Feu Quotes

We've searched our database for all the quotes and captions related to Feu. Here they are! All 200 of them:

Je t'aime passionément, et je t'aime paisiblement... peut’être est-ce cela l’amour éternel, ce mélange de paix et de feu.
Jul Maroh (Le bleu est une couleur chaude)
Jeter de l'huile sur le feu.
Rebecca Rosenberg (Madame Pommery, Creator of Brut Champagne)
Combattre le feu par le feu
Rebecca Rosenberg (Madame Pommery, Creator of Brut Champagne)
Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle! Tu te fondais à lui comme une neige au feu
Arthur Rimbaud (Complete Works)
It is impossible for a Parisian to resist the desire to flick through the old volumes laid out by a bookseller. [Il est impossible, pour un Parisien, de résister au désir de feuilleter de vieux ouvrages étalés par un bouquiniste.]
Gérard de Nerval (Les Filles du feu - Les Chimères)
Jeter de l’huile sur le feu Adding insult to injury As Reynard Wolfe supervises the inventory that determines the company’s fate, I shuffle through correspondence in Louis’s rolltop desk. Louise plays with my chatelaine tools on the Aubusson rug at my feet. She unreels the measuring tape, draws with the pencil, and winds the timepiece. My husband’s gift is useful after all. As
Rebecca Rosenberg (Madame Pommery, Creator of Brut Champagne)
في مكانٍ ما، ينتظرني وجهي الحقيقي
إريك إيمانويل شميت (La Nuit de feu)
Un feu sans allumettes est aussi facile à allumer qu’un éclat d’intelligence dans le regard d’une vache.
Pierre Bottero (D'un monde à l'autre (La Quête d'Ewilan, #1))
Sur terre, ce ne sont pas les occasions de s'émerveiller qui manquent, mais les émerveillés.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Penser à toi, c'est comme jeter des flocons dans un feu. Il est une certaine forme de bonheur qui me fait peur à peu près pour toujours.
Mathias Malzieu (Le plus petit baiser jamais recensé)
Le poète est vraiment voleur de feu.
Arthur Rimbaud (Lettere del veggente)
Eduquer, c'est allumer un feu
Michel de Montaigne
Minne, pâle comme une nuit de lune, se réchauffe, un peu blessée, à ce feu de couleurs, et parfois, toute nue au soleil, un miroir à la main, cherche en vain, à travers son corps mince, l'ombre plus noire de son squelette élégant.
Colette (L'ingénue libertine)
The dragon spits fire, what extinguishes its tears. When we live in rancor, we are born to be old. (Le dragon crache du feu, - Ce qui éteint ses larmes. - Quand on vit de rancune, - On naît pour être vieux.)
Charles de Leusse
L'eau est vraiment l'élément transitoire. Il est la métamorphose ontologique essentielle entre le feu et la terre
Gaston Bachelard (Water and Dreams: An Essay on the Imagination of Matter)
Si le feu brûlait ma maison, qu’emporterais-je? J’aimerais emporter le feu...
Jean Cocteau
Elle lui demanda en quoi un jour de pluie pouvait être beau : il lui énuméra les nuances de couleurs que prendraient le ciel, les arbres et les toits lorsqu'ils se promèneraient tantôt, de la puissance sauvage avec laquelle leur apparaîtrait l'océan, du parapluie qui les rapprocherait pendant la marche, de la joie qu'ils auraient à se réfugier ici pour un thé chaud, des vêtements qui sécheraient auprès du feu, de la langueur qui en découlerait, de l'opportunité qu'ils auraient de faire plusieurs fois l'amour, du temps qu'ils prendraient à se raconter leur vie sous les draps du lit, enfants protégés par une tente de la nature déchaînée...
Éric-Emmanuel Schmitt (Odette Toulemonde et autres histoires)
ليس لديّ سوى يقين واحد، هو أنني سأفقد كلّ شيء.
إريك إيمانويل شميت (La Nuit de feu)
إن ما يشكل روعة الصراع لا نصره ولا هزيمته؛ بل سببه وغايته.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Ses dernières étincelles de vie ont avivé un feu qui a embrasé le monde entier.
Eiichiro Oda
Le pire n'est pas que l'on se brûle, mais que le feu s'éteint.
Natalie Clifford Barney
C'est plus facile de se détruire à petit feu que d'avoir le courage de se remettre en cause.
Guillaume Musso (La fille de papier)
لستُ أكثر من قطعة حياة بين عدمين. العدم الذي سبقني والعدم الذي سيأتي بعدي. وحتى وإن تركتني الأبدية وشأني فإن هذين العدمين يقضمانني.
إريك إيمانويل شميت (La Nuit de feu)
La quantité ne fait pas la vérité.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Fleur de feu. Oh flower of fire. That fire is not hate or fear, which makes flowers come, not terror or anger or lust, it is love that is the fire of the Bite-Me-Not, love which cannot abandon, love which cannot harm. Love which never dies.
Tanith Lee
Mais surtout, nous ne retrouverons pas ce qui nous a poussés l'un vers l'autre, un jour. Cette urgence très pure. Ce moment unique. Il y a eu des circonstances, une conjonction de hasards, une somme de coïncidences, une simultanéité de désirs, quelque chose dans l'air, quelque chose aussi qui tenait à l'époque, à l'endroit, et ça a formé un moment, et ça a provoqué la rencontre, mais tout s'est distendu, tout est reparti dans des directions différentes, tout a éclaté, à la manière d'un feu d'artifice dont les fusées explosent au ciel nocturne dans tous les sens et dont les éclats retombent en pluie, et meurent à mesure qu'ils chutent et disparaissent avant de pouvoir toucher le sol, pour que ça ne brûle personne, pour que ça ne blesse personne, et le moment est terminé, mort, il ne reviendra pas  ; c'est cela qui nous est arrivé.
Philippe Besson (« Arrête avec tes mensonges »)
Fluidité et harmonie. Un marchombre ne recule jamais devant un adversaire, il entre dans son cercle, lui vole son centre, devient maître de sa force et de son équilibre. Un marchombre est eau devant feu, feu devant froid, vent devant le fort, fort devant le faible.
Pierre Bottero (L'Œil d'Otolep (Les Mondes d'Ewilan, #2))
حسب مفكّري اليوم، الإنسان منفرد، ولا مرجع له، وهو المنتج العقلي الوحيد، ويعرّف نفسه بأنه حارس المعنى وسط عالمٍ عبثيّ.
إريك إيمانويل شميت (La Nuit de feu)
على هذه الأرض، ليست مناسبات الدهشة ما نفتقر إليه، إنما نفتقر إلى المندهشين.
إريك إيمانويل شميت (La Nuit de feu)
Dénombrer l'infini, n'est-ce pas le refuser?
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
L’amour, aussi bien que le feu, ne peut subsister sans un mouvement continuel, et il cesse de vivre dès qu’il cesse d’espérer ou de craindre.
François de La Rochefoucauld
Je t'aime passionnément, et je t'aime paisiblement... peut-être est-ce cela l’amour éternel, ce mélange de paix et de feu.
Jul Maroh (Le bleu est une couleur chaude)
Bientôt ou dans un cycle, ce sera de nouveau son tour de me prouver la qualité de son feu. Je ne lui manquerai pas, elle ne me manquera pas--et tout sera consumé.
Natalie Clifford Barney
Les livres ont les mêmes ennemis que l'homme : le feu, l'humide, les bêtes, le temps, et leur propre contenu.
Paul Valéry
– Si votre maison brûlait, qu’emporteriez- vous ? – J’emporterais le feu.
Jean Cocteau
Avec ma main brûlée j'ai le droit maintenant d'écrire des phrases sur la nature du feu.
Gustave Flaubert
Maintenant tu n'as plus de refuges. Tu as peur, tu attends que tout s'arrête, la pluie, les heures, le flot des voitures, la vie, les hommes, le monde, que tout s'écroule, les murailles, les tours, les planchers et les plafonds; que les hommes et les femmes, les vieillards et les enfants, les chiens, les chevaux, les oiseaux, un à un, tombent à terre, paralysés, pestiférés, épileptiques; que le marbre s'effrite, que le bois se pulvérise, que les maisons s'abattent en silence, que les pluies diluviennes dissolvent les peintures, disjoignent les chevilles des armoires centenaires, déchiquettent les tissus, fassent fondre l'encre des journaux; q'un feu sans flammes ronge les marches des escaliers; que les rues s'effondrent en leur exact milieu, découvrant le labyrinthe béant des égouts; que la rouille et la brume envahissent la ville.
Georges Perec (Un homme qui dort)
One's thought patterns become different, he said, when forced into the confines of a rigid and unfamiliar tongue. Certain common ideas become inexpressible; other, previously undreamt-of ones spring to life, finding miraculous new articulation. I can only say that an incendium is in its nature entirely different from the feu with which a Frenchman lights his cigarette, and both are very different from the stark, inhuman pur that the Greeks knew, the pur that roared from the towers of Ilion or leapt and screamed on that desolate, windy beach, from the funeral pyre of Patroklos.
Donna Tartt (The Secret History)
À l'horloge de tes baisers, le temps se ramollit. Le jour met son pyjama d'étoiles en cachette et s'évapore. L'orchestre à moteur qui fulmine au feu rouge joue en sourdine. La lune te regarde à travers la fenêtre. Elle va peindre ses reflets sur ta peau. Du bout de mes doigts, je m'efforcerai d'être un tout petit peu plus que son pinceau.
Mathias Malzieu (Le plus petit baiser jamais recensé)
Oh Barbara Quelle connerie la guerre Qu'es-tu devenue maintenant Sous cette pluie de fer De feu d'acier de sang Et celui qui te serrait dans ses bras Amoureusement Est-il mort disparu ou bien encore vivant Oh Barbara Il pleut sans cesse sur Brest Comme il pleuvait avant Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé C'est une pluie de deuil terrible et désolée Ce n'est même plus l'orage De fer d'acier de sang Tout simplement des nuages Qui crèvent comme des chiens Des chiens qui disparaissent Au fil de l'eau sur Brest Et vont pourrir au loin Au loin très loin de Brest Dont il ne reste rien.
Jacques Prévert (Paroles)
Shame on military glory, shame on armies, shame on the soldier's profession, which changes men, some into stupid victims, others into base executioners. Yes shame, that's true – but it's too true, it's true in eternity, but not yet for us.
Henri Barbusse (Under Fire)
je finirai bien par te rencontrer quelque part bon dieu! et contre tout ce qui me rend absent et douloureux par le mince regard qui me reste au fond du froid j'affirme ô mon amour que tu existes je corrige notre vie nous n'irons plus mourir de langueur à des milles de distance dans nos rêves bourrasques des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres les épaules baignées de vols de mouettes non j'irai te chercher nous vivrons sur la terre la détresse n'est pas incurable qui fait de moi une épave de dérision, un ballon d'indécence un pitre aux larmes d'étincelles et de lésions profondes frappe l'air et le feu de mes soifs coule-moi dans tes mains de ciel de soie la tête la première pour ne plus revenir
Gaston Miron (L'Homme rapaillé)
هل خلق الإنسان المعنى أو أنَّ خالقًا آخر، أي الله، سبقه؟
إريك إيمانويل شميت (La Nuit de feu)
Le besoin de comprendre ne se résume pas à un appétit de rationalité, c'est le besoin de se rassurer en identifiant les ténèbres, en mettant de l'ordre dans le chaos.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Ce qui constitue la beauté d'une bataille, ce n'est ni le succès ni la défaite, c'est la raison de la bataille.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Si le voyageur n'espère rien, Il ne verra que ce que voient les yeux.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Dieu n'est présent en moi que sous la forme de sa question.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Par Odin, Thor et Tom Hiddleston !
Morgane J.A. (Entre Feu & Glace)
تظل الموهبة عديمة النفع إذا التزمت بخدمة نفسها، دون أي هدف آخر غير الظهور إلى العلن للتعريف بذاتها ونيل الإعجاب والتصفيق لها. يجدر بالموهبة الحق أن تنقل قيماً تحملها وتتجاوزها
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
The value of Greek prose composition, he said, was not that it gave one any particular facility in the language that could not be gained as easily by other methods but that if done properly, off the top of one's head, it taught one to think in Greek. One's thought patterns become different, he said, when forced into the confines of a rigid and unfamiliar tongue. Certain common ideas become inexpressible; other, previously undreamt-of ones spring to life, finding miraculous new articulation. By necessity, I suppose, it is difficult for me to explain in English exactly what I mean. I can only say that an incendium is in its nature entirely different from the feu with which a Frenchman lights his cigarette, and both are very different from the stark, inhuman pur that the Greeks knew, the pur that roared from the towers of Ilion or leapt and screamed on that desolate, windy beach, from the funeral pyre of Patroklos. Pur: that one word contains for me the secret, the bright, terrible clarity of ancient Greek. How can I make you see it, this strange harsh light which pervades Homer's landscapes and illumines the dialogues of Plato, an alien light, inarticulable in our common tongue? Our shared language is a language of the intricate, the peculiar, the home of pumpkins and ragamuffins and bodkins and beer, the tongue of Ahab and Falstaff and Mrs. Gamp; and while I find it entirely suitable for reflections such as these, it fails me utterly when I attempt to describe in it what I love about Greek, that language innocent of all quirks and cranks; a language obsessed with action, and with the joy of seeing action multiply from action, action marching relentlessly ahead and with yet more actions filing in from either side to fall into neat step at the rear, in a long straight rank of cause and effect toward what will be inevitable, the only possible end. In a certain sense, this was why I felt so close to the other in the Greek class. They, too, knew this beautiful and harrowing landscape, centuries dead; they'd had the same experience of looking up from their books with fifth-century eyes and finding the world disconcertingly sluggish and alien, as if it were not their home. It was why I admired Julian, and Henry in particular. Their reason, their very eyes and ears were fixed irrevocably in the confines of those stern and ancient rhythms – the world, in fact, was not their home, at least the world as I knew it – and far from being occasional visitors to this land which I myself knew only as an admiring tourist, they were pretty much its permanent residents, as permanent as I suppose it was possible for them to be. Ancient Greek is a difficult language, a very difficult language indeed, and it is eminently possible to study it all one's life and never be able to speak a word; but it makes me smile, even today, to think of Henry's calculated, formal English, the English of a well-educated foreigner, as compared with the marvelous fluency and self-assurance of his Greek – quick, eloquent, remarkably witty. It was always a wonder to me when I happened to hear him and Julian conversing in Greek, arguing and joking, as I never once heard either of them do in English; many times, I've seen Henry pick up the telephone with an irritable, cautious 'Hello,' and may I never forget the harsh and irresistible delight of his 'Khairei!' when Julian happened to be at the other end.
Donna Tartt (The Secret History)
D’ailleurs la mort est toujours là ; n’est-elle pas partout sous les pieds de l’homme, qui la rencontre à chaque pas dans cette vie ? L’eau, le feu, la terre, tout la lui offre sans cesse ; il la voit partout dès qu’il la cherche, il la porte à son côté.
Alfred de Musset (La nuit vénitienne)
Alors que la lumière s'épuise de faire des trous dans les nuages, je me couche sur la plage, devant un feu de bois, les chiens contre le flanc, la kayak remonté de moitié sur la rive et, écoutant la musique de la houle, je regarde griller mes poissons embrochés sur des pics de bois vert en pensant que la vie ne devrait être que cela: l'hommage rendu par l'adulte à ses rêves d'enfant.
Sylvain Tesson (Dans les forêts de Sibérie)
Ce n'est pas plus mon affaire d'épouser Edgar Linton que d'être au ciel; et si l'individu pervers qui est ici n'avait pas ainsi dégradé Heathcliff, je n'y aurais jamais songé. Ce serait me dégrader moi-même, maintenant, que d'épouser Heathcliff. Aussi ne saura-t-il jamais comme je l'aime; et cela, non parce qu'il est beau, Nelly, mais parce qu'il est plus moi-même que je ne le suis. De quoi que soient faites nos âmes, la sienne et la mienne sont pareilles et celle de Linton est aussi différente des nôtres qu'un rayon de lune d'un éclair ou que la gelée du feu.
Emily Brontë (Wuthering Heights)
Cette encombrante enveloppe qu'il lui fallait laver, remplir, réchauffer au coin du feu ou sous la toison d'une bête morte, coucher le soir comme un enfant ou comme un vieillard imbécile, servait contre lui d'otage à la nature entière et, pis encore, à la société des hommes. (L'abîme)
Marguerite Yourcenar (L'Œuvre au noir)
Comme ils ne supportent pas l'ignorance, les hommes créent des savoirs. Ils inventent des myths, ils inventent des dieux, ils inventent un dieu, ils inventent des sciences. Les dieux changent, se succèdent, meurent, les modèles cosmolgiques également, et ne persiste qu'une ambiance, celle d'expliquer.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Oh ! qu'on m'aille donc, au lieu de cela, chercher quelque jeune vicaire, quelque vieux curé, au hasard, dans la première paroisse venue, qu'on le prenne au coin de son feu, lisant son livre et ne s'attendant à rien, et qu'on lui dise : – Il y a un homme qui va mourir, et il faut que ce soit vous qui le consoliez. Il faut que vous soyez là quand on lui liera les mains, là quand on lui coupera les cheveux; que vous montiez dans sa charrette avec votre crucifix pour lui cacher le bourreau; que vous soyez cahoté avec lui par le pavé jusqu'à la Grève : que vous traversiez avec lui l'horrible foule buveuse de sang; que vous l'embrassiez au pied de l'échafaud, et que vous restiez jusqu'à ce que la tête soit ici et le corps là. Alors, qu'on me l'amène, tout palpitant, tout frissonnant de la tête aux pieds; qu'on me jette entre ses bras, à ses genoux; et il pleurera, et nous pleurerons, et il sera éloquent, et je serais consolé, et mon cœur se dégonflera dans le sien, et il prendra mon âme, et je prendrais son Dieu.
Victor Hugo (The Last Day of a Condemned Man)
Je pense à Dora Bruder. Je me dis que sa fugue n'était pas aussi simple que la mienne une vingtaine d'années plus tard, dans un monde redevenu inoffensif. Cette ville de décembre 1941, son couvre-feu, ses soldats, sa police, tout lui était hostile et voulait sa perte. A seize ans, elle avait le monde entier contre elle, sans qu'elle sache pourquoi.
Patrick Modiano (Dora Bruder)
Les muettes étoiles ont toujours rendu les hommes bavards.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
عشت على الدوام دون أن أنتبه، لم أكن أميز فرط النشاط من سعادة الوجود. تحركت فعلا اكثر مما استمتعت. وتراكمت عليّ المشاكل وأنا أهمل الاستمتاع بالكنز البسيط : أن أحيا
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Les histoires qu'on raconte sont nécessaires à l'âme comme l'eau l'est à la terre pour que les plantes fleurissent.
Wendy Delorme (Viendra le temps du feu)
L'absence diminue les médiocres passions, et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies, et allume le feu.
François de La Rochefoucauld
Tu es mon pare-feu, ne change rien. Tu me protèges.
Arnaud Cathrine (J'entends des regards que vous croyez muets)
Sitôt que le soleil pénètre dans une pièce où pétille un feu, le feu disparaît.
Michael Ondaatje
Elle était l’héritière des cendres et du feu et elle ne plierait devant personne.
Sarah J. Maas (L'Héritière du feu (Keleana, #3))
Je me fais une destinée en rapport avec le feu qui m’anime
Stendhal
L’absence est à l’amour ce qu’est au feu le vent; il éteint le petit, il allume le grand
Roger de Rabutin
Wet are the lips for the fire extinguish. (Humides sont les lèvres Pour le feu éteindre)
Charles de Leusse
Mon canard est en feu!
Howard Tayler (Resident Mad Scientist (Schlock Mercenary, #6))
Le feu de l'amour et le feu de la colère brillent dans toutes les vertus.
Friedrich Nietzsche (Thus Spoke Zarathustra)
La Maladie et la Mort font des cendres De tout le feu qui pour nous flamboya.
dareen abda
Est-ce que ça me regarde ? Est-ce que je n'avais pas à mettre mes haricots sur le feu ?...
Émile Zola (La Faute de l'abbé Mouret (Les Rougon-Macquart, #5))
L'acier, l'airain plus fortement s'allume que les roseaux qu'un feu léger consume.
Voltaire (La Pucelle; Or, the Maid of Orléans: A Poem, in XXI Cantos. Volume 1 of 2.)
We call such a prohibition a curfew, a word derived from Norman French covre le feu: “cover the fire!
Richard Rhodes (Energy: A Human History)
La guerre avait brûlé les uns, réchauffé les autres, comme le feu torture ou conforte, selon qu'on est placé dedans ou devant. Faut se débrouiller voilà tout.
Louis-Ferdinand Céline (Voyage au bout de la nuit)
Il sentait les rafales lui glacer le dos, pendant que sa poitrine brûlait, devant le grand feu.
Émile Zola (Germinal (Les Rougon-Macquart, #13))
Oui, la beauté ne saurait jamais nous faire oublier notre condition tragique. Il y a une beauté proprement humaine, ce feu d'esprit qui brûle, s'il brûle, au-delà du tragique.
François Cheng (Cinq méditations sur la beauté)
— Il faut être juste, lui dis-je ; il y a des millions d'hommes qui sont assujetis au travail physique, — Bien, qu'ils le soient S C'est qu'ils ne savent pas faire autre chose ; n'importe qui, même un imbécile fini et un malfaiteur, peut s'occuper de travail physique ; ce travail est le propre de l'esclave et du barbare, tandis que le feu sacré n'est donné qu'à peu de personnes !
Anton Chekhov
Te saluer comme on lance un bouquet d’oeillets l’été sur des dalles fraîches. Prononcer ton nom comme on allume un feu dans une rue déserte. Te toucher comme on touche le pain quand lui seul fait vivre.
Claude de Burine
Pencroff, qui connaissait cinquante-deux manières d'accommoder les œufs, n'avait pas le choix en ce moment. Il dut se contenter de les introduire dans les cendres chaudes, et de les laisser durcir à petit feu.
Jules Verne (The Mysterious Island)
Ma véritable vie est née Après que j’ai connu Jeannot Maintenant nous mélangeons nos Chaussures dans la cheminée ✫ C’est pour toi que je fais des livres Pour toi des pièces et des vers Je les voudrais pareils au givre Que la vitre montre à l’envers ✫ Cette nuit Noël va descendre Pour nous réchauffer un peu Car il – comme la salamandre Pose ses pieds sur le feu. (Poèmes de Noël de Jean Cocteau pour Jean Marais)
Jean Cocteau
Lorsque j’ai commencé à voyager en Gwendalavir aux côtés d'Ewìlan et de Salim, je savais que, au fil de mon écriture, ma route croiserait celle d'une multitude de personnages. Personnages attachants ou irritants, discrets ou hauts en couleurs, pertinents ou impertinents, sympathiques ou maléfiques... Je savais cela et je m'en réjouissais. Rien, en revanche, ne m'avait préparé à une rencontre qui allait bouleverser ma vie. Rien ne m'avait préparé à Ellana. Elle est arrivée dans la Quête à sa manière, tout en finesse tonitruante, en délicatesse remarquable, en discrétion étincelante. Elle est arrivée à un moment clef, elle qui se moque des serrures, à un moment charnière, elle qui se rit des portes, au sein d’un groupe constitué, elle pourtant pétrie d’indépendance, son caractère forgé au feu de la solitude. Elle est arrivée, s'est glissée dans la confiance d'Ewilan avec l'aisance d'un songe, a capté le regard d’Edwin et son respect, a séduit Salim, conquis maître Duom... Je l’ai regardée agir, admiratif ; sans me douter un instant de la toile que sa présence, son charisme, sa beauté tissaient autour de moi. Aucun calcul de sa part. Ellana vit, elle ne calcule pas. Elle s'est contentée d'être et, ce faisant, elle a tranquillement troqué son statut de personnage secondaire pour celui de figure emblématique d'une double trilogie qui ne portait pourtant pas son nom. Convaincue du pouvoir de l'ombre, elle n'a pas cherché la lumière, a épaulé Ewilan dans sa quête d'identité puis dans sa recherche d'une parade au danger qui menaçait l'Empire. Sans elle, Ewilan n'aurait pas retrouvé ses parents, sans elle, l'Empire aurait succombé à la soif de pouvoir des Valinguites, mais elle n’en a tiré aucune gloire, trop équilibrée pour ignorer que la victoire s'appuyait sur les épaules d'un groupe de compagnons soudés par une indéfectible amitié. Lorsque j'ai posé le dernier mot du dernier tome de la saga d'Ewilan, je pensais que chacun de ses compagnons avait mérité le repos. Que chacun d'eux allait suivre son chemin, chercher son bonheur, vivre sa vie de personnage libéré par l'auteur après une éprouvante aventure littéraire. Chacun ? Pas Ellana. Impossible de la quitter. Elle hante mes rêves, se promène dans mon quotidien, fluide et insaisissable, transforme ma vision des choses et ma perception des autres, crochète mes pensées intimes, escalade mes désirs secrets... Un auteur peut-il tomber amoureux de l'un de ses personnages ? Est-ce moi qui ai créé Ellana ou n'ai-je vraiment commencé à exister que le jour où elle est apparue ? Nos routes sont-elles liées à jamais ? — Il y a deux réponses à ces questions, souffle le vent à mon oreille. Comme à toutes les questions. Celle du savant et celle du poète. — Celle du savant ? Celle du poète ? Qu'est-ce que... — Chut... Écris.
Pierre Bottero (Ellana (Le Pacte des MarchOmbres, #1))
Je m'entends dire : "Il y a en moi ce qui se trouve chez beaucoup d'hommes dans le monde, amours, coups de feu, des phrases pleines d'épines, aucune envie d'en parler. Nous sommes ordinaires nous autres hommes. Ce qui est spécial, c'est vivre, regarder le soir le creux de sa main et savoir que le lendemain sera nouveau, que le tailleur de la nuit coud la peau, raccommode les cals, reprise les accrocs et dégonfle la fatigue." (p. 44)
Erri De Luca (Tre cavalli)
C’est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m’a semblé que le ciel s’ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon être s’est tendu et j’ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J’ai secoué la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux. Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût. Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur
Albert Camus (The Stranger)
Du fait que l'on confond souvent amour et feu d'artifice, passion et dysfonctionnement. Mais le véritable amour est très calme, très tranquille. Il est ennuyeux, comparé au tumulte de la passion. L'amour est profond, calme et constant
Alex Michaelides (The Silent Patient)
L'absence diminue les médiocres passions, et augmente les grands, comme le vent éteint les bougies et allume le feu. "Absence diminishes the lesser passions and increases the great ones, just as the wind extinguishes candles but fans a great fire.
François de La Rochefoucauld (Reflexions Ou Sentences Et Maximes Morales... (French Edition))
Toute ma vie fut la promesse De cette rencontre avec toi. C’est Dieu qui t’envoie, je le sais Pour me garder jusqu’à la mort… Tu apparaissais dans mes rêves ; Sans te voir je te chérissais Ton regard me faisait languir, Ta voix résonnait dans mon âme Depuis toujours… En vérité Je t’ai reconnu tout de suite. Ce fut pour moi un froid, un feu, Et dans mon cœur, j’ai dit : c’est lui ! Je t’entendais dans le silence, Quand j’allais secourir les pauvres Ou quand la prière apaisait L’angoisse de mon âme en peine.
Alexander Pushkin (Eugene Onegin)
Donc le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l'humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ; si ce qu'il rapporte de là-bas a forme, il donne forme ; si c'est informe, il donne de l'informe. Trouver une langue ;
Arthur Rimbaud
De ce visage en feu, la voix effrayante proféra : "Pape Clément!... Chevalier Guillaume!... Roi Philippe!... Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races!...
Maurice Druon
Cela attiserait la flamme du scandale, et l'incendie grossirait jusqu'à la consumer toutes les deux. Mais Ead considérait le feu comme son ami, et elle plongeait dans la fournaise pour Sabran Berethnet, pour une nuit avec elle. Qu'ils viennent avec leurs épées et leurs torches. Qu'ils viennent.
Samantha Shannon (The Priory of the Orange Tree (The Roots of Chaos, #1))
من أنا؟ شمعة ساهرة في قلب الظلام ستُخمدها الريح؟ يا للمهزلة! الآن بوسعي الصراخ "أنا موجود" لكن تأكيدي يتلبسه الرعب، إذ أن في داخلي سورة تصيح وتثور، لن أكون موجودا إلى الأبد. لست سوى لحظة بين لانهايتين، الأزلية قبلي والأزلية بعدي. لست أكثر من قطعة حياة بين عدمين، العدم الذي سبقني والعدم الذي سيأتي بعدي.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Il pleut doucement, ma mère, Et c’est l’automne Si doucement Que c’est la même pluie Et le même automne Qu’il y a bien des ans. Il pleut et il y a encore, Comme il y a bien des ans, Combien de cœurs au fil de l’eau Et combien de petits sabots Rêvant au coin de l’âtre. Et c’est le soir, ma mère, Et tes genoux sont là Si près du feu Que c’est le même soir Et les mêmes genoux Qu’il y a bien des ans. Il pleut doucement, ma mère, Et c’est l’automne Et c’est le soir, ma mère, Et tes genoux sont là. Prends-moi sur tes genoux, ce soir, Comme il y a bien des ans Et raconte-moi l’histoire De la Belle au bois dormant.
Maurice Carême
Il faut se séparer, il faut se couper non seulement de l’être aimé, mais de tout ce qui a été notre vie jusque-là, notre bien-être, notre chez-soi, notre vie calme et sans histoires. Sans cette coupure radicale, sans cette séparation douloureuse, le nouveau feu ne jaillira pas. Nous resterons près de la terre.
Nahal Tajadod (Sur les pas de Rûmi)
La différence de ceux qui sont frappés demeure dans la ressemblance des maux qui les frappent ; et pour être exposés aux mêmes tourments, la vertu et le vice ne se confondent pas. Car, comme un même feu fait briller l’or et noircir la paille, comme un même fléau écrase le chaume et purifie le froment, ou encore, comme le marc ne se mêle pas avec l’huile, quoiqu’il soit tiré de l’olive par le même pressoir, ainsi un même malheur, venant à tomber sur les bons et sur les méchants, éprouve, purifie et fait resplendir les uns, tandis qu’il damne, écrase et anéantit les autres. C’est pour cela qu’en une même affliction, les méchants blasphèment contre Dieu, les bons, au contraire, le prient et le bénissent : tant il importe de considérer, non les maux qu’on souffre, mais l’esprit dans lequel on les subit ; car le même mouvement qui tire de la boue une odeur fétide, imprimé à un vase de parfums, en fait sortir les plus douces exhalaisons.
Augustine of Hippo (Saint Augustin: les 9 oeuvres majeures et complètes (Les confessions, La cité de Dieu, De la trinité, Traité du libre arbitre...) (French Edition))
Regardez mon enfant, voyez l'éclat de ses boucles folles et son sourire pareil à un vol de papillon. Un tel visage ne peut pas être celui de quelqu'un qui meurt à petit feu. Je ne la connais que depuis deux ans. Mais si vous preniez chaque souvenir, chaque instant, si vous les étiriez bout à bout, ça ferait une éternité.
Jodi Picoult (My Sister's Keeper)
Si les autres brûlent, c'est que j'aurai allumé ce putain de feu moi-même. Car si les tuer peut t'avantager d'une quelconque façon, je brûlerai le monde sans hésiter. Et je le ferai avec plaisir. Et si tu voulais me voir brûler avec eux, alors je me jetterais aussi dans les flammes, et je mourrais avec un sourire aux lèvres.
Orlane Gray (La tour des Immortels)
Na Ziemi nie brak okazji do zadziwienia się, brak natomiast zadziwionych.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
W gruncie rzeczy wszystkie wyjaśnienia mają to samo źródło: strach, że żadnego się nie znajdzie.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Kto mnie tu umieścił, na tym okrągłym kamieniu? W jakim celu? I dlaczego na tak krótko?
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Gdy rozstajemy się z osobami, które bardzo polubiliśmy, lgnie do nich jakaś sekretna melancholia.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Pourquoi la nature aurait-elle accouché d’un poisson si elle n’avait pas inventé l’eau..
Éric-Emmanuel Schmitt
Le déguisement, ça me connaît : j'ai vécu vingt ans avec mon père déguisé en ma tante.
Emmanuelle Bayamack-Tam (Une fille du feu)
Intimement, J'en ai le désir, presque le goût. Mourir plutôt qu'attendre la mort.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Yuyeh sesh. Ni weh sesh Ignore ton cœur. Je n'ai pas de cœur
Leigh Bardugo (L'Oiseau de feu (Grisha #3))
عندما أخضع لبرنامج زمني دقيق، يراودني شعور بأنني دخلت الأسر، كأنني أمام ورقة امتحان. لا أفعل شيئاً سوى ملء الفراغات أو إثبات صحة الرسم. لا أعود حياً.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Mon cœur est un phœnix cherchant à s'envoler dans un monde hivernal et glacé.
Morgane J.A. (Entre Feu & Glace)
Peut-être était-ce seulement en se perdant que l'on cherchait à se trouver.
Morgane J.A. (Entre Feu & Glace)
Astronaute, j'explorais tous les secrets d'un univers bien plus vaste que ce que j'imaginais.
Morgane J.A. (Entre Feu & Glace)
S'il pouvait trouver la lumière, ne serait-ce que dans le ciel, c'était bien ici.
Morgane J.A. (Entre Feu & Glace)
-Charmant-anglais-qui-m'a-aidé-à-retrouver-mon-chemin ne te plaît pas ? -Si Maladroite-française-qui-a-détruit-mon-burger te convient, ça me va aussi. -Moi c'est Freya.
Morgane J.A. (Entre Feu & Glace)
عندما أقول أنا موجود. فهذا ياني أني لن أكون موجودا بعد ذلك. وكلمة حي ليست سوى المرادف الحقيقي لكلمة فان. يصبح كبريائي هو عوزي. وقوتي أمسي نقصاني. ويمتزج الفخر بالخوف .
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
La tension dramatique, c’est la véritable malédiction du roman parce qu’elle transforme tout, même les plus belles pages, même les scènes et les observations les plus surprenantes, en une simple étape menant au dénouement final, où se concentre le sens de tout ce qui précède. Dévoré par le feu de sa propre tension, le roman se consume comme une botte de paille
Milan Kundera (Immortality)
Si, d'aventure, il prenait à mes meubles la fantaisie de se faire épousseter le jour où j'aurais quelque chose de plus intéressant à faire, je revendique hautement le droit de les précipiter tous dans le feu de joie le plus proche, de m'établir près du brasier et d'y réchauffer gaiement mes pieds glacés après avoir vendu tous mes chiffons au premier chineur venu.
Elizabeth von Arnim (Elizabeth and Her German Garden (Elizabeth))
A présent j'avais sous la main un vaste fragment méthodique de l'histoire totale d'une planète inconnue, avec ses architectures et ses querelles, avec la frayeur de ses mythologies et la rumeur de la langue, avec ses empereurs et ses mers, avec ses minéraux et ses oiseaux et ses poissons, avec son algèbre et son feu, avec ses controverses théologiques et métaphysiques.
Jorge Luis Borges (Fictions/Ficciones)
L'être voué à l'eau est un être en vertige. Il meurt à chaque minute, sans cesse quelque chose de sa substance s'écoule. La mort quotidienne n'est pas la mort exubérante du feu qui perce le ciel de ses flèches; la mort quotidienne est la mort de l'eau. L'eau coule toujours, l'eau tombe toujours, elle finit toujours en sa mort horizontale. [...] La peine de l'eau est infinie.
Gaston Bachelard (Water and Dreams: An Essay on the Imagination of Matter)
Par l'univers ! Je crois que ma femme est honnête et qu'elle ne l'est pas ; je crois que tu es probe et que tu ne l'es pas ; je veux avoir quelque preuve. Son nom, qui était pur comme le visage de Diane, est maintenant terni et noir comme ma face !... S'il y a encore des cordes ou des couteaux, des poisons ou du feu ou des flots suffocants, je n'endurerai pas cela ! Oh ! avoir la certitude !
William Shakespeare (Othello)
[…] chacun souhaitait le voir, et ceux qui, habitués par le passé aux émotions violentes, ne ressentaient que le poids de l’ennui, se réjouissaient d’avoir en leur présence un objet capable de retenir leur attention. Rien ne venait jamais échauffer son visage d’une pâleur mortelle, pourtant doté d’une forme régulière et de beaux traits, ni le rouge de la modestie ou le feu plus intense de la passion […].
John William Polidori (Le Vampyre suivi de Lord Ruthwen ou Les Vampires)
Cambrant sous le ciel son ventre luisant et liquide, la mer, fiancée monstrueuse, attendait l'amant de feu qui descendait vers elle. Il précipitait sa chute, empourpré comme par le désir de leur embrassement. Il la joignit ; et, peu à peu, elle le dévora. Alors de l'horizon une fraîcheur accourut ; un frisson plissa le sein mouvant de l'eau comme si l'astre englouti eût jeté sur le monde un soupir d'apaisement.
Guy de Maupassant (Une vie)
The history of Vietnam lies in this bowl, for it is in Hanoi, the Vietnamese heart, that phở was born, a combination of the rice noodles that predominated after a thousand years of Chinese occupation and the taste for beef the Vietnamese acquired under the French, who turned their cows away from ploughs and into bifteck and pot-au-feu. The name of their national soup is pronounced like this French word for fire...
Camilla Gibb (The Beauty of Humanity Movement)
Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Li. Ta. Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita.
Vladimir Nabokov (Lolita)
Le veritable voyage consiste toujours en la confrontation d'un imaginaire a une realite: il se situe entre ces deux mondes. Une secrete melancolie s'attache aux etres que l'on quitte apres les avoir beaucoup aimes.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
- Dostarczenie dowodu należy do tego, kto wysuwa twierdzenie. Jeśli utrzymuję, że centaury istnieją, muszę poprzeć swoją tezę. - Ktoś, kto nie chce wierzyć, zawsze wynajduje powody. - Ktoś, kto chce wierzyć, również!
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
- Tu es belle, me murmura-t-il. - Si tu le dis... - Tu ne me crois pas ? T'ai-je déjà menti ? - Ce n'est pas ça. Je voulais dire que, à partir du moment où tu le dis, ça devient vrai.C'est ton regard qui me rend belle.
Diana Gabaldon (La croix de feu)
Ma soeur a mis le feu à sa chambre en lisant la nuit avec une lampe de poche sous son duvet pour que mon père ne voie pas de lumière passer sous la porte. Mais elle l'a éteint toute seule, en battant l'édredon contre le mur, et en ouvrant la fenêtre pour évacuer la fumée. Quand ma mère entre le matin dans sa chambre, elle trouve tout cramé. Mes parents n'ont plus la force de rosser ma soeur, elle résiste trop dignement à leurs coups.
Hervé Guibert (My Parents (Masks))
Les mots sont les ombres pâlies de noms oubliés. De même que les noms, les mots ont aussi un pouvoir. Les mots peuvent allumer des incendies dans l'esprit des hommes. Les mots peuvent tirer les larmes des cœurs les plus endurcis. Il y a les sept mots qui rendront une femme amoureuse de toi. Il y a les dix mots qui réduiront à néant la volonté d'un homme fort. Mais un mot n'est rien d'autre que la peinture d'un feu. Un nom, c'est le feu lui-même.
Patrick Rothfuss (The Name of the Wind (The Kingkiller Chronicle, #1))
Jean-François Copé en donnera un exemple comique en montant prestement sur la tribune au moment de l'ovation vibrante qui salue le discours de François Fillon, faisant ainsi croire que ces applaudissements s'adressaient à lui.
Roselyne Bachelot (À Feu et à sang)
تصوري للسفر قد تغير: فاتجاه الرحلة أقل أهمية مما ستهجره وتتخلى عنه. ليس الرحيل أن تبحث، بل أن تترك كل شيء، أقرباءك وجيرانك وعاداتك ورغباتك وآراءك وحتى ذاتك. ليس الرحيل سوى استسلام للمجهول، لغير المتوقع، للاحتمالات اللا متناهية، لا بل للمستحيل. أن ترحل معناه أن تضيع كل العلامات التي تعرفها، أن تترك جانباً السيطرة على ذاتك، والوهم بأنك تعرف، أن تحفر في داخلك وتعثر على تدبير استشفائي كي تجعل كل ما هو استثنائي يظهر. والمسافر الحقيقي، يبقى دون حقائب ودون هدف
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Położył mi rękę na ramieniu, utkwił we mnie swe jasne tęczówki i, choć dzisiaj nie potrafię stwierdzić, czy to powiedział, czy zrozumiałem go bez słów, dał mi swoją ostatnią radę Saharyjczyka: - Nie zapomnij tego, co niezapomniane.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
L’Eternité Elle est retrouvée. Quoi ? – L’Eternité. C’est la mer allée Avec le soleil. Ame sentinelle, Murmurons l’aveu De la nuit si nulle Et du jour en feu. Des humains suffrages, Des communs élans Là tu te dégages Et voles selon. Puisque de vous seules, Braises de satin, Le Devoir s’exhale Sans qu’on dise : enfin. Là pas d’espérance, Nul orietur. Science avec patience, Le supplice est sûr. Elle est retrouvée. Quoi ? – L’Eternité. C’est la mer allée Avec le soleil.
Arthur Rimbaud
J’habite une blessure sacrée j’habite des ancêtres imaginaires j’habite un vouloir obscur j’habite un long silence j’habite une soif irrémédiable j’habite un voyage de mille ans j’habite une guerre de trois cent ans j’habite un culte désaffecté entre bulbe et caïeu j’habite l’espace inexploité j’habite du basalte non une coulée mais de la lave le mascaret qui remonte la valleuse à toute allure et brûle toutes les mosquées je m’accommode de mon mieux de cet avatar d’une version du paradis absurdement ratée -c’est bien pire qu’un enfer- j’habite de temps en temps une de mes plaies chaque minute je change d’appartement et toute paix m’effraie tourbillon de feu ascidie comme nulle autre pour poussières de mondes égarés ayant crachés volcan mes entrailles d’eau vive je reste avec mes pains de mots et mes minerais secrets j’habite donc une vaste pensée mais le plus souvent je préfère me confiner dans la plus petite de mes idées
Aimé Césaire (Notebook of a Return to the Native Land (Wesleyan Poetry Series))
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit: « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais », répond le colibri, « mais je fais ma part.
Pierre Rabhi (La part du colibri: L'Espèce humaine face à son devenir)
Orgueilleux, Henri Guaino répète à qui veut l'entendre : « C'est moi qui ai fait gagner Chirac en 1995, qui ai fait gagner Sarkozy en 2007, et qui le ferai encore gagner en 2012. Et puis, en 2017, ce sera mon tour d'être Président de la République. »
Roselyne Bachelot (À Feu et à sang)
Sure, there are good things, lots, sure, blow jobs, chocolate mousse, winning streaks, the warm fire in your enemy’s house, good book, hunk of cheese, flagon of ale, office raise, championship ring, the misfortunes of others, sure, good things, beyond count, queens, kings, old clocks, comfy clothes, lots, innumerable items in stock, baseball cards and bingo buttons, pot-au-feu, listen, we could go on and on like a long speech, sure it’s a great world, sights to see, canyons full of canyon, corn on the cob, the eroded great pyramids, contaminated towns, eroded hillsides, deleafed trees, those whitened limbs stark and noble in the evening light, geeeez, what gobs of good things, no shit, service elevators, what would we do without, and all the inventions of man, Krazy Glue and food fights, girls wrestling amid mounds of Jell-O, drafts of dark beer, no end of blue sea, formerly full of fish, eroded hopes, eruptions of joy, because we’re winning, have won, won, won what? the . . . the Title.
William H. Gass (Tests of Time)
- Czy w twoim kraju jest pustynia? - Nie. (...) - Więc jak sobie radzisz? Zrozumiałem jego pytanie. Znaczyło: jak sobie radzisz, gdy chcesz porozmyślać? (...) W odpowiedzi pokazałem mu niebo... Zrozumiał i uśmiechnął się, uspokojony: miałem swoją część pustyni!
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Tu viens d'incendier la Bibliothèque ? - Oui. J'ai mis le feu là. - Mais c'est un crime inouï ! Crime commis par toi contre toi-même, infâme ! Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme ! C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler ! Ce que ta rage impie et folle ose brûler, C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage Le livre, hostile au maître, est à ton avantage. Le livre a toujours pris fait et cause pour toi. Une bibliothèque est un acte de foi Des générations ténébreuses encore Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore. Quoi! dans ce vénérable amas des vérités, Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés, Dans ce tombeau des temps devenu répertoire, Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire, Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir, Dans ce qui commença pour ne jamais finir, Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles, Dans le divin monceau des Eschyles terribles, Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon, Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison, Tu jettes, misérable, une torche enflammée ! De tout l'esprit humain tu fais de la fumée ! As-tu donc oublié que ton libérateur, C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur; Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine, Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine Il parle, plus d'esclave et plus de paria. Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria. Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ; Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ; Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ; Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître, Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant, Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ; Ton âme interrogée est prête à leur répondre ; Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre, Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs, Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs ! Car la science en l'homme arrive la première. Puis vient la liberté. Toute cette lumière, C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins ! Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints. Le livre en ta pensée entre, il défait en elle Les liens que l'erreur à la vérité mêle, Car toute conscience est un noeud gordien. Il est ton médecin, ton guide, ton gardien. Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte. Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute ! Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir, Le droit, la vérité, la vertu, le devoir, Le progrès, la raison dissipant tout délire. Et tu détruis cela, toi ! - Je ne sais pas lire.
Victor Hugo
– On ne pense qu'à quoi ? – Tu sais très bien ce que je veux dire. – Pour ça, oui. Je me demandais simplement... c'est une insulte ou un compliment ? J'ouvris la bouche, puis la refermai, lui renvoyant son regard rêveur. – Si la chaussure sied à ton pied, enfile-la, déclarai-je.
Diana Gabaldon (La croix de feu)
One's thought patterns become different, he said, when forced into the confines of a rigid and unfamiliar tongue. Certain common ides become inexpressible; other, previously undreamt-of ones spring to life, finding miraculous new articulation. I can only say that an incendium is in its nature entirely different from the feu with which a Frenchman lights his cigarette, and both are very different from the stark, inhuman pur that the Greeks knew, the pur that roared from the towers of Ilion or leapt and screamed on that desolate, windy beach, from the funeral pyre of Patroklos.
Donna Tartt (The Secret History)
One's thought patterns become different, he said, when forced into the confines of a rigid and unfamiliar tongue. Certain common ides become inexpressible; other, previously undreamt-of ones spring to life, finding miraculous new articulation. I can only say that an incendium is in its nature entirely different from the feu with which a Frenchman lights his cigarette, and both are very different from the stark, inhuman pur that the Greeks knew, the pur that roared from the towers of Ilion or leapt and screamed on that desolate, windy beach, from the funeral pyre of Patroklos.
dona tartt
Jeden przesąd wypiera drugi. Kiedyś ludzie wierzyli, bo ich do tego nakłaniano. Dziś z tego samego powodu wątpią. W obydwu przypadkach wyobrażają sobie, że myślą, choć tylko powtarzają, przeżuwają opinie, doktryny dla mas, przekonania, których być może by nie podzielali, gdyby się zastanowili.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Diminuer le nombre des ténébreux, augmenter le nombre des lumineux, voilà le but. C’est pourquoi nous crions : enseignement ! science ! Apprendre à lire, c’est allumer du feu ; toute syllabe épelée étincelle. Du reste qui dit lumière ne dit pas nécessairement joie. On souffre dans la lumière ; l’excès brûle. La flamme est ennemie de l’aile. Brûler sans cesser de voler, c’est là le prodige du génie. Quand vous connaîtrez et quand vous aimerez, vous souffrirez encore. Le jour naît en larmes. Les lumineux pleurent, ne fût-ce que sur les ténébreux. L’argot, c’est la langue des ténébreux.
Victor Hugo (Les Misérables)
La civilisation n'est autre chose qu'une série de transformations successives. À quoi donc allez-vous assister? à la transformation de la pénalité. La douce loi du Christ pénétrera enfin le code et rayonnera à travers. On regardera le crime comme une maladie, et cette maladie aura ses médecins qui remplaceront vos juges, ses hôpitaux qui rempleceront vos bagnes. La liberté et la santé se ressembleront. On versera le baume et l'huile où l'on appliquait le fer et le feu. On traitera par la charité ce mal qu'on traitait par la colère. Ce sera simple et sublime. La croix substituée au gibet. Voilà tout.
Victor Hugo (Le Dernier Jour d'un Condamné (French Edition))
Avant-hier, je me suis couché à 5 h[eures] du matin et hier à 3 h[eures]. Depuis lundi dernier j’ai laissé de côté toute autre chose, et j’ai exclusivement toute la semaine pioché ma Bovary, ennuyé de ne pas avancer. Je suis maintenant arrivé à mon bal, que je commence lundi. J’espère que ça ira mieux. J’ai fait, depuis que tu m’as vu, 25 pages net (25 p[ages] en 6 semaines). Elles ont été dures à rouler. Je les lirai demain à Bouilhet. – Quant à moi, je les ai tellement travaillées, recopiées, changées, maniées, que pour le moment je n’y vois que du feu. Je crois pourtant qu’elles se tiennent debout. –
Gustave Flaubert (GUSTAVE FLAUBERT: Correspondance - Tome 2 -1851-1858 (French Edition))
Oh ! aimer une femme ! être prêtre ! être haï ! l’aimer de toutes les fureurs de son âme, sentir qu’on donnerait pour le moindre de ses sourires son sang, ses entrailles, sa renommée, son salut, l’immortalité et l’éternité, cette vie et l’autre ; regretter de ne pas être roi, génie, empereur, archange, dieu, pour lui mettre un plus grand esclave sous les pieds ; l’étreindre nuit et jour de ses rêves et de ses pensées ; et la voir amoureuse d’une livrée de soldat ! et n’avoir à lui offrir qu’une sale soutane de prêtre dont elle aura peur et dégoût ! Être présent, avec sa jalousie et sa rage, tandis qu’elle prodigue à un misérable fanfaron imbécile des trésors d’amour et de beauté ! Voir ce corps dont la forme vous brûle, ce sein qui a tant de douceur, cette chair palpiter et rougir sous les baisers d’un autre ! Ô ciel ! aimer son pied, son bras, son épaule, songer à ses veines bleues, à sa peau brune, jusqu’à s’en tordre des nuits entières sur le pavé de sa cellule, et voir toutes les caresses qu’on a rêvées pour elle aboutir à la torture ! N’avoir réussi qu’à la coucher sur le lit de cuir ! Oh ! ce sont là les véritables tenailles rougies au feu de l’enfer ! Oh ! bienheureux celui qu’on scie entre deux planches, et qu’on écartèle à quatre chevaux ! — Sais-tu ce que c’est que ce supplice que vous font subir, durant les longues nuits, vos artères qui bouillonnent, votre cœur qui crève, votre tête qui rompt, vos dents qui mordent vos mains ; tourmenteurs acharnés qui vous retournent sans relâche, comme sur un gril ardent, sur une pensée d’amour, de jalousie et de désespoir ! Jeune fille, grâce ! trêve un moment ! un peu de cendre sur cette braise ! Essuie, je t’en conjure, la sueur qui ruisselle à grosses gouttes de mon front ! Enfant ! torture-moi d’une main, mais caresse-moi de l’autre ! Aie pitié, jeune fille ! aie pitié de moi !
Victor Hugo (Notre-Dame de Paris (French Edition))
LE FEU DES DIEUX Ô vous-autres voyez comment les années tombent toutes avec fracas et forment un nuage, et l'oiseau sur sa branche se moque des rêves de l'homme, tandis que tout expire comme des écailles. Ce feu, que le propre Prométhée ne rédime pas, douleur mise sur le front pour qu'elle soit éternelle, ô voyez-le croître sur les ruines, les cendres qui restent de son brasier muet. Nous parcourons les heures sans regarder leur visage, ces lèvres qui parfois nous appellent de si loin. Ô si nous pouvions penser à l'autre songe et si la flamme s'élevait enfin vers le repos oscillant pour toujours au milieu de la Beauté !
Juan Rodolfo Wilcock
Pourtant, affin que je face fin à ce prologue, tout ainsi comme je me donne à cent mille panerés de beaulx diables, corps et ame, trippes et boyaul, en cas que j'en mente en toute l'hystoire d'un seul mot, pareillement le feu sainct Antoine vous arde, mau de terre vous vire, le lancy, le maulubec vous trousse, la caquesangue vous viengne, Le mau fin feu de ricqueracque, Aussi menu que poil de vache, Tout renforcé de vif argent, Vous puisse entrer au fondement, et comme Sodome et Gomorre puissiez tomber en soulphre, en feu et en abysme, en cas que vous ne croyez fermement tout ce que je vous racompteray en ceste presente Chronicque!
François Rabelais (Gargantua and Pantagruel)
La bataille de Waterloo est une énigme. Elle est aussi obscure pour ceux qui l’ont gagnée que pour celui qui l’a perdue. Pour Napoléon, c’est une panique* ; Blücher n’y voit que du feu ; Wellington n’y comprend rien. Voyez les rapports. Les bulletins sont confus, les commentaires sont embrouillés. Ceux-ci balbutient, ceux-là bégayent. Jomini partage la bataille de Waterloo en quatre moments ; Muffling la coupe en trois péripéties ; Charras, quoique sur quelques points nous ayons une autre appréciation que lui, a seul saisi de son fier coup d’œil les linéaments caractéristiques de cette catastrophe du génie humain aux prises avec le hasard divin.
Victor Hugo (Les Misérables: Roman (French Edition))
Accroche-toi à tes rêves et fonce. Ne lâche pas. Remonte mille fois la montagne s'il le faut, puisque tu es si sûre que c'est de l'autre côté que tu dois aller. Peut-être que ce sera de l'autre côté de l'autre côté, derrière la montagne qui se trouve derrière la montagne. Qu'importe. Ne lâche pas, c'est là-bas que poussent tes rêves, sur le fil de l'horizon. Tu as peur ? Alors crie, hurle, chante à tue-tête. Va chercher cette gorgée d'air qui te manque. Ce feu qui te dévore, qui court dans tes veines, tu le sens ? Cette énergie qui couve en toi, cette impatience dans chacun de tes gestes ? Bien sûr que tu le sens. Accepte ce feu. Fais-en ton moteur.
Manon Fargetton (À quoi rêvent les étoiles)
Mój ojciec niewątpliwie cierpiał z powodu swojego ateizmu, tym bardziej że uwielbiana przez niego matka była wierząca i pewnie marzył, żeb podzielać jej wiarę... Bez wątpienia chciał również zachować się jak hojny ojciec i oznajmić swojemu dziecku, że Bóg istnieje... Byłaby to dobra nowina... Łaska, której nie umiał przekazać...
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Odkąd śmiertelnicy gromadzą się podczas tajemniczych nocy nieustannie, nieustannie rozprawiają. Nie znoszą ignorancji, a więc tworzą wiedzę. Wymyślają mity, wymyślają bóstwa, wymyślają boga, wymyślają naukę. Bogowie się zmieniają, następują po sobie, umierają. Modele kosmologiczne podobnie. Pozostaje jedynie ambicja, ambicja, żeby wyjaśniać.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
A feu mon père, à mon grand-père, familiers des deuxièmes balcons, la hiérarchie sociale du théâtre avait donné le goût du cérémonial: quand beaucoup d'hommes sont ensemble, il faut les séparer par des rites ou bien ils se massacrent. Le cinéma prouvait le contraire : plutôt que par une fête, ce public si mêlé semblait réuni par une catastrophe; morte, l'étiquette démasquait enfin le véritable lien des hommes, l'adhérence. Je pris en dégoût les cérémonies, j'adorai les foules; j'en ai vu de toute sorte mais je n'ai pas retrouvé cette nudité, cette présence sans recul de chacun à tous, ce rêve éveillé, cette conscience obscure du danger d'être homme qu'en 1940, dans le Stalag XII D.
Jean-Paul Sartre (Les mots et autres écrits autobiographiques)
La tempête se donnait vraiment à fond. C'était l'occasion ou jamais. Elle avait passé des années à moisir en province, à jouer les secondes rafales, à se rôder, à prendre des contacts, de temps en temps à faire une entrée fracassante devant des bergers sans méfiance ou à brûler les planches d'une malheureuse baraque. Voilà qu'une relâche dans la météo lui offrait la chance de tenir la vedette, et elle en rajoutait dans son rôle dans l'espoir qu'un gros climat la remarque. C'était une bonne tempête. Elle projetait son feu intérieur, elle s'exprimait avec passion, et les critiques le reconnurent : pour peu qu'elle apprenne à mieux maîtriser son tonnerre, ce serait, d'ici quelques années, une tempête à suivre.
Terry Pratchett (Wyrd Sisters (Discworld, #6; Witches, #2))
Je les ai rejoints pour leur dire au revoir, et le visage de Gatsby reflétait de nouveau une stupeur éperdue, comme s'il mettait en doute l'essence même de ce bonheur trop neuf. Près de cinq ans! Et par moments peut-être au cours de cette après-midi Daisy s'était-elle montrée inférieure à ses rêves — mais elle n'était pas fautive. Cela tenait à la colossale vigueur de son aptitude à rêver. Il l'avait projetée au-delà de Daisy, au-delà de tout. Il s'y était voué lui-même avec une passion d'inventeur, modifiant, amplifiant, décorant ses chimères de la moindre parure scintillante qui passait à sa portée. Ni le feu ni la glace ne sauraient atteindre en intensité ce qu'enferme un homme dans les illusions de son cœur.
F. Scott Fitzgerald (The Great Gatsby)
Il y a dans toute poésie une contradiction essentielle. La poésie, c'est de la multiplicité broyée et qui rend des flammes. Et la poésie, qui ramène l'ordre, ressuscite d'abord le désordre, le désordre aux aspects enflammés; elle fait s'entre-choquer des aspects qu'elle ramène a un point unique : feu, geste, sang, cri. Ramener la poésie et l'ordre dans un monde dont l'existence même est un défi a l'ordre, c'est ramener la guerre et la permanence de la guerre; c'est amener un état de cruauté appliqué, c'est susciter une anarchie sans nom, l'anarchie des choses et des aspects qui se réveillent avant de sombrer et de se fondre a nouveau dans l'unité. Mais celui qui réveille cette anarchie dangereuse en est toujours la première victime
Antonin Artaud
Stopniowo niebo i ziemia splatały się ze sobą, pokonane przez półmrok. Kontury gór rozciągały się w nieskończoność, a ich zbocza, wierzchołki i występy się przytępiły. Nie, zdecydowanie, Boga tam nie było. Gdyby Bóg chciał, bym go poznał, zabrałby się do tego inaczej, prawda? Człowiek szuka Boga. Byłbym wstrząśnięty, gdyby to Bóg szukał człowieka, gdyby Bóg mnie ścigał...
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Do pogardy dla wierzącego dochodzi pogarda dla dzikusa. (...) Oto co myślą te nasze trzeźwe umysły! Po co oświecać tubylca? Po co pozbawiać go korzeni, oferując mu ateizm? Cóż by na tym zyskał w tym wrogim środowisku? W rzeczywistości uważają, że to normalne, gdy modli się Afrykanin, lecz irytujące, gdy robi to Europejczyk, ponieważ ich zdaniem Europejczyk jest lepszy od Afrykanina.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
La guerre, c'est la discipline. La sujétion maximale. L'esclavage. C'est l'une des situations où l'homme est le plus soumis à l'homme et a le moins d'issues pour y échapper. Il est empoigné. Réquisitionné. Ballotté par des ordres mécaniques. Objet d'un sadisme sans réplique. Exposé à l'humiliation ou au feu. Numéroté. Broyé. Astreint à la corvée. Pris dans des mouvements collectifs très lents, très obscurs, parfaitement indéchiffrables, qui, au plus naturellement rebelle, ne laissent d'autre choix que de se plier. La guerre c'est la circonstance, par excellence, où joue ce pouvoir de laisser vivre et de faire mourir qui est, selon les bons philosophes, le propre du pouvoir absolu. L'homme de guerre c'est le dernier des hommes, c'est-à-dire l'esclave absolu. (ch. 12 Les mots de la guerre)
Bernard-Henri Lévy (War, Evil, and the End of History)
Im jestem starszy, tym lepiej zdaję sobie sprawę, że agnostycyzm stanowi postawę, która jest przeważnie odrzucana. Człowiek musi wiedzieć! Chociaż na świecie są tylko agnostycy wierzący, agnostycy niewierzący i agnostycy obojętni, miliony ludzi upierają się przy mieszaniu wiary z rozumem, nieuznawaniu złożoności umysłu, upraszczaniu pojęć, żeby zmienić w uniwersalną prawdę bardzo osobiste odczucia.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Le soleil, plus bas, semblait saigner; et une large traînée lumineuse, une route éblouissante courait sur l'eau depuis la limite de l'Océan jusqu'au sillage de la barque. Les derniers souffles de vent tombèrent; toute ride s'aplanit; et la voile immobile était rouge. Une accalmie illimitée semblait engourdir l'espace, faire le silence autour de cette rencontre d'éléments : tandis que, cambrant sous le ciel son ventre luisant et liquide, la mer, fiancée monstrueuse, attendait l'amant de feu qui descendait vers elle. Il précipitait sa chute, empourpré comme par le désir de leur embrassement. Il la joignit; et, peu à peu, elle le dévora. Alors de l'horizon une fraîcheur accourut; un frisson plissa le sein mouvant de l'eau comme si l'astre englouti eût jeté sur le monde un soupir d'apaisement.
Guy de Maupassant (Une vie)
The value of Greek prose composition, he said, [was that] if done properly, off the top of one's head, it taught one to think in Greek. One's thought patterns become different, he said, when forced into the confines of a rigid and unfamiliar tongue. Certain common ideas become inexpressible; other, previously undreamt-of ones spring to life, finding miraculous new articulation. By necessity, I suppose, it is difficult for me to explain in English exactly what I mean. I can only say that an 'incendium' is in its nature entirely different from the 'feu' with which a Frenchman lights his cigarette, and both are very different from the stark, inhuman 'pur' that the Greeks knew, the 'pur' that roared from the towers of Ilion or leapt and screamed on that desolate, windy beach, from the funeral pyre of Patroklos.
Donna Tartt (The Secret History)
Ayant entendu pendant la nuit des bruits étranges dans la cage d'escalier, elle acheta le lendemain au marché noir un 7 x 57 mm Mauser et des munitions et annonça à son mari, qui la regardait en fronçant les sourcils, qu'elle abattrait sans sommation tout inconnu qui franchirait le seuil de son appartement sans son autorisation. Quand Léon lui fit remarquer qu'un pistolet accroché au mur au premier acte devait servir à faire feu au second acte, elle haussa les épaules en répliquant que la vraie vie obéissait à d'autres lois que les pièces de théâtres russes. Et quand il voulut savoir pourquoi elle avait choisi précisément une arme allemande, elle lui répondit que les inspecteurs allemands, s'ils trouvaient des balles allemandes dans un cadavre allemand, chercheraient très probablement le coupable parmi les Allemands.
Alex Capus (Léon und Louise)
وكم من الأيام كرست في سبيل فك ألغازي! لم تكن في الأمر نرجسية بقدر ما كان قلقاً. لم أكن أفهم .. كنت أبحث دون جدوى عن العلاقة بين هذا الشخص وبيني، أما أنا فلم أتغير في داخلي... وإنما كان هذا التحول مستمراً دون أي رغبة مني ولا سيطرة عليه لأقاومه. كنت أعد نفسي ضحية قدر محتوم، هو قدر النمو والكبر. أي رابط بين هذا الجسد الذي يتخذ شكل الرجل وبيني؟ إن الطفل الذي كان يختبئ في انعكاس صورتي قد بقي في داخلي، بل أكثر من ذلك، بقي أنا.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Courageux peuple belge, vous avez vaincu de façon décisive! Veillez maintenant à profiter de cette victoire, vos ennemis ont été réduits au silence, ne perdons pas un instant, unissons-nous autour du gouvernement provisoire qui a été mis en place grâce à vous, ne doutez pas que les incendiaires, que vous avez expulsés de votre capitale d'une manière si humiliante, préparent déjà de nouveaux crimes. N'hésitons plus, n'épargnons plus, chassons une fois pour toutes les assassins de chez nous qui ont travaillé ici par le feu et le sabre, violant et détruisant. Nous devons sauver nos mères, nos femmes, nos enfants et nos biens ; nous devons vivre en hommes libres, ou nous ensevelir sous une montagne de cendres. Soyons unis chers compatriotes, et alors nous serons invincibles, l'ordre véritable, il est indispensable pour préserver notre indépendance. Vive la Belgique!
Louis de Potter
Un déplacement en Argentine, début décembre, pour représenter la France à l'investiture de Cristina Kirchner, m'a permis, par contraste, de mesurer l'anémie de notre militantisme. Là-bas, le parti au pouvoir compte trois millions d'adhérents, à rapporter aux quarante millions d'Argentins. En France, où nous sommes soixante-cinq millions, l'UMP peine à afficher deux cent mille militants ! Et encore, le chiffre mériterait d'être vérifié.
Roselyne Bachelot (À Feu et à sang)
Je n'en veux nullement à la civilisation moderne que je trouve agréable ; mais le désir des nouveautés est-il un moyen de tendre au progrès vrai ? Est-on dans le vrai, lorsqu'on suppose que le progrès consiste dans le changement ? C'est là une question de thèse qui aurait ses partisans et ses adversaires et que je ne me hasarderai pas à discuter. Ce que je me bornerai à dire, quant à présent, c'est que nous connaissons la poudre depuis longtemps — on nous fait l'honneur d'admettre que nous avons inventé la poudre —, mais, c'est en ceci que nous différons d'opinions avec nos frères d'Occident, nous ne l'avons employée que pour faire des feux d'artifices ; et sans les circonstances qui nous ont fait faire la connaissance des Occidentaux, nous ne l'aurions pas appliquée aux armes à feu. Ce sont les jésuites qui nous ont appris l'art de fondre des canons ! Ile, docete omnes géntes ...
Tcheng-Ki-Tong (Les Chinois peints par eux-mêmes)
The value of Greek prose composition, he said, was not that it gave one any particular facility in the language that could not be gained as easily by other methods but that if done properly, off the top of one’s head, it taught one to think in Greek. One’s thought patterns become different, he said, when forced into the confines of a rigid and unfamiliar tongue. Certain common ideas become inexpressible; other, previously undreamt-of ones spring to life, finding miraculous new articulation. By necessity, I suppose, it is difficult for me to explain in English exactly what I mean. I can only say that an incendium is in its nature entirely different from the feu with which a Frenchman lights his cigarette, and both are very different from the stark, inhuman pur that the Greeks knew, the pur that roared from the towers of Ilion or leapt and screamed on that desolate, windy beach, from the funeral pyre of Patroklos.
Donna Tartt (The Secret History)
Les après-midi d'hiver, en rentrant de l'école, Peter n'aimait rien tant que d'envoyer valser ses chaussures et de s'allonger à côté de Guillaume, devant le feu de cheminée du salon. Il aimait se mettre exactement à la hauteur de Guillaume, son visage à deux doigts de la tête féline, et observer à quel point celle-ci était réellement extraordinaire, si merveilleusement non humaine, tout ébouriffée de poils noirs. Ils encadraient un minuscule visage enfoui sous la fourrure, paré de moustaches blanches légèrement incurvées vers le bas. Les poils des sourcils jaillissaient droit comme des antennes de radio et les yeux verts malachite fendus en amande étaient comme des fenêtres entrouvertes sur un monde dans lequel Peter ne pourrait jamais pénétrer. Son approche déclenchait un tonnerre de ronronnements intenses d'une sonorité si grave et si forte que le sol en vibrait. Peter savait qu'il était indiscutablement le bienvenu.
Ian McEwan (The Daydreamer)
La dernière fois qu'on s'est vus, on a parlé de la statue, là-bas, reprit-elle. Il se demandait pourquoi elle me fascinait tant. Je lui ai expliqué que je ne l'avais jamais considérée comme la représentation d'un acte héroïque, mais comme celle d'une terrible agression infligée au dragon. Holger a compris. Et il m'a interrogée sur le feu. Qu'a-t-il de si particulier, ce feu que crache le dragon ? C'est le feu, lui ai-je répondu, qui brûle dans les veines de tous les opprimés. Ce même feu qui peut nous réduire en cendres peut aussi parfois... si un doux dingue du genre de Holger vous regarde, joue aux échecs avec vous, vous parle, bref, s'intéresse à vous tout simplement, le même feu, donc, qui peut aussi se transformer en une force. Une force qui vous permet de rendre coup pour coup. Holger savait qu'on peut toujours se relever, même quand une lance vous transêrce le corps. C'est pour ça qu'il était si pénible, si fatigant, conclut-elle.
David Lagercrantz (The Girl Who Takes an Eye for an Eye (Millennium, #5))
Cóż za rozksz! To był mój pierwszy dzień (...) świadomego życia. Opuszczając embrionalną niepewność wczesnego dzieciństwa, wreszcie zaistniałem jako istota ludzka w samym środku świata. Wcześniej pisałem na brudno, brnąłem w ciemności, żyłem, nie zdając sobie z tego sprawy. Tamtego ranka zaczęła się moja historia. (...) Moje "ja" przestało należeć do gramatki, przyswoiłem je sobie jako punkt widzenia podszty treścią. Z pasażera na gapę, stałem się pasażerem zgłoszonym, świadomym.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
— Qu’est-ce que... est-ce vraiment... bon sang, c’est abominable ! Comment avez-vous réussi à vaincre une pareille créature ? — Celle-là, je l’ai égorgée, expliqua Ellana d’une voix posée. Pour plus de sécurité, Edwin a cru bon lui envoyer deux flèches en plein cœur. Manque de confiance typiquement masculin... — Heu... je vois... Et ça, qu’est-ce que c’est ? — Ce qu’il reste du Ts’lich brûlé par Illian. Ça fait un peu désordre, mais Illian est jeune et se trouvait dans l’urgence. Grâce à lui, nous savons désormais que le Ts’lich n’est pas comestible. Impossible d’inviter des amis autour d’un barbecue et cuire un truc pareil. Ce serait une faute de goût impardonnable. Stupéfait, Bruno Vignol dévisagea la jeune femme. Elle pencha la tête et lui sourit, comme surprise par l’intérêt qu’il lui témoignait. — Vous... vous êtes sérieuse ? balbutia-t-il. — Bien sûr. Le Ts’lich ne se mange pas. Du moins pas en grillade ! En pot-au-feu, peut-être... On vous montre les autres ?
Pierre Bottero (La Forêt des captifs (Les Mondes d'Ewilan, #1))
Mon ami, vous m'avez facilement appris à ne vivre que pour vous ; apprenez-moi maintenant à vivre loin de vous... Non, ce n'est pas là ce que je veux dire, c'est plutôt que, loin de vous, je voudrais ne point vivre, ou au moins oublier mon existence. Abandonnée à moi-même, je ne puis supporter ni mon bonheur, ni ma peine; je sens le besoin du repos, et tout repos m'est impossible; j'ai vainement appelé le sommeil, le sommeil a fui de moi; je ne puis ni m'occuper ni rester oisive; tour-à-tour un feu brûlant me dévore, un frisson mortel m'anéantit: tout mouvement me fatigue et je ne saurais rester en place. Enfin ! que dirai-je ? je souffrirais moins dans l'ardeur de la plus violente fièvre, et, sans que je puisse ni l'expliquer ni le concevoir, je sens très bien pourtant que cet état de souffrance ne vient que de mon impuissance à contenir ou diriger une foule de sentiments au charme desquels cependant je me trouverais heureuse de pouvoir livrer mon âme toute entière.
Laclos Pierre Choderlos De (Les liaisons dangereuses)
Od mojej nocy powinienem był czuć się bliższ wierzącej i nie zgadzać się z wojującym ateistą. W rzeczywistości nie odnajdywałem się w żadnym z tych dwojga: trzymali się kurczowo prostych rozwiązań, wierzyć, nie wierzyć, wykazując podejrzaną skłonność do kategorycznych sądów. Ani jedno, ani drugie nie znosiło rozwoju, wątpliwości, pytań. Potwierdzając swój wybór, nie chcieli myśleć, lecz położyć kres myśleniu. Pragnęli tylko jednego: uwolnić się od znaków zapytania. Oddech śmierci paraliżował ich umysł.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Il y a une extase qui nous porte au point le plus haut de la vie, au delà duquel la vie ne peut s'élever. Le paradoxe est qu'elle se produit alors qu'on est - sans s'en rendre compte- pleinement vivant. Cette extase, cette inconscience d'exister appartiennent à l'artiste, saisi et projeté hors de lui même dans une nappe de feu; au soldat, pris de folie guerrière sur le champ de bataille, qui refuse de faire quartier. Elles appartenaient aussi à Buck, en tête de la meute, poussant le cri du loup, tendu vers la proie vivante qui fuyait à toute allure devant lui au clair de lune. Il exprimait ainsi le tréfonds de lui même, de cette partie de son être plus ancienne que lui, et qui remonte à l'origine des temps. Le flot de la vie le subjuguait, tel un raz de marrée; il était tout à la joie immense de sentir jouer ses muscles, ses articulations, ses tendons, qui n'avaient rien de la mort, débordaient de vigueur et de puissance, et trouvaient leur expression dans le mouvement, volant triomphalement entre les étoiles et la surface inanimée de la terre.
Jack London (The Call of the Wild)
Chciał wszystko zinwentaryzować (...) Pod tą encyklopedyczną pasją dostrzegałem niepokój. Czy nazywanie nieskończoności nie oznaczało jej odrzucania? Ja prezentowałem odwrotną postawę: rozglądałem się dokoła siebie nie po to, żeby się czegoś nauczyć, ale żeby się oduczyć, usiłując uchwycić w każdej istocie, każdym żywiole, każdym pejzażu coś innego niż to, co już powiedzieli o nich ludzie. W rzeczywistości próbowałem napełnić się pustką. Kto miał rację? Nikt... Każdy podróżnik odpowiada na niejasne wezwanie niepokoju, który go dręczy.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Przystojny czy nie, miałem to w nosie. Podobać się sobie czy nie, jakież to ma znaczenie? Wspomniałem o wcześniejszym zmartwieniu, fundamentalnym: nie rozpoznawalem się! (...) "Gdzieś czeka na mnie moja prawdziwa twarz". To zdanie narzuciło się wczesnym popołudniem. Potem wróciło do mnie. Marsz sprawił, że stało się natrętne. Wracało, wracało, wracało. Co znaczyło? Podejrzewałem, że ilustrowało moje troski: od roku szukałem swojego miejsca w zyciu, swojej roli, swojego zawodu. To wycofanie się na pustynię miało mi pozwolić posunąć się naprzód.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Moja koncepcja podróży uległa zmianie: miejsce przeznaczenia jest mniej ważne niz porzucenie dotychczasowego. Wyjazd to nie poszukiwanie, to opuszczenie wszystkiego, bliskich, sąsiadów, przyzwyczajeń, pragnień, opinii, siebie samego. Wyjazd nie ma innego celu niż oddanie się nieznanemu, nieprzewidzianemu, nieskonczonym możliwościom czy wręcz niemożliwemu. Wyjazd polega na utracie punktów odniesienia, pewności siebie, złudzenia wiedzy i na pogłębieniu w sobie gościnnego usposobienia, które pozwoli ukazać się temu, co wyjątkowe. Prawdziwy podróżnik nie ma bagażu ani celu.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Mais maintenant je dirai tout, afin que tu saches qui tu quittes, de quel homme tu te sépares. Sais-tu comment d’abord je t’ai comprise ? La passion m’a saisi comme le feu, elle s’est infiltrée dans mon sang comme le poison et a troublé toutes mes pensées, tous mes sentiments. J’étais enivré. J’étais comme étourdi, et à ton amour pur, miséricordieux, j’ai répondu non d’égal à égal, non comme si j’étais digne de ton amour, mais sans comprendre ni sentir. Je ne t’ai pas comprise. Je t’ai répondu comme à la femme qui, à mon point de vue, s’oubliait jusqu’à moi et non comme à celle qui voulait m’élever jusqu’à elle. « Sais-tu de quoi je t’ai soupçonnée, ce que signifiait, s’oublier jusqu’à moi » ? Mais non, je ne t’offenserai pas par mon aveu. Je te dirai seulement que tu t’es profondément trompée sur moi ! Jamais jamais, je n’aurais pu m’élever jusqu’à toi. Je ne pouvais que te contempler dans ton amour illimité, une fois que je t’eus comprise. Mais cela n’efface pas ma faute. Ma passion rehaussée par toi n’était pas l’amour. L’amour, je ne le craignais pas. Je n’osais pas t’aimer. Dans l’amour il y a réciprocité, égalité ; et j’en étais indigne. Je ne savais pas ce qui était en moi !
Fyodor Dostoevsky (Netochka Nezvanova)
Cette qualité de la joie n’est-elle pas le fruit le plus précieux de la civilisation qui est nôtre ? Une tyrannie totalitaire pourrait nous satisfaire, elle aussi, dans nos besoins matériels. Mais nous ne sommes pas un bétail à l’engrais. La prospérité et le confort ne sauraient suffire à nous combler. Pour nous qui fûmes élevés dans le culte du respect de l’homme, pèsent lourd les simples rencontres qui se changent parfois en fêtes merveilleuses… Respect de l’homme ! Respect de l’homme !… Là est la pierre de touche ! Quand le Naziste respecte exclusivement qui lui ressemble, il ne respecte rien que soi-même ; il refuse les contradictions créatrices, ruine tout espoir d’ascension, et fonde pour mille ans, en place d’un homme, le robot d’une termitière. L’ordre pour l’ordre châtre l’homme de son pouvoir essentiel, qui est de transformer et le monde et soi-même. La vie crée l’ordre, mais l’ordre ne crée pas la vie. Il nous semble, à nous, bien au contraire, que notre ascension n’est pas achevée, que la vérité de demain se nourrit de l’erreur d’hier, et que les contradictions à surmonter sont le terreau même de notre croissance. Nous reconnaissons comme nôtres ceux mêmes qui diffèrent de nous. Mais quelle étrange parenté ! elle se fonde sur l’avenir, non sur le passé. Sur le but, non sur l’origine. Nous sommes l’un pour l’autre des pèlerins qui, le long de chemins divers, peinons vers le même rendez-vous. Mais voici qu’aujourd’hui le respect de l’homme, condition de notre ascension, est en péril. Les craquements du monde moderne nous ont engagés dans les ténèbres. Les problèmes sont incohérents, les solutions contradictoires. La vérité d’hier est morte, celle de demain est encore à bâtir. Aucune synthèse valable n’est entrevue, et chacun d’entre nous ne détient qu’une parcelle de la vérité. Faute d’évidence qui les impose, les religions politiques font appel à la violence. Et voici qu’à nous diviser sur les méthodes, nous risquons de ne plus reconnaître que nous nous hâtons vers le même but. Le voyageur qui franchit sa montagne dans la direction d’une étoile, s’il se laisse trop absorber par ses problèmes d’escalade, risque d’oublier quelle étoile le guide. S’il n’agit plus que pour agir, il n’ira nulle part. La chaisière de cathédrale, à se préoccuper trop âprement de la location de ses chaises, risque d’oublier qu’elle sert un dieu. Ainsi, à m’enfermer dans quelque passion partisane, je risque d’oublier qu’une politique n’a de sens qu’à condition d’être au service d’une évidence spirituelle. Nous avons goûté, aux heures de miracle, une certaine qualité des relations humaines : là est pour nous la vérité. Quelle que soit l’urgence de l’action, il nous est interdit d’oublier, faute de quoi cette action demeurera stérile, la vocation qui doit la commander. Nous voulons fonder le respect de l’homme. Pourquoi nous haïrions-nous à l’intérieur d’un même camp ? Aucun d’entre nous ne détient le monopole de la pureté d’intention. Je puis combattre, au nom de ma route, telle route qu’un autre a choisie. Je puis critiquer les démarches de sa raison. Les démarches de la raison sont incertaines. Mais je dois respecter cet homme, sur le plan de l’Esprit, s’il peine vers la même étoile. Respect de l’Homme ! Respect de l’Homme !… Si le respect de l’homme est fondé dans le cœur des hommes, les hommes finiront bien par fonder en retour le système social, politique ou économique qui consacrera ce respect. Une civilisation se fonde d’abord dans la substance. Elle est d’abord, dans l’homme, désir aveugle d’une certaine chaleur. L’homme ensuite, d’erreur en erreur, trouve le chemin qui conduit au feu.
Antoine de Saint-Exupéry (Lettre à un otage)
Il y a quelque chose d’ineffablement touchant dans notre campagne pétersbourgeoise, quand, au printemps, elle déploie soudain toute sa force, s’épanouit, se pare, s’enguirlande de fleurs. Elle me fait songer à ces jeunes filles languissantes, anémiées, qui n’excitent que la pitié, parfois l’indifférence, et brusquement, du jour au lendemain, deviennent inexprimablement merveilleuses de beauté: vous demeurez stupéfaits devant elles, vous demandant quelle puissance a mis ce feu inattendu dans ces yeux tristes et pensifs, qui a coloré d’un sang rose ces joues pâles naguère, qui a répandu cette passion sur ces traits qui n’avaient pas d’expression, pourquoi s’élèvent et s’abaissent si profondément ces jeunes seins ? Mon Dieu ! qui a pu donner à la pauvre fille cette force, cette soudaine plénitude de vie, cette beauté ? Qui a jeté cet éclair dans ce sourire ? Qui donc fait ainsi étinceler cette gaieté ? Vous regardez autour de vous, vous cherchez quelqu’un, vous devinez... Mais que les heures passent et peut-être demain retrouverezvous le regard triste et pensif d’autrefois, le même visage pâle, les mêmes allures timides, effacées : c’est le sceau du chagrin, du repentir, c’est aussi le regret de l’épanouissement éphémère... et vous déplorez que cette beauté se soit fanée si vite : quoi ! vous n’avez pas même eu le temps de l’aimer !...
Fyodor Dostoevsky
Ma peau ne connaît plus de contact que celui de mes vêtements. Une fois par jour au moins j'aimerais recevoir l'autorisation de mourir. Mais ce n'est pas une option. Il me faut rester droite. Et comme personne ne sait les efforts surhumains que je fournis chaque jour pour avoir l'air normale, je me demande si d'autres jouent le même jeu que moi sans que je puisse le voir. Il nous faudrait un code, mot de passe, signe de reconnaissance. Impossible à savoir. Les visages alentour sont ouverts ou fermés, sympathiques ou atones, ils ne sont que visages. C'est ce qui nous sauve et ce qui nous isole. L'inquisition s'arrête devant nos visages. Le mien connaît tous les masques. Toutes les expressions.
Wendy Delorme (Viendra le temps du feu)
Face au questionnement sur l'existence de Dieu, se présentent trois types d'individus honnêtes, le croyant qui dit: «Je ne sais pas mais je crois que oui», l'athée qui dit: «Je ne sais pas mais je crois que non», l'indifférent qui dit : «Je ne sais pas et je m'en moque.» L'escroquerie commence chez celui qui clame: «Je sais !» Qu'il affirme : «Je sais que Dieu existe» ou «Je sais que Dieu n'existe pas», il outrepasse les pouvoirs de la raison, il vire à l'intégrisme ... En notre siècle où, comme jadis, on tue au nom de Dieu, il importe de ne pas amalgamer les croyants et les imposteurs : les amis de Dieu restent ceux qui le cherchent, pas ceux qui parlent à Sa place en prétendant L'avoir trouvé.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu)
Wszechświat okazuje swa moc na moich oczach, ale choć mógłby mnie zachwycic, przytłacza. Zostałem do niego przygwożdżony żywcem. Mam zawroty głowy. Przy nim staję się coraz mniejszy. Jestem, jednak obiecano mi, że będę nikim. Tylko tędy przechodzę. Moje istnienie okazuje się skończone, wpisane między dwa absurdalne zdarzenia, moje narodziny i moją śmierć. Czeka mnie rozstanie, okrutne i nieodwołalne: rozstanie ze światem, rozstanie z bliskimi, rozstanie ze sobą. Zerwanie. Jestem pewien tylko jednego: że wszystko stracę. Jakiś głos w głębi mnie śmieje się szyderczo: "Ciesz się! Twój strach przed śmiercią stanowi dowód, że żyjesz! Dopóki myślisz, że nie będziesz nikim, jeszcze jesteś. Za to gdy już nie będziesz o tym myślał...
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Je ne crois pas qu’il y ait rien au monde de plus riant que les idées qui s’éveillent dans le cœur d’une mère à la vue du petit soulier de son enfant. Surtout si c’est le soulier de fête, des dimanches, du baptême, le soulier brodé jusque sous la semelle, un soulier avec lequel l’enfant n’a pas encore fait un pas. Ce soulier-là a tant de grâce et de petitesse, il lui est si impossible de marcher, que c’est pour la mère comme si elle voyait son enfant. Elle lui sourit, elle le baise, elle lui parle. Elle se demande s’il se peut en effet qu’un pied soit si petit ; et, l’enfant fût-il absent, il suffit du joli soulier pour lui remettre sous les yeux la douce et fragile créature. Elle croit le voir, elle le voit, tout entier, vivant, joyeux, avec ses mains délicates, sa tête ronde, ses lèvres pures, ses yeux sereins dont le blanc est bleu. Si c’est l’hiver, il est là, il rampe sur le tapis, il escalade laborieusement un tabouret, et la mère tremble qu’il n’approche du feu. Si c’est l’été, il se traîne dans la cour, dans le jardin, arrache l’herbe d’entre les pavés, regarde naïvement les grands chiens, les grands chevaux, sans peur, joue avec les coquillages, avec les fleurs, et fait gronder le jardinier qui trouve le sable dans les plates-bandes et la terre dans les allées. Tout rit, tout brille, tout joue autour de lui comme lui, jusqu’au souffle d’air et au rayon de soleil qui s’ébattent à l’envi dans les boucles follettes de ses cheveux. Le soulier montre tout cela à la mère et lui fait fondre le cœur comme le feu une cire.
Victor Hugo (Notre-Dame de Paris (French Edition))
l'ambre jaune, aussi bien que la laine lui parurent un peu brûlés. On avoit sans doute remarqué que de tous les corps électriques, le verre est un de ceux en qui le frottement excite une plus forte électricité. Hauksbée s'avisa d'employer dans ses expériences un tube ou cylindre creux de verre. En le frottant rapidement dans sa main, un papier entre-deux, il le rendoit électrique, & faisoit par son moyen toutes les expériences qu'Otto de Guerike avoit faites avant lui avec un globe de soufre. Il observa de plus qu'un tube dont on a pompé l'air, ne s'électrise que très-foiblement, & que si on y laisse rentrer l'air il acquiert beaucoup d'électricité sans être frotté de nouveau. Quand on frotte un tube dans l'obscurité, une lumière fuit la main qui frotte, & si l'on approche de ce tube ainsi excité une autre main, ou quelqu'autre corps, comme du métal, de l'yvoire, du bois, &c. il en sort une étincelle accompagnée d'un bruit assez semblable au pétillement d'une feüille verte jettée au feu, mais moins fort. Quand on frotte le tube vuide d'air, la lumière est plus vive, mais toute dans son intérieur, & l'on n'en peut tirer d'étincelle. Hauksbée imagina aussi de faire tourner sur son axe un globe creux de verre par le moyen d'une rouë & d'une corde qui passe sur la circonférence de cette rouë & sur une poulie fixée sur l'axe du globe. Il excita l'électricité en frottant ce globe, mais il n'en tira pas de plus grands effets que de son tube. L'électricité qui jusques-là ne s'étoit manifestée que par le frottement, Hauksbée la découvrit dans
Benjamin Franklin (Experiments and observations on electricity. French (French Edition))
Elle est à toi cette chanson Toi l'Auvergnat qui, sans façon, M'a donné quatre bouts de bois Quand dans ma vie il faisait froid. Toi qui m'a donné du feu quand Les croquantes et les croquants Tous les gens bien intentionnés M'avaient fermés la porte au nez. Ce n'était rien qu'un feu de bois Mais il m'avait chauffé le corps Et dans mon âme, il brûle encore À la manière d'un feu de joie... Toi, l'Auvergnat quand tu mourras Quand le croc-mort t'emportera Qu'il te conduise à travers ciel Au père éternel. Elle est à toi cette chanson Toi l'hôtesse qui, sans façon, M'a donné quatre bouts de pain Quand dans ma vie il faisait faim. Toi qui m'ouvrit ta huche quand Les croquantes et les croquants Tous les gens bien intentionnés S'amusaient à me voir jeuner. Ce n'était rien qu'un peu de pain Mais il m'avait chauffé le corps Et dans mon âme, il brûle encore À la manière d'un grand festin... Toi, l'hôtesse quand tu mourras Quand le croc-mort t'emportera Qu'il te conduise à travers ciel Au père éternel. Elle est à toi cette chanson Toi l'étranger qui, sans façon, D'un air malheureux m'a sourit Lorsque les gendarmes m'ont pris. Toi qui n'a pas applaudi quand Les croquantes et les croquants Tous les gens bien intentionnés Riaient de me voir rammené. Ce n'était rien qu'un peu de miel Mais il m'avait chauffé le corps Et dans mon âme, il brûle encore À la manière d'un grand soleil... Toi, l'étranger quand tu mourras Quand le croc-mort t'emportera Qu'il te conduise à travers ciel Au père éternel. Toi, l'étranger quand tu mourras Quand le croc-mort t'emportera Qu'il te conduise à travers ciel Au père éternel. Au
Georges Brassens
(...) Niepokój, choć odsunął mnie od świata, nie przybliżył mnie do Boga. Przeciwnie, skazał mnie na jeszcze większą samotność i arogancję, miotając mną tak, jakbym był jedyną istotą myślącą pośrodku wszechświata, który nie myśli. Przeciwnie niż niepokój, radość połączyła mnie ze światem i zbliżyła do Boga. Radość nauczyła mnie pokory. Dzięki niej nie czułem się już wyizolowany, obcy, lecz wzbogacony, zjednoczony z innymi. Moc, która utrzymywała Wszystko, poruszała się również we mnie, ucieleśniałem jedno z jej tymczasowych ogniw. O ile niepokój uczynił mnie zbyt wielkim, o tyle radość sprowadziła mnie do właściwych proporcji: nie byłem wielki sam z siebie, raczej wielki wielkością tego, co we mnie zamieszkało. Nieskończoność stanowiła dno mojego skończonego umysłu, niczym czara, która mogłaby pomieścić moją duszę.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
A jednak, choć kochałem swoją dyscyplinę, wzbraniałem się przed obraniem drogi, którą dostrzegali przede mną inni... Była rzeczywiście moja, czy stanowiła tylko logiczne następstwo ukończonych studiów? Chodziło o moje życie, czy czyjeś inne? Odnajdywał się w tym dorosły, nie dziecko. Od najmłodszych lat wykazywałem zainteresowania twórcze, kolekcjonując kukiełki, gryzmoląc komiksy, komponując utwory na fortepian, pisząc opowiadania, podkradając ojcu kamerę albo aparat fotograficzny, czy redagując, a następnie wystawiając komedie w liceum. Otóż studia, choć bardzo mnie uformowały, również mnie zdeformowały. Dużo się nauczyłem. Bardzo dużo. Ale nic poza tym. Wyćwiczono moją pamięć, poszerzono wiedzę, wyrobiono u mnie zdolność do analizy i syntez. Zostawiono natomiast odłogiem fantazję, zapał, wyobraźnię, inwencję, spontaniczność. Od roku miałem wrażenie, że się duszę.
Éric-Emmanuel Schmitt (La Nuit de feu (French Edition))
Un jour vint se loger, dans une des maisons qui sont sur la place, un homme de talent qui avait roulé dans des abîmes de misère ; marié, surcroît de malheur qui ne nous afflige encore ni l’un ni l’autre, à une femme qu’il aimait ; pauvre ou riche, comme vous voudrez, de deux enfants ; criblé de dettes, mais confiant dans sa plume. Il présente à l’Odéon une comédie en cinq actes, elle est reçue, elle obtient un tour de faveur, les comédiens la répètent, et le directeur active les répétitions. Ces cinq bonheurs constituent cinq drames encore plus difficiles à réaliser que cinq actes à écrire. Le pauvre auteur, logé dans un grenier que vous pouvez voir d’ici, épuise ses dernières ressources pour vivre pendant la mise en scène de sa pièce, sa femme met ses vêtements au Mont-de-Piété, la famille ne mange que du pain. Le jour de la dernière répétition, la veille de la représentation, le ménage devait cinquante francs dans le quartier, au boulanger, à la laitière, au portier. Le poète avait conservé le strict nécessaire : un habit, une chemise, un pantalon, un gilet et des bottes. Sûr du succès, il vient embrasser sa femme, il lui annonce la fin de leurs infortunes. « Enfin il n’y a plus rien contre nous ! » s’écrie-t- il. « Il y a le feu, dit la femme, regarde, l’Odéon brûle. » Monsieur, l’Odéon brûlait. Ne vous plaignez donc pas. Vous avez des vêtements, vous n’avez ni femme ni enfants, vous avez pour cent vingt francs de hasard dans votre poche, et vous ne devez rien à personne. La pièce a eu cent cinquante représentations au théâtre Louvois. Le roi a fait une pension à l’auteur. Buffon l’a dit, le génie, c’est la patience. La patience est en effet ce qui, chez l’homme, ressemble le plus au procédé que la nature emploie dans ses créations.
Honoré de Balzac (Illusions perdues; Tome 3 (French Edition))
[Correspondance entre Massignon et Paul Claudel] Si je vais là-bas, je pense prendre comme sujet "La langue arabe considérée comme moyen d'expression (traduisez pour nous : le témoignage de l'arabe en faveur du Verbe) et comme instrument d'action intellectuelle et sociale" (ou quelque chose d'approchant) - - Cela me permettrait de faire une révision exacte des auteurs et des tendances dominantes et d'en faire une critique "constructrice". Le difficile sera de tâcher de dégager (ce que nul philologue n'a fait jusqu'ici, hélas) de cette admirable langue sa logique fondamentale, l'ordre des idées dans le jeu normal et saint de sa syntaxe, logique qui doit nécessairement démolir le Coran et la Tradition comme des construction de guingois, destinées à remplir chez les Arabes l'ineffable rôle du Verbe et de l'Eglise. Je vous indique là, bien entendu la basse continue, la pédale harmonique de mes conférences, non pas leurs sujets effectifs précis que je tâcherai de cristalliser en un "Selectae" des textes arabes remarquables pour l'enchaînement solide des preuves et la loyauté des matériaux employés? Il y en a, dans tout les domaines de la pensée, Dieu merci ! J'aimerais que vous me parliez de la langue française à ce point de vue là, pour que mon travail puisse se guider sur une transposition de ce que vous trouvez, à ce point de vue, dans la langue française, d'"édifiant", de catholique. Hélas, pourquoi Dieu ne me permet-il pas de l'aller prier dans un pauvre coin, et se sert-il de ma lâcheté rivée au monde, pour saboter des tâches si peu à ma taille. [Paul Claudel : Louis Massignon, Correspondance 1908-1953, « Braises ardentes, semences de feu », nouvelle édition renouvelée (1908-1914) et augmentée 1915-1953) p230 (Lettre du samedi 10 août 1912)]
Louis Massignon
Père prend les deux planches sous les bras, il avance, il pose une des planches contre la barrière, il grimpe. Nous nous couchons à plat ventre derrière le grand arbre, nous bouchons nos oreilles avec nos mains, nous ouvrons la bouche. Il y a une explosion. Nous courons jusqu'aux barbelés avec les deux autres planches et le sac de toile. Notre Père est couché près de la seconde barrière. Oui, il y a un moyen de traverser la frontière: c'est de faire passer quelqu'un devant soi. Prenant le sac de toile, marchant dans les traces de pas, puis sur le corps inerte de notre Père, l'un de nous s'en va dans l'autre pays. *** Nous sommes nus. Nous nous frappons l'un l'autre avec une ceinture. Nous disons à chaque coup: – Ça ne fait pas mal. Nous frappons plus fort, de plus en plus fort. Nous passons nos mains au-dessus d'une flamme. Nous entaillons notre cuisse, notre bras, notre poitrine avec un couteau et nous versons de l'alcool sur nos blessures. Nous disons chaque fois: – Ça ne fait pas mal. Au bout d'un certain temps, nous ne sentons effectivement plus rien. C'est quelqu'un d'autre qui a mal, c'est quelqu'un d'autre qui se brûle, qui se coupe, qui souffre. Nous ne pleurons plus. *** Nous entrons dans le camp. Il est vide. Il n'y a personne nulle part. Certains bâtiments continuent à se consumer. La puanteur est insupportable. Nous nous bouchons le nez et nous avançons tout de même. Une barrière de fils de fer barbelés nous arrête. Nous montons sur un mirador. Nous voyons une grande place sur laquelle se dressent quatre grands bûchers noirs. Nous repérons une ouverture, une brèche dans la barrière. Nous descendons du mirador, nous trouvons l'entrée. C'èst une grande porte en fer, ouverte. Au-dessus, il est écrit en langue étrangère: «Camp de transit.» Nous entrons. Les bûchers noirs que nous avons vus d'en haut, ce sont des cadavres calcinés. Certains ont très bien brûlé, il ne reste que des os. D'autres sont à peine noircis. Il y en a beaucoup. Des grands et des petits. Des adultes et des enfants. Nous pensons qu'on les a tués d'abord, puis entassés et àrrosés d'essence pour y mettre le feu. Nous vomissons. Nous sortons du camp en courant. Nous rentrons.
Ágota Kristóf (Le grand cahier)
Les auteurs musulmans considèrent la personnalité comme le produit de la constitution innée modifiée par les facteurs de l’environnement. La constitution innée inclue l’hérédité physique et psychologique, la combinaison des quatre éléments, c’est-à-dire le feu, l’air, l’eau, et la terre, dans leurs mode de chaud, sec, froid, et humide, et la correspondance de cette combinaison avec les signes du zodiaque et les différentes planètes. C’est une question très complexe en raison du nombre indéfini de permutations possibles. La source de confusion pour les esprits modernes vient du matérialisme ambiant qui les pousse à tout prendre au pied de la lettre et à oublier que l’intention derrière les quatre éléments n’a jamais été de les identifier avec leurs équivalents familiers dans le monde visible. S’ils sont appelés feu, air, eau et terre, c’est simplement pour indiquer une correspondance entre eux et les éléments visibles. Ces quatre éléments sont à l’origine de toute matière et eux-mêmes originaires d’un principe commun, l’Hylé indifférencié (hayûlâ, c’est-à-dire la matière primordiale.) Il en est de même de la correspondance entre les sept cieux et les sept planètes. Chaque ciel est désigné par le nom de la planète qui lui correspond le mieux, mais les cieux ne peuvent nullement être identifiés avec les orbites de ces planètes, car les planètes sont dans le ciel visible alors que les cieux sont dans le domaine subtile et invisible. Ces termes ne sont pris dans un sens littéral que si on perd de vue la correspondance entre les différents degrés, ou dimensions, de l’existence. Ces correspondances et leurs implications pour la médecine, la psychologie et les autres sciences, furent comprises par de nombreuses civilisations antérieures à l’islam, et ne sont pas spécifiquement islamiques. Les musulmans, qu’ils fussent savants, religieux, philosophes ou soufis, les percevaient comme possédant une base de vérité et les adoptèrent avec quelques différences mineures selon les écoles. Un tel point de vue est néanmoins devenu si étranger à la mentalité d’aujourd’hui, et il est si peu probable qu’elle présente un intérêt en pratique, que nous n’en poursuivrons pas l’étude ici.
Mostafa al-Badawi (Man and the Universe: An Islamic Perspective)
Porteurs Notre monde repose sur les épaules de l'autre. Sur des enfants au travail, sur des plantations et des matières premières payées bon marché : des épaules d'inconnus portent notre poids, obèse de disproportion de richesses. Je l'ai vu. Dans les ascensions qui durent bien des jours vers les camps de base des hautes altitudes, des hommes et aussi des femmes et des enfants portent notre poids dans des hottes tressées. Tables, chaises, vaisselle, tentes, cuisinières, combustibles cordes, matériel d'escalade, nourriture pour plusieurs semaines, en somme un village pour vivre là où il n'y a rien. Ils portent notre poids pour le prix moyen de trois cents roupies népalaises par jour, moins de quatre euros. Les hottes pèsent quarante kilos, mais certains en portent de plus lourdes. Les étapes sont longues, elles fatiguent le voyageur avec son petit sac à dos et le minimum nécessaire. Des porteurs de tout notre confort marchent avec des tongs ou bien pieds nus sur des pentes qui manquent d'oxygène, la température baissant. La nuit, ils campent en plein air autour d'un feu, ils font cuire du riz et des légumes cueillis dans les parages, tant que quelque chose sort de terre. Au Népal, la végétation monte jusqu'à trois mille cinq cents mètres. Nous autres, nous dormons dans une tente avec un repas chaud cuisiné par eux. Ils portent notre poids et ne perdent pas un gramme. Il ne manque pas un mouchoir au bagage remis en fin d'étape. Ils ne sont pas plus faits pour l'altitude que nous, la nuit je les entends tousser. Ce sont souvent des paysans des basses vallées de rizières. Nous avançons péniblement en silence, eux ne renoncent pas à se parler, à raconter, tout en marchant. Nous habillés de couches de technologie légère, aérée, chaude, coupe-vent, et cetera, eux avec des vêtements usés, des pulls en laine archiélimés : ils portent notre poids et sourient cent plus que le plus extraverti de nos joyeux compères. Ils nous préparent des pâtes avec l'eau de la neige, ils nous ont même apporté des oeufs ici, à cinq mille mètres. Sans eux, nous ne serions ni agiles, ni athlétiques, ni riches. Ils disparaissent en fin de transport, ils se dispersent dans les vallées, juste à temps pour le travail du riz et de l'orge. (p. 11-12)
Erri De Luca (Sulla traccia di Nives)
13 juillet. Non, je ne me trompe pas ; je lis dans ses yeux noirs un véritable intérêt pour ma personne et pour mon sort. Je le sens, et, là-dessus, j’ose me fier à mon cœur, elle…. Oh ! pourrai-je, oserai-je exprimer en ces mots le bonheur céleste ?… Je sens que je suis aimé. Je suis aimé !… Et combien je me deviens cher à moi-même, combien…. J’ose te le dire, tu sauras me comprendre. Combien je suis relevé à mes propres yeux.depuis que j’ai son amour !…. Est-ce de la présomption ou le sentiment de ce que nous sommes réellement l’un pour l’autre ?… Je ne connais pas d’homme dont je craigne quelque chose dans le cœur de Charlotte, et pourtant, lorsqu’elle parle de son fiancé, qu’elle en parle avec tant de chaleur, tant d’amour…. je suis comme le malheureux que l’on dépouille de tous ses honneurs et ses titres, et à qui l’on retire son épée. 16 juillet. Ah ! quel frisson court dans toutes mes veines, quand, par mégarde, mes doigts touchent les siens, quand nos pieds se rencontrent sous la table ! Je me retire comme du feu, et une force secrète m’attire de nouveau…. Le vertige s’empare de tous mes sens. Et son innocence, son âme candide, ne sent pas combien ces petites familiarités me font souffrir. Si, dans la conversation, elle pose sa main sur la mienne, et si, dans la chaleur de l’entretien, elle s’approche de moi, en sorte que son haleine divine vienne effleurer mes lèvres…. je crois mourir, comme frappé de la foudre…. Wilhelm, et ce ciel, cette confiance, si j’ose jamais…. Tu m’entends…. Non, mon cœur n’est pas si corrompu. Faible ! bien faible !…. Et n’est-ce pas de la corruption ? Elle est sacrée pour moi. Tout désir s’évanouit en sa présence. Je ne sais jamais ce que j’éprouve, quand je suis auprès d’elle. Je crois sentir mon âme se répandre dans tous mes nerfs…. Elle a une mélodie, qu’elle joue sur le clavecin avec l’expression d’un ange, si simple et si charmante !… C’est son air favori : il chasse loin de moi troubles, peines, soucis, aussitôt qu’elle attaque la première note. De tout ce qu’on rapporte sur l’antique magie de la musique, rien n’est invraisemblable pour moi. Comme ce simple chant me saisit ! et comme souvent elle sait le faire entendre, à l’instant même où je m’enverrais volontiers une balle dans la tête !… le trouble et les ténèbres de mon âme se dissipent, et je respire plus librement.
Johann Wolfgang von Goethe (The Sorrows of Young Werther)
- Eh bien... je ne suis pas sûr de pourvoir l'expliquer, mais je viens de me rendre compte que j'avais vécu plus longtemps que mon père, ce à quoi je ne m'étais jamais attendu. C'est juste que... cela me fait bizarre, c'est tout. Toi qui as perdu ta mère si jeune, tu n'y penses jamais ? - Si. Mon visage était enfoui contre son torse, ma voix se perdant dans les plis de sa chemise. - ... Autrefois, quand j'étais jeune. C'est comme partir en voyage sans carte. Sa main dans mon dos s'arrêta un instant. - Oui, c'est ça. Je savais plus ou moins ce que signifiait être un homme trentenaire, quadragénaire... mais maintenant ? Il émit un petit bruit, un mélange d'amusement et de perplexité. - Il faut s'inventer soit-même, dis-je doucement. On regarde les autres femmes, ou les autres hommes. On essaie leur vie pour voir si elle nous va. Puis, on cherche à l'intérieur de soi ce qu'on ne trouve pas ailleurs. Et on se demande toujours... toujours... si on a fait ce qu'il fallait. Sa main était lourde et chaude dans mon dos. Il sentit les larmes qui s'étaient brusquement mises à couler du coin de mes yeux sur sa chemise. Son autre main se posa sur ma tête et caressa mes cheveux. - Oui, c'est ça, répéta-t-il tout doucement.
Diana Gabaldon (La Croix de feu / Le Temps des rêves (Le Cercle de Pierre #5-6))
Maldoror, écoute-moi. Remarque ma figure, calme comme un miroir, et je crois avoir une intelligence égale à la tienne. Un jour, tu m’appelas le soutien de ta vie. Depuis lors, je n’ai pas démenti la confiance que tu m’avais vouée. Je ne suis qu’un simple habitant des roseaux, c’est vrai ; mais, grâce à ton propre contact, ne prenant que ce qu’il y avait de beau en toi, ma raison s’est agrandie, et je puis te parler. Je suis venu vers toi, afin de te retirer de l’abîme. Ceux qui s’intitulent tes amis te regardent, frappés de consternation, chaque fois qu’ils te rencontrent, pâle et voûté, dans les théâtres, dans les places publiques, ou pressant, de deux cuisses nerveuses, ce cheval qui ne galope que pendant la nuit, tandis qu’il porte son maître-fantôme, enveloppé dans un long manteau noir. Abandonne ces pensées, qui rendent ton cœur vide comme un désert ; elles sont plus brûlantes que le feu. Ton esprit est tellement malade que tu ne t’en aperçois pas, et que tu crois être dans ton naturel, chaque fois qu’il sort de ta bouche des paroles insensées, quoique pleines d’une infernale grandeur. Malheureux ! qu’as-tu dit depuis le jour de ta naissance ? Ô triste reste d’une intelligence immortelle, que Dieu avait créée avec tant d’amour ! Tu n’as engendré que des malédictions, plus affreuses que la vue de panthères affamées ! Moi, je préférerais avoir les paupières collées, mon corps manquant des jambes et des bras, avoir assassiné un homme, que ne pas être toi ! Parce que je te hais. Pourquoi avoir ce caractère qui m’étonne ? De quel droit viens-tu sur cette terre, pour tourner en dérision ceux qui l’habitent, épave pourrie, ballottée par le scepticisme ? Si tu ne t’y plais pas, il faut retourner dans les sphères d’où tu viens. Un habitant des cités ne doit pas résider dans les villages, pareil à un étranger. Nous savons que, dans les espaces, il existe des sphères plus spacieuses que la nôtre, et donc les esprits ont une intelligence que nous ne pouvons même pas concevoir. Eh bien, va-t’en !… retire-toi de ce sol mobile !… montre enfin ton essence divine, que tu as cachée jusqu’ici ; et, le plus tôt possible, dirige ton vol ascendant vers la sphère, que nous n’envions point, orgueilleux que tu es ! Car, je ne suis pas parvenu à reconnaître si tu es un homme ou plus qu’un homme ! Adieu donc ; n’espère plus retrouver le crapaud sur ton passage. Tu es la cause de ma mort. Moi, je pars pour l’éternité, afin d’implorer ton pardon !
Comte de Lautréamont
Mais j’avais revu tantôt l’une, tantôt l’autre, des chambres que j’avais habitées dans ma vie, et je finissais par me les rappeler toutes dans les longues rêveries qui suivaient mon réveil ; chambres d’hiver où quand on est couché, on se blottit la tête dans un nid qu’on se tresse avec les choses les plus disparates : un coin de l’oreiller, le haut des couvertures, un bout de châle, le bord du lit, et un numéro des Débats roses, qu’on finit par cimenter ensemble selon la technique des oiseaux en s’y appuyant indéfiniment ; où, par un temps glacial, le plaisir qu’on goûte est de se sentir séparé du dehors (comme l’hirondelle de mer qui a son nid au fond d’un souterrain dans la chaleur de la terre), et où, le feu étant entretenu toute la nuit dans la cheminée, on dort dans un grand manteau d’air chaud et fumeux, traversé des lueurs des tisons qui se rallument, sorte d’impalpable alcôve, de chaude caverne creusée au sein de la chambre même, zone ardente et mobile en ses contours thermiques, aérée de souffles qui nous rafraîchissent la figure et viennent des angles, des parties voisines de la fenêtre ou éloignées du foyer et qui se sont refroidies ; – chambres d’été où l’on aime être uni à la nuit tiède, où le clair de lune appuyé aux volets entr’ouverts, jette jusqu’au pied du lit son échelle enchantée, où on dort presque en plein air, comme la mésange balancée par la brise à la pointe d’un rayon – ; parfois la chambre Louis XVI, si gaie que même le premier soir je n’y avais pas été trop malheureux, et où les colonnettes qui soutenaient légèrement le plafond s’écartaient avec tant de grâce pour montrer et réserver la place du lit ; parfois au contraire celle, petite et si élevée de plafond, creusée en forme de pyramide dans la hauteur de deux étages et partiellement revêtue d’acajou, où, dès la première seconde, j’avais été intoxiqué moralement par l’odeur inconnue du vétiver, convaincu de l’hostilité des rideaux violets et de l’insolente indifférence de la pendule qui jacassait tout haut comme si je n’eusse pas été là ; – où une étrange et impitoyable glace à pieds quadrangulaires barrant obliquement un des angles de la pièce se creusait à vif dans la douce plénitude de mon champ visuel accoutumé un emplacement qui n’y était pas prévu ; – où ma pensée, s’efforçant pendant des heures de se disloquer, de s’étirer en hauteur pour prendre exactement la forme de la chambre et arriver à remplir jusqu’en haut son gigantesque entonnoir, avait souffert bien de dures nuits, tandis que j’étais étendu dans mon lit, les yeux levés, l’oreille anxieuse, la narine rétive, le cœur battant ; jusqu’à ce que l’habitude eût changé la couleur des rideaux, fait taire la pendule, enseigné la pitié à la glace oblique et cruelle, dissimulé, sinon chassé complètement, l’odeur du vétiver et notablement diminué la hauteur apparente du plafond.
Marcel Proust (Du côté de chez Swann (à la recherche du temps perdu #1))
banquet oifert à un député par ses électeurs reconnaissants. La cheminée est ornée d’une pendule d’un goût atrocement troubadour, représentant le templier Bois-Guilbert enlevant une Rébecca dorée sur un cheval argenté. A droite et à gauche de cette odieuse horloge sont placés deux flambeaux de plaqué sous un globe. Ces magnificences sont l’objet de la secrète envie de plus d’une ménagère de Pont-de-Arche, et la servante elle-même ne les essuie qu’en tremblant. Je ne parle pas de quelques caniches en verre filé, d’un petit saint Jean en pâte de sucre, d’un Napoléon en chocolat, d’un cabaret chargé de porcelaines communes et pompeusement installé sur une table ronde, de gravures représentant les Adieux de Fontainebleau, Souvenirs et regrets, la Famille du marin, les Petits Braconniers et autres vulgarités du même genre. — Concevez-vous rien de pareil ? Je n’ai jamais su comprendre, pour ma part, cet amour du commun et du laid. Je conçois que tout le monde n’ait pas pour logement des Alhambras, des Louvres ou des Parthénons ; mais il est toujours si facile de ne pas avoir de pendule ! de laisser les murailles nues, et de se priver de lithographies de Maurin ou d’aquatintes de Jazet ! Les gens qui remplissaient ce salon me semblaient, à force de vulgarité, les plus étranges du monde ; ils avaient des façons de parler incroyables, et s’exprimaient en style fleuri, comme feu Prudhomme, élève de Brard et Saint-Omer. Leurs têtes, épanouies sur leurs cravates blanches, et leurs cols de chemise gigantesques faisaient penser à certains produits de la famille des cucurbitacés. Quelques hommes ressemblent à des animaux, au lion, au cheval, à l’âne ; ceux-ci, tout bien considéré, avaient l’air encore plus végétal que bestial. Des femmes, je n’en dirai rien, m’étant promis de ne jamais tourner en ridicule ce sexe charmant. Au milieu de ces légumes humains, Louise faisait l’effet d’une rose dans un carré de choux. Elle portait une simple robe blanche serrée à la taille par un ruban bleu ; ses cheveux, séparés en bandeaux, encadraient harmonieusement son front pur. Une grosse natte se tordait derrière sa nuque, couverte de cheveux follets et d’un duvet de pêche. Une quakeresse n’aurait rien trouvé à redire à cette mise, qui faisait paraître d’un grotesque et d’un ridicule achevés les harnais et les plumets de corbillard. des autres femmes ; il était impossible d’être de meilleur goût. J’avais peur que mon infante ne profitât de la circonstance pour déployer quelque toilette excessive et prétentieuse, achetée d’occasion. Cette pauvre robe de mousseline qui n’a jamais vu l’Inde, et qu’elle a probablement faite elle-même, m’a touché et séduit ; je ne tiens pas à la parure. J’ai eu pour maîtresse une gitana grenadine qui n’avait pour tout vêtement que des pantoufles bleues et un collier de grains d’ambre ; mais rien ne me contrarie comme un fourreau mal taillé et d’une couleur hostile. Les dandies bourgeois préférant de
Théophile Gautier (La Croix de Berny: Roman steeple-chase (French Edition))
Ne joue pas avec le feu! Ne joue pas avec moi!” Ô homme, pourquoi te compares-tu au feu? C'est vrai que le feu brûle; mais souviens-toi que s'il pleut fort sur lui, celui-ci s'éteint.
Bruce Mbanzabugabo (The Inspirer, Book of Quotes)
Beaucoup se sont réjouis d'aller au feu pour donner un sens à leur vie même si c'est pour la perdre.
Akli Tadjer (D'amour et de guerre)
La pièce où il se trouvait était baignée des relents de la mort, tout comme l’air à un kilomètre à la ronde était lourdement chargé d’arômes de sang et de viscères. À présent, assis à portée d’oreille du bourdonnement soutenu de la chaîne de nettoyage et du crissement lancinant des chariots et des lames rotatives, il avait l’impression d’entrer dans le ventre de la baleine. Il était moins effrayé que songeur : cela commençait à corroborer les assertions des divers champions des armes à feu et de la chasse, qui clament haut et fort que les opérations par lesquelles la viande arrive dans nos assiettes feraient passer pour d’aimables amis de la nature les hordes de trolls lourdement armés qui sillonnent les forêts en quête de cerfs à massacrer. Ce qui est plutôt vrai, en dépit de la bassesse de plafond générale de la majorité des chasseurs ; tout comme il est parfois nécessaire de « distinguer l’homme de l’artiste », il est aussi essentiel de savoir faire crédit d’une juste conclusion sans égard pour l’apparente incapacité spirituelle ou intellectuelle de son ou de ses auteur(s).
Le Seigneur des porcheries
Comme bon nombre d’aberrations provinciales, les confessions sur lit de mort de la Corn Belt, au même titre que les repas livrés à domicile aux impotents et les ventes de charité de Baker, sont fréquemment le produit d’une crainte des flammes de l’enfer nourrie par l’âge. Une terreur croissante d’être plongé dans le lac de feu après une vie entière de dépravation impénitente pousse le péquenaud à une affolante et interminable litanie d’aveux dès l’instant où il tombe malade.
Le Seigneur des porcheries
... au fur et à mesure que le progrès se développe, il faut payer de plus en plus cher des avantages de plus en plus minces. Si au début l'avion réduit la traversée de l'Atlantique de six jours à douze heures et le passage de l'hélice au réacteur à sept heures, pour un investissement bien plus lourd, Concorde ne la réduit (formalités et trajet jusqu'à l'aérodrome compris) que de sept à cinq heures. Si ce développement continue, on peut imaginer un Super-Concorde qui fera gagner cinq minutes en mobilisant toutes les ressources de la nation. De même pour le progrès par excellence, celui de la médecine. Au début il sauve à relativement peu de frais des millions de jeunes ou d'adultes de la variole puis de la tuberculose ; mais, poussé trop loin au prix d'un outillage qui ruine les hôpitaux, il ne sert plus qu'à prolonger l'agonie des mourants.
Bernard Charbonneau (Le feu vert: Auto-critique du mouvement écologique (Collection Poing d'interrogation) (French Edition))