votre enfance, cette délicieuse et royale richesse, ce trésor des souvenirs ? Tournez vers elle votre attention. Cherchez à faire resurgir les sensations englouties de ce vaste passé; votre personnalité s'affirmera, votre solitude s'étendra pour devenir une demeure de douce lumière, loin de laquelle passera le bruit des autres." (Lettres à un jeune poète)
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Rainer Maria Rilke (Letters to a Young Poet)
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IV
-Oh ! comme ils sont goulus ! dit la mère parfois. Il faut leur donner tout, les cerises des bois, Les pommes du verger, les gâteaux de la table; S'ils entendent la voix des vaches dans l'étable Du lait ! vite ! et leurs cris sont comme une forêt De Bondy quand un sac de bonbons apparaît. Les voilà maintenant qui réclament la lune ! Pourquoi pas ? Le néant des géants m'importune; Moi j'admire, ébloui, la grandeur des petits. Ah ! l'âme des enfants a de forts appétits, Certes, et je suis pensif devant cette gourmande Qui voit un univers dans l'ombre, et le demande. La lune ! Pourquoi pas ? vous dis-je. Eh bien, après ? Pardieu ! si je l'avais, je la leur donnerais. C'est vrai, sans trop savoir ce qu'ils en pourraient faire, Oui, je leur donnerais, lune, ta sombre sphère, Ton ciel, d'où Swedenborg n'est jamais revenu, Ton énigme, ton puits sans fond, ton inconnu ! Oui, je leur donnerais, en disant: Soyez sages ! Ton masque obscur qui fait le guet dans les nuages, Tes cratères tordus par de noirs aquilons, Tes solitudes d'ombre et d'oubli, tes vallons, Peut-être heureux, peut-être affreux, édens ou bagnes, Lune, et la vision de tes pâles montagnes. Oui, je crois qu'après tout, des enfants à genoux Sauraient mieux se servir de la lune que nous; Ils y mettraient leurs voeux, leur espoir, leur prière; Ils laisseraient mener par cette aventurière Leurs petits coeurs pensifs vers le grand Dieu profond. La nuit, quand l'enfant dort, quand ses rêves s'en vont, Certes, ils vont plus loin et plus haut que les nôtres. Je crois aux enfants comme on croyait aux apôtres; Et quand je vois ces chers petits êtres sans fiel Et sans peur, désirer quelque chose du ciel, Je le leur donnerais, si je l'avais. La sphère Que l'enfant veut, doit être à lui, s'il la préfère. D'ailleurs, n'avez-vous rien au delà de vos droits ? Oh ! je voudrais bien voir, par exemple, les rois S'étonner que des nains puissent avoir un monde ! Oui, je vous donnerais, anges à tête blonde, Si je pouvais, à vous qui régnez par l'amour, Ces univers baignés d'un mystérieux jour, Conduits par des esprits que l'ombre a pour ministres, Et l'énorme rondeur des planètes sinistres. Pourquoi pas ? Je me fie à vous, car je vous vois, Et jamais vous n'avez fait de mal. Oui, parfois, En songeant à quel point c'est grand, l'âme innocente, Quand ma pensée au fond de l'infini s'absente, Je me dis, dans l'extase et dans l'effroi sacré, Que peut-être, là-haut, il est, dans l'Ignoré, Un dieu supérieur aux dieux que nous rêvâmes, Capable de donner des astres à des âmes.
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Victor Hugo (L'Art d'être grand-père)
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Il faut que je vous écrive, mon aimable Charlotte, ici, dans la chambre d’une pauvre auberge de village, où je me suis réfugié contre le mauvais temps. Dans ce triste gîte de D., où je me traîne au milieu d’une foule étrangère, tout à fait étrangère à mes sentiments, je n’ai pas eu un moment, pas un seul, où le cœur in’ait dit de vous écrire : et maintenant, dans cette cabane, dans cette solitude, dans cette prison, tandis que la neige et la grêle se déchaînent contre ma petite fenêtre, ici, vous avez été ma première pensée. Dès que je fus entré, votre image, ô Charlotte, votre pensée m’a saisi, si sainte, si vivante ! Bon Dieu, c’est le premier instant de bonheur que je retrouve.
Si vous me voyiez, mon amie, dans ce torrent de dissipations ! Comme toute mon âme se dessèche ! Pas un moment où le cœur soit plein ! pas une heure fortunée ! rien, rien ! Je suis là comme devant une chambre obscure : je vois de petits hommes et de petits chevaux tourner devant moi, et je me demande souvent si ce n’est pas une illusion d’optique. Je m’en amuse, ou plutôt on s’amuse de moi comme d’une ma"rionnette ; je prends quelquefois mon voisin par sa main de bois, et je recule en frissonnant. Le soir, je fais le projet d’aller voir lever le soleil, et je reste au lit ; le jour, je me promets le plaisir du clair de lune, et je m’oublie dans ma chambre. Je ne sais trop pourquoi je me lève, pourquoi je me coucha.
Le levain qui faisait fermenter ma vie, je ne l’ai plus ; le charme qui me tenait éveillé dans les nuits profondes s’est évanoui ; l’enchantement qui, le matin, m’arrachait au sommeil a fui loin de moi.
Je n’ai trouvé ici qu’une femme, une seule, Mlle de B. Elle vous ressemble, ô Charlotte, si l’on peut vous ressembler. «.Eh quoi ? direz-vous, le voilà qui fait de jolis compliments ! » Cela n’est pas tout à fait imaginaire : depuis quelque temps je suis très-aimable, parce que je ne puis faire autre chose ; j’ai beaucoup d’esprit, at les dames disent que personne ne sait louer aussi finement…. «Ni mentir, ajouterez-vous, car l’un ne va pas sans l’autre, entendez-vous ?… » Je voulais parler de Mlle B. Elle a beaucoup d’âme, on le voit d’abord à la flamme de ses yeux bleus. Son rang lui est à charge ; il ne satisfait aucun des vœux de son cœur. Elle aspire à sortir de ce tumulte, et nous rêvons, des heures entières, au mijieu de scènes champêtres, un bonheur sans mélange ; hélas ! nous rêvons à vous, Charlotte ! Que de fois n’est-elle pas obligée de vous rendre hommage !… Non pas obligée : elle le fait de bon gré ; elle entend volontiers parler de vous ; elle vous aime.
Oh ! si j’étais assis à vos pieds, dans la petite chambre, gracieuse et tranquille ! si nos chers petits jouaient ensemble autour de moi, et, quand leur bruit vous fatiguerait, si je pouvais les rassembler en cercle et les calmer avec une histoire effrayante !
Le soleil se couche avec magnificence sur la contrée éblouissante de neige ; l’orage est passé ; et moi…. il faut que je rentre dans ma cage…. Adieu. Albert est-il auprès de vous ? Et comment ?… Dieu veuille me pardonner cette question !
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Johann Wolfgang von Goethe (The Sorrows of Young Werther)
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En cuanto al fin que nos proponen Plinio y Cicerón, la gloria, estoy muy lejos de tenerla en cuenta. La inclinación más contraria al retiro es la ambición. La gloria y el reposo no pueden alojarse en el mismo albergue. Por lo que veo, estos sólo tienen los brazos y las piernas fuera de la multitud; su alma y su intención continúan, más que nunca, atadas a ella: b | Tun’ uetule auriculis alienis colligis escas? [Entonces, viejo, ¿trabajas sólo para alimentar los oídos ajenos?] a | Se han echado atrás solo para saltar mejor, y para, con un movimiento más fuerte, penetrar más vivamente en la muchedumbre. ¿Queréis ver cómo se quedan cortos por un pelo?
Comparemos las opiniones de dos filósofos [Epicuro y Séneca], y de dos escuelas muy diferentes, uno escribiendo a Idomeneo, otro a Lucillo, amigos suyos, para apartarlos de la administración de los negocios y de las grandezas, y dirigirlos hacia la soledad. Hasta ahora has vivido —dicen— nadando y flotando; ven a morir al puerto. Has entregado el resto de tu vida a la luz, entrega esta parte a la sombra. Es imposible abandonar las tareas si no renuncias a su fruto; así pues, deshazte de toda preocupación por el nombre y por la gloria. Existe el peligro de que el brillo de tus acciones pasadas te ilumine en exceso, y te siga hasta el interior de tu guarida. Abandona, junto a los demás placeres, el que brinda la aprobación ajena; y, en cuanto a tu ciencia y capacidad, no te importe: no perderán su eficacia porque tú valgas más que ellas. Acuérdate de aquel que, cuando le preguntaron para qué se esforzaba tanto en un arte que no podía ser conocido por mucha gente, respondió: «Me basta con pocos, me basta con uno, me basta con ninguno». Tenía razón. Tú y un compañero sois teatro de sobra suficiente el uno para el otro, o tú para ti mismo. Que el pueblo sea para ti uno solo, y que uno solo sea para ti todo el pueblo. Es una ambición cobarde pretender obtener gloria de la ociosidad y del ocultamiento. Tenemos que hacer como los animales, que borran su rastro a la entrada de su guarida. No has de buscar más que el mundo hable de ti, sino cómo has de hablarte a ti mismo. Retírate en tu interior, pero primero prepárate para acogerte; sería una locura confiarte a ti mismo si no te sabes gobernar. Uno puede equivocarse tanto en la soledad como en la compañía. Hasta que no te hayas vuelto tal que no oses tropezar ante ti, y hasta que no sientas vergüenza y respeto por ti mismo, c | obuersentur species honestae animo [que se ofrezcan imágenes honestas al espíritu], a | represéntate siempre en la imaginación a Catón, Foción y Aristides, ante los cuales aun los locos ocultarían sus faltas, y establécelos como censores de todas tus intenciones. Si estas se desvían, la reverencia por ellos te devolverá al camino. Te retendrán en la vía de contentarte contigo mismo, de no tomar nada en préstamo sino de ti, de detener y fijar el alma en unos pensamientos definidos y limitados donde pueda complacerse; y, tras haber entendido los verdaderos bienes, que se gozan a medida que se entienden, de contentarse con ellos, sin ansias de prolongar la vida ni el nombre. Este es el consejo de la verdadera y genuina filosofía, no de una filosofía ostentosa y verbal, como es la de los dos primeros.
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Michel de Montaigne (The Complete Essays)